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Nujabes : hommage et musique

L’an dernier durant ces mêmes jours d’hiver, le monde du hip-hop indépendant perdait l’un de ses maîtres. Nujabes décède en février 2010. Un premier billet a été publié à son sujet il y a peu sur le site  (voir l’article), mais le fantôme de Jun Seba continue de rôder chez Soul Ton Oreille. On ne pouvait alors pas passer à côté d’une petite célébration de son oeuvre « hip-hopienne » à l’aide de quelques morceaux de génie de son répertoire, extraits :

Eclipse (feat. Substantial)

Substantial, signé sur le label QN5 (la maison des Cunninlynguists entre autres), est l’un des premiers rappeurs américains à avoir travaillé avec le producteur japonais. Le duo sort l’album To The Union a Sun Was Born en 2001. Substantial établit dès lors une importante base de fan au Japon, et les productions de Nujabes arrivent aux oreilles de la scène underground américaine. Cette collaboration internationale a probablement été un point important pour la carrière de Nujabes. En effet après Substantial, on a pu voir d’autres américains comme CYNE (un groupe originaire de Floride) puis CL Smooth (qui formait à l’époque un duo avec Pete Rock) poser leurs rimes sur les notes jazzy de Monsieur Seba.

Sky is Falling (feat. CL Smooth)

Mais l’artiste japonais ne délaisse pas pour autant les MCs de l’archipel nippon, notamment son ami Shing02 avec qui il va travailler sur plusieurs titres, dont la trilogie de morceaux nommée Love Sic, ou encore le titre Battlecry, opening de la série animée Samuraï Champloo (nous vous en parlions sur l’article précédemment posté.)

Ceci dit, Nujabes produira d’ailleurs d’autres sons pour cette série avec l’aide de l’américain Fat Jon. Le résultat donné par le duo américano-japonais est simplement sublime et est incarné par l’album Departure, sorti en 2004. Je vous invite à aller écouter dès maintenant sans plus attendre, d’ailleurs en voilà un petit bout :

Mystline

Tantôt hip-hop, tantôt « abstract » et souvent jazz, Jun Seba a su gagner sa place parmi les meilleurs. Doté d’un talent unique, l’homme, souvent décrit comme mystérieux et discret, manquera certainement à beaucoup d’entre nous suite à sa disparition. Espérons que sa musique incroyablement expressive reste présente le plus longtemps possible.

Feather (feat. CYNE)

Pour aller plus loin :

- A lire, la lettre de Shing02, Nujabes Rest In Peace : E22.com/nujabes
- Le site officiel du prochain documentaire sur la carrière de Nujabes, An Eternal Soul
- En bonus, le thème musical du documentaire à venir, à découvrir ICI

Nujabes

Il était une fois, un DJ et producteur japonais qui, comme Gerald Levert en son époque, a décidé d’entrer complètement dans mon univers musical d’une drôle de façon. En fait, je crois que je suis poursuivi par les fantômes mélomanes, le fantôme de Nujabes (de son vrai nom Jun Seba) s’est imposé à moi sans que je puisse mot-dire : oh non, ces fameux spectres ne me hantent pas,  c’est juste qu’ils sont devenus une sorte de passage obligatoire pour mon oreille. Comment Nujabes a fait son coup ? Pas compliqué, ça s’est joué en trois mouvements :

La première étape est assez récente, c’était en début d’année. Une de mes connaissances me propose d’écouter un de ses morceaux qu’elle adore. Je trouve ça plutôt relaxant, il s’agit d’un morceau instrumental aux saveurs soul, lounge même, avec un piano bien présent  : son titre c’est Horizon

La deuxième fois que j’entendais parler de l’artiste, et bien c’était hier : cette même personne qui m’en parlait la première fois présente à nouveau Nujabes, mais dans un tout autre contexte puisque là il s’agissait d’un générique d’une série animée, Samuraï Champloo. Il faut dire que j’ai connu ce manga il y a quelques années et que justement, les compositions empruntes de hip-hop avec tous ces autres codes, scratchs et rap, posées dans un univers qui avait juste rien à voir (le Japon de l’époque féodale.) Au-delà de ces musiques aux accents urbains et contemporains, Nujabes composera d’autres compositions plus mélodieuses et chantantes, mais assurément, le générique Battlecry aura marqué les esprits, moi je reste fasciné par ce paradoxe de l’image et du son ainsi que la patte graphique de cette ouverture.

C’était drôle de retrouver tout cela, je me devais donc vous en parler. Mais cela m’emmène à cette troisième fois où j’en ai eu affaire avec Nujabes :  comme un flash, je me suis souvenu d’un clip qu’un collègue m’avait présenté il y a quelques semaines aussi, une superbe vidéo tournée au ralenti dans les rues japonaises. Comme pour le cas précédent, je n’avais pas retenu le nom de l’artiste, mais vu que le morceau était drôlement bon, je m’étais promis de rechercher plus d’infos sur l’origine de ce clip.  Et là bingo ! en préparant cet article et la rémanence du flash encore présents sur les synapses de ma mémoire,  je retombe sur la vidéo non officielle de Luv(Sic) Part 2 (où excelle le rappeur Shing 02, comme sur le morceau Battlecry juste au-dessus.) Eh oui, tous les chemins mènent vers Nujabes.

L’histoire se termine aujourd’hui, 26 février 2011. Plus exactement, cela fait un an jour pour jour que l’artiste nous a quitté, victime d’un accident de la route, Jun Seba avait 36 ans et sans doute d’autres morceaux jazzy, soul et rap à nous faire écouter. Il laissera notamment derrière lui deux albums solo qui datent du milieu de la précédente décennie, Metaphorical Music (2003) et Modal Soul (2005.)

Pour aller plus loin :

- Nujabes sur Myspace : Myspace.com/Nujabes

une série typiquement japonaise qui se passe dans le Japon féodal