Parmi les dix albums studio des Boyz II Men se cachent trois albums de reprises (enfin trois et demi, mais on en reparle un peu plus bas). Moyen facile de passer le temps tout en continuant d’occuper le devant de la scène en période creuse ou pari musical et hommage réussi ? Et bien en fait c’est un mélange des deux !

Sorti sous leur propre label indépendant MSM Music Group en 2004, Throwback, Vol. 1, leur premier album du genre, reprend des classiques des années 70 principalement, que ce soit soul avec Let’s Stay Together de Al Green, rock avec Sara Smile de Hall & Oates ou encore disco funk avec Cutie Pie de One Way. Malgré la bonne volonté de nos quatre chanteurs, le résultat est plutôt moyen. Les voix sont là, leurs arrangements sont réussis comme toujours, mais il est clair que les 11 titres de l’album ne rendent pas tout à fait justice aux titres originaux. A part peut-être leur version de Human Nature de Michael Jackson, juste accompagnés d’une guitare acoustique ?
Ecouter : Human Nature
Heureusement, les Boyz II Men sont pleins de ressources et les deux albums de reprises suivants sont franchement agréables. D’abord, on a Motown: A Journey Through Hitsville USA, qui se présente comme un retour aux sources, puisque consacré à des titres mythiques de la Motown. Avec la venue de Patti LaBelle sur Ain’t Nothing Like The Real Thing et Brian McKnight sur End Of The Road (eh oui, c’est un classique de la Motown celui-là aussi !), les Boyz II Men proposent 14 reprises dont le magnifique Ribbon In The Sky tout a cappella (maintenant vous comprenez pourquoi je ne vous l’ai pas fait écouter mercredi) et les sympathiques reprises conjuguées de It’s The Same Old Song et Reach Out (I’ll Be There) de The Four Tops. Le pari est ici plutôt réussi, et même si le groupe ne nous fait pas complètement oublier les morceaux originaux, la qualité est bien là.
Ecouter : Ribbon In The Sky
Sur Love, leur dernier vrai album de reprise en date, ce sont des classiques des chansons d’amour qui sont revus et même corrigés. J’ai là en tête le titre Amazed, que vous découvrirez sûrement aussi. A la base interprétée par un groupe de country (Lonestar), le morceau réarrangé à la sauce Boyz II Men pourrait truster la place de titre indispensable à un mariage en lieu et place de The Way You Are de Bruno Mars, Everything I Do, I Do It For You de Bryan Adams ou n’importe quelle autre chanson où la niaiserie romantique est mise à l’honneur.
Ce qui est intéressant sur cet album, c’est que les Boyz II Men ne restent pas tout à fait dans leur zone de confort en se contentant de classiques soul ou RnB, mais vont aussi voir du côté de la pop, du rock ou donc de la country. Le résultat est assez étonnant, comme pour la reprise de Time After Time dont on a déjà parlé ou celle-ci : qui n’a pas souvenir de ce tube du boys band anglais Take That ?
Ecouter : Back For Good
Avant de clôturer cette semaine Boyz II Men demain avec Jav, quelques mots sur Twenty : deux CDs, un de morceaux originaux, un de reprises (le voilà mon demi du début d’article !) en guise de bougies sur le gâteau.
Retrouvant ses producteurs fétiches, Teddy Riley et Babyface en tête, Boyz II Men propose dans cet opus des titres qui renouent avec ses plus grandes heures tout en montrant une claire évolution. En ouvrant avec Believe et son texte positif (You should know that it ain’t about color / No stereo typical agenda / Time to create a new world order / And with love we’ll part the waters, oh / No boundaries, sky is the limit / That’s the way that it was in the beginning / Open your heart and let love in it / If we do we’ll all be winning, oh), Boyz II Men propose un son presque parfait pour les clubs. Benefit Of A Fool rappelle sans problème tant il est efficace les succès new jack et hip hop du groupe au début de sa carrière et donne clairement envie d’entonner un petit « shoo-be-doo » à l’écoute du titre. So Amazing et Slowly font écho au RnB mielleux de I’ll Make Love To You ou Uhh Ahh des 90s grâce au talent de Tim & Bob (ceux qui ont produit la Thong Song de Sisqo).
Si on devait résumer, malgré un léger moins bien sur quelques morceaux (étonnamment ou non, les deux titres choisis pour single, More Than You’ll Ever Know et One Up For Love), cet album célèbre d’une belle manière les 20 ans de carrière du groupe, avec des nouveaux titres proches de ce à quoi ils nous ont habitués tout en proposant un son assez actuel. Et en n’oubliant pas Cooleyhighharmony, II et Evolution, les trois premiers albums du groupe dont huit des hits sont revus. Après tout, 15 à 20 ans plus tard, on peut comprendre que les trois hommes aient envie de porter un regard neuf sur ces titres qu’ils ont dû chanter un bon million de fois. Seul problème : au bout de 20 ans d’écoute, on connaît les chansons sur le bout des doigts (ou du coin de l’oreille) et les quelques nouveaux arrangements, sans oublier l’absence de McCary, font un léger pincement au coeur, même si l’effort est appréciable.
Ecouter : Benefit Of A Fool








