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Vidéo : Lupe Fiasco combine trois titres dans #1234

LUPE

Lupe Fiasco refait parler de lui avec sa mise en images de trois titres de son dernier album, Food & Liquor II: The Great American Rap Album Pt. 1, à travers une vidéo de près de 13 minutes diffusée pour la fête de l’Indépendance des Etats-Unis, le 4 juillet dernier.

Le triptyque commence par un illustration toute en kaléidoscopes de Lamborghini Angels, enchaîne avec ITAL (Roses) et se termine avec Audubon Ballroom. Plutôt bien amenés et intégrés dans ce clip unique, les trois titres mettent en lumière quelques unes des principales préoccupations du camarade Lupe (drogues, consommation, armes, racisme…) et la vidéo met particulièrement l’accent sur le pouvoir des médias et groupes de pression. En mettant en scène un membre du Ku Klux Klan dansant sur le refrain d’Audubon Ballroom, Lupe Fiasco rappelle que le pire ennemi de l’Amérique n’est plus forcément celui qu’on croit. On ne sait pas pour vous, mais ce Lupe Fiasco là est celui qu’on aime le plus et on est ravis de le retrouver sur un terrain polémique mais réfléchi.

Regardez le clip #1234 de Lupe Fiasco :

Que devient… Kevin Michael ?

Kevin Michael sur Soul Ton OreilleLorsqu’on se rejoue son premier album, cette même question nous revient constamment à l’esprit: « Que devient Kevin Michael ? ». En 2006, le natif de Pennsylvanie nous délivrait un délicieux premier opus éponyme alliant savamment titres à la démarche purement artistique et autres morceaux plus calibrés radio. Alors inconnu, il réussit tout de même à mobiliser de gros calibres de l’industrie pour des collaborations efficace. D’abord sur We All Want The Same Thing, qui lui procure le buzz dans un premier temps, c’est un Lupe Fiasco tout frais du succès de son désormais classique Food And Liquor (oui on se le permet) qui l’assiste. On peut dire que la présence de Q-Tip à ses côtés est approprié lorsque le rookie fredonne le fameux Do That Do That Do Do That That That, sur le modeste Too Blessed. Quant à It Don’t Make Any Difference To Me, son premier single officiel produit par le leader de The Fugees alias Wyclef Jean, qui prête aussi sa voix pour l’occasion, achèvera d’apporter à l’artiste l’attention du grand public. Il devient quasi difficile de passer à côté du jeune homme secouant son afro monumental de droite à gauche au rythme de sa human beat box attitré qu’est Akil Desan, quand il entonne en live la version acoustique du hit aux paroles un brin utopistes. Kevin Michael alors âgé de 22 ans enchaîne les apparitions sur les plateaux télé et radio à l’échelle l’internationale, avant de doucement s’évanouir dans la nature.

Regardez : Kevin Michael – It Don’t Make Any Difference To Me

Quand on décide de lancer notre enquête, c’est dans un premier temps parce que le personnage a su capter notre intérêt. En plus de son look atypique à l’heure où la tendance afro n’envisageait pas encore son come back, et de cette voix aux multiples facettes qu’il a appris à dompter en autodidacte, celui que l’étape de l’écriture de ses textes passionnés au moins autant que celle de leur interprétation, se présentait au public chargé de divers messages qu’il comptait bien faire passer au travers de sa musique. Kevin Michael parle beaucoup d’amour, mais il partage aussi le regard qu’il pose sur l’état de la société notamment avec We All Want The Same Thing ou encore Hood Buzzin. C’est tout de même l’univers interracial dans lequel il a grandit et qui a fortement marqué son histoire qu’il exposera le plus souvent dans ses textes, attendant sans doute de son témoignage qu’il renverse ces absurdes barrières d’intolérance.

Il cite Prince, Michael Jackson ou encore Stevie Wonder parmi ses plus grandes influences musicales. Bien que qualifié de chanteur RnB, son premier album mélangera les genres avec une certaine harmonie. Une fine pincée de pop, sur une poignée de titre dont l’approche sera visiblement plus expérimentale, agrémenté d’une sauce hip-hop fortement prononcée, Kevin Michael est doté d’un certain potentiel et cela n’échappe guère aux majors. Si Virgin et Columbia Records se le disputeront, c’est finalement Atlantic Records qui fera la meilleure prise. Et lorsque qu’on se remémore l’épisode Lupe Fiasco vs Atlantic, on pense tenir une piste sur les sources des turbulences dans sa carrière.

Nos investigations sont longues, mais nullement vaines. Après interrogation de Google, on ne vous cache pas notre surprise lorsque l’on retrouve un Kevin Michael au brushing parfait, cinq ans après la sortie de son premier essai sur la jaquette de International, son dernier album. Bien que cela puisse sembler superficiel, son changement drastique de look ne laisse présager rien de bon quant à la direction artistique opérée dans sa musique. On apprend qu’il a entre-temps fait partie d’un groupe. Kevin Michael répondait alors au nom de KofTHEY, ou simplement K pour Kevin, soulignant en quelque sorte qu’il est la voix du collectif dénommé THEY, un acronyme de The Youth. Uniquement trois morceaux seront divulgués au public, dont le très électro/dance Areola.

Écoutez : Kevin Michael – Areola

http://youtu.be/Qyjsfa7PHxY

On se lance frileux dans l’écoute du fameux International sorti en 2011, et convenons de ne jamais renouveler l’expérience. En effet Kevin Michael reprend les formules qui, ces dernières années rencontrent un franc succès auprès du grand public. Un beat dance/électro ou encore de la pop populaire à outrance, des textes creux et pourquoi pas des refrains se voulant accrocheurs. Il va jusqu’à emprunter un accent des îles, peut-être celui qui vaut à Rihanna d’être « Rihanna« , peu ont résisté à cette touche d’exotisme venue tout droit de la Barbade. Ici il est clair que le hip-hop n’a plus sa place. Kevin Michael semble se chercher. En bref un second album à la sortie limitée au Japon en 2011, puis Covers For You, projet disponible uniquement en digital quasi-introuvable, dévoilé la même année.

Écoutez : Kevin Michael – Use Your Heart (cover)

http://youtu.be/ukEawijHUAc

Et enfin LISA, un dernier album aussi bruyant que son prédécesseur, autant vous dire que ces derniers travaux ne nous ont pas réconforté quant à l’idée d’un retour fulgurant de l’artiste. Si tout n’est pas bon à jeter, rien ne reflète le potentiel et la qualité décelée dans ce premier album éponyme. Pour celui qui se défendait d’être un « One Hit Wonder » (Ndlr : artiste célèbre pour avoir obtenu un seul succès au cours de sa carrière), il semblerait qu’on se souvienne à jamais de Kevin Michael comme l’auteur de It Don’t Make Any Difference To Me.

Cependant n’allons pas mettre sous terre le micro de l’artiste trop vite. Après trois opus dont deux distribués en indépendant, Kevin Michael semble frappé d’une prise de conscience. Dans une lettre ouverte, il fait l’annonce d’une mixtape qu’il déclare être le plus personnel de ses efforts à ce jour. Brainwa$h, pour aborder le lavage de cerveau dont nous sommes, selon lui, tous victimes à notre insu. Celui qui nous pousse à penser, agir, ou encore croire en un idéal de réussite sociale pré-établie. Le projet symbolise son affranchissement de tout diktat et ce nouveau départ qu’il prend, et à lui d’ajouter – «  […] c’est la première fois de ma vie que je n’ai d’autre désir que d’être moi même, […] je ne suis plus hanté par l’idée de toucher le monde entier, ou ne ressens plus le désir d’être « populaire » selon la norme actuelle« . Déclaration qui laisse un arrière-goût d’aveu sur les raisons du virage artistique qu’ont connu ses œuvres précédentes. Il dévoilera trois extraits de ce qu’il caractérise de « projet multimédia », en quelques mots une mixtape qui s’écoute et se regarde. En guise de cadeau d’anniversaire à son public, Memory Lane au visuel si particulier ouvrira le bal le 22 octobre dernier, jour où Kevin Michael a soufflé sa 27ème bougie. Aucune date de sortie n’a été avancée, mais on sait que le Tumblr de Kevin Michael servira de principal plate-forme pour Brainwa$h.

Écoutez : Kevin Michael – Memory Lane

http://youtu.be/3JXYwPRw8fE

Avec les textes plus recherché et l’ambiance bien moins bruyante de Memory Lane, Kevin Michael regagne notre intérêt, en espérant que la mixtape prouve qu’il n’est finalement pas l’artiste d’un hit. Disons que nous avons déjà notre petite idée là-dessus.

Pour aller plus loin:

Critique : Food & Liquor II, better or worse ?

Adoré à juste raison pour Food & Liquor et The Cool, le rappeur chicagoan avait déçu avec un Lasers qui se vautrait dans la facilité commerciale. Disque malade, artistiquement bridé car victime des folles vues financières d’Atlantic Records, ce troisième opus a sérieusement entaché la réputation d’un artiste qui, jusque là, n’avait jamais commis de faux pas. S’il est difficile de jeter la pierre à un Lupe Fiasco qui s’est débattu comme il a pu pour sortir un projet potable, il est aussi difficile d’approuver un disque aussi creux, à des années lumières de ses deux prédécesseurs.

Les enjeux qui entourent la sortie du dernier album de Lupe Fiasco sont donc lourds. Redresser la barre après un faux-bond n’est jamais facile, mais la chose s’est pourtant déjà vue. N’est-ce pas là ce qu’a fait Kanye West avec le grandiose My Beautiful Dark Twisted Fantasy, après un 808’s & Heartbreak très moyen ? Rien d’impossible donc. Néanmoins quelques signes peu rassurants viennent freiner notre élan. Tout d’abord, Lupe Fiasco dépend toujours du bon vouloir d’Atlantic, ce qui n’est forcément pas bon signe. Ensuite, si le titre Food & Liquor II semble indiquer de la part du MC la volonté de revenir au rap virtuose de ses débuts, il laisse aussi craindre un syndrome de la suite qui ne tient pas la comparaison avec l’original. Quant au sous-titre, The Great American Rap Album Part. 1, difficile de ne pas le trouver un brin présomptueux après le raté que fut Lasers. On veut y croire, on commence à le faire à la sortie d’un excellent Bitch Bad, mais l’incertitude reste palpable.

A l’écoute, Food & Liquor II se veut pourtant rassurant. Quant à la verve de son auteur, déjà, et quant à sa capacité à pouvoir encore livrer un album bien fichu. Car il faut avouer que le disque est autrement plus plaisant à l’oreille que son prédécesseur. Rien que l’introduction tout en « spoken words » par sa soeur Ayesha Jaco, référence directe à ses deux premiers opus, donne le ton et amène à croire que cette fois-ci le projet va davantage tenir de la vision de Lupe que de celle d’Atlantic. Confirmation dès un excellent Strange Fruition à la musicalité certaine, loin des standards electro-commerciaux de Lasers. Même Around My Way (freedom ain’t free), toute polémique avec Pete Rock mise à part, est plutôt plaisant : sampler un monument du calibre de T.R.O.Y était plutôt risqué et le morceau s’en sort avec les honneurs. Mieux, les inévitables titres calibrés single (Battle Scars, Brave Heart, How Dare You, Heart Donor) sont supportables tout en s’insérant à peu près correctement dans l’ensemble. Tout au plus regrettera t-on l’absence des habitués Matthew Santos et Sarah Green qui avaient le chic pour pondre des refrains aux petits oignons. Heureusement leurs remplaçants, Poo Bear en tête (que l’on entendait déjà sur Hi-Definiton), s’en tirent correctement.

Regardez : Lupe Fiasco – Around My Way (freedom ain’t free)

Bien sûr, ce sont les tracks à la conscience politico-sociale marquée qui retiendront le plus l’attention des fans de la première heure et de ceux qui admirent Lupe Fiasco avant tout pour ses folles performances lyricales. Lamborghini Angels par exemple, qui fait la critique du matérialisme croissant de la société moderne. Bitch Bad, qui fait directement écho aux célèbres paroles du rappeur «I used to hate hip-hop, yup, because the woman degraded» (traduisez : « je détestais le hip hop parce que les femmes y sont généralement traitées comme des animaux« ), tient le haut du panier. Dissertation sur la misogynie avec laquelle la gente féminine est souvent décrite dans le rap et les répercussions que cela peut avoir sur la perception de la femme par les jeunes auditeurs, le morceau rappelle aussi que le natif de Chicago n’a pas son pareil pour décrire une situation globale à partir d’une histoire spécifique. Ou l’inverse. Sur la fin du disque, Cold War et Unforgivable Youth font partie de ces quelques instants qui flirtent avec la magie de titres aussi inoubliables que Hurt Me Soul ou The Coolest.  Le premier use d’une métaphore filée de la Guerre Froide pour appuyer un propos profondément introspectif, tandis que le second raconte les affres de la jeunesse par le prisme de l’histoire américaine. Deux merveilles qui pour ne rien gâcher disposent de productions de premier ordre et se voient ornées de refrains à l’efficacité parfaite, interprétés respectivement par Jane $$$ et Jason Evigan.

Regardez : Lupe Fiasco – Bitch Bad

«I keep my back to the past, tell him byeFace to the future, tell him hi», (traduisez : «je tourne le dos au passé, lui dis au revoir, je fais face au futur, lui dis bonjour»).

Ces paroles tirées du refrain du très bon Put Em Up pourraient servir de slogan à Food & Liquor II. Un trait est en effet tiré. Lupe Fiasco est parvenu à redresser la barre et à sortir un projet qui ne soit pas indigne de son génie. De là à le ranger aux côtés de Food & Liquor premier du nom et de The Cool, il y a un pas que l’on ne franchira pas, car nous ne sommes pas en présence du grand album de rap américain promis. Simplement d’un bon disque qui mérite l’écoute, dénué de fausses notes majeures et distillant quelques moments d’excellence, mais qui s’avère encore trop inconstant pour prétendre à un tel titre. Il rassure cependant et confirme que Lupe Fiasco est toujours un lyriciste d’exception qui mériterait d’être autrement plus maître de ses choix artistiques. Atlantic, largement rendu coupable de l’échec critique de Lasers, a visiblement lâché un peu de lest pour la conception de cette Part. 1, mais ce n’est toujours pas suffisant. On sent chez le rappeur l’envie d’en finir au plus vite et de livrer le dernier des cinq albums que son contrat l’oblige à honorer. Reste donc à espérer que la Part. 2 saura elle aussi limiter la casse et que Lupe Fiasco pourra ensuite s’en aller vers de plus verts pâturages pour revenir en pleine possession de ses moyens et retrouver la grâce de ses débuts sur la durée d’un long format.

Vos Choix Musicaux #33

Soul Ton Oreille, c’est un site consacré à la musique, vous l’avez bien compris. Mais nous, ce qu’on réalise, c’est qu’on a des choristes : des auditeurs et des lecteurs, qui chaque weekend prennent un malin plaisir à partager des sons sur notre mur Facebook pour Vos Choix Musicaux. Si cette semaine on parlait de connaître la chanson, il est clair que certains la connaissent par coeur et on a affaire à des habitués pour la session de la semaine ! On vous propose donc un peu de Lupe, un peu de Nas et un peu d’Oxmo pour ce numéro 33 : de quoi faire du bien à vos oreilles. Prêts à chanter à gorge déployée en écoutant ces 3 titres ?

Le choix d’El-Hadj M. :

Lupe Fiasco - Around My Way

Le choix de Guillaume M. :

Nas – Surviving The Times

Le choix de Christ Off :

Oxmo Puccino – Le Sucre Pimenté Remix

Lupe Fiasco déprécie les « Bad Bitchies »

Lupe Fiasco - Bitch Bad sur Soul Ton OreilleLes choses se concrétisent pour Lupe Fiasco. Après Around My Way (Freedom Aint Free), un hommage pas très apprécié par Pete Rock, Lupe Fiasco dévoile Bitch Bad nouvel extrait de Food & Liquor II : The Great American Rap Album. Ce second single à l’intitulé évocateur revient  à l’aide d’un flow simple sur l’aversion du leader du F.N.F. (First N Fifteen) quant à l’usage fréquent du mot « bitch » dans le hip hop. Lupe Fiasco ayant dernièrement fait part de son désir de retourner aux sources avec son quatrième opus, il nous sera difficile de ne pas faire allusion à Hurt Me Soul, titre extrait de son premier album Food & Liquor où il avouait avoir un temps haï le hip hop à cause de la constante dégradation de la femme qui y était opérée par ses principaux acteurs. Le premier volet de Food & Liquor II : The Great American Rap Album est prévu pour le 25 septembre prochain, d’ici là vous pouvez écouter Bitch Bad et qui sait, peut-être récolter quelques points auprès de la gent féminine.

Écoutez : Lupe Fiasco – Bitch Bad

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