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Interview Féfé pour Le Charme des Premiers Jours

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Avant de voler en solo avec succès, Féfé fut l’un des membres éminents du mythique Saïan Supa Crew. Mais n’allez pas lui reparler de cette période, mettons ça de côté car c’est justement l’avenir qui l’anime, la guitare, les voix, la musique dans tout son ensemble, rien d’autre que la musique. Le hip hop n’est désormais qu’un des genres musicaux parmi ceux qu’il apprécie. Courant avril, nous l’avons rencontré juste avant son concert donné à la Gaîté Lyrique à Paris pour une présentation de son album Le Charme des Premiers Jours sorti le 20 mai dernier. Nos questions, ses réponses, c’est par ici :

Soul Ton Oreille : Si tu devais te décrire succinctement à quelqu’un qui ne te connait pas du tout ?

Féfé : Je suis Féfé je faisais partie du SSC, le Saïan Supa Crew.  Je suis un touche à tout, un mec qui a toujours envie d’avancer. J’ai commencé avec un sampler et là je suis en train d’enchaîner avec la guitare, une guitare électrique plus précisément, mais sans lâcher tout ce que j’ai appris entre temps. J’aime bien accumuler du savoir et créer mon propre truc. Tant que ça me plait je m’en fous, peu importe à quoi ça ressemble, il faut que ça me parle avant toute chose.

STO : Quel est ton bilan depuis la sortie de ton premier album en solo il y a trois ans maintenant ?

Féfé : Une bonne surprise et un bilan plutôt positif. J’ai sorti cet album avec mes « cojones » (ndrl : « c**illes » en espagnol) comme on dit, parce que personne m’attendait là, on avait collé une image sur moi, parce que Saïan c’était une entité à six têtes, les gens savaient pas trop qui faisait quoi. Moi j’ai toujours été un des compositeurs, qui arrive en studio le premier et qui repart le dernier, avec Leeroy c’était notre boulot. J’ai toujours été un peu un rat de grenier et avec cet album les gens m’ont découvert. Je m’attendais à ce qu’on me crache sur ce que je faisais et… Non, les gens ont compris le délire, ils sont venus me voir après les concerts avec de très bons retours. Plus récemment, j’ai eu quelques personnes qui venaient me voir en me disant « mais pourquoi tu fais pas du Saïan comme à l’époque ? » Mais j’ai compris qu’il ne fallait pas écouter les gens, sinon tu n’avances pas.

STO : Comment ce nouvel album se greffe dans la constellation ?

Féfé : C’est pour moi la suite logique de Jeune à La Retraite. Dans ce premier album, je commençais un truc que je découvrais, je venais d’apprendre la guitare, les premières chansons que j’ai faites c’était les premiers accords que j’ai appris, tout simplement, c’était genre « oh ça ça marche bien, vas-y j’en fais une chanson ! » Dans Le Charme des Premiers Jours, j’ai essayé de pousser ça un peu plus loin. J’ai été élevé avec le son de Motown grâce à mon père et ma mère qui sont nigérians. Le Nigeria est une ancienne colonie anglaise, donc eux quand ils étaient à l’école, ils écoutaient tout ce qui venait des Etats-Unis ou d’Angleterre alors tous les dimanches on écoutait Marvin Gaye, Stevie Wonder, Otis redding, Al green.

On écoutait aussi Fela Kuti (ndlr : un grand chanteur nigérian), l’afrobeat est évidemment représentatif du Nigeria et même parfois du Johnny Hallyday parce que mon père était un gros mélomane. Il achetait des tonnes de vinyles et nous saoulait avec ça ! Donc pour en revenir à l’album, c’est la suite logique de ce que je fais, de ce que j’aime. J’ai essayé de toucher du doigt tout ce que j’entendais étant petit. Je voulais sortir du truc  » j’ai 20 ans j’suis un rappeur et n*que sa mère ! »  Je n’ai plus 20 ans justement, j’ai des enfants, j’ai eu des déceptions amoureuses, une vie. Bref, je voulais parler d’autres choses. Je parle d’amour et j’en suis le premier étonné d’ailleurs ! (Rires.)

STO : Il y en avait bien quelques unes des chansons d’amour dans l’album Jeune à la Retraite, non ?

Féfé : Ah oui il y avait une qui s’appelait Miss Wesh Wesh Yo, mais c’était une fausse chanson d’amour, c’était une chanson sur le hip hop… Ah tu penses sans doute à C’est comme ça que je t’aime ?

STO : Oui en effet !

Féfé : Allez je te l’accorde, mais je la mets plus volontiers dans les chansons légères, les chansons joyeuses. Moi je me suis toujours caché derrière le flow ou derrière un truc un peu marrant. Je suis très pudique, j’ai peur de dévoiler les choses brutes et là sur cet album par exemple j’ai pas eu peur. Je me suis dit : « voila la vérité, premier degré, je me cache pas, voila tels quels mes sentiments. »

STO : Pour ce nouvel album il y a-t-il de la scène de prévue ailleurs que ce soir ou récemment en banlieue parisienne ? Quels sont les premiers retours du public d’ailleurs ? 

Féfé : A Bobigny ça s’est très bien passé oui. C’était la première fois que je montais sur scène sans que les gens ne connaissent les morceaux (Ndlr : l’album Le Charme Des Premiers Jours n’était pas encore sorti.) Mais en réalité, j’ai du mal avec le fait que les gens ont l’air contents de ce qu’ils entendent alors que moi j’ai encore plein de trucs que j’ai envie de peaufiner. J’ai du mal a être satisfait, mais puisque les premiers retours sont bons…

STO : Quel regards portes-tu sur le hip hop actuel ?

Féfé : J’adore le rap français qui tourne en ce moment. Je trouve qu’il est foisonnant, il n’y a jamais eu autant de MCs avec autant de styles différents et ça nous fait du bien ! Moi je le dis clairement, j’avais fini par être dégoûté car à un moment donné, tout le monde avait le flow de Booba, tout le monde disait les mêmes trucs, faisait les mêmes rimes. Mêmes nous à l’époque du Saïan, il y avait une phase où je commençais a trouver que nous étions dans une mauvaise passe. Même si je kiffe Booba, le rap hardcore tout ça, ce que je kiffe dans le rap, c’est quand il apporte une certaine richesse. Le rap foisonnant d’aujourd’hui, ça me rappelle l’époque où y avait La Cliqua, l’époque des années 90 quoi.

STO : Si tu devais en citer un en particulier ?

Féfé : (Il réfléchit.) Tiens, j’écoute Nemir en ce moment. J’aime bien ce qu’il fait !

STO : Qu’est-ce qu’un artiste comme toi, qui marchait bien dans l’équipe du Saïan Supa Crew, cherche à prouver en privilégiant une carrière en solo désormais ?

Honnêtement quand j’étais dans le Saïan, jamais je n’ai pensé a faire une carrière en solo. Moi, je me trouve inintéressant au possible, je suis hyper banal, je fais pas des trucs de ouf, je ne tape pas les femmes, je suis hyper banal (rires). J’ai des enfants, je les emmène à l’école. Je pensais avant que les vrais stars ils font des trucs de ouf, ils prennent de la coke… J’étais très bien dans le groupe et tout ce que je voulais c’était faire du son, des concerts, sauf qu’au bout de dix ans il y a des rapports qui ont changé,  j’ai fini par être dégoûté de la musique. J’ai fini par tout mélanger et faire un rejet de tout ça.

Le solo, c’était vraiment un accident si je puis dire. J’ai fait ça parce que je m’ennuyais, j’ai repris le sampler, j’ai aussi commencé la guitare. Aujourd’hui, ce que les gens pensent de moi je m’en fiche, je fais ce que j’ai a faire et c’est tout ! Ma position actuelle, c’est : « j’ai le droit de proposer ce que je veux et personne n’a rien a me dire tandis que les gens ont le droit de disposer de ma musique comme ils veulent, je n’ai rien a leur dire. »

STO : Allez, mettons les pieds dans le plat. Qu’est-ce qui avait provoqué la séparation tacite du groupe ? Des problèmes humains, artistiques ?

Sans rentrer dans les détails, je pense pas que c’était artistique, c’était plutôt humain et c’est normal à vrai dire car quand tu traîne avec des gars pendant 10 ans,  forcément à un moment donné ça le fait moins. Et puis encore heureux, ça a jamais été une question de thunes, ça m’aurait bien déçu autrement. C’est la vie. Tu sais, il n’y a pas une semaine sans qu’on me reparlent du Saïan Supa Crew, moi aussi je me remémore la bonne époque parfois. Je suis très content de revoir chacun des membres de l’époque séparément, mais ont peut pas faire semblant d’être ce qu’on étaient avant. Je préfère qu’on laisse ça comme une « légende », c’est ça qui est drôle. C’est fou quand même, à l’époque le rap ne nous acceptait pas, et aujourd’hui les gens nous demandent de revenir. Laissons le passé au passé.

STO : Pour finir, il y a-t’il une question que tu n’aimes pas qu’on te pose ?

Ah bah justement, le fait qu’on me demande si un jour le Saïan Supa Crew se reformera. C’est pas que ça me saoule, mais ça me fait de la peine pour les gens quand ils m’interrogent dessus, parce qu’ils peuvent encore attendre !

STO : Merci d’avoir répondu à nos questions. Nous te souhaitons le meilleur pour ton album Le Charme Des Premiers Jours ! 

Pour aller plus loin :

Interview : Laure Courtellemont se confie à nous

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Plus besoin de la présenter, vous entendez son nom partout et vous la voyez partout sur la toile. Nous avions assister à une journée de ce week end particulier début décembre, durant lequel elle avait souhaité réunir, le temps d’un stage, « the best of the both worlds » (le meilleur des deux mondes), en faisant partager ses connaissances ainsi que celle de Crazy Hype, grand danseur Jamaïcain du groupe M.O.B. Nous avions pu vous faire partager un peu de cette expérience de danse avec notre petit reportage que nous vous invitons à aller (re)regarder.

Durant cette journée, nous avons pu la rencontrer et discuter avec elle en toute simplicité de son parcours, de ses envies et de ses projets. Voici pour vous, le résultat de cet entretien, avec à la fin un petit bonus de Crazy Hype, vous nous en direz des nouvelles !

Regardez : Interview de Laure Courtellemont

Pour aller plus loin :

Interview : Gaël Faye dévoile enfin Pili Pili…

Gael Faye - Pili Pili sur un Croissant au BeurreLe grand jour est arrivé : celui de faire profiter vos oreilles d’un album qu’on considère chez STO comme l’un des immanquables de l’année et qu’on attend impatiemment depuis 2012. Pili Pili sur un Croissant au Beurre, premier album solo de Gaël Faye est dorénavant disponible et on vous le recommande vivement. Après son EP sorti en juin dernier, cet album 15 titres est l’occasion de prendre une nouvelle fois conscience des qualités d’écriture de Gaël Faye. Introspectif, dynamique, poétique… Les qualificatifs sont nombreux pour parler de Pili Pili sur un Croissant au Beurre, un album axé sur plusieurs thèmes.

Son métissage et son histoire personnelle d’abord : le Burundi, l’Afrique, la France, l’Europe. De l’ouverture de l’album avec A France au titre éponyme, en passant par Petit Pays ou PrésidentGaël utilise sa plume affûtée pour faire passer le message : celui qui était « en recherche chromatique » sur Metis fait le bilan des évènements qui ont marqué sa vie jusqu’à aujourd’hui. Il n’oublie pas de dénoncer les politiques, entre coups d’état et démocratie discutable, tout en gardant cette once d’espoir que la situation changera bientôt. Sur Bouge à BujaGaël Faye relâche la pression et avec ce titre dynamique et dansant, il rend hommage à sa ville, Bujumbura. Avec Blend featuring Tumi ou Charivari, l’album nous propose des titres plus légers et très rythmiques, sur lesquels le MC se fait plaisir et ne joue pas qu’avec les mots mais aussi avec son flow.

Pili Pili sur un Croissant au Beurre

Sur son album, Gaël Faye se livre énormément et avec Isimbi et Ma Femme, il laisse l’auditeur entrer dans son cocon familial. Isimbi, pleine de douceur et appuyée par les refrains chantés de Ben l’Oncle Soul, laisse la paternité prendre une place visiblement indispensable, véritable révolution ou évolution dans la vie du couple qu’il forme avec « Ma Femme ». Plus que le coup de cœur de la rédaction de Soul Ton OreilleMa Femme est une déclaration d’amour comme on n’en a rarement entendu : avec un instrumental puissant, on regrettera presque que le morceau ne dure que 2:39. Mais quelles 2:39 !

Du début à la fin, Gaël fait l’éloge de sa muse, sa moitié, sa femme et on ne saurait choisir une mesure pour exprimer tout ce que le titre contient, mais si on devait en retentir une, on s’arrêtera peut-être sur « ma femme j’en ferai des disques, des films et des bouquins, c’est la goutte de sang dans l’océan qui rend fou les requins ».

Sur QwertyGaël revient sur son passé d’expatrié à Londres et les choix à faire, à travers le personnage principal de son morceau : prendre la décision du métro-boulot-dodo en toute sécurité financière face à un clavier et un ordinateur, ou celle de la vie de bohème avec l’envie d’être un artiste derrière un piano. Avec Fils du Hip Hop et son instru presqu’oppressante, Gaël Faye se questionne sur la place et l’évolution de ce genre qu’on affectionne tant, d’une musique underground qu’on aurait presque cachée ou bannie à un genre auquel on accorde quelques lettres de noblesse mais qu’on laisse toujours de côté, par peur ou par méconnaissance de ses qualités.

Avec une moitié de Milk, Coffee & Sugar cachée pas très loin à la production de plusieurs morceaux, cet album est dans la continuité du travail du duo, que ce soit dans le contenu ou les productions. Travaillé et diversifié (donc pas forcément à 100% homogène), rythmé et percutant, Pili Pili sur un Croissant au Beurre donne un résultat comme on l’aime : métissé. Si vous n’êtes pas encore convaincus (mais on vous voit déjà chanter là-bas dans votre coin et avec entêtement « Pili pili pili pili… »), on laisse le dernier mot à Gaël Faye, que Soul Ton Oreille a pu rencontrer avant la sortie de l’album.

Pour aller plus loin :

Interview : Yann Couedor vous parle de Lissen2myArt

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Yann Couedor est un nom qui doit désormais vous être plus que familier. En effet, c’est un artiste que nous aimons beaucoup, que nous vous avions présenter il y a un peu plus d’un an, qui a partager avec vous ses Choix musicaux, et qui vous a même permis de gagner un exemplaire dédicacé de son (très bon) livre Lissen2myArt. Ce livre est un petit bijou, rempli de surprises au fil des pages, un équilibre précis entre l’authenticité de posséder un objet et le numérique qui rempli notre monde aujourd’hui. En effet, les toiles de Yann sont composés de pochettes de cd, d’articles, de documents officiels de l’artiste concerné, ce qui rend le tout très authentique. Mais vous trouverez également sur certaines pages, des QR Codes qui vous permettront d’écouter l’ambiance musicale dans laquelle était Yann en peignant telle ou telle toile. Deux mondes assez éloignés mais qui s’allient subtilement et donne un vrai moment de partage qui nous a beaucoup plu. Nous avons eu la possibilité de lui poser quelques questions concernant ce livre que nous avons particulièrement apprécié. Voici ses réponses.

Soul Ton Oreille : Pour commencer, pour ceux qui ne te connaitraient pas, pourrais tu te présenter en quelques mots et expliquer ton parcours ?

Yann Couedor : Je m’appelle Yann Couedor j’ai 35 ans, je suis artiste peintre/plasticien. J’ai commencé par des ateliers d’arts plastiques à l’âge de 7 ans en Touraine jusqu’à mon entrée dans un lycée d’arts appliqués à Paris, ensuite j’ai fait semblant d’aller à la fac (histoire de l’art) en Afrique du sud (Cape Town). 6 ans après mon retour j’ai fait ma première toile, il y a maintenant 9 ans.

STO : Dès le début du livre, il y a ce dessin de ta chambre d’ado. J’ai eu l’impression de voir celle de mon grand frère, et je me suis senti chez moi un peu. Tu voulais nous mettre à l’aise et nous mettre dans une ambiance de partage ?

De façon générale le livre est une volonté de partager ma passion, une bonne partie certes à travers mes toiles, mais les photos de compo de cds, les citations de paroles de chansons etc, vont aussi dans ce sens. Pour en revenir au dessin du début du livre, il me paraissait intéressant d’expliquer brièvement mon enfance pour comprendre ce que je fais aujourd’hui… Nkodem, que je connais et dont j’adore le travail, a fait ce dessin à partir d’éléments que je lui avait donné… Et c’est effectivement une invitation directe : Bienvenue chez moi !

imagesSTO : Lissen2myArt, est donc l’alliage exact de tes passions, la peinture et la musique. Je l’avais compris, mais je ne m’attendais pas à trouver des QR codes qui me permettraient d’écouter ce que tu écoutais lorsque tu peignais. Là encore un moyen de partager ton univers et ce que tu ressens ?

Oui c’est un tout. Lors de la création graphique des premières pages avec mon ami et graphiste Steve Fraschini m’a lancé l’idée…ça m’est apparu comme une évidence.

STO : A l’heure où tout se numérise, où la FNAC vend de l’électroménager pour survivre et où Virgin dépose le bilan. Tu mets en avant l’objet, le fait de posséder une affiche, un cd ou un vynil, ce qui te permet de mettre de l’authenticité dans tes toiles. Le tout en gardant la partie numérique avec les QR codes, un bon équilibre, mais que penses-tu de cette période particulière où tout se télécharge ?

Je fais partie de ceux qui achètent toujours et encore, j’aime découvrir un album avec le livret sous les yeux, qui a fait quoi, les photos etc c’est primordiale pour moi. Je pense que l’on n’écoute pas de la même manière un album que l’on met sur sa platine vynil qu’en mp3 dans un casque. Le Virgin des Champs-Élysées au début des années 90, pour moi c’était vraiment quelque chose, on allait chercher nos disques en import et on les écoutait jusqu’à plus en pouvoir lol… C’est donc triste que ça ferme…

STO : Je t’ai découvert lors de ton expo à l’Olympia avec ta Cut Collection. Peux tu nous parler de la manière dont est né cette collection. Pourquoi tel ou tel artiste et pas un autre ?

Cette série n’a pas été préméditée, j’ai naturellement réalisé la toile de NTM de cette manière. J’ai aimé la réaliser et les retours sur la toile m’ont donné envie de continuer dans cette direction. C’est en faisant la toile de Stevie Wonder que la série a trouvé son nom. Je voulais que la Cut Collection rassemble et trouve un équilibre avec des artistes HipHop, Soul, Rnb, New Jack, Rock&Soul et Pop. Donc le choix de l’artiste s’est toujours fait par rapport à ceux que j’avais déjà réalisé dans la série.

STO : Au fil du livre, on ressent un vrai fil conducteur comme si tout était déjà dans ta tête depuis longtemps. Quand tu as commencé à peindre il y a 10 ans, Lissen2myArt était déjà dans ton esprit ?

Au début de mon développement en 2007, je voulais mettre en avant un concept plutôt que mon nom… C’est à ce moment que nous (me & my bettahalf) avons trouvés : LISSEN2MYART, qui me suit depuis. (Ndlr : My Bettahalf fait référence à la chanson de Ginuwine, c’est le nom qu’il donne à sa femme. Eh ouais les filles, ça existe encore).

STO : En touchant les pages j’ai remarqué une page un peu en relief la 130-131, pourquoi uniquement celle-ci ?

La double-page est en vernis mat et il y a par endroit du vernis sélectif brillant. La double page regroupe des panneaux de la Cut Collection. Je trouvais sympa l’idée de laisser en mat là où les toiles originales sont mat et de mettre du vernis sélectif là où les toiles originales sont en vernis brillants. Le grand nombre de toiles sur cette double page rendait l’alternance mat/brillant intéressant.

yann-couedor-identity-pics-jpeg-webSTO : Sur la série de Michael Jackson, sur la photo du tableau Identity, il y a des danseurs qui rendent celle ci tellement vivante, qui sont ils ?

Sowenso s’est occupée du « casting » sur cette photo de Guillaume Landry. Fox et Sandrine (au 1er et 2ème plan) sont danseurs, au 3ème plan c’est Madame et au 4ème une connaissance de Sowenso.

STO : Pourquoi n’y-a-t’il pas de QR Codes pour les pages sur Michael Jackson ?

Parce que je n’ai pas pu faire ce que j’ai voulu… Par exemple, les redirections vers les chaînes Vevo et Youtube des artistes ne sont pas lisibles sur les smartphones mais visible que via les ordis. D’où la recréation de petites vidéos pour pouvoir les flasher via les smartphones.

STO : On comprend que le projet pour Ben l’Oncle Soul était un gros projet. C’est parti de lui, ou un concours de circonstances ?

Son staff ayant vu les toiles que j’avais faite de lui, m’a proposé de faire les disques de platine de son album, dans l’idée de ce que j’avais pu faire sur la toile Ecoute.

thumbs_mybettahalf-couedorSTO : La série About Her (la photo p.179 est juste à tomber), pourquoi avoir choisi de dévoiler ce côté très personnel ? Pourquoi ne pas avoir gardé ces toiles pour vous ?

J’ai la sensation que tout ce que je partage à travers ce livre est très personnel, on y retrouve le quotidien de mes 9 dernières années. Ma femme et ma fille sont partout dans le livre et encore une fois ce n’est pas prémédité mais totalement naturel. Et graphiquement parlant les toiles s’inscrivent dans la continuité de ce que je fais.

STO : J’ai adoré les pages des Crédits. Je fais partie de ceux qui achètent encore leur CD, pour avoir l’objet, pour les photos, pour les paroles et pour les remerciements, donc ces pages à la fin, m’ont rappelé ces moments de découverte lorsque j’achète un nouveau CD. Merci. L’idée des albums de chevet de ceux qui ont participé à ton livre, est juste géniale. J’ai l’impression que jusqu’au bout on est plongé dans une ambiance de partage ?

C’est surtout le minimum que je me devais de faire en leur consacrant une page, sans eux le livre n’aurait pas eu la même configuration. Ils ont toujours répondu présent dès que j’avais besoin d’eux durant ces années. Pour les mini bios, albums de chevets, j’ai repris le concept du magazine Première que je lis depuis mon adolescence, ils présentent brièvement à l’entrée du magazine les photographes venus participer sur le numéro du mois ainsi que leur film préféré.

STO : Sur les dernières pages on voit des photos de toi avec certains artistes que tu as pu peindre. As tu rencontré tous les artistes que tu as peint ? Ont ils tous voulu garder la toile ? Et les autres où sont elles d’ailleurs ? Sont elles à vendre ?

J’ai rencontré plusieurs artistes que j’ai peint, certains sont repartis avec leur toile. Les toiles sont bien sûr à vendre, j’ai, comme beaucoup de gens, un loyer à payer et un frigo à remplir !

Voilà, nous remercions Yann pour nous avoir donné un peu de son temps pour répondre à nos questions, et nous espérons que cela vous a permis d’en apprendre plus sur lui et son travail.

Et pour aller encore un peu plus loin :

Disiz : son concert et son interview

Il y a deux semaines, environ un mois après la sortie de son dernier album Extra-Lucide, Disiz se produisait sur la scène du Bataclan à Paris pour un concert de folie, et nous avons eu la chance d’y assister. La salle de concert était pleine à craquer, on pouvait clairement sentir l’impatience de tout le monde de voir Disiz arriver. Et lorsqu’il arrive c’est la folie, tout le monde se met à crier et à taper des mains pour l’accueillir chaleureusement. Et c’était parti pour plus d’une heure de show. Il nous présente des titres d’Extra-Lucide, mais de Lucide également, et aussi un peu de ses titres phares d’hier et d’aujourd’hui, comme J’pète les plombs et le fameux Auto-Dance. Il y a une grosse ambiance et du haut des gradins on voit la fosse bouger en communion sur tous les titres.

Le concert a été suivi par le photographe phare du monde urbain du moment Little Shao (dont nous vous reparlerons prochainement) et nous vous invitons vivement à vous rendre sur le site de Def Jam afin de pouvoir voir le résultat. Ces photos sont très parlantes et montrent aussi bien, voire mieux, que nos mots l’ambiance de ce concert qui fut une vraie réussite. Sa tournée continue, donc si vous ne l’avez pas encore vu en concert n’hésitez pas, car vous ne le regretterez pas.

Nous profitons maintenant de ce retour sur ce concert, pour partager avec vous l’interview qu’il nous avait accordé un peu avant la sortie de son album. Voici ses impressions sur son retour dans le rap, sur la création de cet album, sur le rap français en général, bref un bon moyen d’en savoir plus sur lui. Avec en bonus, un petit portrait chinois auquel Disiz s’est prêté en respectant bien le concept : ne pas réfléchir et répondre vite, certaines réponses vous feront certainement sourire !

Regardez : Disiz son interview pour Soul Ton Oreille

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