Le californien Miguel en compagnie du rappeur Kendrick Lamar propose un remix de How many drinks, morceau issu de l’album Kaleidoscope Dream. Le pro du falsetto nous délivre ici un titre mielleux, plein de sensualité… Du sweet et du sexy, parfumé au rap grâce à Kendrick… parfait pour finir le week-end en douceur non ?
Regardez : Miguel feat. Kendrick Lamar – How many drinks ?
Talib Kweli et Miguel, deux noms qui séparé nous font sourire d’aise, alors lorsqu’ils sont associés, on a juste envie de vite presser sur le bouton play pour en savoir plus. C’est ce que nous vous proposons de faire tout de suite, car les deux artistes se sont réunis le temps d’un titre, Come Here, tout en douceur, qui annonce plutôt bien le futur album de Talib Kweli qui devrait sortir le 23 avril prochain et dont nous ne manquerons pas de vous parler.
Ecoutez : Talib Kweli featuring Miguel – Come Here
Miguel s’aventure dans un univers dans lequel on ne le rencontre pas souvent puisque que le chanteur fait le choix de réaliser la vidéo de Candles In The Sun extrait de Kaleidoscope Dream, son dernier album. Ici on est loin du sensuel parfois érotique de ses visuels habituels, il s’agit en effet de l’un de ses titres les plus engagés à ce jour. Pour la nouvelle version de Candles In The Sun originaire de l’EP Art Dealer Chic volume 3, une succession d’images éloquentes se parent de noir et blanc pour illustrer les textes profonds d’un Miguel plus intimiste.
L’année 2012 s’achève et nous espérons qu’elle a été remplie de beaux concerts et de grands moments de musique. Que pouvons nous vous souhaiter pour l’année 2013 ? Eh bien encore plus de beaux concerts et encore plus de grands moments de musique ! Alors est ce que le mois de janvier nous annonce une année 2013 sous de bons auspices pour la musique ? Allons voir cela tout de suite avec une petite sélection de ce que vous pouvez aller voir en ce début d’année 2013.
Commencez l’année en faisant une bonne action tout en passant une bonne soirée. En effet, 3 ans après le terrible tremblement de terre dont Haïti a été victime, le chanteur David Shaz organise un concert caritatif dont les fonds récoltés seront reversés pour la construction d’une école. Cette soirée Haitian Tour se déroulera le 12 janvier au Théâtre de la Reine Blanche à Paris.
Ensuite il vous faudra faire un choix car la soirée du 18 janvier s’annonce chargée en évènements musicaux, mais vous ne pourrez évidemment pas être partout. Désolé pour les autres, mais tout se passera sur Paris.
Les plus chanceux auront la possibilité de voir se produire sur la scène du Nouveau CasinoSolange Knowles. La sœur de B semble avoir déjà conquis son public car il vous sera difficile de trouver encore des places aujourd’hui.
Pour ceux qui préfèrent le hip hop, nous vous conseillons de vous rendre au Cabaret Sauvage pour voir Wu Block (Ghostface Killah – Sleek Louch) avec en première partie la belle Laëtitia Dana.
Et pour les amateurs de rap français, et de rap français féminin, c’est Pumpkin dont nous vous parlions il y a peu, qu’il vous faudra aller voir à l’International.
Pour les amateurs de r&b, vous pourrez voir le talent prometteur du label Def Jam, la jolie Chrisette Michele (à ne pas confondre avec Yvette Michelle interprète du fameux titre I’m not feeling you) sur la scène du New Morning à Paris. Le concert était initialement prévu le 23 janvier mais a été reporté au 25 janvier.
Le 26 janvier vous aurez aussi du choix, mais vous pourrez également si vous le souhaitez enchaîner les deux sorties.
En première partie de soirée, rendez vous au Trianon pour le concert de Miguel et de sa banane légendaire. Un doux moment entre filles ou entre amoureux pour bien commencer la soirée.
Puis en seconde partie de soirée, précipitez vous à La Bellevilloise pour une soirée à la saveur old school du hip hop des années 90 car il s’agira de la soirée Free Your Funk : Thank You Jay Dee, en l’honneur évidemment du grand J Dilla.
Et pour finir le mois de janvier, c’est au Bataclan qu’il faudra être pour voir le phénomène hip hop depuis l’année dernière, il s’agit bien sur de Kendrick Lamar. Après le très bon Section 80 c’est son dernier album Good Kid, m.A.A.d City qu’il présentera ce soir là et Soul Ton Oreille y sera ! Nous vous en reparlerons assurément.
Voilà pour nos quelques propositions de sorties pour ce premier mois de l’année 2013 que nous espérons chargée en concerts. N’hésitez pas à revenir vers nous pour nous raconter les concerts auxquels vous avez assisté, et rendez vous le mois prochain !
Chez Miguel on dirait bien que 2012 rime avec productivité. Après la série Art Dealer Chic qui se déclinait en trois volumes de micro Ep en début d’année, l’arrogant crooner lève finalement le voile sur Kaleidoscope Dream. Ce second opus diffusé de manière inédite afin de s’adapter à un nouveau mode de consommation de notre musique, révèlera plus tard Miguel, se verra organiser une sortie en trois temps avec des intitulés digne des chapitres qui composent la série l’Avatar : le dernier maître de l’air. Une émergence de nouveaux artistes quasi quotidienne accordant à l’auditeur, selon lui, que peu de temps à consacrer à la découverte d’un « long » projet (et ce n’est pas nous, addict de bonne musique, qui allons le contredire), il laisse le choix à son public de découvrir l’album par petite portion. Sera alors divulgué en juillet dernier, l’Ep Kaleidoscope Dream: The Water Preview réunissant les trois premiers titres de l’album, suivi en septembre de Kaleidoscope Dream: The Air Preview contenant les trois suivant. Nous sommes de ceux qui avons préféré attendre que l’intégralité de l’opus débarque à la troisième place des charts US en un mois d’octobre comblé de bonne musique, avant de passer à une dégustation auditive.
Regardez: Miguel – Adorn
Refroidi par le personnage, nous ne cacherons pas qu’il nous a fallu du temps avant d’accorder une chance juste au travail de Miguel. En curieux ivrognes nous avons fini par faire l’impasse sur son impertinence qui a vite fait de provoquer chez nous une certaine antipathie et ce look qui frôle la surenchère, et ce sans regret. Peut on le blâmer d’être lui même quand sans cesse nous déplorons le manque d’individualité de la scène musicale. D’ailleurs avec ce second essai censé dépeindre un portrait plus franc et plus concordant du personnage de Miguel, le chanteur à la banane brushinguée qui apparemment en inspire jusqu’en France, nous invite à franchir l’étape des apparences, comme une sorte d’introduction de l’artiste à un public qui, comme nous, en auraient une vision préconçue. Quand All I Want Is You, ce premier opus délivré en 2010 et porté par le hit Sure Thing était basé sur le romantisme, son digne successeur, lui, se voit chargé de diverses missions.
L’artiste accordant à ses songes une certaine importance, Kaleidoscope Dream c’est d’abord la bande originale de ses rêves kaléidoscopiques. « Je pense que les rêves symbolisent la plus pure des formes de fantasme que l’on libère à travers notre subconscient. Ils représentent la plus réaliste des libertés que l’on peut expérimenter, sans aucune « censure » et totalement créatif » expliquera Miguel. Ainsi le projet se veut aussi une ode au rnb, du moins ce qu’il fut dans un passé plus ou moins éloigné. Faisant référence à la soul présente derrière cette musique sans barrière qui jusqu’une certaine époque n’avait pas peur de s’unir à d’autre genre tel le hip hop ou le rock, le chanteur regrette la créativité de ce style que l’on ne pouvait enfermer dans une boite. Allant jusque qualifier le rnb moderne de « paresseux à en devenir un cliché », il espère, pourquoi pas, inspirer la génération actuelle porteuse de ce style à un peu plus d’inventivité, lui qui dit célébrer l’individualité.
Regardez: Miguel – Do You
Encore une fois on constate que Miguel se démarque de ses camarades de la vaste cour qu’est le r&b. Pendant qu’une majorité des acteurs du genre le soumettent à des limites plus que restrictives, rendant ce style musical très vite répétitif, le chanteur est parmi cette nouvelle vague d’espoir au sein de laquelle nous citeront Frank Ocean, The Weeknd ou autre Jhené Aiko, qui contribue à gommer, sinon à repousser ses frontières pour le moins lassantes. Il sera comparé à Prince pour ses alternances aisées du grave et du falsetto, bien que l’on pense que son look y soit pour beaucoup. Un Miguel flatté déclinera le compliment trouvant la remarque injuste envers la légende. Le natif de L.A élève tout même le niveau, déjà de par ses textes. Si les thèmes abordés dans ce style musical, que l’on se permettra d’appeler les basiques du genre, sont généralement centrés autour de l’amour et du sexe, les virées en boites et des tunes qu’ils en pleuvent, ce qui soyons honnête ne reflète pas vraiment la réalité, et bien devinez quoi, Kaleidoscope Dream n’échappe pas à la règle et connait bien ses fondamentaux. Miguel décrit comme un perfectionniste par ses collaborateurs y ajoute néanmoins sa petite touche, et hop la formule nous convainc. Le séducteur ne se contente pas de se reposer sur l’atout percutant qu’est sa voix, munie d’une plume affûté il nous pond des textes plus personnel, plus réfléchis et apparait même sur certain titre en penseur notamment sur Where’s The Fun In Forever. Le son est ici sensuel et les instrumentales efficaces. Si l’on ne trouve pas forcément de morceaux calibrés radio, on est confiant quant à l’aisance de certain titres à se faire leur place sur les ondes. Co-produit par Miguel, Kaleidoscope Dream compte des productions de Salaam Remi, Pop & Oak, ou encore Jerry Wonda.
De ses inspirations éclectiques, Miguel nous offre un second opus plus électrique. Un rnb aux sonorités orientées rock avec des basses bien prononcées dominent le projet comme sur Arch & Point, déjà extrait du second volume de Art Dealer Chic, il réapparait dans Kaleidoscope Dream. L’artiste décrira alors l’opus comme étant plus progressif: « …dans le sens où cette fois je puise d’avantage dans mes influences alternatives que j’incorpore ensuite dans ma musique » à Miguel d’ajouter.
Kaleidoscope Dream s’ouvre sur une version longue du hit Adorn que l’on ne présente plus. Si la première fois ses 2min 20 nous avaient conquit et amené à accrocher au travail de l’auteur, il va de soi que nous sommes ravi de voir ce chef d’œuvre complété. Samplant Time Of The Season de The Zombies, Don’t Look Back vient prendre le relai. Le titre aux sonorités et textes sombres nous évoque le travail de Jhené Aiko. Quand le quotidien The Boston Globe vient reprocher à Miguel les effets qu’il y incorpore non seulement à ce titre mais aussi sur Do You, déclarant y voir dans ce genre d’écho un usage de gadget inutile mais aussi un manque de confiance en sa voix de la part du crooner, nous n’y trouvons rien de bien dérangeant. Cet effet vient ajouter un aspect envoutant totalement cohérent avec le thème de Kaleidoscope Dream, qui rappelons le se déroule autour des rêves. Arrive The Trill, l’un de nos coups de cœur du disque. Si vous vous demandez à quoi ressemble une virée nocturne avec Miguel, en voici une entrainante illustration.
Regardez: Miguel – The Thrill
How Many Drinks? suinte l’arrogance de Miguel, il faut se faire à l’évidence celle ci n’est jamais bien loin. Si le crooner à dans le passé partagé son désir de travailler avec la scène de L.A dont il est originaire et fier, citant Jhené Aiko ou en encore Thurz comme potentiel collaborateur, Alicia Keys est la seul invité sur Kaleidoscope Dream et tenez vous bien, pour des cœurs. Née accidentellement d’un délire lors d’une rencontre à la Jamaïque, Where’s The Fun In Forever qu’il co-écrit initialement avec Pop & Oak et Steve « Ace » Mostyn pour l’album à venir de la pianiste, lui sera finalement restitué par madame Swizz Beats au grand désespoir de son Girl On Fire.
Ça semble désormais être LA tendance, après Brian Mcknight et son How Your Pu**y Works (If You’re Ready To Learn) qui avait fait des indignés, puis Big Boi et Theophilus London avec She Said Ok, ces titres que l’on ne sait guère à quel degrés les appréhender, voici Pu**y Is Mine qui colle parfaitement au genre. Mélodies et instrumentales plutôt convaincantes sous des textes entreprenant et totalement décalé. En live les esprits frileux devront s’abstenir, il semblerait que des fans de la Bay Area prenant les paroles au pied de la lettre, rentreront, pour certaines du moins, avec un souvenir plus torride que les mouchoirs trempés de sueur de Frank Michaël. Le projet se clôture néanmoins sur une note plus sérieuse avec les textes profonds d’un Candles In The Sun revisité. Sur une version plus émotionnelle du titre déjà présent dans Art Dealer Chic Volume 3, Miguel s’interroge sur la conscience, l’avidité et la morale de notre société pour une conclusion réussie.
Pour Kaleidoscope Dream on restera sur une impression d’un presque sans faute. Le projet est cohérent, les textes soignés. En ce qui concerne les mélodies, Miguel réussi le pari de se renouveler, nous n’avons pas le temps de nous ennuyer. Nous retiendrons les titres Kaleidoscope Dream qui mérite bien de baptiser l’album, l’entêtant The Thrill et Candle In The Sun pour notre mention coup de cœur. Bien qu’il peut être délicat de se prononcer si tôt, l’opus semble disposé à traverser le temps. Certain couronne le chanteur du titre de crooner de chambre à coucher, pour notre part, si cette assurance insolente permet à Miguel de nous fournir une musique de qualité, on fera preuve d’indulgence. Nous ne comptons pas quitter ce train pris en marche à la prochaine station.