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Critique : Thrill Of The Game, l’EP de Rachel Claudio

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Après la sortie de deux singles, voilà venu le moment de jeter une oreille sur le dernier EP de Rachel Claudio. Nous avions plutôt hâte parce qu’on la suit depuis un bail Rachel mais on s’inquiétait de ne rien voir arriver depuis sa dernière mixtape qui commence à dater un peu maintenant.

Ça en fait, c’est si on se limite à ses sons à elle. Car en réalité on ne compte presque plus ses multiples apparitions ces derniers temps sur les sons pas toujours de très bon goût de ses copains de la scène musicale internationale. Qu’à cela ne tienne, on voulait vraiment réécouter Rachel Claudio sur des productions faites pour elle. Premier constat, bien qu’il n’y ait pas de révolution dans sa vision protéiforme de la soul music, nous sommes ravis de retrouver la chanteuse au teint marmoréen qui n’a rien perdu de son talent.

Alors voilà venus 8 chansons avec ce maxi sorti en mars 2014 et baptisé Thrill Of The Game. Plein de bonnes choses dessus mais aussi un peu de réchauffé. En réalité mis à part le fait qu’on nous re-serve le plat Eleanor Rigby - un bon titre mais déjà entendu à toutes les sauces depuis sa sortie en 2012 – cet opus a presque la gueule d’un mini-album tant il fait plaisir à l’oreille.

Regardez : Rachel Claudio – Eleanor Rigby (Extended Version)

Le maxi commence avec la suite de Blow My Mind (un titre présent dans Claudiography) nommée Be Brave, une jolie chanson mélancolique qui rend bien honneur à sa grande sœur. Thrill Of The Game que l’on connaît déjà lui emboîte le pas et laisse place à Jupiter (Thank You Bob), un hommage à Bob Marley inspiré par son titre Turn Your Lights Down Low sorti en 1977. Là, Rachel Claudio est accompagnée de Ben L’Oncle Soul qui n’en fait pas trop – une fois n’est pas coutume – et c’est tout à son honneur. Là où contre toute attente le titre précédent ne sonne pas du tout reggae, le morceau Long After que l’on trouve deux chansons plus tard mélange très bien influences soul et sons caribéens. Enfin nous retiendrons les deux merveilles de cet EP que sont No Misdemeanors et Maggot Brain, des chansons qui à elles toutes seules font le sel de ce disque dématérialisé.

Pour finir, notre sentiment général est que Thrill Of The Game est bien plus accessible que les dernières productions signées Rachel Claudio. Des paroles plus profondes pour des sons moins expérimentaux, mais qui vont assurément vers une reconnaissance de son art auprès d’un public plus large. Peut-être deux légers bémols pour chipoter, allez : le fait qu’il n’y ait presque que des sons synthétiques une fois encore (eh oui, l’ère du numérique fait du mal aux vrais instruments) et puis le manque de voix féminines qui accompagneraient la voix de notre Rachel Claudio adorée. Faut dire que le featuring avec Milla Brune était plutôt réussi et qu’on aurait bien aimé voir d’autres chanteuses sur cet EP. Qui sait, peut-être sur un album prochain ?

Vos Choix Musicaux #52 : l’alphabet Soul, G comme

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Cinquante-deuxième édition de Vos Choix Musicaux, celle où je me rends compte qu’il n’est pas si aisé d’écrire un nombre en toutes lettres. Qu’importe car finalement c’est hors sujet, ce qui nous intéresse c’est le nom de l’artiste qui commence par un jet… Pardon, un « G », toute lettre qu’il soit. Retrouvez-nous très vite sur la page Facebook officielle de STO pour que nous complétions cet alphabet de la soul tous ensemble.

G comme Goapele :

Discrète et subtile, humaniste et engagée, Goapele Mohlabane est une de ses artistes qui justifie le poids des mots de ses chansons par la pugnacité de ses actions dans la vie réelle. En effet, la chanteuse de nu-soul/RnB est une fervente activiste contre les injustices de ce bas monde d’un côté, tandis que de l’autre, elle a signé quatre albums depuis 2001. Don’t Be Shy le morceau ci-dessous n’apparaît sur aucune des tracklists d’albums, seulement sur l’EP éponyme que Goapele sortit en 2008, trois ans après la sortie de son troisième opus Change It All et trois ans avant la sortie de Break of Dawn. Du coup Don’t Be Shy n’est assurément pas le titre le plus connu de Goapele, mais il a le mérite de résumer parfaitement l’univers de la chanteuse à la voix qui touche l’âme et le cœur. On y va ?

Ecoutez : Goapele – Don’t Be Shy

Découvrez la soul française de Stefan Filey

Stefan Filey approche de la quarantaine, et pourtant il n’a jamais vraiment connu le succès. D’origine antillaise il chante depuis l’âge de 6 ans dans les églises et fonde en 1992 le groupe de gospel Sweetness avec lequel il gagne le prix de découverte de l’année aux Francofolies et reçoit l’honneur de faire la première partie de Michael Jackson à Lausanne. Il participe régulièrement en tant que choriste aux concerts des plus grands, de Mariah Carey à Céline Dion.

En 2000, Stefan Filey décide de se lancer dans une carrière solo, en tant qu’artiste soul. Dans sa voix résonnent ses inspirations d’Al Green à Marvin Gaye, et il sort son premier album en 2002, Soul Influences, et fait les premières parties de Bilal et Angie Stone. Cette soul si présente de l’autre coté de l’atlantique s’avère très rare en France, au point que l’on puisse considérer Stefan Filey comme un pionnier. Mais voilà, si sa voix est superbe on peut regretter des textes creux, sans réelle épaisseur.

Quand il revient en 2009 avec son EP : Confessions of a Parisian Soulvivor on se rend très vite compte qu’il n’a pas chômé durant les 7 années qui ont passé. Bien meilleur au piano il se permet même une chanson magnifique en anglais, Love Me (ici en version acoustique) :

Ecoutez : Stephan Filey – Love Me

C’est donc avec de nouvelles certitudes qu’il sort son deuxième album, The Lost Album, en ce début d’année 2012. Un album en demi-teinte à l’écoute car certaines incertitudes lyricales demeurent, mais musicalement et vocalement il est très difficile de faire la fine bouche devant un morceau tel que Colorer ma Bataille. Et s’il y’a bien un exercice dans lequel Stefan Filey excelle c’est celui de la reprise, Un Autre Monde sur son dernier album ou encore Pose Ton Gun sur la mixtape Armageddon du bon vieux Joey Starr sont de vrais bijoux. Les chansons sont totalement retravaillées dans une soul très douce portée par la voix du chanteur. Voix que l’on aimerait entendre un peu plus ici sur Soul ton oreille.

En bonus, le featuring avec K-Fear et Fredo – Hip-hop tu te rappelles ?

Et pour aller plus loin vous pouvez visiter le site de Stefan Filey, et acheter son Lost Album.

Clip : Goapele, Tears On My Pillow

Après Milk & Honey et le single Play, Goapele, militante pour les droits de l’Homme et chanteuse à la voix sirupeuse à ses heures perdues, sort un nouveau clip pour Tears On My Pillow, le morceau n°2 de son album Break of Dawn.

Belle et sage, Goapele garde ses valeurs humanistes qui font d’elle une femme reconnue tant pour sa musique que pour son combat comme l’est une certaine Nneka, dans un autre genre plus reggae, plus « rock » aussi. Velouté mais un peu tristoune quand même, Tears On My Pillow est un des morceaux les plus accessibles de l’album Break Of Dawn, un opus presque expérimental, moins facile à appréhender et que ses deux premiers albums, mais assurément réussi et bourré de caractère.

Pour en savoir plus sur Goapele, derechef je vous renvoie vers cet article qui retrace son parcours d’avant la sortie de son dernier album en fin d’année 2011 pour (re-)découvrir entre autres le magnifique titre qui l’a faite connaître il y a bien des années maintenant, la chanson Closer. Car malgré son parcours discret chez nous en France, la musique façon Goapele mérite toute votre attention.

Critique : Michael Kiwanuka, la soul réincarnée

Habitué à faire les premières parties de la tournée d’Adèle, Michael Kiwanuka attire aujourd’hui la lumière sur lui avec la sortie de son premier album. Il a d’ailleurs récemment remporté avec le titre Home Again, la récompense de la chanson de l’année pour la BBC, devant notamment Franck Ocean. Michael Kiwanuka est un chanteur soul anglais, fan de rock et de folk américaine. Sa voix chaude se mêle à ses différentes influences des années 60, allant de Bob Dylan à Curtis Mayfield, et nous emmène au cœur de la période bénie de la musique soul.

Souvent comparé à Otis Redding il est vrai qu’il est difficile de nier cette ressemblance à l’écoute de ce premier album mettant à l’honneur des mélodies empruntes de nostalgie. Une voix chargée d’émotions, qui vient nous chanter l’amour et un profond désir d’appartenance.

Ce qui est étonnant, c’est qu’au départ Michael Kiwanuka voulait simplement être un guitariste de studio en écrivant parfois des chansons pour les autres. Heureusement pour nous Paul Butler l’a convaincu de le rejoindre dans son studio pour enregistrer un premier maxi, Tell Me a Tale, qui sera rapidement suivi par deux autres, I’m Getting Ready et Home Again. Peu à peu l’ombre d’un premier album pointe son nez à l’horizon.

Et c’est donc en ce joli mois de mars qu’arrive l’album de l’anglais d’origine ougandaise, un album qui risque de se placer rapidement comme douceur de l’année 2012. Home Again c’est aussi le titre de ce disque qui va souler vos oreilles. Tout commence avec Tell Me a Tale, morceau dans lequel Michael Kiwanuka nous surprend par le fait qu’il ait délaissé sa guitare acoustique au profit d’une instrumentalisation sortie tout droit d’un disque de Curtis Mayfield. Cuivres, percussions et instruments à vent viennent soutenir sa voix puissante.

Regarder : Michael Kiwanuka – Home Again

Ensuite la guitare sèche reprend ses droits bien qu’encore accompagnée dans I’m Getting Ready, donnant un morceau plus folk et mélancolique que la précédente version. I’ll Get Along nous rappelle les mélodies enjouées des morceaux de Marvin Gaye, avec cette même douceur qui le caractérisait. Ce CD nous ramène a de tendres souvenirs mais il a bien sa propre identité. Michael Kiwanuka a une voix bien à lui, une plume bien à lui et même si son univers évoque en nous ce qu’ont pu faire nos idoles dans le passé, il faut souligner que son album est original et apporte une touche de modernité à ce genre musical longtemps resté orphelin. Le morceau Home Again résonnera dans vos oreilles comme un classique mais je peux vous assurer qu’il sonnera comme si vous ne l’aviez jamais entendu auparavant. Les changements de rythmes d’une guitare couplés à une légère orchestration et à sa voix douce mais puissante, transforment cette balade en un véritable hit. Bones est une chanson qui se tourne beaucoup plus vers le passé, avec un bon piano et des chœurs rappelant les belles années de Ray Charles. Avec Always Waiting la folk américaine vient heurter un rythme assez country, preuve d’un éclectisme incomparable, Michael Kiwanuka nous offre en un seul album une grande palette de couleurs de musique qui nous est chère. Le RnB n’est pas en reste puisque I Wont Lie arrive tout de suite après et nous offre une très jolie mélodie.

Vous l’aurez compris, Michael Kiwanuka se place dans la lignée des grands chanteurs américains des années 60-70 mais il le fait à sa manière, mixant les influences musicales. Il fait également preuve d’une grande justesse vocale et ses nombreuses performances acoustiques ne sauraient nous donner tort. Qu’il soit accompagné de sa seule guitare ou d’un orchestre complet, sa voix nous transporte. Alors chez Soul Ton Oreille nous pensons qu’il ne faut pas passer à côté de cette pépite qu’est Home Again. En bonus nous vous offrons une de ses nombreuses performances live.

Regarder : Michael Kiwanuka – I’m Getting Ready (Live)

Vous pouvez d’ores et déjà vous procurer l’album sur iTunes en attendant la sortie physique du CD, prévue pour le 26 mars.

Vous pouvez également écouter son premier EP Home Again.

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