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Que devient… Kids These Days ?

Kids These Days

Ô rage ! Ô désespoir ! Le coup de coeur 2012 de l’oreille expatriée s’est séparé. C’était en mai qu’on apprenait la rupture de Kids These Days, la bande de joyeux musiciens formée à Chicago en 2009 à l’origine de Traphouse Rock, un album hybride assez exceptionnel dans son genre. On les comparait déjà parfois à The Roots, on acclamait leur direction musicale différente du mainstream, on écoutait encore et encore Bud Billiken (bon d’accord ça n’était peut-être que moi qui jouait ce titre 30 fois par semaine et ne se lasse toujours pas de la montée en puissance du morceau ni du bridge – ah ces cuivres !). Et là, le drame, le groupe cesse d’exister. A bas les compromis, vive la séparation ! Différents créatifs, encore et toujours à la source des ruptures du genre, les ados sont devenus des adultes et la volonté de continuer à travailler ensemble en a donc pris un coup, alors même que le groupe s’apprêtait à signer chez un label. Quid de leur avenir respectif ?

Commençons par le plus visible, le plus motivé, le plus au taquet : Vic Mensa. Le MC du groupe en profite maintenant pour mener sa barque en solo et ça n’est pas pour nous déplaire. Très proche de Chance The Rapper, on a pu les entendre ensemble à de multiples occasions ces derniers mois, avant et après la rupture, de Family à Cocoa Butter Kisses. Alors qu’on attend INNANETAPE ces prochaines semaines à la suite de son EP Straight Up, daté de 2010, le rappeur nous a fourni au cours de l’été de quoi alimenter nos oreilles et faire grandir l’envie d’en entendre plus. Du sérieux Time is Money au plus festif Orange Soda en passant par Hollywood LA, voilà de quoi anticiper calmement la sortie officielle, sur laquelle on reviendra évidemment.

Regardez Orange Soda de Vic Mensa :

Qu’en est-il maintenant du reste de la bande ?

Si les pros du cuivre Nico Segal (trompette) et J.P. Floyd (trombone) ont tourné récemment avec pas moins que Frank Ocean, Nico a également sorti le clip de Zion, entouré de… Chance The Rapper et Vic Mensa ! Inspiré du To Zion de Lauryn Hill, ce titre est le fer de lance de son nouvel EP Donnie Trumpet sorti fin juin. Un maxi à écouter encore et encore pour mieux apprécier le travail de Nico à la fois derrière son instrument de prédilection et à la construction de ces 7 titres (au piano, à la batterie, à l’écriture et même au chant parfois !). Un EP à adopter et savourer pour une vingtaine de minutes de détente plutôt jazz et assez hip hop !

Regardez Zion de Donnie Trumpet (Nico Segal) feat. Chance The Rapper & Vic Mensa

Gageons également que nous aurons l’occasion de réentendre le trompettiste sur les projets à venir de son ex-camarade de Kids These Days (vous l’aurez d’ailleurs aperçu dans le clip de Vic un peu plus haut), ou encore avec Chance, notamment dans le cadre de leur collectif Save Money, dont on vous parlera aussi bientôt.

De leur côté, Liam Cunningham, Macie Stewart et Lane Beckstrom, respectivement chanteur/guitariste, chanteuse/pianiste et enfin bassiste, se sont regroupés pour créer Marrow. Peu d’indications pour le moment quant à la direction que va prendre le groupe, mais il y a fort à parier que l’on y trouve l’accent pop/rock qu’ils ont imprimé au sein de KTD.

20 ans, toutes leurs dents et bourrés de talent. Ils ont beau s’être séparés, on continuera à suivre les pérégrinations de ces maintenant jeunes adultes d’une oreille affûtée.

Pour aller plus loin :

Critique : Different Pulses d’Asaf Avidan, très attendu

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Il y a quelques jours sortait l’album tant attendu de notre OVNI Asaf Avidan, Different Pulses. Puisque c’est chose faite allons voir ce qu’il a dans le ventre. A la première écoute, deux constats se font. Le premier est que le morceau, désormais connu par tous, One Day/Reckoning Song remixé par Wankelmut n’est pas présent dans l’album. Le second est que, si bon nombre d’entre nous pensait que le succès de la version de Wankelmut présumait un éloignement d’Asaf Avidan de son ambitieux folk rock, eh bien ce n’est pas le cas. Celle-ci a essentiellement servi à faire connaître Asaf Avidan en Europe, et c’est plutôt réussi. La veine folk rock est respectée tout au long des onze titres composant l’album, la production est soignée et l’électro très savamment dosée pour laisser à la voix d’Asaf Avidan toute la place qu’elle mérite. Dès le premier morceau éponyme Different Pulses vous voilà englouti dans les écorchures de la voix abîmée d’Asaf Avidan qui vous caresse et vous transporte dans cet univers qui lui est propre avec ce chant lancinant.

Regardez : Asaf Avisan – Different Pulses

Autre moment fort de l’album la balade A Gun & A Choice, qui raconte avec une montée de cuivres en puissance l’amour d’une femme pour un homme qui l’a abandonnée et abîmée. Nous retenons aussi le refrain efficace de Cyclamen « I know I am dying, Still I’m gonna go trying, I’ll make it better »/ »Je sais que je meurs, je vais continuer d’essayer, je vais faire mieux », (le cyclamen est une plante qui a la particularité d’avoir chaque mois des espèces en fleurs… nous vous laissons méditer là-dessus). Thumtacks In My Marrow rappelle le Bang Bang de Nancy Sinatra, avec un texte spleenien qui pourrait être tiré des Fleurs du Mal de Baudelaire. Deux balades clôturent l’album, The Disciple, chargée de mystère, presque angoissante, et Is This It, où, la voix fragile, Asaf Avidan se fait tendrement mélancolique pour vous ramener doucement à la réalité.

Regardez : Asaf Avidan – Is This It

L’univers de Different Pulses est résolument, et volontairement, sombre et mystérieux. Il y a de la profondeur qui émerge de chaque son, chaque tonalité et sa voix vous crève le cœur. Ce sont des mondes différents, des pulsations différentes qui vous attendent avec Different Pulses dont vous ne sortirez pas indemne. Alors puisqu’Asaf Avidan sera en tournée cette année un peu partout en France, faites vous plaisir en allant le voir sur scène. Il sera notamment à l’Olympia le 9 avril prochain. Et en attendant, ne vous privez pas d’écouter encore et encore ce bel album.

OVNI : Le talentueux Asaf Avidan

Depuis Janis Joplin on n’avait pas entendu de voix si envoûtante. Et pour cause, cette même tonalité, cette même mélancolie et une tessiture reconnaissable entre mille. Asaf Avidan est un auteur-compositeur interprète Israélien qui a de la magie dans la voix. Fils de diplomates, son enfance est bercée entre New York et la Jamaïque. Il étudie le cinéma d’animation à Jérusalem puis la rupture avec sa compagne de longue date va marquer un tournant dans sa vie. Après avoir vécu à Tel Aviv pour travailler dans l’animation il retourne à Jérusalem et décide de faire de la musique sa seule activité. Inspiré par Led Zeppelin, les Doors, les Stones ou Neil Young c’est naturellement qu’il se tourne vers un univers folk, rock et blues. En 2006 il sort un premier EP de six titres Now That You Are Leaving qui évoque ses déceptions amoureuses et c’est l’encensement.

Regardez : Asaf Avidan – This Cool (extrait de Now That You Are Leaving)

Fin 2006 il réunit quatre musiciens, le bassiste Ran Nir, le batteur Yoni Sheleg, le guitariste Roi Peled et la violoncelliste Hadas Kleinman. Ensemble ils deviendront Asaf Avidan & The Mojos. Après quelques concerts entre Israël et les États Unis (ils seront notamment finalistes du MEANY Fest, festival new yorkais visant à dénicher de nouveaux talents) ils entrent en studio en 2007 pour enregistrer The Reckoning, leur premier album dans un esprit folk-rock. Plusieurs maisons de disques se disputent le groupe mais Asaf Avidan et son frère et manager Roie Avidan décident de continuer seuls et fondent leur label Telmavar Records. Un an après la sortie en mars 2008 de The Reckoning, Asaf Avidan & The Mojos se voient remettre un disque de platine : c’est la plus grosse vente réalisée en Israël par un label indépendant. Le titre Weak est un succès, il est le titre phare du film L’Arbre de Julie Bertuccelli avec Charlotte Gainsbourg et le clip est élu clip de l’année. En 2009 ils font une tournée à travers l’Europe et jouent dans de nombreux festivals, The Reckoning sort en Europe, reçoit d’excellentes critiques et atteint la huitième place des ventes sur iTunes France.

Regardez : Asaf Avidan – The Weak (extrait de The Reckoning)

En septembre 2009 Asaf Avidan & The Mojos sortent leur second album Poor Boy/Lucky Man en Israël qui parle d’un garçon né avec un trou à la place du cœur. Cet album sort en deux versions avec deux pochettes différentes, laissant ainsi le public décider du sort du garçon, pauvre (Poor Boy) ou chanceux (Lucky Man). Après cinq mois il est disque d’or. La critique se fait enthousiaste et l’album sort dans plusieurs pays d’Europe jusqu’à être élu album du mois en avril 2011 par de nombreux médias dont Libération. Pendant ces deux années ils vont donner des concerts, participer à des émissions et des festivals partout dans le monde, de la Chine au Canada en passant par la France. Fin 2010 sort en Israël le troisième album du groupe, Through The Gale. Cet album concept narre l’histoire d’un capitaine et son équipage à la recherche de l’immortalité. Il contient une version symphonique de The Reckoning Song avec Shlomi Shaban au piano. En juillet 2011 le groupe annonce faire une pause, c’est le début de la carrière solo d’Asaf Avidan. Cette année il sort Avidan In A Box, album acoustique où il reprend ses propres compositions, disponible uniquement sous format numérique.

En attendant la sortie de son album Different Pulses prévue pour l’année prochaine, le DJ allemand Wankelmut remixe Reckoning Song, présent sur le premier album éponyme du groupe qu’il formait avec The Mojos. C’est ainsi que One Day/Reckoning Song débarque sur les ondes et crée le buzz autour de la voix griffée et haut perchée d’Asaf Avidan.

Regardez : Asaf Avidan – One Day/Reckoning Song

Asaf Avidan sera en tournée en France au printemps 2013 dont un passage à l’Olympia le 19 avril. Autant dire qu’il n’a pas fini de souler nos oreilles.

Pour aller plus loin :

Découvrez : Willy Moon, le crooner expérimental

Au premier contact avec Willy Moon on est d’abord frappé par son physique longiligne souligné par une classe vestimentaire qui rappelle furieusement les fifties. On comprend à sa façon de bouger qu’on est face à un personnage atypique. Le jeune néo-zélandais à en effet tendance à danser comme James Brown, son physique aux antipodes de celui du roi de la soul funky crée un effet réjouissant, amusant.

C’est en voyant la pub du dernier iPod que sa musique est venue caresser notre oreille. Le rythme de Yeah Yeah s’alliant parfaitement à la publicité bondissante d’Apple.

Regardez : Willy Moon – Yeah Yeah

Pourtant sur le papier la musique de Willy Moon n’a rien de commerciale. Après ce premier contact avec le chanteur on s’est intéressé plus sérieusement à son background. S’il a commencé à chanter, c’est de son propre aveu parce que son ordinateur en était incapable. Malgré son style, on comprend donc qu’il est bien en phase avec son temps. Créant sa musique sur ordinateur à la manière des producteurs de l’industrie du hip-hop il se fait repérer sur MySpace par Island Records qui craque sur I Wanna Be Your Man, le premier vrai single du chanteur. Un premier EP du même nom suivra en début d’année 2012. Composé de musique très expérimentale, ce disque est difficile à définir, sa voix se retrouvant souvent en retrait par rapport à la musique on arrive parfois à croire en une erreur de mixage sonore. Néanmoins quelques chansons comme Yeah Yeah se démarquent particulièrement, et Willy Moon commence à se faire un nom grâce à des articles de The Guardian et Q Magazine qui font de lui une des personnes à suivre en 2012.

Jusqu’ici pas de quoi s’emballer pour le rock/blues expérimental de Willy Moon. C’était sans compter sur le second single distribué sous le label de Jack White, (Third Man Records) qui va s’avérer être une petite bombe. Railroad Track sample la même chanson qu’a samplé Kanye West pour son célèbre Jesus Walk. Et c’est tout simplement qu’aidé par une fougue extraordinaire, Willy Moon va envoyer ce morceau dans une autre dimension. Pour ne pas vous mentir, sur les 315 000 vues que compte le clip sur Youtube, au moins 5000 sont à attribuer à votre humble serviteur. En effet cette chanson entêtante a su nous toucher en plein cœur. En bonus, sur la face B du single de Railroad Track, on trouve une reprise de Bang Bang le classique de Nancy Sinatra repris de bien belle manière par Willy Moon qui parvient à faire passer une véritable émotion à travers sa voix éraillée. C’est donc avec un grand intérêt que nous allons suivre à notre tour la carrière de ce jeune crooner qui risque de ne laisser personne insensible à son style et à sa musique. L’album devrait voir le jour en 2013, mais en attendant on vous conseille fortement de jeter une oreille sur la chanson qui nous a fait chavirer et de bookmarker son site internet.

Regardez : Willy Moon – Railroad Track

O.V.N.I : Hanni El Khatib, le rock à l’état brut

Le rock a tendance à fonctionner par cycles, révélant depuis les années cinquante des artistes enragés qui finissent par se calmer en vieillissant laissant la place de la révolte aux générations qui suivent. C’est donc avec une certaine rage au ventre qu’Hanni El Khatib débarque en 2011.

Si son nom pourrait nous faire croire, par simple cliché, qu’il a tourné avec Khaled et Rachid Taha c’est parce que le jeune californien est d’origine palestinienne par son père et philippine par sa mère. Mélange qui ne se ressent pourtant ni sur son physique, ni dans sa musique. Non, car Hanni El Khatib et sa gomina sont totalement ancrés dans la culture californienne des rockeurs d’un autre temps. Fan de skateboard et de grosse Chevrolet, sa musique transpire cette ambiance qui rappelle le rock de garage qui a tant fait rêver.

Regardez : Dead Wrong – Hanni El Khatib :


Hanni El Khatib attire d’abord la lumière avec une chanson facile à appréhender par toutes les oreilles, plus funky que rock’n’roll, Dead Wrong. Ses choeurs et sa musique légère n’auront aucun mal à vous faire rentrer dans l’univers romantique du rockeur. Sort ensuite son premier album Will The Guns Come Out qui va séduire la critique sans le moindre problème. À la manière de The Black Keys, Hanni El Khatib offre un audacieux mélange entre un rock défouloir et un blues plus sentimental. Ainsi la romance, ses hauts et ses bas, a une place de choix au cœur du disque avec des ballades douces comme Wait. Wait. Wait, ou des titres un peu plus violents comme Loved One ou Fuck it. You Win. On apprécie clairement le contraste entre ses deux styles qu’Hanni El Khatib maitrise aussi bien dans les deux cas grâce à une voix qui s’adapte aussi facilement aux ballades qu’au gros rock gueulard.

Regardez : Loved One – Hanni El Khatib :

Du côté des instruments, le son semble tout droit sorti d’une époque révolue car quand d’autres sortent tout l’attirail des garage band, comme les batteries, la guitare électrique et tout ce qui peut faire le bonheur d’un jeune californien dans la fleur de l’âge, lui nous séduit avec des chansons qui se contentent d’une simple guitare. Autre point positif pour Hanni El Khatib, il a tendance à mettre toutes ses chansons en vidéos. On se retrouve souvent face à des jolis films en noir et blanc, extrêmement rythmés et jouissifs qui appuient à merveille sa musique. Un bien bel exemple avec Come Alive et sa jeune héroïne plutôt énervée.

Regardez : Come Alive : Hanni El Khatib :

Vous commencez surement à saisir l’univers dans lequel évolue Hanni El Khatib et pourquoi il faut le surveiller de près, mais sachez qu’en plus de cela, il s’avère plutôt accessible comme le démontre les superbes Concerts à Emporter, réalisés par le site français de La Blogothèque dans les rues de Paris. L’occasion pour vous de découvrir d’autres titres et notamment le très doux Wait. Wait. Wait. Si vous n’êtes pas rassasiés il ne vous reste plus qu’à profiter de son live à la Route du Rock.

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