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#Tweetzik : Kanye West dévoile 2 nouveaux morceaux

Ce weekend Kanye West a projeté son nouveau morceau New Slave sur 66 immeubles dans le monde entier dont Paris. Il était aussi vendredi soir dans l’émission Saturday Night Live ou il en a profité pour dévoiler un autre titre Black Skinhead de son nouvel album Yeezus prévu pour le 18 juin. Encore une fois, Yessy a fait les choses en grand, on vous laisse découvrir .

Kanye West – New slave

Découvrez : la justesse de la poésie d’Elli Ingram

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Bon il faut nous expliquer maintenant, ça ne peut plus durer ! Qu’est ce que les Britanniques mettent dans les biberons de leurs petites filles, pour qu’elles deviennent des chanteuses aux voix si particulières ? Amy Winehouse, Adèle, Emeli Sande et en voilà une nouvelle sur laquelle nous sommes tombés sous le charme : Elli Ingram. Tout à fait par hasard, nous sommes tombés sur cette vidéo qui commence à faire parler d’elle, ce petit clip très coloré qu’elle a fait de sa reprise du titre Poetic Justice de Kendrick Lamar. On vous laisse apprécier, et on en parle après.

Regardez : Elli Ingram – Poetic Justice

Ce n’est clairement pas une diatribe que nous avons envie de faire, bien au contraire. Nous avons été absolument charmé par sa manière de revisiter ce titre si « testostéroné » et d’en faire quelque chose de très frais, tout en gardant en tête la version d’origine. Nous avons donc voulu en savoir un peu plus, mais il n’y a pas encore beaucoup d’informations sur la demoiselle de Brighton. Toutefois, nous avons pu écouter d’autres titres, qui nous ont tout autant plu, comme cette reprise cette fois ci de Kanye West, juste en guitare voix, très maîtrisé.

Regardez : Elli Ingram – Lost In The World/No Church In The Wild

Nous ne savons pas pour vous, mais nous elle nous plaît bien cette petite blonde dont les influences telles que Maverick Sabre ou Erykah Badu, nous font penser qu’il y a sans doute de très jolies choses à entendre d’elle. En attendant ce moment, nous vous conseillons d’aller fouiner sur sa page Youtube pour en entendre plus, et nous de notre côté nous restons en alerte pour vous tenir informé de ce qu’elle pourra faire.

Pour aller plus loin :

Hype Williams, un oeil au coeur de l’évolution du rap

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Cela fait plus de 20 ans que Hype Williams trimballe sa caméra pour les rappeurs et chanteurs de R&B. Avant cela il était graffeur et voulait être le Basquiat de la rue. Grand projet pour celui qui réalisera des clips pour tous les grands rappeurs. Contrairement à d’autres il ne possède pas une folie qui rendrait ses clips inoubliables et lui permettrait de percer sur le grand écran, néanmoins ses collaborations avec le cinéaste John Perez lui ont permis de se faire un nom grâce à des vidéos toujours efficaces.

Aujourd’hui son nom est souvent associé à celui de Kanye West, pour lequel il a déjà réalisé 19 clips. Cependant c’est en 1991 que sa carrière commence avec le clip Just Hangin’ Out de Main Source. Vous comprendrez donc que les vidéos de Hype Williams peuvent servir à observer l’évolution des codes du hip-hop. On va donc décortiquer ensemble quelques vidéos en commençant par la source.

Regardez : Main Source – Just Hangin’ Out

En 1991 le rap commence à affirmer une certaine musicalité, on traîne dans la rue avec ses potes et une boombox, sans arme, ni haine, ni violence. On se la raconte au micro, mais il est facile de se détendre à l’écoute d’un Just Hangin’ Out, splif’ à la main, casquette vissée sur la tête. Les femmes sont déjà de la partie avec les BWP pour qui Hype Williams réalise We Want Money la même année. La chanson est beaucoup moins bonne mais on commence à voir la direction que va prendre le rap. Money, money, money.

On passe à 1992 avec Cutty Ranks qui était plus proche du dancehall que du rap, mais qui avait lui aussi un message à faire passer. La détente n’est pas de mise ici malgré le déhanché des danseuses, le décor évoque les conditions difficiles d’une époque placée entre la drogue et la pauvreté. En 1993 des noms plus prestigieux se mettent à collaborer avec Hype Williams pour leurs débuts. Ainsi, Erick Sermon et M.O.P commandent leurs vidéos au réalisateur. C’est How About Some Hardcore de M.O.P qui vient retenir notre attention avec un clip comme on en voit encore énormément aujourd’hui sur la scène underground. Une bande de jeunes énervés, des gros plans, une configuration freestyle, le tout filmé en noir et blanc, rendant le clip intemporel.

Ensuite, lorsque l’on passe à 1994, le choix commence à se faire difficile entre Craig Mack, Jodeci, Usher, Mary J Blige et le Wu Tang Clan. La caméra de Hype Williams a vu l’éclosion de nombreux rappeurs d’une époque que l’on peut dire dorée. Celle qui a donné ses lettres de noblesse à la scène hip-hop. Puisque il faut choisir nous prenons celle qui ratisse le plus large. La vidéo du remix de Flava In Ya Ear, chanson rendue légendaire par sa qualité et son casting, car avec Mack, se succèdent devant la caméra, Notorious BIG, LL Cool J, Busta Rhymes et Rampage. La vidéo laisse apparaître également Puff Daddy et Mary J Blige. Le rap game n’est pas un sport qui se joue en solo durant ces années 1990.

Regardez : Craig Mack – Flava In Ya Ear (Remix)

Dès 1995, Hype Williams commence à s’exporter en dehors de la côte Est, et son carnet de commande explose avec pas moins de 31 vidéos réalisées sur cette seule année. L’argent commence à s’accumuler dans les caisses des gros labels et Big Poppa de Notorious BIG vient illustrer cette nouvelle donne, bouteilles de champagne et dollars à l’appui. La même année Warning, du même rappeur, nous averti sur les drames à venir et la parano qui est de mise à cette période. La conclusion à la Scarface fait encore froid dans le dos. Pourtant Hype Williams n’hésite pas à traverser l’Amérique pour travailler avec la côte Ouest et d’abord Warren G pour le clip de So Many Ways qui fera parti de la bande-son de Bad Boys.

Période de trouble oblige, Hype Williams ne s’éternise pas sur la côte Ouest, mais il prend quand même le temps en 1996 de réaliser la seconde version de California Love pour 2Pac et Dr Dre. La vidéo fait écho à celle de Big Poppa et semble dire qu’ici aussi ils ont de l’argent et de l’alcool, mais ils ont aussi le soleil. Allez juste pour le plaisir.

Regardez : 2Pac & Dr Dre – California Love

La même année le réalisateur travaille sur quelques classiques. If I Ruled The World et Street Dreams pour Nas, No Diggity des Blackstreet, Can’t Knock The Hustle de Jay-Z, I Believe I Can Fly de R-Kelly et on en passe. Hype Williams est devenu la référence des réalisateurs pour le hip-hop cette année-là, toujours sans génie, mais avec une efficacité remarquable.

En 1997 après la mort de Biggie, il réalise l’inoubliable I’ll Be Missing You de Puff Daddy et Faith Evans. Tout en mélancolie l’hommage est plutôt réussi. Un peu de folie ressort de la collaboration avec Missy Elliot pour les clips de Sock it 2 Me et The Rain, ainsi que du clip posthume de Mo Money Mo Problems. On sent cette année là que le rap a besoin de souffler, de s’amuser pour oublier la violence. Cela se ressent dans chacun des clips réalisés par Hype Williams, même chez des rappeurs qui ne nous ont pas habitué à cela comme Jay-Z. Pour bien définir la chose on vous propose le clip de Will Smith. Fini les beefs pour les rappeurs les plus célèbres.

Regardez : Will Smith – Gettin’ Jiggy With It

Évidemment cela ne durera pas, puisque dès 1999 Ja Rule et son It’s Murda/Kill Em All ou Nas et Hate Me Now prouvent que la haine a toujours une place importante dans le rap et Still D.R.E illustre parfaitement l’idée que rien n’a changé et que les mêmes personnes sont aux commandes. Cela dit ces quelques années avec 2Pac et Biggie au sommet ont changé la façon de rapper. La musique a pris une place bien plus importante dans le fond et dans les rimes. De cette année on peut retenir le clip très osé de Hate Me Now pour lequel Nas devient Jésus et porte la croix. À la grandiloquence de ce clip on peut opposer le très simple No Scrubs de TLC et voir qu’il n’y a pas vraiment de patte Hype Williams. Le réalisateur enchaine les projets toujours différemment, apportant son expertise aux chanteurs, mais restant en retrait sur le plan des idées.

Les années 2000 commencent et la fatigue se fait sentir, peut-être en a t’il eu marre de cette violence, en tous cas à force de créer des clips à la chaîne sans réelle influence, le réalisateur commence à s’essouffler. Il ne réalisera même qu’un seul clip en 2003, pour Ashanti. Mais en 2005, nouvelle vague oblige, Hype Williams est de retour, et il est frais comme un gardon. The Game, 50 Cent, Kanye West, Beyoncé, Pharell, Ne-Yo, Robin Thicke, Jamie Foxx, toute la jeunesse veut voir ses clips réalisés par celui qui a filmé l’âge d’or de la vidéo hip-hop. Cependant quelque chose a changé. Le vidéaste veut définir son style. Il commence par appliquer un effet flagrant sur de nombreuses vidéos. À savoir le wide screen dynamique que l’on peut observer sur Check On It de Beyoncé ou So Sick de Ne-Yo. Pour illustrer l’effet c’est Unpredictable de Djamie Foxx (The D is Silent) que l’on a choisi.

Regardez : Jamix Foxx feat. Ludacris – Unpredictable

Cette année marque aussi le départ de la collaboration la plus fructueuse de la carrière de Hype Williams avec les vidéos de Gold Digger et Diamonds For Sierra Leone qui ne laissent augurer que du bon pour la suite de la carrière de Kanye West. Les deux camps se complètent à la perfection, le génie de Kanye West apporte ce qu’il manque à l’expertise technique de Hype Williams. Avec Stronger et Can’t Tell Me Nothing les claques s’enchainent et le réalisateur retrouve le mojo au point d’élargir son horizon pour réaliser Viva La Vida de Coldplay en 2008. Ce n’est cependant qu’un coup d’un soir puisque la relation avec Kanye West est toute fraîche et que le réalisateur en profite pour continuer les expérimentations, notamment en s’essayant au dessin animé sur Heartless. Point d’orgue de cette aventure, la co-réalisation en 2010 du court-métrage Runaway.

Regardez : Kanye West – Runaway

Enfin, ses clips commencent à dégager une aura unique, bien que l’on se demande si la réussite serait aussi grande sans la participation de Kanye West. Les collaborations diverses continuent avec Robin Thicke sur Love After War par exemple, ou encore Jack White le rockeur néo-zélandais. Mais c’est seulement sur les vidéos de Kanye West que l’on arrive à se dire whoa ! Avec l’émergence de nouveaux réalisateurs on peut se demander si Hype Williams parviendra à dépasser ce qu’il a réalisé dans le cadre de sa collaboration avec le rappeur de Chicago.

Il a néanmoins d’ores et déjà réussi à se placer comme baromètre de la culture hip-hop en parvenant à filmer les plus grands rappeurs dans leurs meilleurs moments sans vraiment leur imposer un regard biaisé. Il n’était qu’un des nombreux acteurs du mouvement et en laissant les chanteurs exprimer leurs personnalités au cœur de ses vidéos, il a réussi à s’imposer à leurs côtés. C’est peut-être finalement ça la patte Hype Williams. Nous, en tous cas, on n’est pas contre l’édition en DVD de la totalité de ses clips. À bon entendeur, salut.

Regardez : Wu Tang Clan – Can It Be All Simple

Pour les plus curieux, voici la liste de tous les clips réalisés par Hype Williams.

Des courts métrages musicaux par Nabil

Nabil sur Soul Ton Oreille

Le talent « peut » être essentiel au succès d’un artiste mais, faire preuve d’un peu d’inventivité et d’audace peu aussi se révéler être un excellent propulseur, et ça Nabil Elderkin le sait. On peut dire que le réalisateur basé à L.A a bien fait de se fier à son flaire lorsque, il y a quelques années auparavant après avoir écouté la mixtape d’un rappeur alors inconnu, en cherchant à contacter celui qu’il n’imagine pas être une futur icône, qu’il s’aperçoit que le nom de domaine du site de celui-ci n’est pas déposé. Par impulsion il s’offre le bien hypothétique. Il ne s’écoulera alors que quelques semaines avant qu’il ne soit contacté par un dirigeant de chez Roc-A-Fella Records prêt à s’entendre sur un prix pour récupérer la nouvelle acquisition du réalisateur, il s’avère que le poulain vient de signer un contrat pour plusieurs albums sur l’ancien label de Jay Z. Mais voilà, Nabil n’est pas intéressé par une transaction monétaire, ce que ce fou de l’objectif demande c’est une entrevue avec le rookie et une séance photo en échange desquels il est prêt à restituer le nom de domaine. De ce coup de maître nait son amitié avec la désormais superstar, Kanye West.

Kanye West crédit : Nabil pour Complex Août/Septembre 2012

Kanye West crédit : Nabil pour Complex Août/Septembre 2012

N’imputons pas la renommée de Nabil à son carnet d’adresse pour autant. Si kidnapper kanyewest.com a probablement donné un tournant nouveau à sa carrière, son travail parle de lui même. On attend une certaine qualité d’un visuel signé Nabil, comme si sa patte faisait gage de valeur ajoutée. Et d’après son catalogue c’est l’avis que partage sa liste de client très éclectique puisqu’ont fait appel à ses services : The Black Eyed Peas, Bon Iver, Seal ou encore John Legend. Nas et Damian Marley ont même repris pour illustrer le morceau Patience, des passages du Sabali de Amadou & Mariam. Ainsi, c’est aussi lui qui, il y a quelques années faisait traverser la ville à Bruno Mars, transportant un piano à bout de bras pour le très mélo Grenade.

Natif de Chicago d’un père américain et d’une mère iranienne, c’est en Australie que Nabil grandit. Il y fera ainsi ses premiers pas derrière l’objectif en photographiant la scène d’un sport dont il est avide en bon citoyen du pays des kangourous, tout clichés mis à part, celle du surf. De retour dans sa ville natale où il fera plus tard ses classes de photographie, il se rapprochera de la scène musicale grâce aux concerts de groupe locaux et de DJ’s qu’il immortalise de son flash. Celle où son travail est sans doute le plus remarqué.

Regardez : Bon Iver – Towers

Ceci étant dit, les œuvres de Nabil s’étendent sur diverses plateformes. Sous ses différentes casquettes de photographe, réalisateur de clip ainsi que de film, il n’est pas dit que l’on retrouve toujours son travail dans le même contexte. Les spots publicitaires se font alors élégant lorsqu’il se voit confier la campagne d’un parfum ou d’une marque de boisson alcoolisée. Pas si difficile me diriez vous, sur fond de Suit & Tie avec sur scène, un Justin Timberlake en figurant, tout devient toute de suite plus « classe ». De la réalisation d’éditoriaux et couvertures de magazine pour Rolling Stone ou encore Vogue, il passe bien entendu à la musique mais aussi au photo-journalisme.

En 2007, de son engagement de reporter photo dans la guerre en République Démocratique du Congo et sous l’œuvre caritative Oxfam, résultera une exposition vivement saluée par la critique. Quant à Bouncing Cats, documentaire qu’il signera trois ans plus tard, il s’agira de sa première œuvre primée. Le film financé par Red Bull et retraçant le parcourt d’un b-boy qui tente de ramener la paix en Uganda au travers de ses enseignements de la culture Hip Hop, rapportera à Nabil quatre awards.

 Regardez : Bouncing Cats/ Extrait

Quoi qu’il arrive, il semblerait que la plupart des chemins qu’empreinte Nabil le mènent à la musique. Ou est-ce finalement les artistes qui, après une première prestation, ne peuvent plus se passer de lui ? En 2008 lorsque Kanye West décide de publier une biographie, il se tourne vers celui à qui il a commandé plusieurs visuels par le passé. Les clichés du réalisateur à l’origine du clip Welcome to Heartbreak, Coldest Winter ou encore Paranoid extrait de 808s & Heartbreak, quatrième album de Kanye West, seront exposés dans Glow In The Dark, bouquin tirant son nom de la tournée qu’il raconte. Le rappeur de Chicago n’est cependant pas son unique client fidèle, Bon Iver ou encore Frank Ocean sont parmi ceux qui sont friands de la griffe particulière de Nabil.

Et quelle griffe! Un grain raffiné, des scénarios travaillés, des images brutes parfois troublantes et ce petit quelque chose de mystique qui a pu en déstabiliser plus d’un. Notamment dans Thinkin Bout You où au premier abord, il n’est pas évident de faire le pont entre les textes de Frank Ocean et l’image de notre réalisateur. Rien n’est simple avec Nabil, sa démarche artistique est telle que, si le visuel est toujours attirant comme on a pu le voir dans l’entrainant Mercy de G.O.O.D Music, le plaisir de déchiffrer son travail énigmatique en est d’autant plus grand. Si bien qu’un clip n’est plus une banale étape de la promo d’un single, mais plus ou moins un court métrage qui vient parfaire l’œuvre qui lui a été confiée. Associé à de la musique de qualité, les concepts de Nabil font de petits films soignés, qui charment nos papilles auditives mais aussi nos yeux. Et pour clore le chapitre Elderkin de cette semaine spéciale, un clip signé Nabil pour Antony and The Johnsons. Tout y est, un grain d’une netteté pour une cinématographie énigmatique mais aussi ce qui nous réunit ici : la musique. Attention certains contenus de cette vidéo peuvent choquer.

 Regardez : Antony and The Johnsons – Cut the World (images par Nabil)

Pour aller plus loin:

Critique : fin d’un été cruel pour G.O.O.D Music

Visiblement l’été n’a pas été des plus calmes pour la team G.O.O.D Music qui a dû repousser la sortie de son Cruel Summer à plusieurs reprises. Encore après la sortie du disque, Kanye West annonçait qu’une meilleure version serait rapidement disponible sur iTunes. Aujourd’hui, c’est donc avec la supposée meilleure version sous la main qu’on vous propose une critique sans concession d’un album aux allures de compilation.

La page Watch The Throne tournée, Kanye West s’est remis au boulot avec les artistes de son label G.O.O.D Music. Pourtant le disque s’ouvre sur un duo entre le sérénissime Kanye West et R. Kelly la grande star du RnB qui a un peu disparu ces dernières années. Un message To The World pour ouvrir Cruel Summer en grande pompe, sur lequel on est heureux de voir que Kanye West s’intéresse encore à l’état de son pays en parlant de Mitt Romney, même si son melon semble au bord de l’explosion quand il se désigne lui-même dieu du rap. Une entrée en matière en demi-teinte qui permet au moins aux fans de retrouver R. Kelly.

Clique, ça vous dit surement quelque chose, le titre faisait partie des chansons qui préparaient le terrain en attendant l’album. Big Sean et Jay-Z rejoignent Kanye West sur un morceau qui s’ouvre sur une introduction splendide de James Fauntleroy qui n’apparait même pas sur la tracklist… Le reste est intéressant mais entendre Big Sean affirmer que son crew est meilleur que le Wu-Tang est assez gênant. Peut-être un jour jeune homme mais ce n’est en tout cas pas avec une chanson comme Clique que cela arrivera. Jay-Z lâche un couplet intéressant mais un peu court quand Kanye West étale tout un tas de noms propres sur le reste de la chanson.

L’autre extrait que l’on a pu découvrir en avant-première était Mercy, titre qui a eu droit à son clip. On apprécie tout particulièrement les passages de Fuzzy Jones qui donne une autre dimension à la chanson le temps de quelques secondes. Pusha T et Big Sean n’apportent pas grand chose de nouveau sous le soleil, mais le couplet de Kanye West semble vouloir tutoyer les étoiles soutenu par une production qui s’emballe avant de se calmer à nouveau pour le couplet de 2 Chainz. Dommage, on commençait à bouger la tête dangereusement.

Regardez : Mercy – Kanye West feat Pusha T, 2 Chainz et Big Sean :

Nous retrouvons Kanye West, Pusha T et le superbe Ghostface Killah sur New God Flow : cette fois-ci et pour la première fois du disque, on retrouve Kanye West dans la peau du producteur et autant le dire clairement c’est sous ce dossard qu’il est le meilleur. On retrouve la musique qu’on aime et des rappeurs qui donnent tout au micro. On a dans les oreilles le premier gros titre de l’album.

Ecoutez : New God Flow feat. Kanye West, Pusha T et Ghostface Killah :

The Morning, toujours produit par Kanye West est toujours aussi bon, mais il y a peut-être trop de monde pour une seule chanson. Ainsi le micro tourne de Raekwon à Kid CuDi en passant par Kanye West, CyHi da Prince, 2 Chainz, Pusha T et Common. Si une telle performance rendait le morceau Christian Dior Denim Flow magique à l’époque, aujourd’hui on se serait bien passé de 2 Chainz et Pusha T juste pour rendre le son plus lisible.

Vient le bruit de Cold, mieux connu peut-être sous le nom de Theraflu, une chanson en featuring avec DJ Khaled la grande blague du rap américain. Une chanson à oublier. Mais on va rapidement passer du pire au meilleur de l’album et surprise, Cold et Higher sont toutes les deux produites par Hit-Boy. Le producteur qui monte nous montre donc qu’il est capable du pire comme du meilleur. The Dream et Ma$e offrent une performance assez géniale avant la conclusion déroutante de Cocaine 80s. Le couplet assez court et oubliable de Pusha T n’enlève rien à la réussite d’un morceau qu’on vous recommande plus que chaudement.

Ecoutez : Higher – The Dream feat. Pusha T, Ma$e & Cocaine 80s :

Ensuite Sin City laisse une belle place aux voix de John Legend et Teyana Taylor qui rendent la chanson plutôt bonne et agréable à l’écoute, mais il n’y a toujours rien d’intéressant dans l’écriture des rappeurs et c’est malheureusement plus ou moins le cas tout du long de ce Cruel Summer qui tourne bien trop souvent à l’auto-satisfaction. Ce n’est pas The One qui va nous contredire malgré sa qualité musicale et la délicieuse Marsha Ambrosius : les rappeurs de G.O.O.D Music seraient-ils incapables de parler d’autres choses que d’eux-mêmes ?

Bizarrement quand c’est au tour de Kid CuDi de s’exprimer, il le fait seul sur Creepers et contrairement à ses amis ne le fait pas pour se vanter mais pour exprimer un certain malaise vis-à-vis de sa personne. On apprécie la bouffée d’air frais, Kid CuDi fait du Kid CuDi et ce n’est pas nous qui le lui reprocherions. On retrouve ensuite John Legend et Teyana Taylor en tête-à-tête sur Bliss, une chanson de pur RnB qui sonne plutôt bien et qui plaira certainement aux fans du genre grâce à une production impeccable.

I Don’t Like vient conclure l’album en réunissant sur une seule chanson tous les défauts du disque : de l’égo-trip en abondance, une production trop bruyante et des rappeurs trop nombreux qui se marchent dessus entre deux refrains insupportables de Chief Keef. Le seul mérite du morceau est de nous permettre de retrouver Jadakiss, qui n’est malheureusement plus que l’ombre de lui-même.

Pour conclure, on est malheureusement bien face à un album et non pas à une simple compilation avec ce Cruel Summer… Le tournant pris par Kanye West ces derniers temps est loin d’être satisfaisant et les morceaux qui sortent du lot sur cet album sont également ceux qui ressemblent le moins au reste du disque et qui s’échappent un minimum de cet auto-suffisance permanente, il s’agit donc de Higher et Creepers. Mention spéciale à New God Flow néanmoins qui s’en sort grâce à une production qui rappelle les plus belles années de Kanye West. G.O.O.D Music a un potentiel incroyable et on aurait aimé voir un tel produit à l’époque où Kanye West ne passait pas son temps dans les fashion weeks. Aujourd’hui, on se retrouve face à une réelle déception et on espère retrouver plus tard un collectif un peu plus ouvert sur le monde extérieur. Quand on sait que Common et Mos Def sont font partie de la fine équipe, on ne peut s’empêcher de garder espoir en attendant que Kanye West redescende sur la Terre à laquelle il appartient.

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