Quand on évoque le nom des Boyz II Men, le premier mot qui vient à l’esprit est voix. Pas n’importe lesquelles, puisque le quatuor a depuis le début cette particularité d’harmoniser les voix de ses quatre membres d’une manière unique, digne des plus grands crooners. Que ce soit dans le confort d’un studio, sur scène ou sur les plateaux télé, les voix sont à l’unisson pour le plus grand bonheur de vos oreilles.
Si on devait le définir, on dirait que le son Boyz II Men s’inspire d’influences diverses. Du gospel bien évidemment avec ses a acappella, de la soul et du new jack swing pour le coté groovy, du doo wop et du hip hop pour le reste. La base de leur musique repose sur une technique irréprochable. C’est cette dernière qui est mise en avant depuis leur début chez Motown jusqu’à aujourd’hui, cette justesse à placer leurs voix, et ce talent si particulier pour harmoniser l’ensemble.
Regarder : medley (It’s So Hard To Say Goodbye To Yesterday / Yesterday / End Of The Road)
A la fin des années 1980, la tendance musicale est en train de changer : le funk s’essoufle depuis quelques temps déjà, remplacé peu à peu par le hip hop. Teddy Riley (fondateur des groupes Blackstreet et Guy) commence aussi à faire connaître un style dont il est le créateur, ce fameux new jack swing caractérisé par des chansons énergiques sur des rythmes « hip hop swing » reconnaissables par de grosses caisses claires très présentes. C’est ce genre qui est à l’origine des premiers succès des artistes comme Keith Sweat ou Bobby Brown… Les Boyz II Men ont donc assisté à la naissance et l’envol de ces deux courants musicaux majeurs dont ils empruntent tous les codes dès le début des 90s. Ils n’en ont sans doute pas conscience au moment où ils sortent leur premier album Cooleyhighharmony début 1991, sous le label Motown comme on vous le disait mardi, mais ils montrent la voie et ouvrent la porte à toute une vague d’artistes émergents en ce début de décennie. Parmi les grands succés de l’année 1992, on retrouve leur album qui bat tous les records de vente et le Dangerous de Michael Jackson, lui aussi directement inspiré du genre new jack et produit en partie par Teddy Riley… Les Boyz II Men marquent finalement d’une empreinte indélébile la musique dès leur première sortie, notamment grâce au succès de End of the Road.
Regarder : End Of The Road (live – 1992)
Leur second album II est aussi un bijou taillé sur mesure par les meilleurs producteurs : le style s’affirme, les producteurs comme Babyface amène une touche plus RnB au projet. Le style Boyz II Men cartonne et grand nombre d’artistes s’en inspirent de Shai à Soul For Real ou encore Blackstreet et All-4-One et même plus tard des chanteurs comme Dru Hill ou Jagged Edge.
Au milieu des années 1990, ils confortent leur statut de légende et collaborent avec les plus grandes stars du hip hop et RnB. Leur aisance à passer d’un style à un autre renforce leur cote de popularité auprés du public hip hop notamment. J’ai là en tête l’excellent Hey Lover avec LL Cool J, sorti en 1995 ou encore One Sweet Day avec Mariah Carey l’année suivante.
Regarder : Hey Lover
On ne peut pas parler de boys band quand on mentionne les Boyz II Men, pourtant de nombreux producteurs développent le concept déjà lancé par des groupes comme New Kids On The Block à fin des années 1980 et s’inspirent du style du quatuor musicalement et dans la manière de travailler les mélodies. A tort bien sûr, le groupe aura tendance à être assimilé à ce phénomène à certains moments de leur carrière.
Si les Boyz II Men ont marqué les années 90 de leurs voix chaudes et soul (pas une soirée sans qu’un de leurs hymnes ne résonnent, pas une bonne playlist radio sans un de leurs nombreux succès), la fin de la décennie est aussi celle de l’essouflement pour le groupe de Philadelphie et c’est le début d’un passage à vide notamment après le départ de Michael McCary et sa belle voix grave au début des années 2000. Des ventes mitigées, quelques flops, mais rien n’arrête le groupe qui peut se vanter d’avoir une fanbase fidèle qui les suit depuis ses débuts, jusqu’à la sortie cette année de Twenty. Alors oui, le succès n’est plus forcément le même qu’à la belle époque, mais la formation Boyz II Men, c’est comme on vous le disait plus de 60 millions d’albums vendus, des dizaines de récompenses et des voix qui n’ont (presque) pas pris une ride.
Parmi les chanteurs de la nouvelle génération, Justin Bieber (je sais ce que vous allez me dire…) qui est un immense fan du groupe, a tenu à les inviter sur son prochain album qui sortira pour Noël sur le titre Falalalala. Presque une bonne raison de demander au Père Noël son album…
En attendant une nouvelle surprise du groupe, je vous laisse souler votre oreille avec ce magnifique enregistrement (acoustique live en Corée du Sud) de Pass You By, extrait de l’album Nathan Michael Shawn Wanya sorti en 2000 et les Boyz II Men vous donnent rendez-vous le 12 janvier prochain à l’Olympia pour un concert exceptionnel du groupe : l’occasion d’apprécier en live leurs nouveaux titres et leurs anciens tubes.
Regarder : Pass You By (acoustique)



La carrière des Boyz II Men débute donc en 1991 avec leur premier album intitulé Cooleyhighharmony, sorti peu de temps après sur le légendaire label. L’album est réédité en 1993 avec des titres bonus dont le cultissime End Of The Road produit par Babyface et LA Reid et issu de la bande originale du film Boomerang. Un titre qui les propulse au rang de superstars battant même le record du nombre de semaines passées à la tête des charts détenu par Elvis Presley.
En 2007, désormais au nombre de 3 (Michael McCary ayant quitté le groupe pour raisons de santé), les Boyz II Men reviennent avec l’album A Journey Throught Hitsville U.S.A., un opus ambitieux de reprises des grands tubes de la Motown revisités à travers leurs harmonies vocales. Une belle manière en quelque sorte de boucler la boucle en rendant hommage au label qui les a fait connaître.



