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Retour sur : Robert Glasper et sa Black Radio

Il y a déjà plusieurs mois Robert Glasper délivrait Black Radio, un album mêlant harmonieusement le hip hop et la soul autour de cet élément principal qu’est le jazz. Les quelques extraits diffusés comme le titre Always Shine en collaboration avec Lupe Fiasco et Bilal, puis Black Radio qui donne son nom à l’opus et qui n’a d’autre interprète que Yasiin Bey nous poussaient à nous poser cette question substantielle : comment  avons nous pu passer à côté de cet artiste ? Le projet, qui selon le pianiste de 34 ans, serait né de son ennui quant à l’état actuel du jazz, a éveillé en nous l’envie de prêter une oreille curieuse à sa discographie, car non ce n’est pas son premier projet. Revenons donc sur la carrière de la figure montante du jazz avant d’aborder le sujet Black Radio.

Si Robert Glasper allie le jazz et la soul, le hip hop et le RnB, c’est tout simplement parce qu’il considère ces différents genres musicaux comme faisant partie d’un seul et même univers. Le pianiste qui doit sa première influence musicale à une mère chanteuse de jazz et de blues a développé son style dès son plus jeune âge à l’église comme une grande partie des artistes américains. C’est à l’université qu’il croisera la route de Bilal, cette rencontre sera à l’origine des nombreuses associations de Robert Glasper avec une variété d’artistes hip hop et RnB. Il deviendra alors, en parallèle de sa carrière de jazzman, le directeur artistique du chanteur neo soul mais aussi celui de plein d’autres artistes dont Q-Tip (The Renaissance), Kanye West (Late Registration), ou encore Jay-Z, Talib Kweli, Common, Slum Village et la liste est longue !

C’est en 2004 qu’il délivre Mood, son premier album composé de titres originaux mais aussi de standards qu’il revisite. Suivra en 2005 son second opus (premier sorti en major) intitulé Canvas où l’artiste expérimente de nouvelles sonorités, puis In My Element sorti en 2006. Le titre Double Booked (comprenez double programmation) choisi pour son quatrième album à été judicieusement pensé. Le projet se divise en deux parties bien distinctes. Dans la première, le pianiste s’accompagne de Vicente Archer à la contrebasse et de Chris « Daddy » Dave à la batterie avec lesquels il forme le Robert Glasper Trio. Tandis que dans la seconde partie sous le nom de Robert Glasper Experiment on retrouve Casey Benjamin au saxophone et vocoder, Derrick Hodge à la basse électrique, Bilal figurant dans chacun de ses albums s’exécutera encore une fois au chant et enfin Chris « Daddy » Dave, aussi membre du trio. Sur cette dernière Robert Glasper et son groupe livre une musique dite plus urbaine.

Regardez: Robert Glasper – EPK

Avec Black Radio, Robert Glasper tente de palier à ce manque de nouvelle énergie qu’il perçoit dans le jazz. Ce genre étant « respecté » mais peut être considéré à tort comme réservé à une certaine élite ou à un public d’un certain âge, a malheureusement perdu en popularité. Ici l’effort du pianiste et compositeur pour faire découvrir le jazz à un public moins familiarisé avec ce genre ou plutôt pour ouvrir le public à un genre un peu boudé (c’est selon), est avoué. Black Radio est selon son auteur son projet qui se veut le plus « grand public ». Et les moyens mis en œuvre pour nous convaincre ne sont pas négligeables. À commencer par le casting intéressant dont on ne vous dévoilera qu’un avant-goût. Bien qu’il n’ait pas tout misé sur des invités de marque nous citerons: Erykah Badu, Yasiin Bey, Meshell Ndegeocello, Musiq Soulchild et Chrisette Michele (laissons tout de même place à un peu de mystère).

Le mariage de ces différents genres, de nombreuses fois cités dans cet article, donne lieu à une musique plus chic, mature, ou même d’adulte ce qui expliquerait que tout le monde n’adhère pas au concept. Les productions informatisées font place aux instruments joués par le Robert Glasper Experiment. En voici un extrait, le titre Black Radio, dont la vidéo au visuel simple exprime d’une manière pas si subliminale que cela, la vision de l’état actuel de la musique de Robert Glasper et Yasiin Bey.

Regardez: Robert Glasper – Black Radio feat. Yasiin Bey

Si vous êtes prêt à tenter l’aventure, sachez que Robert Glaper sera sur scène en France à partir du 12 mai. Vous y trouverez le Robert Glasper Experiment présentant en plus des passages de Black Radio, du jazz histoire d’être introduit au genre en live. Et même si vous vous en doutez pour des raisons d’emploi du temps, les invités de l’album ne seront pas présents à chacune des dates, le jazzman est prévu en première partie du concert d’Erykah Badu au Théâtre Antique de Vienne le 30 juin prochain. En attendant, nous vous laissons sur un des titres de l’album : Always Shine.

Regardez: Robert Glasper – Always Shine (Live) feat. Lupe Fiasco et Bilal

Pour aller plus loin :

Découvrez la soul française de Stefan Filey

Stefan Filey approche de la quarantaine, et pourtant il n’a jamais vraiment connu le succès. D’origine antillaise il chante depuis l’âge de 6 ans dans les églises et fonde en 1992 le groupe de gospel Sweetness avec lequel il gagne le prix de découverte de l’année aux Francofolies et reçoit l’honneur de faire la première partie de Michael Jackson à Lausanne. Il participe régulièrement en tant que choriste aux concerts des plus grands, de Mariah Carey à Céline Dion.

En 2000, Stefan Filey décide de se lancer dans une carrière solo, en tant qu’artiste soul. Dans sa voix résonnent ses inspirations d’Al Green à Marvin Gaye, et il sort son premier album en 2002, Soul Influences, et fait les premières parties de Bilal et Angie Stone. Cette soul si présente de l’autre coté de l’atlantique s’avère très rare en France, au point que l’on puisse considérer Stefan Filey comme un pionnier. Mais voilà, si sa voix est superbe on peut regretter des textes creux, sans réelle épaisseur.

Quand il revient en 2009 avec son EP : Confessions of a Parisian Soulvivor on se rend très vite compte qu’il n’a pas chômé durant les 7 années qui ont passé. Bien meilleur au piano il se permet même une chanson magnifique en anglais, Love Me (ici en version acoustique) :

Ecoutez : Stephan Filey – Love Me

C’est donc avec de nouvelles certitudes qu’il sort son deuxième album, The Lost Album, en ce début d’année 2012. Un album en demi-teinte à l’écoute car certaines incertitudes lyricales demeurent, mais musicalement et vocalement il est très difficile de faire la fine bouche devant un morceau tel que Colorer ma Bataille. Et s’il y’a bien un exercice dans lequel Stefan Filey excelle c’est celui de la reprise, Un Autre Monde sur son dernier album ou encore Pose Ton Gun sur la mixtape Armageddon du bon vieux Joey Starr sont de vrais bijoux. Les chansons sont totalement retravaillées dans une soul très douce portée par la voix du chanteur. Voix que l’on aimerait entendre un peu plus ici sur Soul ton oreille.

En bonus, le featuring avec K-Fear et Fredo – Hip-hop tu te rappelles ?

Et pour aller plus loin vous pouvez visiter le site de Stefan Filey, et acheter son Lost Album.

Vos Choix Musicaux #23

Chez Soul Ton Oreille, on aime les internets et la rigolade. Mais nous avons aussi dans l’équipe celui que l’on pourra renommer Troll : pour le bien-être de notre groupe, on taira ici son vrai nom mais sachez qu’Arnaud prend un malin plaisir à provoquer notre chère communauté en lui suggérant des attentats musicaux tels Patrick Sébastien et ses serviettes qui tournent et virevoltent. Rassurez-vous, il ne figure pas dans Vos Choix Musicaux de la semaine même si honteusement, Perrine et Maree Pop ont encouragé ce geste anti-oreilles soulées.

Soyez sûrs que les responsables de cette attaque contre vos tympans seront punis avec une double dose de ce que la chanson française nous a amené de mieux pendant longtemps. Nous voulons bien sûr parler de la Zoubida.

Trêve de galéjades, voilà Vos Choix Musicaux #23, rendez-vous vendredi sur Facebook pour le vingt-quatrième épisode, déjà, et n’oubliez pas : on est entre deux tours mais cette semaine, votez tout de même en cliquant sur « j’aime » !

Le choix d‘Elie S. :

Oxmo Puccino – 365 jours

Le choix d’El-Hadj M. :

Stacy Barthe – Comfy Little Coffin

Le choix de Keem L. :

Notorious B.I.G. feat 112 – Sky’s The Limit

Pour aller plus loin : tous Vos Choix Musicaux sur Soul Ton Oreille.

Soul Ton Actu #001

Une semaine dans le monde de la musique, c’est des clips, des sorties d’albums, des informations en tout genre et beaucoup de bonheur pour nos oreilles malgré des déceptions parfois. Cette semaine, nous vous proposons une toute nouvelle rubrique sur Soul Ton Oreille : Soul Ton Actu, 4 actualités qui ne nous ont pas échappé et qu’on vous offrira dorénavant chaque week-end pour qu’aucun d’entre vous ne rate quelques-uns de ces événements, majeurs ou non, qui font le quotidien de la musique, souvent côté coulisses.

Les Beasties Boys sont définitivement dans la légende avec leur entrée au Rock And Roll Hall Of Fame ! Neuf albums dont le dernier Hot Sauce Committee Part Two sorti l’an passé, une carrière commencée en 1986, un groupe qui a révolutionné le monde du hip hop dans les années 1990 avec des opus vite passés dans la catégorie des classiques, les Beastie Boys sont les troisièmes à représenter le hip hop au Hall Of Fame après Run DMC et Grand Masterflash and the Furious Five.

Hommage du monde de la musique et occasion en or pour The Roots, Kid Rock et Travie McCoy de proposer un medley des tubes du trio (le groupe n’a pas pu performer, MCA n’ayant pas pu assister à la cérémonie pour raisons de santé malheureusment), le groupe a été présenté par Chuck D et LL Cool J, qui n’ont pas manqué avec Quest Love de noter l’importance du groupe dans la musique des 20 dernières années. S’ils scandaient « Ali Baba and the 40 thieves » sur leur premier album Licensed to Ill, on peut dire que cette récompense, ils ne l’ont pas volée ! La cérémonie sera diffusée le 5 mai sur HBO, en attendant, ne manquez pas la mixtape Grand Royal offerte par Mike Boogie, son hommage à lui aux Beastie Boys.

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L’heure des classements sonne et le premier à nous donner le vertige est celui de Forbes qui propose sa liste des artistes hip hop les plus riches. Peu de surprises au menu, le top 3 étant tenu par Sean « Diddy » Combs (fortune estimée à 550 millions de dollars), suivi de Jay-Z (460 millions) et Dr Dre (270 millions, merci HTC et Beats by Dre !).

Les trois poids lourds sont suivis de Bryan Williams (co-fondateur de Cash Money Records, maison de disque de Drake ou Nicki Minaj) et 50 Cent. La question aujourd’hui, c’est de savoir qui sera le premier artiste hip hop à devenir milliardaire en dollars. Sur qui placez-vous vos paris ?

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Janet Jackson n’a pas fini d’entendre parler du fameux « Nipplegate » : rappelez-vous, lors de la mi-temps du Superbowl 2004, la chanteuse a offert une prestation osée qui choque encore nos amis américains, son camarade Justin Timberlake lui arrachant innocemment une partie de sa tenue pour laisser entrevoir ce sein qu’on ne saurait voir.

Huit ans après, la polémique est toujours présente : passée par presque tous les tribunaux américains pour juger la responsabilité de la chaîne CBS dans cet événement so shocking, l’affaire avait connu un premier résultat en 2008, dédouanant le réseau télévisuel. Mais c’est sans compter sur la FCC (Federal Communications Commission, équivalent du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel en France) qui après la Cour Suprême en 2009, a demandé un nouveau jugement de l’affaire : le sein de Janet devant la Cour Suprême, sûrs qu’il y aura du monde au balcon !

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Vous souvenez-vous d’Arrested Development ? Ce collectif avait connu un succès considérable avec son tube People Everyday en 1992 (20 ans déjà !?). Surprise cette semaine avec l’apparition sur la toile d’un nouveau clip sorti en début de mois et illustrant leur titre Living. Hymne au changement, support à ceux qui font quelque chose pour changer le quotidien et le futur, appel à la spiritualité, Living propose un clip parfois étonnant, à base de boucles d’oreilles artisanales XXL, des vers de terre sur un visage et de l’eau qui essaie de se frayer un chemin dans la coupe afro de la chanteuse sans explication. Agréable surprise tout de même de revoir le groupe d’Atlanta en vidéo !

 

Handmade, l’album fait maison de Hindi Zahra

Parce qu’il n’y a pas que la soul et le rap et parce qu’on en a assez d’entendre que du ricain à la radio, chez Soul Ton Oreille on a décidé de vous parler d’Hindi Zahra. Cette jeune artiste marocaine n’est pas une novice mais seuls les aficionados se souviennent de Bounz en 2005 paru sur le premier volume de Black & White Skins, collectif monté par Spleen. En 2007 elle assure les premières parties d’Oxmo Puccino et Yael Naim. L’année suivante Alain Souchon fait appel à elle pour lui donner des cours d’arabe accéléré pour qu’il puisse chanter en arabe son titre Sidi Ferouch sur l’album Ecoutez d’où ma peine vient.
Après quelques scènes comme La Bellevilloise ou La Cigale, Hindi Zahra et sa voix blues teintée de reflets roots aux accents anglais et berbères séduit définitivement un public en manque de simplicité et de poésie. C’est donc tout naturellement qu’elle reçoit en novembre 2010 le Prix Constantin pour son album Handmade, et trois mois plus tard la Victoire de la musique, catégorie album de musique du monde.

Mais Hindi Zahra n’est pas qu’une voix. A 18 ans elle quitte l’école et dégote son premier job au Louvre. « J’ai rencontré l’art. J’étais une enfant contemplative avec la nature. Les tableaux me procuraient la même sensation ». Mais la musique, depuis toujours, nourrit son imagination. Il faut dire qu’avec une mère chanteuse reconnue dans son village et des tontons musiciens Hindi Zahra a de qui tenir ! Alors elle continue de travailler des textes mélancoliques tout en composant ses mélodies, sans oublier ses racines qui l’inspirent toujours : Oum Khalsoum, Ali Farka Touré, Ismaël Lo…

En un an elle compose une cinquantaine de titres dont le sublime Beautiful Tango. Cette chanson d’amour dont dit-elle « J’étais sûre de cette petite musique et soulagée que cette mélodie arrive enfin avec son écrin de mots, naturellement». Beautiful Tango, dont le clip est réalisé par Tony Gatlif, est saluée par le mensuel The Wire qui compare Hindi Zahra à Billie Holiday. « Le jazz, c’est le seul endroit où j’ai pu reconnaître des notes de chez moi. Le jazz, c’est la liberté de créer. C’est une grande école ».

Parmi ces cinquante titres on retient aussi Oursoul, traduisez « notre âme » (our soul en anglais), mais qui en berbère signifie « le passé révolu » où elle évoque les rêves déchus d’une fille promise au mariage.

La musique d’Hindi Zahra c’est du blues oriental, de la soul nomade, du jazz tzigane. Sa signature c’est son timbre un brin voilé et les onze titres composant son album nous invitent à un voyage dont on ne veut surtout pas revenir.

Imik Si Mik, l’un des autres titres présents sur l’album et aussi l’un des plus beaux, illustre parfaitement la simplicité d’Hindi Zahra.

Alors pour ceux qui la connaissent déjà, nous vous souhaitons un bon moment à replonger dans son bel univers. Et pour ceux qui ne connaissent pas encore Hindi Zahra, nous vous souhaitons une belle découverte.

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