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Vos Choix Musicaux #26

L’Oreille Suprême est fâchée.

Non pas que les propositions de la semaine ne soient pas bonnes. Loin de là ! Mais force est de constater qu’aucune paire d’oreilles féminine n’a fait de proposition, hormis notre Maree Pop nationale, sur le dernier statut dédié. Que se passe-t-il mesdames ? Ne soyez pas impressionnées par ces messieurs et leur multiples propositions. Ne vous retenez pas de leur donner une leçon en proposant des titres tellement bons qu’une pluie de votes s’abattra sur Facebook et les pouces se tourneront en masse vers le haut. On vous y attend !

Entre temps, place aux trois délicieuses propositions de nos lecteurs assidus, qu’on remercie encore une fois de leur fidélité à ce rendez-vous hebdomadaire. A samedi pour la session #27 !

Le choix de Guillaume M. :

Raashan Ahmad – Remember (Ft. Headnodic)

Le choix d’Ali B. :

The Weeknd – Wicked Games (Acoustic) Live in Sudbury

Le choix d’El Hadj M. :

Mayer Hawthorne – Henny & Gingerale

Pour aller plus loin : tous Vos Choix Musicaux sur Soul Ton Oreille.

Découvrez : Yuna, un nom à retenir

Yuna sur Soul Ton OreilleEn avril dernier Yuna Zarai communément connue sous son nom de scène Yuna, sortait aux États-Unis son premier album éponyme. Vous n’avez peut-être pas encore entendu parler de cette artiste aux turbans colorés qui font depuis ses débuts sa signature, mais nous avons le sentiment qu’après l’avoir écouté vous vous souviendrez de son nom. Découverte aux Etats-Unis en 2011 par le label Indie-Pop, la chanteuse au grain de voix apaisant nous vient tout droit de Kuala Lumpur capitale de la Malaisie où elle y a d’ailleurs un public bien établi. Elle délivrera la même année par le biais de Fader Label l’Ep intitulé Decorate.

Le projet aux 5 titres visant à présenter son travail de l’autre côté de l’Atlantique reprend deux de ses titres phares, le morceau Decorate qui donnait déjà son nom à son premier album sorti en Asie il y a deux ans, ainsi que Deeper Conversation provenant de l’EP lui aussi intitulé Yuna en 2008. Pas question pour autant d’oublier ses fans de la première heure car, en effet, son succès en Asie où ses compositions originales ou encore sa reprise de Come As You Are du mythique Nirvana ont déjà fait leur preuve, remonte déjà à 2006. L’auteur, compositeur et interprète livre en début d’année Terukir Di Bintang. L’album se compose de titre en malais comme en anglais, formule des précédents projets sortis en Asie. On y retrouve quelques inédits tel que le titre Sparkle choisi par Samsung, l’une des marques avec laquelle elle collabore, afin d’encourager à la créativité. Yuna participe aussi au White Space Project d’Adidas qui  gravit autour de cette même initiative et elle rencontrera les jumelles designers Coco && Breezy. Des rumeurs de collaboration entre la chanteuse et Theophilus London résonnent déjà, celles-ci lancées par le rappeur lui-même. Quel est le rapport demanderez-vous ? Les jumelles et le rappeur font parti du même cercle d’artistes, d’où la possibilité de connection. Voici le spot où l’on peut entendre le titre Rocket de Yuna figurant dans l’album Decorate de 2010.

 Regardez : Yuna – Adidas Originals White Space Projects avec Coco && Breezy

Yuna décrit excentriquement sa musique comme une rencontre entre Mary Poppins et Coldplay. Nous dirons qu’il s’agit là de pop-folk agrémenté d’un brin de soul. L’opus Yuna marque l’accomplissement de la chanteuse de 25 ans, pas seulement parce qu’il est son tout premier album sorti aux États-Unis et donc que sa musique se déverse désormais dans des oreilles internationales, mais surtout parce que l’artiste s’est permis ici de quitter sa « zone de confort ». Il est vrai qu’après avoir prêté une oreille à l’intégralité de sa discographie, la première écoute de ce nouveau projet peut être déroutante. Quand la chanteuse nous habituait à un son doux, plutôt monocorde qui ne laissait pas grande place au changement, l’album Yuna vient bousculer une routine installée. Elle avoue être une amoureuse de la pop des 90′s, citant d’ailleurs Bob Dylan, Fiona Apple ou encore Sia parmi ses influences et s’habitue à produire une musique qui en découle comme naturellement.

C’était sans compter sur cette fameuse rencontre avec Pharrell Williams. Le membre et leader du N.E.R.D. a produit quelques titres de cet opus éponyme dont le premier single Live Your Life. « Il m’a fait réaliser que j’étais capable de faire une musique différente de ce à quoi je me suis habituée » déclarera-t-elle au sujet du producteur de génie. Après plusieurs écoutes, la gêne initialement ressentie disparaît, la prise de risque s’avère payante. La chanteuse a bel et bien repoussé les limites qu’elle s’était peut-être inconsciemment imposées car malgré une évolution vocale, lyricale et musicale dénotée à chaque projet précédemment délivré, le résultat dans l’ensemble se jouait sur le même terrain. Yuna a cette fois réussi le pari d’explorer d’autres possibilités tout en restant fidèle à son art. Quand la musique y est bien plus dynamique, l’évolution reste cependant cohérente. Un compromis entre des productions signées Pharell et des chansons qui finalement ressemblent toujours à Yuna.

Regardez : Yuna – Live Your Life

Ce nouvel album se compose de 12 titres inédits, plus une version complétée du titre Decorate. Le morceau court qui avait d’ores et déjà été clipé se voit allongé et être entièrement retravaillé. La musique de Yuna inspirée par ses différents voyages est relaxante et si l’amour y reste le principal sujet, il y est abordé sous forme de thème diversifié. La chanteuse reste optimiste même lorsqu’elle évoque un cœur brisé. Peut importe si Yuna s’éloigne de ces œuvres précédentes, son objectif reste d’aider l’auditeur à se sentir en accord avec lui-même par le biais de titres comme Fading Flower ou encore Remember My Name. Elle, d’ajouter « Si quelqu’un traverse des épreuves difficiles, j’espère qu’il y portera un regard positif après avoir écouté mon album« . Voilà une bonne raison de confier à Yuna vos soucis et vos oreilles averties en espérant que cela sera efficace et surtout que vous vous souviendrez de son nom.

 Regardez : Yuna – Island

Pour aller plus loin :

Esperanza Spalding, l’espoir du jazz

Les arbres ont fleuri, le soleil illumine ou va bientôt illuminer vos cœurs et vos humeurs. Des envies de simplicité vont vous envahir et pour ceux ou celles qui auraient besoin d’une solution pour parvenir à cet état de plénitude, nous l’avons trouvé : le jazz selon Esperanza Spalding avec son album Radio Music Society. Dans le monde de la musique soul, mais du jazz aussi, certains artistes ont des talents multiples, c’est le cas de cette jeune femme talentueuse originaire de Portland. Esperanza Spalding c’est le jazz à l’état pur mais c’est aussi une musicienne hors du commun, à la fois violoniste et contre bassiste. On pourrait s’arrêter là mais il nous faut ajouter une corde à son arc, un timbre de voix jazzy qui vous emporte. Son curriculum vitae pour son jeune âge pourrait en faire pâlir certains, mais la jeune femme reste simple et surtout reconnaissante de ce qui lui arrive. Elle parle avec beaucoup de respect de ces artistes, ses héros artistiques, qui l’ont influencé et qui lui ont donné l’amour du jazz, comme Joe Lovano et Terri Lyne Carrington. Elle a beaucoup appris à travers eux, et son souhait en faisant de la musique est de pouvoir les faire connaître à un public large car leur musique mérite largement d’être entendue par le plus grand nombre. En 2011, elle marque la cérémonie des Grammy Awards, en remportant le Grammy de la meilleure nouvelle artiste, face à Drake et Justin Bieber (il y a une justice quand même). Une consécration pour le jazz, mais aussi une consécration pour la musique soul face aux pointures du rap ou aux « produits commerciaux ».

Son dernier opus, Radio Music Society, est une nouvelle invitation à la poésie et à la délicatesse, celle où l’on entend les cordes du violon, la finesse de la guitare, et la fougue de la contrebasse. Cet album est une parfaite combinaison entre le jazz d’antan et le groove de notre génération. Esperanza Spalding dessine au travers de chansons comme Land of the Free et I Can’t Help it un pont entre l’ancienne et la nouvelle école du jazz. C’est sans noter l’originalité de l’artiste qui mêle gospel, orgue et violoncelle à merveille. Pour ceux qui connaissent Algebra Bassett, vous l’avez sans doute reconnue sur le morceau Black gold, très beau titre qui ne délivre pas meilleure message pour retrouver foi en soi. Un album original mais cependant légèrement redondant car l’utilisation de son instrument est peut être un peu trop omniprésente. Il est assez rare qu’un album fasse l’unanimité, toutefois celui-ci s’en sort plutôt bien car un bon nombres de ses titres sont envoûtants, décalés même. Décalé car on sent à chaque chanson l’ouverture sur une autre ambiance, on passe d’un jazz contemporain à un autre plus ancien, comme avec Hold on me teinté d’un jazz à la Sinatra.

Ecoutez : Esperanza Spalding – Hold on me

Pour les nostalgiques et les âmes en quête de sérénité, cet album est fait pour vous, car il est à l’image de son amour et de sa vison de la musique jazz par le partage. Radio Music Society s’inscrit donc dans une envie d’élargir le public qui pourrait écouter du jazz, une envie de le rendre plus accessible, un opus à diffuser simplement en radio. Habitué à un certain classicisme dans ces derniers albums, Esperanza revient ici avec une pointe de folklore qui lui est propre, mais aussi de modernité. Alors pour finir, aux amoureux du Jazz avec un grand J, aux fervents amateurs de sons feutrés mais ouverts à une certaine originalité et à tous les autres aimant la découverte, nous vous conseillons cet album. Et comme c’est une grande musicienne nous vous conseillons également d’aller la voir sur scène à La Cigale le 23 mai prochain.

Vos Choix Musicaux #25 : Vive le 7ème Art !

Comment mieux conclure une Semaine Spéciale Cinéma qu’en vous laissant la parole pour partager vos bandes originales favorites ? Si bien sûr l’essence de Soul Ton Oreille, c’est la soul et le hip hop, vous savez aussi que nous ne sommes pas sectaires et apprécions grandement les incursions vers d’autres genres musicaux… Raison de plus pour vous, de nous proposer chaque vendredi des morceaux en tous genres pour ravir tous les pavillons auditifs !

Cette semaine, voilà donc ceux que vous avez attendu avec impatience : Vos Choix Musicaux #25 avec trois titres issus de bandes originales de film. Rendez-vous vendredi sur Facebook pour le numéro 26 !

Le choix d‘Elie S. :

Isaac Hayes – Theme from Shaft

Le choix d’El-Hadj M. :

Bobby Womack – Across 110th Street (Across 110th Street et Jacky Brown)

Le choix de Christ Off :

College & Electric Youth – A Real Hero (Drive)

Pour aller plus loin : tous Vos Choix Musicaux sur Soul Ton Oreille.

Critique : Norah Jones et le chagrin d’amour

Il y a 10 ans maintenant Norah Jones signait des débuts fracassants, faisant chavirer les coeurs avec la douceur de sa musique. Come Away With Me se vend alors à 20 millions d’exemplaires et la chanteuse reçoit 5 Grammy Awards. Depuis, son jazz a évolué au fil des rencontres avec de nombreux artistes de tous bords, des Foo Fighters à André 3000 , qui ont su se servir au mieux de cette voix reconnaissable parmi mille autres. Encore récemment elle a collaboré avec Jack White et Danger Mouse, la partie invisible de Gnarls Barkley, pour le projet Rome, qui offre une musique très cinématographique, bien aidé par la participation de Daniele Luppi.

C’est justement avec Danger Mouse à la production qu’elle signe aujourd’hui son cinquième album Little Broken Hearts. Tout comme la pochette de l’album le laisse entendre, nous somme encore une fois face à une musique proche de ce que le cinéma peut nous apporter. L’album en lui-même suit une certaine chronologie, un enchaînement de scènes créant une seule histoire. Une histoire de rupture. Car oui, trois ans après The Fall, il semble que l’on ait à nouveau brisé le coeur de la jolie new-yorkaise. Dès ce moment, vous pouvez craindre une certaine redondance avant l’écoute de l’album, mais ce serait nier l’apport de Danger Mouse qui permet vraiment à Norah Jones de se démarquer de sa musique passée. Intéressons-nous de plus près à cette fameuse histoire de petits coeurs brisés.

Good Morning, ouvre l’album avec une certaine mélancolie : un synthé et quelques cordes donnent un sentiment vague, le réveil parfaitement représenté, jusqu’à ce que l’on commence à penser à la rupture qui nous a secoué. Ainsi dans Say Goodbye, Norah Jones demande qu’on lui rende son passé sur une chanson qui reste néanmoins joyeuse et jamais sur cet album la chanteuse ne semblera dépressive, peut-être grâce à ses Happy Pills ?

Regardez Happy Pills de Norah Jones :

Néanmoins, l’aspect cinématographique de l’album donnera parfois un sentiment de violence, de douce vengeance comme sur Little Broken Hearts qui aurait tout à fait sa place dans le prochain Tarantino. La belle est en colère contre l’homme ou peut-être contre l’amour qui lui prend toujours ses plus beaux moments. Avec She’s 22, on comprend que son amant l’a quittée pour quelqu’un de plus jeune et certainement jalouse, elle se demande quand même si sa nouvelle conquête le rend heureux. Avec quelques pistes plus tard le titre Miriam, un joli nom pour la nouvelle petite amie de son amour passé, son esprit vengeur reprend le dessus : visiblement très en colère, Norah Jones va jusqu’à la menacer de mort dans un dernier couplet morbide.

C’est avec Take It Back, titre lancinant, que sa tristesse la rattrape et nous transporte : la production de Danger Mouse sait se mettre en retrait et laisse la chanteuse en tête d’affiche d’une chanson délicieuse. Alors qu’After The Fall nous rappelle que malgré quelques chagrins, on veut toujours retrouver ce qu’apporte l’amour, elle entrouvre parfois la porte à ses relations passées comme sur 4 Broken Hearts. C’est difficilement que Norah Jones arrive enfin à relever la tête sur Travellin On, nous emmenant toujours un peu plus dans l’intimité de sa pensée.

Avec All A Dream, l’album qui commençait par un Good Morning trouve une conclusion parfaite, laissant quelques questions en suspens. On ne saura pas tout de suite si la belle s’est remise de l’histoire contée tout au long de cet album musicalement porté par la voix de Norah Jones, mise en valeur par Danger Mouse, qui tel un réalisateur laisse tout le talent de son acteur s’exprimer au coeur de délicieux décors. Little Broken Hearts permet donc à Norah Jones d’offrir un nouveau souffle à sa carrière.

Regardez le trailer de l’album Little Broken Hearts :

Vous pouvez retrouver l’album en écoute sur le site officiel de Norah Jones.

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