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Hype Williams, un oeil au coeur de l’évolution du rap

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Cela fait plus de 20 ans que Hype Williams trimballe sa caméra pour les rappeurs et chanteurs de R&B. Avant cela il était graffeur et voulait être le Basquiat de la rue. Grand projet pour celui qui réalisera des clips pour tous les grands rappeurs. Contrairement à d’autres il ne possède pas une folie qui rendrait ses clips inoubliables et lui permettrait de percer sur le grand écran, néanmoins ses collaborations avec le cinéaste John Perez lui ont permis de se faire un nom grâce à des vidéos toujours efficaces.

Aujourd’hui son nom est souvent associé à celui de Kanye West, pour lequel il a déjà réalisé 19 clips. Cependant c’est en 1991 que sa carrière commence avec le clip Just Hangin’ Out de Main Source. Vous comprendrez donc que les vidéos de Hype Williams peuvent servir à observer l’évolution des codes du hip-hop. On va donc décortiquer ensemble quelques vidéos en commençant par la source.

Regardez : Main Source – Just Hangin’ Out

En 1991 le rap commence à affirmer une certaine musicalité, on traîne dans la rue avec ses potes et une boombox, sans arme, ni haine, ni violence. On se la raconte au micro, mais il est facile de se détendre à l’écoute d’un Just Hangin’ Out, splif’ à la main, casquette vissée sur la tête. Les femmes sont déjà de la partie avec les BWP pour qui Hype Williams réalise We Want Money la même année. La chanson est beaucoup moins bonne mais on commence à voir la direction que va prendre le rap. Money, money, money.

On passe à 1992 avec Cutty Ranks qui était plus proche du dancehall que du rap, mais qui avait lui aussi un message à faire passer. La détente n’est pas de mise ici malgré le déhanché des danseuses, le décor évoque les conditions difficiles d’une époque placée entre la drogue et la pauvreté. En 1993 des noms plus prestigieux se mettent à collaborer avec Hype Williams pour leurs débuts. Ainsi, Erick Sermon et M.O.P commandent leurs vidéos au réalisateur. C’est How About Some Hardcore de M.O.P qui vient retenir notre attention avec un clip comme on en voit encore énormément aujourd’hui sur la scène underground. Une bande de jeunes énervés, des gros plans, une configuration freestyle, le tout filmé en noir et blanc, rendant le clip intemporel.

Ensuite, lorsque l’on passe à 1994, le choix commence à se faire difficile entre Craig Mack, Jodeci, Usher, Mary J Blige et le Wu Tang Clan. La caméra de Hype Williams a vu l’éclosion de nombreux rappeurs d’une époque que l’on peut dire dorée. Celle qui a donné ses lettres de noblesse à la scène hip-hop. Puisque il faut choisir nous prenons celle qui ratisse le plus large. La vidéo du remix de Flava In Ya Ear, chanson rendue légendaire par sa qualité et son casting, car avec Mack, se succèdent devant la caméra, Notorious BIG, LL Cool J, Busta Rhymes et Rampage. La vidéo laisse apparaître également Puff Daddy et Mary J Blige. Le rap game n’est pas un sport qui se joue en solo durant ces années 1990.

Regardez : Craig Mack – Flava In Ya Ear (Remix)

Dès 1995, Hype Williams commence à s’exporter en dehors de la côte Est, et son carnet de commande explose avec pas moins de 31 vidéos réalisées sur cette seule année. L’argent commence à s’accumuler dans les caisses des gros labels et Big Poppa de Notorious BIG vient illustrer cette nouvelle donne, bouteilles de champagne et dollars à l’appui. La même année Warning, du même rappeur, nous averti sur les drames à venir et la parano qui est de mise à cette période. La conclusion à la Scarface fait encore froid dans le dos. Pourtant Hype Williams n’hésite pas à traverser l’Amérique pour travailler avec la côte Ouest et d’abord Warren G pour le clip de So Many Ways qui fera parti de la bande-son de Bad Boys.

Période de trouble oblige, Hype Williams ne s’éternise pas sur la côte Ouest, mais il prend quand même le temps en 1996 de réaliser la seconde version de California Love pour 2Pac et Dr Dre. La vidéo fait écho à celle de Big Poppa et semble dire qu’ici aussi ils ont de l’argent et de l’alcool, mais ils ont aussi le soleil. Allez juste pour le plaisir.

Regardez : 2Pac & Dr Dre – California Love

La même année le réalisateur travaille sur quelques classiques. If I Ruled The World et Street Dreams pour Nas, No Diggity des Blackstreet, Can’t Knock The Hustle de Jay-Z, I Believe I Can Fly de R-Kelly et on en passe. Hype Williams est devenu la référence des réalisateurs pour le hip-hop cette année-là, toujours sans génie, mais avec une efficacité remarquable.

En 1997 après la mort de Biggie, il réalise l’inoubliable I’ll Be Missing You de Puff Daddy et Faith Evans. Tout en mélancolie l’hommage est plutôt réussi. Un peu de folie ressort de la collaboration avec Missy Elliot pour les clips de Sock it 2 Me et The Rain, ainsi que du clip posthume de Mo Money Mo Problems. On sent cette année là que le rap a besoin de souffler, de s’amuser pour oublier la violence. Cela se ressent dans chacun des clips réalisés par Hype Williams, même chez des rappeurs qui ne nous ont pas habitué à cela comme Jay-Z. Pour bien définir la chose on vous propose le clip de Will Smith. Fini les beefs pour les rappeurs les plus célèbres.

Regardez : Will Smith – Gettin’ Jiggy With It

Évidemment cela ne durera pas, puisque dès 1999 Ja Rule et son It’s Murda/Kill Em All ou Nas et Hate Me Now prouvent que la haine a toujours une place importante dans le rap et Still D.R.E illustre parfaitement l’idée que rien n’a changé et que les mêmes personnes sont aux commandes. Cela dit ces quelques années avec 2Pac et Biggie au sommet ont changé la façon de rapper. La musique a pris une place bien plus importante dans le fond et dans les rimes. De cette année on peut retenir le clip très osé de Hate Me Now pour lequel Nas devient Jésus et porte la croix. À la grandiloquence de ce clip on peut opposer le très simple No Scrubs de TLC et voir qu’il n’y a pas vraiment de patte Hype Williams. Le réalisateur enchaine les projets toujours différemment, apportant son expertise aux chanteurs, mais restant en retrait sur le plan des idées.

Les années 2000 commencent et la fatigue se fait sentir, peut-être en a t’il eu marre de cette violence, en tous cas à force de créer des clips à la chaîne sans réelle influence, le réalisateur commence à s’essouffler. Il ne réalisera même qu’un seul clip en 2003, pour Ashanti. Mais en 2005, nouvelle vague oblige, Hype Williams est de retour, et il est frais comme un gardon. The Game, 50 Cent, Kanye West, Beyoncé, Pharell, Ne-Yo, Robin Thicke, Jamie Foxx, toute la jeunesse veut voir ses clips réalisés par celui qui a filmé l’âge d’or de la vidéo hip-hop. Cependant quelque chose a changé. Le vidéaste veut définir son style. Il commence par appliquer un effet flagrant sur de nombreuses vidéos. À savoir le wide screen dynamique que l’on peut observer sur Check On It de Beyoncé ou So Sick de Ne-Yo. Pour illustrer l’effet c’est Unpredictable de Djamie Foxx (The D is Silent) que l’on a choisi.

Regardez : Jamix Foxx feat. Ludacris – Unpredictable

Cette année marque aussi le départ de la collaboration la plus fructueuse de la carrière de Hype Williams avec les vidéos de Gold Digger et Diamonds For Sierra Leone qui ne laissent augurer que du bon pour la suite de la carrière de Kanye West. Les deux camps se complètent à la perfection, le génie de Kanye West apporte ce qu’il manque à l’expertise technique de Hype Williams. Avec Stronger et Can’t Tell Me Nothing les claques s’enchainent et le réalisateur retrouve le mojo au point d’élargir son horizon pour réaliser Viva La Vida de Coldplay en 2008. Ce n’est cependant qu’un coup d’un soir puisque la relation avec Kanye West est toute fraîche et que le réalisateur en profite pour continuer les expérimentations, notamment en s’essayant au dessin animé sur Heartless. Point d’orgue de cette aventure, la co-réalisation en 2010 du court-métrage Runaway.

Regardez : Kanye West – Runaway

Enfin, ses clips commencent à dégager une aura unique, bien que l’on se demande si la réussite serait aussi grande sans la participation de Kanye West. Les collaborations diverses continuent avec Robin Thicke sur Love After War par exemple, ou encore Jack White le rockeur néo-zélandais. Mais c’est seulement sur les vidéos de Kanye West que l’on arrive à se dire whoa ! Avec l’émergence de nouveaux réalisateurs on peut se demander si Hype Williams parviendra à dépasser ce qu’il a réalisé dans le cadre de sa collaboration avec le rappeur de Chicago.

Il a néanmoins d’ores et déjà réussi à se placer comme baromètre de la culture hip-hop en parvenant à filmer les plus grands rappeurs dans leurs meilleurs moments sans vraiment leur imposer un regard biaisé. Il n’était qu’un des nombreux acteurs du mouvement et en laissant les chanteurs exprimer leurs personnalités au cœur de ses vidéos, il a réussi à s’imposer à leurs côtés. C’est peut-être finalement ça la patte Hype Williams. Nous, en tous cas, on n’est pas contre l’édition en DVD de la totalité de ses clips. À bon entendeur, salut.

Regardez : Wu Tang Clan – Can It Be All Simple

Pour les plus curieux, voici la liste de tous les clips réalisés par Hype Williams.

La musique, porte-voix de la cause homosexuelle

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En plein débat sur le mariage homosexuel, nous avons remarqué une montée désagréable de l’homophobie sur la place publique. C’est pourquoi nous décidons aujourd’hui de nous exprimer au travers des mots des artistes d’hier et d’aujourd’hui, que l’on apprécie pour leur musique et leurs prises de position contre une discrimination qui perdure.

Si sa mort coïncide avec la naissance de la soul music et malgré une vie mouvementée marquée par le drame, Billie Holiday n’a jamais cessé de chanter l’amour. Considérée par ses pairs comme l’une des rares à savoir retranscrire ce sentiment dans sa plus pure sincérité, elle évoquait il y a plus d’un demi-siècle l’homosexualité. Alors enfermée en prison, elle s’attache à sa gardienne et s’exprime à son propos dans son autobiographie :

« La gardienne aimait les femmes. Je lui avais déjà parlé une fois et elle me trouvait jolie. Elle me passait des cigarettes quand je n’en pouvais plus et je me prêtais à son jeu. Je savais qu’elle espérait me draguer à ma sortie et qu’elle attendait que je sois gentille avec elle. Alors, je ne l’ai pas rembarrée. Elle avait ses raisons d’être gentille avec moi, et tout sentiment, même bizarre, vaut mieux que pas de sentiment du tout. » 

Les mots de Lady Day peuvent sembler maladroits aujourd’hui, pourtant à une époque où l’homosexualité était taboue, elle a su faire preuve d’une extraordinaire compréhension en rappelant la force des sentiments. Plus tard, lassée d’être maltraitée par les hommes de sa vie, elle finit, dans une ultime ironie, par avoir des relations sentimentales avec des femmes, accrochant à son tableau de chasse nulle autre que la belle Marlène Dietrich. Entre la ségrégation raciale, la prostitution, la drogue, le viol et la maltraitance, on ne peut pas dire que la vie l’ait épargnée, mais elle a cru en l’amour jusqu’au bout, l’amour au dessus de tout, sans jamais, malheureusement, trouver chaussure à son pied.

Aujourd’hui encore, à notre grand regret, certains considèrent les homosexuels comme des personnes dépourvues de toute morale, n’hésitant pas à les lier à des maux tels que la pédophilie ou encore à leur refuser le don du sang à cause d’une réputation qui subsiste depuis l’apparition du SIDA…

Qu’on se le dise, l’amour n’est pas un sentiment contrôlable, il est même le seul sentiment capable de nous faire réaliser les plus grandes folies. Alors si leur folie est d’aimer une personne du même sexe, faisons en sorte de leur faciliter la tâche et arrêtons de croire que la liberté des uns empiétera sur celle des autres. Ce n’est pas le cas, nous coexistons et devons, aujourd’hui, avoir les mêmes droits. C’est étonnant de voir encore tant de personnes refuser l’égalité dans une nation dont la devise est Liberté, Égalité, Fraternité. Écoutez comme la vie est simple quand on aime, ne soyons pas égoïstes et laissons les homosexuels vivre ce bonheur auquel chacun rêve d’accéder.

Ecoutez : Easy Living – Billie Holiday

Force est de constater que les choses n’ont pas vraiment évolué depuis cette époque. Aujourd’hui encore, des artistes prennent position et font entendre leur voix pour dire « oui » à l’un des droits bafoués des homosexuels, celui  du mariage. Baltazar, auteur compositeur français, a écrit une lettre à François Hollande suite à ses propos, accordant aux maires la liberté de célébrer, ou non, les unions homosexuelles selon leur propre conscience. Dans cette lettre publiée par le magazine TÊTU, Baltazar s’exprime sur son enfance quand on l’appelait « tapette » à un âge où l’on n’a même pas encore de sexualité, juste parce qu’il était sensible et qu’il ne voulait pas se battre. Il parle de la période où il a compris, accepté et affirmé son homosexualité

Baltazar

« Lorsque j’ai décidé d’assumer qui j’étais, de dire ‘oui, je suis homo, et alors ?’, les insultes n’avaient plus de prise sur moi, d’ailleurs progressivement elles ont disparu. Les années suivantes, j’ai vécu en protégeant cette liberté d’être moi-même comme un loup, m’imposant la transparence pour être accepté tel que j’étais. J’étais homo, ma famille, mes amis, tout le monde autour de moi le savait, l’acceptait ou passait son chemin. Pouvez-vous seulement imaginer comment vous vivriez d’avoir à lutter pour faire accepter votre hétérosexualité ? »

Voilà une phrase plus que pertinente. Nul ne devrait avoir à lutter pour se faire accepter. Quelle que soit sa religion, sa couleur, son handicap ou sa sexualité.

« Chaque fois que j’entends les détracteurs du mariage pour tous, leur mauvaise foi, leurs arguments homophobes […] j’ai 6 ans dans la cour de l’école et j’ai mal ».

Baltazar s’estime privilégié par le simple fait de vivre avec un homme qu’il aime et qui l’aime, il a « presque l’impression d’être un citoyen comme les autres ». Les homos ont les mêmes devoirs que les hétéros mais pas les mêmes droits, alors pourquoi cela ne va-t-il que dans un sens ? Pourquoi interdire le mariage à deux personnes qui s’aiment ? On l’accorde bien à ceux qui ne s’aiment pas… c’est pire !

« Aujourd’hui […] vous dites aux maires de France qu’ils ont la liberté de conscience de pouvoir déléguer les mariages qu’ils ne voudraient pas célébrer […] .J’avais eu la faiblesse de croire qu’à la tête de l’état, un homme avait la conviction et l’honnêteté de dire qu’il faut mettre fin à la discrimination et à l’homophobie. Aujourd’hui, Monsieur le Président, vous dites aux maires de France et à toute la France, la loi est la loi, mais si vous ne voulez pas la faire appliquer vous-même, faites-vous remplacer […] vous venez de dire au monde entier qu’être maire et homophobe, ce n’est pas si grave, que la République peut bien s’arranger avec ça ».

Pas besoin d’ajouter quoi que ce soit aux mots de Baltazar. S’il a mal, moi j’ai honte.

Regardez : Les Beaux Jours de Baltazar (premier extrait de son album Vol Intérieur)

Enfin, malgré quelques clichés qui persistent (malheureusement trop souvent avec de bonnes raisons), dans le rap aussi certains artistes ont décidé de s’engager dans cette lutte pour l’égalité. Très récemment, c’est Macklemore qui s’est exprimé sur l’homosexualité à travers son morceau Same Love. Dans celui-ci, il raconte une expérience personnelle, un passage de sa vie où il se posait des questions sur sa propre sexualité afin de montrer que ce n’est pas un mal et que tout le monde peut passer par une phase d’incertitude. Pour ne pas nous lancer dans une explication de texte de l’intégralité du morceau nous avons choisi uniquement le passage que nous trouvons le plus représentatif :

« The right wing conservatives think it’s a decision
And you can be cured with some treatment and religion
Man made rewiring of a predisposition
Playing god, aw nah here we go
America the brave still fears what we don’t know
And god loves all his children, is somehow forgotten
But we paraphrase a book written thirty-five-hundred years ago »

Soit

« La droite conservatrice pense que c’est un choix
Et que vous pouvez être guéri avec un médicament et la religion
Une prédisposition ainsi modifiée par l’homme
Jouant à Dieu, et c’est parti
L’Amérique, la brave, craint toujours ce qu’elle ne connait pas
Et oublie que Dieu aime tous ses enfants
Mais on paraphrase un livre écrit il y a trois mille cinq cent ans »

Ici, Macklemore met clairement en avant un problème qui ne se limite pas à de simples avis, il parle de convictions politiques et religieuses. Le problème est que des deux côtés, tant les conservateurs que les chrétiens vivent sur des idéaux fondés il y a des milliers d’années et qui ne sont absolument plus adaptés à la société d’aujourd’hui. Ce qu’il raconte n’est pas un cas isolé puisque quelle que soit la langue et les confessions, ces avis se retrouvent dans chaque religion et dans la majeure partie des partis politiques actuels qui sont encore menés par des gens d’un certain âge. Comme cela a été souligné un peu plus haut, même la France n’est pas épargnée et nos dirigeants ne peuvent pas se targuer d’être plus ouverts que les autres puisqu’ils n’osent pas prendre position ni montrer l’exemple de l’ouverture vers une nouvelle philosophie.

Ecoutez : Same Love – Macklemore & Ryan Lewis

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Si nous devons évoluer au plus vite sur la question, c’est aussi parce que la France des Droits de l’Homme se doit de montrer l’exemple quand ailleurs l’homophobie prend des proportions effrayantes, et si nous voulons avoir notre mot à dire et peser sur ce qu’il se passe à l’étranger, nous devons d’abord mettre au clair la législation de notre propre nation et le faire rapidement. Rapidement parce qu’encore la semaine dernière, la présidente du parlement ougandais Rebecca Kadaga, ouvertement homophobe, a été reçue par le Pape Benoît XVI lors d’une messe au Vatican où celui-ci lui a accordé sa bénédiction. Rappelons que Rebecca Kadaga tente de faire passer une loi « Kill The Gay » dans son pays pour instaurer la peine de mort pour les homosexuels… juste pour le fait d’être homosexuel. Vous comprenez donc bien qu’il y a urgence.

Voici trois citations d’artistes qu’on adore et qui prouvent qu’une réelle liberté de parole sur le sujet s’est imposée aujourd’hui dans le milieu du hip hop, et sur Soul Ton Oreille, nous nous en réjouissons.

« If anybody can find someone to love them and to help them through this difficult thing that we call life, I support that in any shape or form. » (Si n’importe qui peut trouver quelqu’un pour l’aimer et l’aider à traverser cette chose difficile que nous appelons la vie, je le soutiens pleinement, qu’elle qu’en soit la forme.)Will Smith

« What people do in their own homes is their business and you can choose to love whoever you love. That’s their business. [It] is no different from discriminating against blacks. It’s discrimination plain and simple. » (Ce que les gens font dans leurs propres foyers, c’est leur affaire et ils peuvent choisir d’aimer qui ils veulent. C’est leur vie. Ce n’est pas différent de la discrimination contre les noirs. C’est de la discrimination pure et simple)Jay-Z

« I was stoked that that happened. We’re people and we’re different, all of us. And we should be using our differences to bring ourselves closer together. You know? Not be afraid of something that we don’t know. It’s unfortunate that things take a while to progress like this, but it was a great, great victory for equality. I’m proud New York has the balls to stand up for what’s right. » (Ça m’a mis sur le cul quand c’est arrivé. Nous sommes humains et nous sommes tous différents. Et nous devrions profter de nos différences pour nous rapprocher, vous voyez ? On ne devrait pas avoir peur de ce qu’on ne connait pas. Il est regrettable que les choses prennent autant de temps à progresser, mais c’était une grande, grande victoire pour l’égalité. Je suis fier que New York ait les couilles de se battre pour ce qui est juste)Justin Timberlake

Terminons en chanson, avec Frank Ocean qui nous rappelle que nous essayons tous d’aborder la vie à notre façon et que le mariage doit célébrer l’amour, peu importe nos préférences et croyances.

Regardez : We All Try – Frank Ocean

Soul Ton Actu #008

Une semaine dans le monde de la musique, c’est des clips, des sorties d’albums, des informations en tout genre et beaucoup de bonheur pour nos oreilles malgré des déceptions parfois. Cette semaine, Soul Ton Actu #008 avec 4 actualités qui ne nous ont pas échappées sur quelques-uns de ces évènements, majeurs ou non, qui font le quotidien de la musique, parfois côté coulisses et souvent à ne pas prendre au sérieux.

 On vous avait parlé de Will Smith et rappelé au bon souvenir de la série Le Prince de Bel-Air avec la reprise sur le plateau de la BBC de son générique il y a quelques semaines. Aujourd’hui, on vous propose un aperçu du remix de Summertime ! Eh oui, Will revient à ses premières amours, le rap, mais il faut bien admettre qu’on y voit là une occasion pour l’acteur de s’amuser plutôt qu’une réelle envie de revenir à la musique. Quand on voit sa carrière sur le grand écran, on ne saurait dire le contraire, mais ce retour avec Jazzy Jeff (évidemment !) et Mick Boogie nous fait bien plaisir :

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Lauryn Hill sur STO Lauryn Hill est du genre à faire des déçus. Après ses fans, le fisc. Entre deux concerts et apparitions foireuses, il semblerait en effet qu’elle ait omis de payer ses impôts pendant plusieurs années et fait aujourd’hui face aux foudres du Ministère de la Justice américain. Un oubli qu’elle justifie sur Tumblr par une volonté de se protéger et préserver sa famille en suivant un train de vie loin des paillettes et du business, en retrait de la société. Décidément, l’argent et le monde du hip hop, c’est un phénomène récurrent dans l’actualité !

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 En parlant gouvernement américain, il est probable que Jamie Foxx joue prochainement le rôle du Président dans un thriller annoncé comme la fusion de la série 24 et des films d’action cultes Die Hard. Si le casting n’est pas encore confirmé, on annonce entre autres Maggie Gyllenhaal et Channing Tatum. Réalisé par Roland Emmerich (à qui l’ont doit au choix en tant que producteur, scénariste et/ou réalisateur Independance Day, Godzilla, The Patriot – Le Chemin de la Liberté), le film White House Down est annoncé pour 2013.

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Et si on finissait avec la bonne nouvelle de la semaine ? Avec son titre She Said OK, grivois et interdit aux mineurs, Big Boi a annoncé la sortie de son nouvel album, en préparation en ce moment-même. Cette semaine, il a surtout confirmé qu’il sortirait le 13 novembre 2012 : une date à marquer sur vos calendriers ! Vicious Lies and Dangerous Rumors devrait normalement compter parmi ses invités, outre Theophilus London, Kid Cudi, UGK ou encore Big K.R.I.T. Vivement !

Soul Ton Actu #005

Une semaine dans le monde de la musique, c’est des clips, des sorties d’albums, des informations en tout genre et beaucoup de bonheur pour nos oreilles malgré des déceptions parfois. Cette semaine, Soul Ton Actu #005 avec 4 actualités qui ne nous ont pas échappées sur quelques-uns de ces évènements, majeurs ou non, qui font le quotidien de la musique, parfois côté coulisses et souvent à ne pas prendre au sérieux.

 John Legend est méchant : eh oui, il a osé affirmer que Britney Spears n’est pas une chanteuse ! C’est moche, on est d’accord, ce genre de choses ne se fait pas. Il aurait ainsi affirmé sur la chaîne E! à propos du choix de Britney comme membre du jury de X Factor version US :

I don’t have much to say. It’s interesting when people are judging singing competitions when they aren’t really singers. It’s interesting. (Je n’ai pas grand chose à dire. C’est toujours intéressant de voir des jurys dans des télé-crochets qui ne savent pas chanter eux-mêmes. C’est intéressant).

Rassurez-vous cependant, il ne met pas dans le même sac une autre chanteuse aussi talentueuse, Demi Lovato, elle aussi choisie pour évaluer les candidats. Non, il ne pas peut pas dire la même chose d’elle… Il ne l’a jamais entendue chanter ! Ce que l’histoire ne dit pas en l’état, c’est que John Legend sera à l’affiche d’une émission concurrente dès le 24 mai intitulée Duets, en compagnie de Robin Thicke et Kelly Clarkson.

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 Goodie Mob est de retour ! Le groupe d’Atlanta propose Is That You God ?, un titre mené par la chaude voix gospel de Cee-Lo Green. Ce morceau sera présent sur la bande originale de The Obama Effect, film qui sortira en juillet aux Etats-Unis. Après Fight To Win, extrait en demi-teinte sorti en avril dernier, il semble de plus en plus clair qu’on pourra compter sur le retour du groupe sur le devant de la scène cette année !

Ecouter Is That You God ? de Goodie Mob :

Ecouter Fight To Win de Goodie Mob (version live pour les costumes) :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=Sl2mTJVjvuQ

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 L’internet, c’est magique ! Il suffit qu’on parle de Will Smith et la légendaire série Le Prince de Bel-Air pour que l’acteur passe par le plateau d’une émission de la BBC et entonne avec le public la chanson qu’on connait tous par coeur : on parle bien sûr du générique de la série, The Fresh Prince Of Bel-Air, accompagné de Gary Barlow au clavier, l’un des membres des non-moins légendaires Take That. Sûrs que cette vidéo va vous faire sourire !

Après la petite anecdote sur le choix des noms des personnages de Will et Alfonso Ribeiro dans la série et ce flashback vers les années 1990, on n’a qu’un regret : que Carlton n’entre sur le plateau et entame une danse au rythme d’une chanson de Tom Jones (oui, le monsieur grisonnant ayant abusé des UV présent au bout du canapé est bien le crooner gallois).

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 Les nouvelles s’enchaînent, particulièrement les plus tristes : après MCA et Donna Summer, on a appris cette semaine que Chuck Brown est décédé à l’âge de 75 ans des complications d’une pneumonie. Surnommé le « Parrain du Go-Go », le chanteur, compositeur, producteur et guitariste est à l’origine du développement de ce mouvement dérivé du funk dans les années 1970 et 1980. Son groupe Chuck Brown and the Soul Searchers, a propulsé en 1978 le tube Bustin’ Loose en tête des charts RnB, titre depuis repris par de nombreux artistes rap, de Public Enemy à Nelly. Qu’il repose en paix.

Ciné : des rappeurs qui réussissent au cinéma

Ice Cube, Tupac, 50 cent, Eminem, Ice-T, Method Man ou bien encore LL Cool J : tous ont un point commun, leur passage par la case cinéma. Mais si c’est pour certains une passade, d’autres en ont fait leur carrière au détriment de leur première passion pour la musique. Ils sont peu nombreux mais ceux qui ont réussi font plaisir à voir devant la caméra. Commençons par les cas Mos Def (encore appelé Mos pour ses apparitions télé) et Common, qui conjuguent musique et cinéma avec succès.

Le premier débute dans la musique au coeur des années 90 et forme avec Talib Kweli le duo à succès Blackstar : cette partie de l’histoire tout le monde la connait. Mais ce que l’on sait moins c’est que depuis l’âge de 14 ans, Mos Def apparait régulièrement sur le petit écran, il est même l’un des rares rappeurs à connaître un succès critique dans le 7ème art. En effet tout commence en 1988 quand il endosse divers rôles à la télé. Sa carrière musicale bien lancée en 2000 il revient au cinéma souvent en tant que rappeur comme dans Bamboozled ou Brown Sugar. Il décroche alors quelques nominations mais ne se détache pas de l’étiquette de rappeur avant 2002 et la pièce Topdog/Underdog qui remporte un prix Pulitzer grâce à ses performances ainsi que celles de Jeffrey Wright.

Mos Def dans Cadillac Records

À l’affiche de The Woodsman en 2005, il remporte pour sa prestation en tant que détective, le prix du meilleur acteur dans un film indépendant aux Black Reel Awards. Il est nommé ensuite aux Golden Globes et aux Emmy Awards pour son interprétation de Vivien Thomas dans le film HBO, Something the Lord Made. Si en 2008 il se retrouve à l’affiche du film Soyez Sympa, Rembobinez, par le français Michel Gondry aux côtés de Jack Black, et nous offre de bons éclats de rire, c’est dans Cadillac Records qu’il dévoile une autre facette de son talent, le chant !

Niveau télé, on se souviendra en 2009 de son apparition dans la série Dr House et il obtient la même année un rôle dans une comédie pur black spirit, Next Day Air. Très peu à l’écran en 2010, on le retrouve en 2011 en pleine forme dans la série Dexter, pour laquelle il jouera le rôle du prêtre repenti, Brother Sam. On peut donc placer facilement Mos Def dans la case des rappeurs qui ont réussi au cinéma et à la télévision.

Parlons aussi de Common. Car s’il y a un rappeur dont le cinéma aurait eu tort de se passer c’est bien lui ! Le grand chauve de Chicago est peut-être le rappeur le plus charismatique de toute la scène américaine et pourtant… Il ne s’est écarté de la musique qu’en 2006 en se lançant dans la mode grâce à un physique qui ne laisse personne indifférent. Mais un mannequin ne parle pas et c’est bien dommage de se priver de la voix de Common. C’est donc sous la direction de Ridley Scott en 2007 et aux cotés de l’excellent Denzel Washington et de son collègue T.I que Common obtient son premier rôle dans un grand film : American Gangster, « The Godfather afro-américain ». Sa carrière lancée, il s’essaye à plusieurs genres, des blockbusters Wanted ou Terminator : Renaissance, à la comédie Crazy Night en passant par la comédie romantique avec Love & Game ou encore le film d’animation Happy Feet 2, dans lequel il nous fait vibrer avec quelques bons couplets de rap dont il a le secret.

Common dans Hell On Wheels

Rien de bien transcendant côté cinéma mais dans le même temps il crève l’écran avec la série Hell On Wheels qui pourrait bien lui permettre de placer sa carrière sur de bons rails (ceux qui connaissent la série comprendront notre jeu de mots, on en est fiers). On attend avec impatience Now You See Me, dans lequel il côtoiera entre autres Morgan Freeman, Mark Ruffalo et Woody Harrelson dont la sortie est prévue en 2013. On peut craindre que Common se soit lancé trop tard dans le cinéma pour avoir une belle carrière, contrairement à d’autres, mais on peut clairement l’imaginer décrocher quelques beaux rôles à l’avenir. Après tout il n’est passé devant la caméra que depuis 5 ans !

Autre cas à part : Will Smith. En effet, si les deux premiers continuent de poursuivre leurs carrières en n’oubliant pas du tout la musique, Will Smith, lui, est passé complètement du côté du cinéma et enchaîne les films à succès depuis des années. Les moins jeunes se souviendront avec nostalgie du Prince de Bel-Air, la série qui l’a propulsé devant la caméra pour son talent comique mais aussi dramatique (on a tous en mémoire ces épisodes qui nous tirent la larmichette !). Avant ça, il était déjà connu dans les environs de Philadelphie pour ses talents de rappeurs, alors suppléé et suppléant DJ Jazzy Jeff qu’on apercevait aussi dans la série, le fidèle ami de Will, tous deux créateurs du handshake le plus populaire au monde !

Will Smith dans AliDJ Jazzy Jeff & The Fresh Prince ont sorti deux albums à la fin des années 1990, leur permettant de recontrer le succès avec Girls Ain’t Nothing But Trouble ou Parents Just Don’t Understand, titre qui leur amènera un Grammy Award ! Tout public, leur rap décalé à l’époque leur apporte les faveurs des médias, amenant le lancement de la sitcom en 1990 pour 6 saisons. Le Will Smith comédien gagne alors en popularité et ses performances lui permettent de changer de format : en 1993, son rôle dans Six Degrés de Séparation lui offre son premier succès critique et 1995 marque son passage vers les gros budgets hollywoodiens avec le classique Bad Boys. Occupé par ses différents projets ciné après la fin du Prince de Bel-Air, il enchaîne les films, d’Independance Day à Men In Black en passant par Wild Wild West et le succès est là depuis : on a en tête Ali, où son interprétation lui a valu une nomination aux Oscars ou encore les magnifiques A La Recherche Du Bonheur et Sept Vies par exemple.

En parallèle, hormis Big Willy Style en 1997, l’album qui contient Just The Two Of Us, MiamiGettin’ Jiggy Wit It et le titre phare de la BO de Men In Black, la carrière de Will Smith derrière un micro s’est estompée peu à peu : la comédie lui fait finalement oublier le rap, ni pour le meilleur, ni pour le pire. Si on appréciait ses débuts dans la musique et écoutons toujours avec plaisir beaucoup de ses morceaux, on ne le regrette pas particulièrement, probablement parce qu’on le connait plus en tant qu’acteur et que rares sont les fois où il nous a déçus dans ce rôle. Will Smith est donc celui qui a fait le choix de focaliser sa carrière sur le cinéma et bien lui en prit.

Grâce à un talent inné ou acquis, le passage des rappeurs devant la caméra se fait plutôt facilement aux Etat-Unis et de manière générale, le cinéma puise énormément dans le monde de la musique et ce depuis la nuit des temps. Hier les Franck Sinatra ou Marylin Monroe, aujourd’hui les Common ou Justin Timberlake : la musique et le cinéma vont de paire et sont quasiment indissociables. Le plus difficile pour les artistes passant devant la caméra est finalement de préserver leur image et leur réputation. Prudence et intelligence dans les choix de projets sont donc les maîtres-mots pour ces artistes.