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Jeu concours : 5×2 places pour la Motown Night

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Motown, quand ce nom est posé cela inspire tout de suite un gage de qualité et pour cause, c’est le label des plus grands noms de la soul. Alors si on vous dit qu’une soirée privée aura lieu au Trianon avec comme invités de très bons artistes comme Ayo, Ben l’Oncle Soul, Gaël Faye ou encore Alice Rusell, eh bien vous voulez en savoir plus et c’est normal ! Il s’agit de la Motown Night présentée par HP Connected Music, qui aura donc lieu au Trianon à Paris le jeudi 18 avril prochain, et vous allez avoir la possibilité d’y assister car nous vous faisons gagner 5×2 places !

Pas même besoin de répondre à une question, il vous suffit de nous envoyer un petit mail à l’adresse suivante team@soultonoreille.com avant le lundi 15 avril 23h59 et un tirage au sort sera effectué afin de désigner les 5 chanceux. La seule chose que l’on vous demande, c’est de vous prendre en photo à cette soirée et de la publier sur notre page Facebook pour un p’tit big up, ça va ça ne devrait pas être trop difficile. Bonne chance à tous et que les meilleurs gagnent !

Pour aller plus loin :

Chronique : Le hip-hop façon… Detroit

Ville à la population diversifiée, Detroit peut se vanter d’un patrimoine musical exceptionnel dans divers styles musicaux tels que le gospel, le jazz, le Rhythm and Blues, la soul, le rap ou encore le rock et l’électro. Entre 1900 et 1940, de nombreux afro-américains arrivèrent du Mississippi et commencèrent à travailler dans les usines automobiles de la ville. Ils portaient avec eux le triptyque gospel, jazz et blues, si bien que dès le début des années 30, le quartier noir-américain Black Bottom (aussi appelé Paradise Valley) situé à l’est de la ville est devenu peu à peu un lieu incontournable de la scène jazz & blues : John Lee Hooker, Duke Ellington, Billy Eckstine, Pearl Bailey, Ella Fitzgerald, Count Basie et bien d’autres s’y produisirent régulièrement dans les nombreux clubs situés le long de Hastings Street et dans le renommé Paradise Theatre (l’équivalent de l’Apollo Theatre de New York.)

En 1959, Berry Gordy, qui s’était fait un petit nom en tant qu’auteur dans le milieu du jazz, crée le label Tamla Records, puis quelques mois plus tard Motown Records, installé dans une modeste maison qu’il baptisera « Hitsville USA. » D’ailleurs et pour l’anecdote, le nom « Motown » est l’abréviation de Motor Town faisant allusion à Detroit, qui était alors la capitale de la production automobile.

Berry Gordy, grâce à son talent avisé en matière de stratégie du marché du disque et par le biais de Motown va offrir la possibilité à beaucoup d’artistes afro-américains déjà présents de se faire un nom. La Motown connait alors pendant plus de dix ans un succès sans précédent avec des artistes tels que (attention, la liste est longue) : Marvin Gaye, The Temptations, Stevie Wonder, Diana Ross & The Supremes, Smokey Robinson & The Miracles, The Four Tops, Martha Reeves & the Vandellas, Edwin Starr, Little Willie John, The Contours, The Spinners, The Jackson 5… Carton plein pour Detroit qui marque le monde de la musique comme jamais.

Regarder : The Supremes – Where Did Our Love Go

Alors qu’en est-il en 2011 ? Les artistes originaires de Detroit ont bien évidement hérité de toutes ces richesses musicales et la ville fait aujourd’hui figure de référence. Le son de Detroit est en quelque sorte le « premier » de la classe. Eh oui, être héritier de l’époque Motown, ce n’est pas toujours facile, alors à Detroit plus qu’ailleurs la musique se met la pression. Aujourd’hui, il est devenu un savant mélange de soul, de hip-hop et de sonorités électro subtilement dosées. Vous voulez peut être un exemple ? Alors écoutons un son de son meilleur ambassadeur, le regretté rappeur/producteur James Dewitt Yancey, plus connu sous le nom de J Dilla ou encore Jay Dee (membre de Slum Village), un air instrumental composé pour The Pharcyde en 1995 et qui a donné Runnin’.

Dans la lignée d’un Jay Dee, on retrouve Elzhi (un autre membre de Slum Village) Black Milk, 14KT, Nick Speed, Kareem Riggins, “Mad Mike” Banks, Waajeed, Apollo Brown… Là encore, leurs productions sonnent définitivement « hip-hop » démontrant une fois de plus une certaine qualité, créativité, musicalité et innovation. Cette vidéo d’Apollo Brown en train de travailler sur un beat illustre parfaitement la « D Touch. »

Detroit connait aujourd’hui un grand nombre d’artistes talentueux et reconnus dont Royce da 5’9’’, Insane Clown Posse, Big Sean, Guilty Simpson, Eminem, Proof, The Cool Kids, Danny Brown et Obie Trice parmi les grands noms, mais ce son venu du Michigan a cependant parfois des allures d’OVNI : cette volonté des artistes de travailler chaque titre dans le détail, la chasse constante à « l’exactitude sonore » font qu’ils sont bien sûr extrêmement respectés dans le milieu, mais c’est aussi pour ces mêmes raisons qu’ils restent souvent dans l’underground et loin de la reconnaissance mondiale (hormis son meilleur ambassadeur, Eminem et plus récemment Big Sean.)

L’autre aspect du rap de Detroit, c’est la compétition : les battles. Ces joutes vocales ont longtemps été le seul moyen pour les rappeurs de la ville de se faire connaitre. Em’ disait d’ailleurs à ce sujet lors d’une interview dans le cadre des Red Bull EmSee : « Quand je suis arrivé sur la scène hip-hop à Detroit, le seul truc c’était les battles. Si tu voulais te faire un nom, fallait commencer par ça. Les battles étaient importantes. Chaque mois des gens y allaient et essayaient de se faire un nom (…) Je crois que le film 8 Mile, a un peu éclairé le monde sur ce qui se passait ici à Detroit. »

Voici un extrait des Red Bull EmSee Freestyle Battle 2010 :

Ce que l’on souhaite donc pour Detroit, c’est une meilleure exposition dans le futur et qu’en parallèle, elle parvienne à garder son authenticité (les productions, la verve des paroles, les battles) qui font vraiment du bien au hip-hop. Voilà ce que nous pouvons vous dire pour ce tour d’horizon du rap issu du nord-est des Etats-Unis, mais avant de vous laisser, voilà STO à la sauce Detroit avec Black Milk, Royce Da 5’9″ & Elzhi pour un Deadly Medley. On se retrouve très vite pour explorer le paysage musical d’une autre ville.

Des reprises, de la Motown aux Boyz II Men

Parmi les dix albums studio des Boyz II Men se cachent trois albums de reprises (enfin trois et demi, mais on en reparle un peu plus bas). Moyen facile de passer le temps tout en continuant d’occuper le devant de la scène en période creuse ou pari musical et hommage réussi ? Et bien en fait c’est un mélange des deux !

Sorti sous leur propre label indépendant MSM Music Group en 2004, Throwback, Vol. 1, leur premier album du genre, reprend des classiques des années 70 principalement, que ce soit soul avec Let’s Stay Together de Al Green, rock avec Sara Smile de Hall & Oates ou encore disco funk avec Cutie Pie de One Way. Malgré la bonne volonté de nos quatre chanteurs, le résultat est plutôt moyen. Les voix sont là, leurs arrangements sont réussis comme toujours, mais il est clair que les 11 titres de l’album ne rendent pas tout à fait justice aux titres originaux. A part peut-être leur version de Human Nature de Michael Jackson, juste accompagnés d’une guitare acoustique ?

Ecouter : Human Nature

Heureusement, les Boyz II Men sont pleins de ressources et les deux albums de reprises suivants sont franchement agréables. D’abord, on a Motown: A Journey Through Hitsville USA, qui se présente comme un retour aux sources, puisque consacré à des titres mythiques de la Motown. Avec la venue de Patti LaBelle sur Ain’t Nothing Like The Real Thing et Brian McKnight sur End Of The Road (eh oui, c’est un classique de la Motown celui-là aussi !), les Boyz II Men proposent 14 reprises dont le magnifique Ribbon In The Sky tout a cappella (maintenant vous comprenez pourquoi je ne vous l’ai pas fait écouter mercredi) et les sympathiques reprises conjuguées de It’s The Same Old Song et Reach Out (I’ll Be There) de The Four Tops. Le pari est ici plutôt réussi, et même si le groupe ne nous fait pas complètement oublier les morceaux originaux, la qualité est bien là.

Ecouter : Ribbon In The Sky

Sur Love, leur dernier vrai album de reprise en date, ce sont des classiques des chansons d’amour qui sont revus et même corrigés. J’ai là en tête le titre Amazed, que vous découvrirez sûrement aussi. A la base interprétée par un groupe de country (Lonestar), le morceau réarrangé à la sauce Boyz II Men pourrait truster la place de titre indispensable à un mariage en lieu et place de The Way You Are de Bruno Mars, Everything I Do, I Do It For You de Bryan Adams ou n’importe quelle autre chanson où la niaiserie romantique est mise à l’honneur.

Ce qui est intéressant sur cet album, c’est que les Boyz II Men ne restent pas tout à fait dans leur zone de confort en se contentant de classiques soul ou RnB, mais vont aussi voir du côté de la pop, du rock ou donc de la country. Le résultat est assez étonnant, comme pour la reprise de Time After Time dont on a déjà parlé ou celle-ci : qui n’a pas souvenir de ce tube du boys band anglais Take That ?

Ecouter : Back For Good

Avant de clôturer cette semaine Boyz II Men demain avec Jav, quelques mots sur Twenty : deux CDs, un de morceaux originaux, un de reprises (le voilà mon demi du début d’article !) en guise de bougies sur le gâteau.

Retrouvant ses producteurs fétiches, Teddy Riley et Babyface en tête, Boyz II Men propose dans cet opus des titres qui renouent avec ses plus grandes heures tout en montrant une claire évolution. En ouvrant avec Believe et son texte positif (You should know that it ain’t about color / No stereo typical agenda / Time to create a new world order / And with love we’ll part the waters, oh / No boundaries, sky is the limit / That’s the way that it was in the beginning / Open your heart and let love in it / If we do we’ll all be winning, oh), Boyz II Men propose un son presque parfait pour les clubs. Benefit Of A Fool rappelle sans problème tant il est efficace les succès new jack et hip hop du groupe au début de sa carrière et donne clairement envie d’entonner un petit « shoo-be-doo » à l’écoute du titre. So Amazing et Slowly font écho au RnB mielleux de I’ll Make Love To You ou Uhh Ahh des 90s grâce au talent de Tim & Bob (ceux qui ont produit la Thong Song de Sisqo).

Si on devait résumer, malgré un léger moins bien sur quelques morceaux (étonnamment ou non, les deux titres choisis pour single, More Than You’ll Ever Know et One Up For Love), cet album célèbre d’une belle manière les 20 ans de carrière du groupe, avec des nouveaux titres proches de ce à quoi ils nous ont habitués tout en proposant un son assez actuel. Et en n’oubliant pas Cooleyhighharmony, II et Evolution, les trois premiers albums du groupe dont huit des hits sont revus. Après tout, 15 à 20 ans plus tard, on peut comprendre que les trois hommes aient envie de porter un regard neuf sur ces titres qu’ils ont dû chanter un bon million de fois. Seul problème : au bout de 20 ans d’écoute, on connaît les chansons sur le bout des doigts (ou du coin de l’oreille) et les quelques nouveaux arrangements, sans oublier l’absence de McCary, font un léger pincement au coeur, même si l’effort est appréciable.

Ecouter : Benefit Of A Fool

Boyz II Men : les années Motown

Trois grands axes pour une carrière de vingt ans déjà et une période dorée chez Motown : revoyons aujourd’hui ensemble le parcours des Boyz II Men au début des années 1990.

Les débuts

Nous sommes fin 1985 au High School of Creative and Performing Arts de Philadelphie (Pennsylvanie). Nathan Morris et Marc Nelson, alors lycéens, décident de former un groupe de chant. Au fil des mois, beaucoup de personnes intègrent le groupe, puis, devant poursuivre leurs études une fois diplômés, le quittent. Après diverses formations peu concluantes, les deux jeunes hommes recrutent finalement tour à tour Wanya Morris, Shawn Stockman et Michael McCary.

Ils prennent alors le nom de Unique Attraction, jouent pour le bal de leur lycée et répètent souvent ensemble, notamment dans les toilettes de l’établissement où ils trouvent l’acoustique excellente. C’est d’ailleurs en reprenant de nombreux tubes dont le titre Boys To Men du groupe New Edition dont ils sont d’immenses fans qu’ils trouveront ainsi l’inspiration du nom définitif du groupe : Boyz II Men.

La rencontre déterminante

1989. La radio locale Power 99FM, animée par Bell Biv DeVoe (Ricky Bell, Michael Bivins et Ronnie DeVoe) qui ne sont autre que les membres de l’ancien groupe New Edition, organisent un concert à Philadelphie où Michael Bivins (aussi producteur) tient la tête d’affiche. Pour ceux qui ne connaissent pas l’anecdote, ce soir-là est sûrement l’un des plus importants de l’histoire du groupe.

Les Boyz II Men se rendent donc au show, bien décidés à approcher Michael Bivins en coulisses. En rodant autour des loges, ils arrivent à approcher une femme du staff et lui demandent s’ils peuvent avoir des Pass VIP, mais cette dernière ne peut leur en donner qu’un seul. Après une petite combine, ils parviennent à se refiler le Pass en question chacun leur tour et à se faufiler en coulisses, juste au moment où Michael Bivins sort de scène. Audacieux, ils commencent à chanter a cappella une de leurs chansons préférées (dont on vous parlera plus en détails demain).

L’artiste est impressionné par leur talent, leur laisse sa carte et demande à Nate de le rappeler au plus vite. C’est donc par l’intermédiaire de Michael Bivins et Biv Entertainment que les hommes décrochent leur premier contrat chez Motown peu de temps après. Seul Marc Nelson refuse de signer et quitte le groupe, préférant continuer sa carrière en solo.

Arrivée chez Motown

La carrière des Boyz II Men débute donc en 1991 avec leur premier album intitulé Cooleyhighharmony, sorti peu de temps après sur le légendaire label. L’album est réédité en 1993 avec des titres bonus dont le cultissime End Of  The Road produit par Babyface et LA Reid et issu de la bande originale du film Boomerang. Un titre qui les propulse au rang de superstars battant même le record du nombre de semaines passées à la tête des charts détenu par Elvis Presley.

Coté conception musicale, le célèbre producteur Dallas Austin, connu pour avoir collaboré avec les plus grands (Aretha Franklin, Berry Gordy, Michael Jackson…), signe la plupart des productions de l’album dont MotownphillyUnder Pressure ou encore les plus doux Please Don’t Go et Lonely Heart. Le son de cet album de Boyz II Men est un mélange de styles : l’arrivée des sonorités new jack, ponctué de « hip-hop doo wop »  et d’harmonies vocales, qui deviennent leur marque de fabrique.

Regarder : Motownphilly (avec l’apparition du non moins célèbre Questlove ! )

L’année suivante, toujours chez Motown, ils enchaînent sur un second album, IIMichael Bivins souhaitant se concentrer sur le projet d’autres artistes, ils font appel à des producteurs de légende : James Harris III et Terry Lewis (on leur doit une partie de l’album Dangerous de Michael Jackson), Babyface ou encore Dallas Austin, rien que ça ! L’opus est à la hauteur des attentes, et les hits ne manquent pas. L’album est un savant mélange entre RnB et new jack, dans la continuité du précédent, mais plus abouti diront certains. Les harmonies vocales sont d’une efficacité redoutable. La sauce prend, conquit les ondes et les dancefloors. II se vend à plus de 12 millions d’exemplaires et bat une fois de plus tous les records, notamment avec le titre I’ll Make Love To You (écrit par Babyface) qui  reste  14 semaines au top du Hot 100. Beaucoup d’autres tubes figurent sur II comme Thank YouOn Bended Knee ou encore Water Runs Dry.

Regarder : Thank You

Les Boyz II Men sont alors au sommet de leur carrière et sollicités de toutes parts : ils collaborent avec Brandy sur BrokenheartedMichael Jackson sur HistoryLL Cool J sur Hey Lover, Mariah Carey sur One Sweet Day

Après une grosse tournée en 1995, Motown décide de sortir le projet intitulé The Remix Collection, Boyz II Men Album et ce malgré les réticences du groupe. Cette sortie marque la fin de la période Motown pour le quatuor qui quitte le label et signe un contrat chez Sony dans la foulée.

En 2007, désormais au nombre de 3 (Michael  McCary ayant quitté le groupe pour raisons de santé), les Boyz II Men reviennent avec l’album A Journey Throught Hitsville U.S.A., un opus ambitieux de reprises des grands tubes de la Motown revisités à travers leurs harmonies vocales. Une belle manière en quelque sorte de boucler la boucle en rendant hommage au label qui les a fait connaître.