Tous nos articles sur "soul"

Découvrez la soul torturée de Cold Specks

Cold Specks est le nom de scène de la mystérieuse Al Spx. Chanteuse canadienne débarquée à Londres, on a encore du mal à définir son style musical. Une soul très sombre qui flirte avec le blues. Elle signe chez Mute Records début 2012 avec la ferme intention de sortir son album I Predict a Graceful Expulsion. Le premier single, Holland sort fin 2011, l’occasion pour nous d’ouvrir cet article sur une balade musicale et visuelle.

Regardez : Holland – Cold Specks :

I Predict a Graceful Expulsion sort en mai 2012, premier album pour Al Spx qui chante et écrit pourtant depuis des années avec pour but de devenir une rockstar au départ, en tant que grande fan des guitaristes de The Strokes. De belles influences donc pour une adolescente assez turbulente qui a grandi au cœur d’une famille trop nombreuse pour y être heureuse. Longtemps restée en conflit avec ses parents, elle quitte les suburbs canadiens pour l’Angleterre dans leur dos afin de se lancer dans la musique au lieu de continuer ses études. Plus tard elle annoncera à ses parents qu’elle ne croit pas en Dieu, l’écriture de l’album se place durant cette période, elle s’attend alors à un rejet (d’où le titre du disque) et leur écrit un message très fort avec Lay Me Down.

Regardez : Lay Me Down – Cold Specks :

http://www.youtube.com/watch?v=iakh1pX7pxg

Le blues d’Al Spx lui vient probablement des artistes du Mississippi, ou de son modèle Tom Waits avec lequel elle partage une voix éraillée capable de transmettre les plus belles choses comme la plus grande détresse. Une voix mature pour un premier album, mais ce n’est pas forcément le cas pour la guitare au départ. Encore en plein apprentissage Jim Anderson et Rob Ellis, les producteurs d’ I Predict a Graceful Expulsion, lui permette d’offrir une copie propre dans laquelle sa voix peut s’exprimer librement sans se soucier réellement des arrangements musicaux. Chaque chanson est très travaillée par les deux compères ensuite. On est passé d’une démo folk-guitare à un réel univers instrumental entre la soul, le blues et la folk sur l’album, une identité s’est formée autour de la chanteuse et Cold Specks est née. Des chansons comme Elephant Head ou Holland traduisent bien cette idée de complémentarité entre une artiste débutante mais pleine d’idées et ses producteurs qui l’aident à les mettre en oeuvre.

Regardez : Cold Specks – Elephant Head :

La suite sera différente donc selon Al Spx, peut-être moins mélancolique (mais aussi moins sincère ?), avec une telle voix et de si belles influences on peut lui faire confiance pour prendre le meilleur des virages. Sam Cooke étant également un de ses artistes favoris on peut s’attendre à un album plus proche de la soul pour la jeune canadienne qui avec I Predict a Graceful Expulsion nous offre déjà un disque d’une grande beauté, la plupart des chansons ayant été écrite lors de son adolescence, comme une gracieuse répugnance d’une période agitée pour Al Spx.

Cold Specks, futur grand nom de la musique ? Elle a en tous cas toutes les cartes en main pour réussir, et vous avez tout ce qu’il vous faut sur son site officiel pour la découvrir.

Regardez : Cold Specks – Winter Solstice :

Découvrez : Rachel Claudio, mixtape et Dissertation

Bonjour Rachel Claudio, tu ne nous connais sans doute pas, mais nous on commence à bien connaître ton univers musical car même si tu fais partie de nos découvertes du moment, nous savons que cela fait un moment que tu es dans la musique. Tu es australienne, arrivée en France il y a quelques années et bien que tu chantes en anglais, nous savons alors que tu n’auras pas besoin de lancer Google Translate pour nous comprendre. Ça y est, nous avons récemment écouté la C.L.AUDIO TAPE, la mixtape gratuite que tu viens de sortir et avant de te donner notre avis en quelques mots, nous voulions résumer une partie de ton parcours musical et présenter ton dernier clip à nos lecteurs.

Regardez : Rachel Claudio – Dissertation

Cela fait quelques mois que nous te suivons avec notre oreille, précisément depuis que nous avons eu un aperçu de ton art lors du dernier I Love This Dance fin 2011. Un synthé sur scène, un ordi, une voix soul puissante, étonnante même et un mélange assez particulier de sons hip hop et d’effets modernes. Visiblement, tu as le soutien des ex-Saïan Supa Crew (d’ailleurs quel joli titre que ce (You Are A) Star avec Sly Johnson !), alors il a fallu que nous allions plus loin après cette expérience sonore intrigante.

Plus qu’un soutien en vrai, tu es complètement liée au dernier projet musical de Vicelow sorti au printemps 2012 puisque l’on a reconnu ta voix sur les choeurs féminins du disque et ça lui a fait beaucoup de bien. Au-delà des chouettes collaborations avec Union, Beat Assaillant ou Soklak, il y avait eu un premier EP (Utterance) mi-2011 et surtout ton premier album Claudiography une poignée de mois plus tard, premier opus que nous avions adoré. Quelques extraits sont à écouter sur ton Myspace et si ce n’était pas clair jusque là, nous le recommandons chaudement à ceux qui ne le connaissent pas. Depuis, nous attendions de tes nouvelles pour savoir comment ta musique allait évoluer.

Avec C.L.AUDIO TAPE sorti le 25 juin dernier, c’est une musique vraiment différente de l’accoutumée à laquelle nous avons droit. Pour décrire ce nouveau projet, le plus simple est de citer les mots que tu nous a communiqués. C.L.AUDIO TAPE, c’est « des reprises de mes morceaux « old-school » préférés, posés sur mes prods « new-school » préférés, en l’honneur de mes producteurs et auteurs préférés ! » En effet, nous avons été surpris par les remixes de Waterfalls de TLC, Smooth Criminal de Michael Jackson ou encore des morceaux repris de la BT 2.0 de Vicelow, Zetwal Box et Hip Hop Ninja (chanson rebaptisée Eleanor Rigby puisqu’elle reprend quelques mots et sonorités de la chanson originale du même nom des Beatles.) C.L. AUDIO TAPE est donc un mélange improbable de sons des années 60, 70, 80, 90 revus et corrigés pour devenir des prods modernes, lourdes et à la limite de l’expérimental parfois. Comme à ton habitude Rachel, on t’entend chanter, rapper aussi (ce n’est pas un coup d’essai, nous le savons), tout cela pour un résultat étonnant et vraiment recherché, mais moins accessible que ce qu’était Claudiography.

A part un ou deux titres assez étranges, nous avons apprécié la mixtape. Une mention spéciale pour les morceaux Pablo Picasso, le remix un peu plus dansant de Dissertation (le titre original est à retrouver dans l’album nommé précédemment), cette merveilleuse et surprenante version de Smooth Criminal et enfin le tout aussi renversant Be Strong avec du Barrington Levy et du FlyLo dedans. La singularité de C.L.AUDIO TAPE en fait sa force, une originalité qui fait du bien au hip hop et à la soul. Juste en-dessous, chacun pourra jeter une oreille à la mixtape et ainsi se faire son avis, mais pour notre part Rachel, sache que C.L.AUDIO TAPE, on valide ! Dommage que ce soit si court par contre.

Ecoutez : Rachel Claudio – C.L.AUDIO TAPE

Pour aller plus loin :

- Découvrez les samples originaux des morceaux de la mixtape C.L.AUDIO
- Téléchargez directement C.L.AUDIO TAPE de Rachel Claudio.

Vos Choix Musicaux #30 : Spécial Interludes !

Vos Choix Musicaux : rubrique STO-ienne.

Sur le site internet Soul Ton Oreille, Vos Choix Musicaux est une rubrique hebdomadaire pour laquelle les fans du site sur Facebook ont la parole et soumettent des clips pour le plus grand plaisir de l’Oreille Sûpreme, dont l’identité est gardée secrète depuis des millénaires.

Interlude : nom masculin.

En musique, un interlude est une courte pièce, généralement instrumentale, jouée entre deux morceaux.

Vos Choix Musicaux #30 : Interludes.

Rubrique à thème imaginée pour tester la réactivité et la culture musicale des fans du site en question. Et les prendre au dépourvu par la même occasion.

Rendez-vous vendredi sur Facebook pour Vos Choix Musicaux #31 (déjà !) et commentez plus bas si vous avez d’autres propositions en stock !

Le choix d’Ali B. :

Dwele – A.N.G.E.L.

Le choix de Guillaume M. :

Hocus Pocus – Swingin’

Le choix d’El Hadj M. :

Erykah Badu – Fall In Love (Your Funeral)

Jhené Aiko laisse naviguer son âme

Jhené Aiko Sailing Soul(s) sur Soul Ton OreilleJhené Aiko dévoilait il y a près d’un an Sailing Soul(s), son premier projet officiel. Si la mixtape aux 13 titres sortie dans l’indépendance passa presque inaperçue à l’époque, elle subit cependant comme un regain d’intérêt. Depuis, la chanteuse citée en début d’année par le magazine RapUp.com à son classement des 10 artistes à surveiller en 2012 (parmi la rappeuse Azealia Banks ou encore Luke James), est devenue une signature Artium, label de No I.D. sous Def Jam. On peut dire que la chanteuse est entre de bonnes mains, le producteur considéré comme le parrain du hip hop de Chicago, a signé bon nombre de classiques au long de sa carrière. Pendant que Jhené Aiko planche minutieusement sur son premier album dont on sait qu’il s’intitulera Souled Out, nous avons décidé de revenir sur les premiers chapitres de sa carrière afin d’accueillir l’opus comme il se doit.

Si les plus curieux se demandent d’où provient cet exotisme que l’on perçoit sur le minois de Jhené Aiko (qu’elle prononce d’ailleurs juh-nay. ahh-ee-ko), la natif de L.A cite, dans son large héritage ethnique, des origines japonaises, espagnoles et dominicaines en passant par afro-américaines. Mais d’elle on a plus envie d’aborder sa passion. Comme née dans la musique, Jhené Aiko a été entourée d’une famille de passionnés qui l’introduit très tôt à cet art. C’est donc tout naturellement qu’elle se dirige vers le chant. À douze ans elle avait déjà foulé la scène. Repérée par Chris Stokes, l’homme derrière Immature et leur leader Marques Houston ou plus récemment les B2k, il la signera dans son T.U.G. Camp, usine à produit marketing. Et voilà Jhené, pas encore adolescente, possédant déjà un contrat avec une major puisque ce label se développe sous Sony Epic. Près de 2 ans et demi plus tard et rien de concret de réalisé, la chanteuse demande à rompre son contrat afin de se concentrer sur ses études. L’industrie du disque représentant peut être beaucoup trop d’émotion pour la petite fille fluette qu’elle était, elle ne regrette cependant pas cette opportunité pour laquelle elle est consciente de n’avoir jamais eu à se battre, avouant même être contente que ça n’ait pas abouti. À 13 ans elle n’était pas encore une réelle artiste et ne cachant pas avoir un problème avec l’autorité, l’un des aspects les moins tolérables de l’expérience était certainement le fait qu’on lui dicte sa conduite.

De l’époque B2K il restera à Jhené Aiko les souvenirs de tournées en première partie du groupe mais surtout les fans. Cette dernière donnée s’avéra pratique lorsqu’elle décida de poster sur le net des démos enregistrées grâce à Garageband. À l’âge d’or de Myspace, ses chansons faites maison aux textes personnels, où il n’est pas rare de se retrouver, l’aideront à entretenir la relation avec son public. Jhené Aiko se considérant avant tout comme un écrivain, pratiquant cet exercice supposé lui servir de cure, en a inconsciemment apaisé plus d’un.

Regardez: Jhené Aiko – Stranger

C’est loin des marionnettistes de son passé que Jhené Aiko sortait enfin Sailing Soul(s). Ce projet est en quelque sorte son coup de poing à l’industrie qu’elle considère comme trop axée sur l’image ou le paraître. Le concept lui serait venu une première fois après cette réunion avec un label à laquelle elle aurait été conviée. Déjà dans le milieu depuis un bon bout de temps, la chanteuse s’y rendait avec une certaine nonchalance et sans effort particulier pour soigner son apparence. Au cours de celle ci, alors qu’elle recevra des compliments pour sa voix et son travail, il lui sera innocemment suggéré d’apprendre à se vendre lorsqu’elle se rend à un entretien. Cette idée de se vendre la troublant, a changé son regard sur le monde extérieur. Plus tard, alors que la majorité des titres de ce qui deviendra Sailing Soul(s) était achevée, la chanteuse ne sachant pas encore à ce stade sous quelle forme elle délivrerait ses morceaux, il lui aurait été conseillé à plusieurs reprises de vendre le projet. Revoici ce mot « vendre », revenant trop souvent et se faisant de plus en plus pesant. Cet opus trop chargé d’expériences personnelles et de ces messages que Jhené a besoin de faire passer devait absolument être accessible au public, et pour cela il n’y a de meilleur moyen que le téléchargement libre. Pourquoi vendre (selling, en anglais) son âme quand elle préfère la laisser voyager (sailing, en anglais) et le reste appartient à l’histoire.

Regardez: Jhené Aiko – My mine

La majorité des titres de Sailing Soul(s) a été produite par The Fisticuffs et écrite par Jhené Aiko. On retrouve à la participation Miguel, Drake et Hope. Ainsi Jhené Aiko revisite Growing Apart, morceau de Kendrik Lamar sur lequel elle apparaissait, et originaire du projet Overly Dedicated. La chanteuse a conscience que sa musique ne touche pas le grand public et considère comme un challenge de ne pas se compromettre, l’une des raisons pour lesquelles elle tient à écrire ses propres textes, et on aurait tord de le lui reprocher. Qui ne se reconnaîtrait pas dans Popular véritable hymne du rancunier qui croiserait la route d’un camarade anciennement populaire au lycée et ayant perdu ce titre au pouvoir éphémère ? Le morceau Space Jam quant à lui, en référence à ce film des années 90 où Michael Jordan côtoyait Bugs Bunny et les toons est de loin le plus intimiste de l’opus. Confessant la maladie incurable de son frère ou encore son difficile rôle de jeune maman, Jhené Aiko reprend le principe du choc des deux mondes dans le film afin d’illustrer la théorie que : bien que nous pouvons appartenir à des mondes différents (au sens figuré bien évidemment) il n’est pas improbable que nous partagions les mêmes peines.

Ecoutez: Jhené Aiko – Space Jam

Préparant toujours son premier album qu’elle espère délivrer cette année et qui s’intitulera Souled Out, Jhené Aiko a été dernièrement très proche du collectif Black Hippy. Elle aussi très branchée « spirituel », elle a posé avec les trois quart des membres du groupe, comme sur le titre Fantasy avec ScHoolboy Q. En attendant de lever le voile sur l’intégralité de 3:16 am qui devrait être le premier single de l’album Souled Out et dont un extrait de vidéo avait été lâché en « amuse-oreille », Jhené Aiko décide finalement d’offrir à ses fans 2 Seconds, morceau inachevé qui devrait lui aussi être inclus à l’album Souled Out.

Écoutez: Jhené Aiko – 2 seconds

Jhené Aiko a récemment confié qu’elle aimerait que tout son public soit en possession de Sailing Soul(s) avant qu’elle ne délivre l’album Souled Out. Il n’y a alors aucune raison de vous priver, vous pouvez accélérer le processus d’autant plus que la mixtape est gratuite. Et n’oubliez pas, ne vendez pas votre âme, laissez-la voguer sur la musique de Jhéné Aiko.

Pour aller plus loin

Critique : Bobby Womack, retour d’un roi de la soul

Nos légendes tombent les unes après les autres comme les feuilles rouges durant l’automne. Pourtant certaines survivent, certaines font encore de la musique, savent évoluer et ne nous déçoivent pas. Bobby Womack, après nous avoir annoncé avoir vaincu son cancer, vient de sortir son album sur le label XL Recordings. Ce nom vous dit forcément quelque chose puisqu’il est déjà responsable du magnifique baroud d’honneur de Gil Scott-Heron il y a deux ans, nous vous parlions récemment de Willis Earl Beal également signé sur le label anglais, mais aussi d’Adèle ou encore Tyler, the Creator.

Aujourd’hui XL Recordings récidive en remettant sur le devant de la scène l’un des anciens de la soul en la personne de Bobby Womack. Mieux, la maison de disque colle à la composition le producteur Damon Albarn, le célèbre membre des groupes Gorillaz et Blur, qui avait d’ailleurs déjà invité le chanteur sur Stylo, le morceau de Gorillaz en featuring avec Mos Def. The Bravest Man On The Universe est donc plus qu’emballant sur le papier, mais qu’en est-il vraiment dans nos oreilles ? Une chose est sûre, le chanteur du mythique California Dreaming et du non-moins célèbre générique du film de Tarantino, Jacky Brown, est de retour.

L’homme le plus courageux de l’univers donc, est le titre de l’album, le titre de la première chanson et un titre que Bobby Womack, le septuagénaire de la soul ne démérite pas en revenant en 2012, en plein combat contre la maladie, non pas avec un best of, mais avec un véritable album aux productions actuelles et à l’univers bien différent de l’ancien. The Bravest Man On The Universe, nous met tout de suite dans le bain : la voix s’est un peu abimée avec les années mais elle transporte tant d’émotions dans ses nouvelles faiblesses qu’on s’y fait très vite. Aussi, la composition est beaucoup plus proche du hip hop que de la soul d’antan mais le mélange nous transporte réellement vers quelque chose d’unique. Please Forgive My Heart, poursuit l’introduction sur le même rythme et on comprend alors que cet album sera grand.

Ecoutez Bobby Womack – Please Forgive My Heart

Grand oui, en tout cas à la hauteur de la légende vivante qu’est Bobby Womack. Tout est fait à la production pour mettre sa voix sur un piédestal, et quelle voix ! Deep River, la troisième chanson, est enregistrée en version acoustique, une voix et une guitare. De l’émotion pure dans cet interlude blues avant d’enchainer sur un morceau résolument moderne en featuring avec la jeune diva Lana Del Rey qui vient donner une touche (trop ?) lancinante à une chanson un peu en deçà du reste, Dayglo Reflection. L’univers se tient, la production électronique simpliste de Damon Albarn ne fait que servir la puissance de l’âme de Bobby Womack, et quelle âme ! Arrivé à la moitié de l’album, vous aurez déjà pris une belle claque et pourtant le meilleur est à venir. On parlait de Gil Scott-Heron dans l’introduction : le Monsieur est bien présent, samplé dans l’une de ses plus belles interventions «God was broke», pour introduire Stupid, la chanson qui est pour nous, la plus belle du disque. On vous laisse apprécier :

Ecoutez Bobby Womack – Stupid

L’album devient plus léger sur la fin, la mélancolie laissant la place à la fête de la vie et Love Is Gonna Lift You Up lorgne même du côté d’une musique un peu disco, déroutante au départ puis finalement entrainante. Bobby Womack retrouve ensuite une voix aussi forte que la sienne en la personne de Fatoumata Diawara sur Nothin’ Can Save Ya. L’émotion transpire de leurs voix qui surplombent un léger sample en boucle et quelques notes de pianos pour sublimer le tout. C’est beau, nous ne trouvons pas d’autre mot pour décrire le disque que nous offre Bobby Womack ici. Les défenseurs de la vieille soul seront peut-être gênés par cette évolution moderne opérée par Damon Albarn, mais les autres ne feront que jubiler de la première à la dernière note. La dernière note justement, c’est le fameux Jubilee (Don’t Let Nobody Turn You Around), hymne gospel complètement transformé par la voix cassée du chanteur et la production fourre-tout, sans réel rythme. On bouge la tête jusqu’à la fin et on relance l’album du début parce qu’après tout, il y a bien longtemps que l’on a pas eu droit à un tel retour ! Un album sans faute de goût et tout à fait sincère malgré sa modernité que vous pouvez d’ailleurs écouter tout de suite en intégralité sur le site officiel de Bobby Womack.

Nous vous proposons également le making-of de l’album pour conclure et rappeler la bien belle histoire du soulman des ghettos de Cleveland, qui à la manière d’un Gil Scott-Heron n’a pas toujours connu une vie des plus faciles avant qu’XL Recordings ne décide de le sortir de l’ombre.

Surprise de dernière minute avant publication, le premier clip extrait de l’album est disponible. Jetez donc un oeil à Whatever Happened to the Times.

Regardez : Bobby Womack – Whatever Happened to the Times

Pages : Précédente 1 ... 19 20 21 22 23 ... 50 51 Suivante