Cela fait plus de 20 ans que Hype Williams trimballe sa caméra pour les rappeurs et chanteurs de R&B. Avant cela il était graffeur et voulait être le Basquiat de la rue. Grand projet pour celui qui réalisera des clips pour tous les grands rappeurs. Contrairement à d’autres il ne possède pas une folie qui rendrait ses clips inoubliables et lui permettrait de percer sur le grand écran, néanmoins ses collaborations avec le cinéaste John Perez lui ont permis de se faire un nom grâce à des vidéos toujours efficaces.
Aujourd’hui son nom est souvent associé à celui de Kanye West, pour lequel il a déjà réalisé 19 clips. Cependant c’est en 1991 que sa carrière commence avec le clip Just Hangin’ Out de Main Source. Vous comprendrez donc que les vidéos de Hype Williams peuvent servir à observer l’évolution des codes du hip-hop. On va donc décortiquer ensemble quelques vidéos en commençant par la source.
Regardez : Main Source – Just Hangin’ Out
En 1991 le rap commence à affirmer une certaine musicalité, on traîne dans la rue avec ses potes et une boombox, sans arme, ni haine, ni violence. On se la raconte au micro, mais il est facile de se détendre à l’écoute d’un Just Hangin’ Out, splif’ à la main, casquette vissée sur la tête. Les femmes sont déjà de la partie avec les BWP pour qui Hype Williams réalise We Want Money la même année. La chanson est beaucoup moins bonne mais on commence à voir la direction que va prendre le rap. Money, money, money.
On passe à 1992 avec Cutty Ranks qui était plus proche du dancehall que du rap, mais qui avait lui aussi un message à faire passer. La détente n’est pas de mise ici malgré le déhanché des danseuses, le décor évoque les conditions difficiles d’une époque placée entre la drogue et la pauvreté. En 1993 des noms plus prestigieux se mettent à collaborer avec Hype Williams pour leurs débuts. Ainsi, Erick Sermon et M.O.P commandent leurs vidéos au réalisateur. C’est How About Some Hardcore de M.O.P qui vient retenir notre attention avec un clip comme on en voit encore énormément aujourd’hui sur la scène underground. Une bande de jeunes énervés, des gros plans, une configuration freestyle, le tout filmé en noir et blanc, rendant le clip intemporel.
Ensuite, lorsque l’on passe à 1994, le choix commence à se faire difficile entre Craig Mack, Jodeci, Usher, Mary J Blige et le Wu Tang Clan. La caméra de Hype Williams a vu l’éclosion de nombreux rappeurs d’une époque que l’on peut dire dorée. Celle qui a donné ses lettres de noblesse à la scène hip-hop. Puisque il faut choisir nous prenons celle qui ratisse le plus large. La vidéo du remix de Flava In Ya Ear, chanson rendue légendaire par sa qualité et son casting, car avec Mack, se succèdent devant la caméra, Notorious BIG, LL Cool J, Busta Rhymes et Rampage. La vidéo laisse apparaître également Puff Daddy et Mary J Blige. Le rap game n’est pas un sport qui se joue en solo durant ces années 1990.
Regardez : Craig Mack – Flava In Ya Ear (Remix)
Dès 1995, Hype Williams commence à s’exporter en dehors de la côte Est, et son carnet de commande explose avec pas moins de 31 vidéos réalisées sur cette seule année. L’argent commence à s’accumuler dans les caisses des gros labels et Big Poppa de Notorious BIG vient illustrer cette nouvelle donne, bouteilles de champagne et dollars à l’appui. La même année Warning, du même rappeur, nous averti sur les drames à venir et la parano qui est de mise à cette période. La conclusion à la Scarface fait encore froid dans le dos. Pourtant Hype Williams n’hésite pas à traverser l’Amérique pour travailler avec la côte Ouest et d’abord Warren G pour le clip de So Many Ways qui fera parti de la bande-son de Bad Boys.
Période de trouble oblige, Hype Williams ne s’éternise pas sur la côte Ouest, mais il prend quand même le temps en 1996 de réaliser la seconde version de California Love pour 2Pac et Dr Dre. La vidéo fait écho à celle de Big Poppa et semble dire qu’ici aussi ils ont de l’argent et de l’alcool, mais ils ont aussi le soleil. Allez juste pour le plaisir.
Regardez : 2Pac & Dr Dre – California Love
La même année le réalisateur travaille sur quelques classiques. If I Ruled The World et Street Dreams pour Nas, No Diggity des Blackstreet, Can’t Knock The Hustle de Jay-Z, I Believe I Can Fly de R-Kelly et on en passe. Hype Williams est devenu la référence des réalisateurs pour le hip-hop cette année-là, toujours sans génie, mais avec une efficacité remarquable.
En 1997 après la mort de Biggie, il réalise l’inoubliable I’ll Be Missing You de Puff Daddy et Faith Evans. Tout en mélancolie l’hommage est plutôt réussi. Un peu de folie ressort de la collaboration avec Missy Elliot pour les clips de Sock it 2 Me et The Rain, ainsi que du clip posthume de Mo Money Mo Problems. On sent cette année là que le rap a besoin de souffler, de s’amuser pour oublier la violence. Cela se ressent dans chacun des clips réalisés par Hype Williams, même chez des rappeurs qui ne nous ont pas habitué à cela comme Jay-Z. Pour bien définir la chose on vous propose le clip de Will Smith. Fini les beefs pour les rappeurs les plus célèbres.
Regardez : Will Smith – Gettin’ Jiggy With It
Évidemment cela ne durera pas, puisque dès 1999 Ja Rule et son It’s Murda/Kill Em All ou Nas et Hate Me Now prouvent que la haine a toujours une place importante dans le rap et Still D.R.E illustre parfaitement l’idée que rien n’a changé et que les mêmes personnes sont aux commandes. Cela dit ces quelques années avec 2Pac et Biggie au sommet ont changé la façon de rapper. La musique a pris une place bien plus importante dans le fond et dans les rimes. De cette année on peut retenir le clip très osé de Hate Me Now pour lequel Nas devient Jésus et porte la croix. À la grandiloquence de ce clip on peut opposer le très simple No Scrubs de TLC et voir qu’il n’y a pas vraiment de patte Hype Williams. Le réalisateur enchaine les projets toujours différemment, apportant son expertise aux chanteurs, mais restant en retrait sur le plan des idées.
Les années 2000 commencent et la fatigue se fait sentir, peut-être en a t’il eu marre de cette violence, en tous cas à force de créer des clips à la chaîne sans réelle influence, le réalisateur commence à s’essouffler. Il ne réalisera même qu’un seul clip en 2003, pour Ashanti. Mais en 2005, nouvelle vague oblige, Hype Williams est de retour, et il est frais comme un gardon. The Game, 50 Cent, Kanye West, Beyoncé, Pharell, Ne-Yo, Robin Thicke, Jamie Foxx, toute la jeunesse veut voir ses clips réalisés par celui qui a filmé l’âge d’or de la vidéo hip-hop. Cependant quelque chose a changé. Le vidéaste veut définir son style. Il commence par appliquer un effet flagrant sur de nombreuses vidéos. À savoir le wide screen dynamique que l’on peut observer sur Check On It de Beyoncé ou So Sick de Ne-Yo. Pour illustrer l’effet c’est Unpredictable de Djamie Foxx (The D is Silent) que l’on a choisi.
Regardez : Jamix Foxx feat. Ludacris – Unpredictable
Cette année marque aussi le départ de la collaboration la plus fructueuse de la carrière de Hype Williams avec les vidéos de Gold Digger et Diamonds For Sierra Leone qui ne laissent augurer que du bon pour la suite de la carrière de Kanye West. Les deux camps se complètent à la perfection, le génie de Kanye West apporte ce qu’il manque à l’expertise technique de Hype Williams. Avec Stronger et Can’t Tell Me Nothing les claques s’enchainent et le réalisateur retrouve le mojo au point d’élargir son horizon pour réaliser Viva La Vida de Coldplay en 2008. Ce n’est cependant qu’un coup d’un soir puisque la relation avec Kanye West est toute fraîche et que le réalisateur en profite pour continuer les expérimentations, notamment en s’essayant au dessin animé sur Heartless. Point d’orgue de cette aventure, la co-réalisation en 2010 du court-métrage Runaway.
Regardez : Kanye West – Runaway
Enfin, ses clips commencent à dégager une aura unique, bien que l’on se demande si la réussite serait aussi grande sans la participation de Kanye West. Les collaborations diverses continuent avec Robin Thicke sur Love After War par exemple, ou encore Jack White le rockeur néo-zélandais. Mais c’est seulement sur les vidéos de Kanye West que l’on arrive à se dire whoa ! Avec l’émergence de nouveaux réalisateurs on peut se demander si Hype Williams parviendra à dépasser ce qu’il a réalisé dans le cadre de sa collaboration avec le rappeur de Chicago.
Il a néanmoins d’ores et déjà réussi à se placer comme baromètre de la culture hip-hop en parvenant à filmer les plus grands rappeurs dans leurs meilleurs moments sans vraiment leur imposer un regard biaisé. Il n’était qu’un des nombreux acteurs du mouvement et en laissant les chanteurs exprimer leurs personnalités au cœur de ses vidéos, il a réussi à s’imposer à leurs côtés. C’est peut-être finalement ça la patte Hype Williams. Nous, en tous cas, on n’est pas contre l’édition en DVD de la totalité de ses clips. À bon entendeur, salut.
Regardez : Wu Tang Clan – Can It Be All Simple
Pour les plus curieux, voici la liste de tous les clips réalisés par Hype Williams.





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Rassurez-vous cependant, il ne met pas dans le même sac une autre chanteuse aussi talentueuse, Demi Lovato, elle aussi choisie pour évaluer les candidats. Non, il ne pas peut pas dire la même chose d’elle… Il ne l’a jamais entendue chanter ! Ce que l’histoire ne dit pas en l’état, c’est que 

DJ Jazzy Jeff & The Fresh Prince ont sorti deux albums à la fin des années 1990, leur permettant de recontrer le succès avec Girls Ain’t Nothing But Trouble ou Parents Just Don’t Understand, titre qui leur amènera un Grammy Award ! Tout public, leur rap décalé à l’époque leur apporte les faveurs des médias, amenant le lancement de la sitcom en 1990 pour 6 saisons. Le Will Smith comédien gagne alors en popularité et ses performances lui permettent de changer de format : en 1993, son rôle dans Six Degrés de Séparation lui offre son premier succès critique et 1995 marque son passage vers les gros budgets hollywoodiens avec le classique Bad Boys. Occupé par ses différents projets ciné après la fin du Prince de Bel-Air, il enchaîne les films, d’Independance Day à Men In Black en passant par Wild Wild West et le succès est là depuis : on a en tête Ali, où son interprétation lui a valu une nomination aux Oscars ou encore les magnifiques A La Recherche Du Bonheur et Sept Vies par exemple.



