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Soul Ton Oreille kiffe vos mamans

MOM_HEADERAujourd’hui c’est la journée officielle des mamans, bien que l’on espère que vous les célébriez plus d’une fois dans l’année. Chez Soul Ton Oreille on aime les mamans – surtout les nôtres – et nous avons donc pris le temps de faire une petite sélection de chansons qui représentent le mieux l’amour que l’on porte à nos mères. Elles sont toutes belles, c’est promis, pleines d’émotions, de sentiments et parfois tristes. On vous laisse écouter ça… en pensant à celles sans qui nous ne serions pas là.

La vie de la Mama qui est décrite dans la chanson du Saian Supa Crew n’est vraiment pas rose. Ils parlent d’une mère dont l’enfant n’est pas accepté par sa famille et de tout ce qu’elle doit traverser pour réussir à le garder et lui permettre de grandir dans de bonnes conditions. C’est aussi ça être mère, savoir faire des sacrifices et parfois, il y a quelqu’un pour vous dire merci au bout du chemin.

Écoutez : Mama du Saïan Supa Crew

Dans December 4th Jay-Z raconte plus sa vie que celle de sa mère, mais celle-ci y tient un rôle tellement important qu’il a décidé de lui dédier quasiment la moitié du morceau en lui demandant de raconter ses anecdotes sur sa vie en guise de refrain. Une belle déclaration d’amour.

Regardez : December 4th de Jay-Z

Pit Baccardi, lui, n’a pas eu la chance de connaître sa mère. Il lui a donc dédié un morceau, hommage magique à une femme partie trop tôt, plein de respect et d’amour. Une chanson qui nous fait encore frissonner plus de 10 ans après sa sortie.

Regardez : Si Loin de Toi de Pit Baccardi

On continue dans les années 90 avec les Boyz 2 Men et le clip de A Song For Mama. On ne vous garantit pas l’esthétique du clip, qui est pour le moins douteuse, cependant, la déclaration d’amour à leurs mères reste des plus touchantes.

Regardez : A Song For Mama des Boyz 2 Men

En ce jour spécial, on voulait aussi avoir une pensée pour les mamans qui chantent pour leurs enfants. Alors bien sûr, on a choisit la très belle chanson Je Serai Là de la très regrettée Teri Moise. « Tout a changé le jour où je t’ai donné la vie »,  un titre qui fait chaud au cœur.

Regardez : Je Serai Là de Teri Moïse

Nous avons également choisi To Zion de Lauryn Hill extrait du merveilleux The Miseducation of Lauryn Hill. C’est une chanson pleine d’amour – comme toutes celles de cette playlist d’ailleurs – pour son fils et certainement les paroles que chaque mère pourrait dédier à ses enfants. Un vrai délice.

Écoutez : To Zion de Lauryn Hill

Évidemment il y en a beaucoup d’autre des jolies chansons qui illustrent l’amour que nous portons à nos mamans et l’amour qu’elles nous portent, mais nous ne pouvions bien sûr pas tout mettre. Vous pouvez partager sur notre fanpage les autres chansons qui pour vous représentent bien la fête des mères. Profitez tous d’elles et passez une agréable journée.

Interview Féfé pour Le Charme des Premiers Jours

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Avant de voler en solo avec succès, Féfé fut l’un des membres éminents du mythique Saïan Supa Crew. Mais n’allez pas lui reparler de cette période, mettons ça de côté car c’est justement l’avenir qui l’anime, la guitare, les voix, la musique dans tout son ensemble, rien d’autre que la musique. Le hip hop n’est désormais qu’un des genres musicaux parmi ceux qu’il apprécie. Courant avril, nous l’avons rencontré juste avant son concert donné à la Gaîté Lyrique à Paris pour une présentation de son album Le Charme des Premiers Jours sorti le 20 mai dernier. Nos questions, ses réponses, c’est par ici :

Regardez : Féfé – Le Charme des Premiers Jours

Soul Ton Oreille : Si tu devais te décrire succinctement à quelqu’un qui ne te connait pas du tout ?

Féfé : Je suis Féfé je faisais partie du SSC, le Saïan Supa Crew.  Je suis un touche à tout, un mec qui a toujours envie d’avancer. J’ai commencé avec un sampler et là je suis en train d’enchaîner avec la guitare, une guitare électrique plus précisément, mais sans lâcher tout ce que j’ai appris entre temps. J’aime bien accumuler du savoir et créer mon propre truc. Tant que ça me plait je m’en fous, peu importe à quoi ça ressemble, il faut que ça me parle avant toute chose.

STO : Quel est ton bilan depuis la sortie de ton premier album en solo il y a trois ans maintenant ?

Féfé : Une bonne surprise et un bilan plutôt positif. J’ai sorti cet album avec mes « cojones » (ndrl : « c**illes » en espagnol) comme on dit, parce que personne m’attendait là, on avait collé une image sur moi, parce que Saïan c’était une entité à six têtes, les gens savaient pas trop qui faisait quoi. Moi j’ai toujours été un des compositeurs, qui arrive en studio le premier et qui repart le dernier, avec Leeroy c’était notre boulot. J’ai toujours été un peu un rat de grenier et avec cet album les gens m’ont découvert. Je m’attendais à ce qu’on me crache sur ce que je faisais et… Non, les gens ont compris le délire, ils sont venus me voir après les concerts avec de très bons retours. Plus récemment, j’ai eu quelques personnes qui venaient me voir en me disant « mais pourquoi tu fais pas du Saïan comme à l’époque ? » Mais j’ai compris qu’il ne fallait pas écouter les gens, sinon tu n’avances pas.

STO : Comment ce nouvel album se greffe dans la constellation ?

Féfé : C’est pour moi la suite logique de Jeune à La Retraite. Dans ce premier album, je commençais un truc que je découvrais, je venais d’apprendre la guitare, les premières chansons que j’ai faites c’était les premiers accords que j’ai appris, tout simplement, c’était genre « oh ça ça marche bien, vas-y j’en fais une chanson ! » Dans Le Charme des Premiers Jours, j’ai essayé de pousser ça un peu plus loin. J’ai été élevé avec le son de Motown grâce à mon père et ma mère qui sont nigérians. Le Nigeria est une ancienne colonie anglaise, donc eux quand ils étaient à l’école, ils écoutaient tout ce qui venait des Etats-Unis ou d’Angleterre alors tous les dimanches on écoutait Marvin Gaye, Stevie Wonder, Otis redding, Al green.

On écoutait aussi Fela Kuti (ndlr : un grand chanteur nigérian), l’afrobeat est évidemment représentatif du Nigeria et même parfois du Johnny Hallyday parce que mon père était un gros mélomane. Il achetait des tonnes de vinyles et nous saoulait avec ça ! Donc pour en revenir à l’album, c’est la suite logique de ce que je fais, de ce que j’aime. J’ai essayé de toucher du doigt tout ce que j’entendais étant petit. Je voulais sortir du truc  » j’ai 20 ans j’suis un rappeur et n*que sa mère ! »  Je n’ai plus 20 ans justement, j’ai des enfants, j’ai eu des déceptions amoureuses, une vie. Bref, je voulais parler d’autres choses. Je parle d’amour et j’en suis le premier étonné d’ailleurs ! (Rires.)

STO : Il y en avait bien quelques unes des chansons d’amour dans l’album Jeune à la Retraite, non ?

Féfé : Ah oui il y avait une qui s’appelait Miss Wesh Wesh Yo, mais c’était une fausse chanson d’amour, c’était une chanson sur le hip hop… Ah tu penses sans doute à C’est comme ça que je t’aime ?

STO : Oui en effet !

Féfé : Allez je te l’accorde, mais je la mets plus volontiers dans les chansons légères, les chansons joyeuses. Moi je me suis toujours caché derrière le flow ou derrière un truc un peu marrant. Je suis très pudique, j’ai peur de dévoiler les choses brutes et là sur cet album par exemple j’ai pas eu peur. Je me suis dit : « voila la vérité, premier degré, je me cache pas, voila tels quels mes sentiments. »

STO : Pour ce nouvel album il y a-t-il de la scène de prévue ailleurs que ce soir ou récemment en banlieue parisienne ? Quels sont les premiers retours du public d’ailleurs ? 

Féfé : A Bobigny ça s’est très bien passé oui. C’était la première fois que je montais sur scène sans que les gens ne connaissent les morceaux (Ndlr : l’album Le Charme Des Premiers Jours n’était pas encore sorti.) Mais en réalité, j’ai du mal avec le fait que les gens ont l’air contents de ce qu’ils entendent alors que moi j’ai encore plein de trucs que j’ai envie de peaufiner. J’ai du mal a être satisfait, mais puisque les premiers retours sont bons…

STO : Quel regards portes-tu sur le hip hop actuel ?

Féfé : J’adore le rap français qui tourne en ce moment. Je trouve qu’il est foisonnant, il n’y a jamais eu autant de MCs avec autant de styles différents et ça nous fait du bien ! Moi je le dis clairement, j’avais fini par être dégoûté car à un moment donné, tout le monde avait le flow de Booba, tout le monde disait les mêmes trucs, faisait les mêmes rimes. Mêmes nous à l’époque du Saïan, il y avait une phase où je commençais a trouver que nous étions dans une mauvaise passe. Même si je kiffe Booba, le rap hardcore tout ça, ce que je kiffe dans le rap, c’est quand il apporte une certaine richesse. Le rap foisonnant d’aujourd’hui, ça me rappelle l’époque où y avait La Cliqua, l’époque des années 90 quoi.

STO : Si tu devais en citer un en particulier ?

Féfé : (Il réfléchit.) Tiens, j’écoute Nemir en ce moment. J’aime bien ce qu’il fait !

STO : Qu’est-ce qu’un artiste comme toi, qui marchait bien dans l’équipe du Saïan Supa Crew, cherche à prouver en privilégiant une carrière en solo désormais ?

Honnêtement quand j’étais dans le Saïan, jamais je n’ai pensé a faire une carrière en solo. Moi, je me trouve inintéressant au possible, je suis hyper banal, je fais pas des trucs de ouf, je ne tape pas les femmes, je suis hyper banal (rires). J’ai des enfants, je les emmène à l’école. Je pensais avant que les vrais stars ils font des trucs de ouf, ils prennent de la coke… J’étais très bien dans le groupe et tout ce que je voulais c’était faire du son, des concerts, sauf qu’au bout de dix ans il y a des rapports qui ont changé,  j’ai fini par être dégoûté de la musique. J’ai fini par tout mélanger et faire un rejet de tout ça.

Le solo, c’était vraiment un accident si je puis dire. J’ai fait ça parce que je m’ennuyais, j’ai repris le sampler, j’ai aussi commencé la guitare. Aujourd’hui, ce que les gens pensent de moi je m’en fiche, je fais ce que j’ai a faire et c’est tout ! Ma position actuelle, c’est : « j’ai le droit de proposer ce que je veux et personne n’a rien a me dire tandis que les gens ont le droit de disposer de ma musique comme ils veulent, je n’ai rien a leur dire. »

STO : Allez, mettons les pieds dans le plat. Qu’est-ce qui avait provoqué la séparation tacite du groupe ? Des problèmes humains, artistiques ?

Sans rentrer dans les détails, je pense pas que c’était artistique, c’était plutôt humain et c’est normal à vrai dire car quand tu traîne avec des gars pendant 10 ans,  forcément à un moment donné ça le fait moins. Et puis encore heureux, ça a jamais été une question de thunes, ça m’aurait bien déçu autrement. C’est la vie. Tu sais, il n’y a pas une semaine sans qu’on me reparlent du Saïan Supa Crew, moi aussi je me remémore la bonne époque parfois. Je suis très content de revoir chacun des membres de l’époque séparément, mais ont peut pas faire semblant d’être ce qu’on étaient avant. Je préfère qu’on laisse ça comme une « légende », c’est ça qui est drôle. C’est fou quand même, à l’époque le rap ne nous acceptait pas, et aujourd’hui les gens nous demandent de revenir. Laissons le passé au passé.

STO : Pour finir, il y a-t’il une question que tu n’aimes pas qu’on te pose ?

Ah bah justement, le fait qu’on me demande si un jour le Saïan Supa Crew se reformera. C’est pas que ça me saoule, mais ça me fait de la peine pour les gens quand ils m’interrogent dessus, parce qu’ils peuvent encore attendre !

STO : Merci d’avoir répondu à nos questions. Nous te souhaitons le meilleur pour ton album Le Charme Des Premiers Jours ! 

Pour aller plus loin :

Critique : BT 2.0, le blues de Vicelow ?

« Humm Hummmmm ! » Bienvenue du côté de BT 2.0. Oubliez le surnom Blue Babine évoqué dans la première mixtape, c’est bien Vicelow qui vient dépeindre son univers des années 2010 en musique. A l’instar de celle à qui elle succède, la Blue Tape deuxième du nom était longtemps pensée comme une mixtape mais nous avons finalement droit à un album digital de 15 titres annoncés par une série de vidéos parues ces jours derniers. Est-ce un retour gagnant de la voix grave du feu Saïan Supa Crew sur la scène musicale ? Voyons cela ensemble juste après le tout dernier clip de Vicelow sorti aujourd’hui même, ça s’appelle Saturn.

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Concrètement, l’album commence avec Welcome To The BT2, le titre-éclaireur de l’album. Un clip bleuté (forcément), peu de texte, mais un son qui fait mouche et un Vicelow efficace mais peu loquace malheureusement avec deux minutes qui donneront le ton des titres à venir : le tout est plein de sons généralement électro (signés SoFLY), flirtant parfois avec le dubstep, lourds et bien reconnaissables, assurément dessinés pour les danseurs hip-hop. Rien de Guetta cela dit, on est bien côté ghetto et l’ambiance danse urbaine se ressent clairement avec le futur classique Beat Sale, le morceau instrumental Breath et le très bon Casse Les Côtes. Musique et voix ne font qu’un et comme le choix des instrus semble avoir été tout aussi important que le choix des mots, Vicelow se tait souvent pour laisser la mélodie s’exprimer.

Au-dela des égo-titres comme le sont N.A.L / Noir à Lunettes, Casse Les Côtes ou Hip Hop Ninja, l’impression principale qui se dégage de l’album, c’est l’amertume de l’ancien sur les hauts et les bas du rap et de la vie. Les mauvais MCs en prennent pour leur matricule (Saturn), la violence conjugale est abordée (Au Pas De La Porte) et le racisme décrié (Avenue Martin Luther.) Dans BT 2.0 on oublie les chansons coquinettes qu’on a pu remarquer sur la première Blue Tape. Vicelow est désormais posé et prend du recul : « 33 ans, deux gosses et en un an à peine dix textes » dit-il dans Mets Ça Haut, des élans de sagesse et de morale sont à votre disposition également dans les quelques mots de Frappe Le Beat. Ce n’est pas du rap conscient à proprement parler, mais on sent que l’artiste en a vu des vertes et des pas mûres et il le fait ressentir ; alors à un moment donné on commence à toucher l’empathie et là, arrive un son bien énervé qui vient casser tout ça.

Côté collaborations, on notera les performances vocales de la jolie Rachel Claudio sur Nouvel Automne et Zetwal Box, titre sur lequel nous découvrons Sébastien Drumeaux, un guadeloupéen qui chante dans sa langue natale et qui a une voix plutôt intéressante. D’ailleurs petite parenthèse, jetez une oreille attentive sur l’album Claudiography de Rachel Claudio, ça vaut le coup ! Autrement en featuring, il y a bien Tony C (déjà présent sur la première Blue Tape) et des MCs français, Deen Burbigo et Nemir, mais leurs prestations ne nous ont pas semblées assez efficaces pour marquer les esprits.

De BT 2.0, nous retiendrons un tout cohérent et de bons moments musicaux, mais avant tout, le dernier opus de Vicelow résonne comme une expérience en demi-teinte. Bien que l’impression globale soit meilleure que pour la Blue Tape n°1 (quoique Lieutenant et deux ou trois autres titres m’ont laissé un bon souvenir), on perd le côté léger, parfois rigolo des chansons précédentes. Le travail de SoFLY est soigné, limite avant-gardiste même, mais manque parfois de subtilité. Du coup, il ne serait pas étonnant que certains d’entre vous ne voient pas la différence entre quelques morceaux, tant les sonorités sont souvent similaires. Nous sommes loin des univers guillerets que brossaient Vicelow et ses potes il y a dix ans et même si le flow est toujours là, tranchant et pêchu, on sentirait presque une pointe de lassitude chez le noir à lunettes. Mais il fallait bien satisfaire les adeptes qui l’attendaient côté musique depuis 2008, hein ? Ceux-là trouveront sans aucun doute leur compte avec BT 2.0, là où les indécis passeront sans doute leur chemin. Par contre pour les plus jeunes et leur oreille volatile, je ne suis pas sûr que cet album 100% digital saura les convaincre, tant il sonne 25-34 ans. Quoiqu’il en soit, il vaut au moins l’écoute puisque sur iTunes, BT 2.0 est à prix mignon et pour les franciliens, vous pouvez toujours passer le voir pour un showcase à La Bellevilloise (Paris) ce vendredi 20 avril 2012.

Chronique : Vicelow, entrez dans la danse

C’est avec I Love This Dance All Star Game 2011 que Vicelow nous a fait signe tout récemment : il était là en tant que maître de cérémonie le 13 novembre dernier à la Cigale (Paris) pour l’un de ses projets nés après l’épopée Saïan Supa Crew. Revenons alors sur les pérégrinations de l’artiste depuis la séparation du collectif il y a bientôt 5 ans jusqu’à ILTD en passant par son nouveau projet musical.

L’après SSC a dû être comme un lendemain de fête : des images pleins la tête, cette caboche qui devait encore tourner de l’ivresse et des tribulations de la veille. C’était en 2007 et il a fallu redescendre sur terre et se concentrer sur ce qu’il savait faire : pour Vicelow, le hip hop passerait désormais par la conjugaison de la danse et du rap, pour le meilleur et pour le pire.

En 2008 sortira la Blue Tape première du nom, un projet solo de 14 titres avec quelques sons propulsés par soFly, un beatmaker qui travaille des sons entre hip hop et électro (et qui a le vent en poupe puisqu’il a été signé par Atlantic Records à Los Angeles). Le projet Blue Tape sera sanctifié dans la foulée  par le Blue Tape Show, un spectacle dansant et chantant qui a pris forme comme pour illustrer cette envie indéfectible de création scénique : ainsi sont mis en lumière le R.A.F Crew (des b-boys qui n’en ont « Rien A Foutre« ), la garde rapprochée du rappeur que certains ont découvert via le clip du Lieutenant, un titre qui se trouve au confluent des envies de Vicelow. On a ici un solo percutant, un beat lourd et puis encore la danse pour rythmer tout ça.

Regarder : Vicelow (avec R.A.F. Crew) – Lieutenant

En 2010, l’association I Love This Dance est créée pour continuer sur la lancée. Ainsi sont mis en place ces concours amicaux de danse hip hop et un site internet. D’ailleurs pour ILTD All Star Game 2011 (la 3ème édition de l’évènement), les personnes présentes ont pu voir 20 danseurs se déchaîner lors de duels de haute volée dont les vidéos sont publiées au fur et à mesure depuis la semaine dernière. ILTD, c’était aussi l’occasion pour Vicelow de faire sa promo pour BT2 (comprenez Blue Tape 2), son prochain opus musical. Il devrait sortir en version digitale durant le premier semestre 2012 si tout va bien.

Si vous êtes des fidèles de STO, vous connaissez déjà sans doute le premier morceau qui annonce l’arrivée de l’album : il s’agit de Welcome To The BT2 (dont le clip a été tourné avec le danseur Mar20 des R.A.F.), un titre assez proche de ce qu’on avait déjà entendu sur Blue Tape première du nom par ailleurs. Sur ce futur CD avec encore du soFly dedans, vous aurez droit à des featurings d’Akhenaton et de Rachel Claudio entre autres, une artiste que je vous invite à découvrir à travers son album Claudiography sorti en septembre 2011.

Pour finir sur le sujet initial, souhaitons tout plein de réussite à Vicelow, homme à tout faire qui ne démérite pas tant il rend honneur au hip hop avec aujourd’hui une vraie tribune d’expression pour des artistes côté chant et danse. Décidément, l’après SSC continue de nous ravir. Outre Vicelow, Féfé et Sly, c’est Sir Samuel qui a également sorti son projet solo, Gallery. Perrine de Soul Ton Oreille, fan de l’artiste, a récemment donné son avis sur le disque : l’avez-vous lu ?

Pour aller plus loin :

- Le compte Twitter de soFly
- Vicelow sur Facebook

http://www.soultonoreille.com/2011/01/25/specta-leeroy-et-vicelow-saian-supa-crew/

Critique : Gallery ou la moue d’une groupie

Le second album solo de Sir Samuel, ex-membre du Saïan Supa Crew, est sorti le 31 octobre, cinq ans après Vizé Pli O. Je l’attendais avec impatience et pour faire court, j’ai été un peu déçue malgré moi. Peut-être en attendais-je trop, surtout après les prestations de qualité vues et entendues lors des débuts du concept Black Stamp en 2009-2010, qui m’avaient particulièrement mis l’eau à la bouche. C’est donc avec une touche de déception que j’ai traversé cet album : il me manque l’émotion, la profondeur et j’en suis très étonnée car je trouve que ça ne ressemble pas à Sir Samuel.

J’en veux pour exemple la chanson Rouge Sang sur Hold Up, le dernier opus du Saïan Supa Crew, qui me donne tellement de frissons à chaque écoute. Ce qui est surprenant c’est que l’on ressent le côté très personnel qu’a Gallery, ne serait ce que par son nom, qui ne représente rien d’autre que l’étendue de l’univers que Sir Samuel va nous proposer. Et en effet, il aborde des sujets plutôt sérieux et teintés d’émotions, comme la condition des enfants guerriers ou devant se prostituer mais rêvant d’une vie meilleure sur Prendre Le Large. Mais la sauce ne prend pas, je ne ressens pas l’émotion que pourraient susciter de tels thèmes.

Ma tête a pas mal bougé sur Sécher Tes Larmes et j’ai clairement retrouvé mon sourire à l’écoute d’Urban Classik, petit son nostalgique des belles années musicales de notre époque avec un super clip :

On retrouve tout de même de belles collaborations notamment avec un de ses anciens acolytes, Féfé, sur Mental Offishall, ainsi qu’avec Busta Flex sur le fanfaronnant Carnaval. Les duos fonctionnent très bien et c’est bon de les entendre ensemble. On sent encore via ces morceaux l’envie d’aborder des sujets intimes ou qui le touchent et là, ça passe beaucoup mieux.

De manière générale, on peut dire que l’on ressent à travers Gallery ce caractère personnel qu’à voulu nous transmettre Sir Samuel. On note également l’effort dans les textes, ce qui est très appréciable comparé à d’autres artistes qui ne s’en donnent pas la peine. Le bémol, c’est qu’il manque souvent d’un peu d’émotion et de profondeur. Mais nous sommes sûrs que Sir Samuel nous donnera tout ça dans son prochain album !

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