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Critique : Un peu d’amour pour Lianne la Havas ?

En novembre 2011, on découvrait Lianne La Havas dans les rues de Paris. Depuis celle qui s’est inclinée face à Michael Kiwanuka lors des BBC Music Awards, et a su faire sa place avec une soul plus énergique et teintée d’une certaine folie folk. Fille d’un père grec et d’une mère jamaïcaine, on est rapidement frappé par la réussite du métissage en la voyant, et de son propre aveu, ces influences se ressentent également dans sa musique? Aujourd’hui grâce à la sortie de son album Is Your Love Big Enough ? nous allons pouvoir faire un saut dans son univers si particulier. Faisons cependant attention à ne pas la réveiller, oui, car en ouverture de son album avec Don’t Wake me Up Lianne La Havas fait ce vœu surprenant de rester assoupie encore quelques minutes. Le réveil a pourtant lieu très vite avec Is Your Love Big Enough ? Une chanson très rythmée par ses percussions et qui bénéficie en plus d’un clip plein de bonne humeur placé au cœur de sa tournée.

Regardez : Lianne La Havas – Is Your Love Big Enough ?

Vient ensuite un morceau magnifique, soutenu par une soul forte et mélancolique, Lost & Found et son fameux clip en noir et blanc nous bouleversent sans la moindre difficulté. Lianne La Havas sort de ce morceau visiblement au fond du trou avant de faire un détour rapide Au Cinéma et de voir sa vie sentimentale sur grand écran sans retour ni pause possible, on en ressort néanmoins requinqué grâce à un morceau dynamique et plus léger après la vague de tristesse insufflée précédemment. Lianne La Havas ne laisse plus de place au doute en featuring avec Willy Mason sur No Room for Doubt, une ballade acoustique que l’on redécouvre ici à deux voix après notre premier contact avec la chanson en solo dans les rues de Paris.

L’alternance entre rythme mélancolique et dynamique semblant être la règle de cet album, et on y déroge pas au moment de retrouver Forget, le dernier extrait de l’album à bénéficier d’un clip. La chanson portée tout du long par un riff de guitare électrique sonne la cloche d’une rébellion personnelle bienvenue après quelques déboires amoureux.

Regardez : Lianne La Havas – Forget :

Après la rébellion, la joie retrouvée dans Age, une vraie ballade acoustique à la légèreté appuyée par une guitare sèche sautillante. L’écriture est vraiment un des points forts de cet album comme peut en témoigner Elusive, un joli morceau qui prend toute sa saveur à l’écoute des paroles amères débitées par une Lianne La Havas intrigante. Sombre dans Everything Everything, elle semble accepter une situation pas particulièrement agréable dans une chanson lugubre soutenant la voix faible et roque de la chanteuse. Lianne La Havas continue de livrer ses émotions face à un amour instable, qui va définitivement se retirer dans Gone, un au revoir à contrecœur face à une phase qui ne pouvait plus durer. Le rythme qui depuis Elusive se fait triste, continue sur la même longueur d’onde sur Tease me et They Could Be Wrong, les deux derniers morceaux de l’album. Dommage car on avait beaucoup apprécié l’alternance des humeurs du début d’album.

Pourtant on avoue être une fois de plus sous le charme de cette soul britannique qui traverse la Manche sans complexe depuis quelques mois. Lianne La Havas le fait différemment de Michael Kiwanuka, mais avec cette même sincérité dans l’écriture et la production qui fait parfois défaut aux chanteurs américains. Vous pouvez craquer sans crainte particulière, l’album est complet, sans réelle baisse de régime. La voix de Lianne La Havas est belle et on aimerait la retrouver très vite.

Si vous choisissez la version deluxe de l’album vous aurez droit à 5 morceaux supplémentaires, très appréciables, enregistrés en acoustique à Paris. Pour aller plus loin vous pouvez bien sur retrouver le site officiel de Lianne La Havas qui s’avère très complet et régulièrement mis à jour.

L’OVNI du moment : Electric Guest

Electric Guest - Mondo sur Soul Ton OreilleDe temps en temps des ovnis envahissent la planète STO, et se faufilent parmi le peuple à l’oreille ivre afin de vous fournir un millésime inaccoutumé. Cette fois c’est le groupe Electric Guest qui vient bousculer notre confortable cocon de soul et de hip hop avec une cuvée aux effluves de folk.

 Si vous n’avez pas encore entendu parler d’Electric Guest cela ne saurait tarder. Mené par la voix d’Asa Taconne sur la batterie de Matthew Compton, le duo californien dont les interviews se font rare, à été cité par MTV sur sa liste des artistes à surveiller en 2012, aux côtés d’un certain Alabama Shakes et autre Lana Del Rey. En avril dernier, le groupe dévoilait Mondo son premier album. Précédé quelques mois plus tôt, d’un Ep de 4 titres intitulé This Head I Hold, produit par Danger Mouse qui en plus d’avoir travaillé pour Gorillaz, n’est autre que la seconde moitié (moins visible) de Gnarls Barkley. L’entraînant This Head I Hold dont l’histoire raconte que les premières notes on été sobrement tapotées sur un piano d’enfant, en premier single se voit cliper, et le moins que l’on puisse dire c’est que la cinématographique dépeint parfaitement la face décalée d’Electric Guest.

 Regardez: Electric Guest – This Head I Hold

 Avant de plancher sur le court mais efficace Mondo, les deux membres d’Electric Guest accompagnés de Danger Mouse avaient assistés à la production de différents projets dont des titres affiliés au Saturday Night Live et le hit Dick In A Box, le groupe Lonely Island dont Jorma Tacconne est le frère de la voix d’Electric Guest. Bien que l’univers dominant de l’album Mondo soit axé sur la folk, on y retrouve cependant des accents funk, de soft rock et même du disco parmi plein d’autres genres. Aller, ne vous retenez pas de danser sur Electric Guest, on sait que ça vous démange.

Regardez: Electric Guest – American Daydream

Pour aller plus loin:

Theophilus London sur tous les tableaux

Theophilus London, en plus d’avoir la classe, n’en finit plus de nous surprendre. Alternant souvent les styles musicaux, d’un rap pur à une soul kitsch tout droit sortie des années 80, il nous offre maintenant Take it Off. Titre en featuring avec Blood Orange, c’est une chanson funky et planante qui reprend le morceau composé à l’origine par Pharrell Williams. Il y ajoute sa touche personnelle et surtout sa voix toujours aussi surprenante de douceur.

Ecoutez : Take it Off – Theophilus London :

Mais ce n’est pas tout, car à l’initiative du site français La Blogothèque, et en partenariat avec Youtube, il se lance dans le premier concert d’une longue série appelée The Switch. On vous laisse apprécier la performance de Theophilus London en featuring avec le groupe folk Givers.

Regardez : Words en live par Theophilus London et Givers :

Le 23 avril ce sera au tour de Childish Gambino de chanter en live sur The Switch, en attendant n’hésitez pas à jeter un œil aux autres extraits de la soirée de Theophilus London sur la page Youtube de la Blogothèque.

Vidéo : Lianne La Havas en noir et blanc

Alors que les albums des britanniques Emeli Sandé et Michael Kiwanuka viennent de sortir, Lianne La Havas, chanteuse tantôt folk, tantôt soul, prépare le terrain pour le sien qui doit arriver d’ici cet été. Elle nous offre avec Lost & Found, qui sera sur l’album Is Your Love Big Enough, un morceau soul très profond accompagné d’un clip en noir et blanc du plus bel effet dans lequel la jolie chanteuse joue avec la lumière.

Le français Colin Solal Cardo, qui nous avait déjà offert le concert à emporter de Lianne La Havas avec La Blogothèque, est à la réalisation. On vous parlera de l’album dès sa sortie sur Soul Ton Oreille !

Regarder : Lianne La Havas – Lost & Found

Pour aller plus loin, vous pouvez visiter le site officiel de la chanteuse.

Critique : Michael Kiwanuka, la soul réincarnée

Habitué à faire les premières parties de la tournée d’Adèle, Michael Kiwanuka attire aujourd’hui la lumière sur lui avec la sortie de son premier album. Il a d’ailleurs récemment remporté avec le titre Home Again, la récompense de la chanson de l’année pour la BBC, devant notamment Franck Ocean. Michael Kiwanuka est un chanteur soul anglais, fan de rock et de folk américaine. Sa voix chaude se mêle à ses différentes influences des années 60, allant de Bob Dylan à Curtis Mayfield, et nous emmène au cœur de la période bénie de la musique soul.

Souvent comparé à Otis Redding il est vrai qu’il est difficile de nier cette ressemblance à l’écoute de ce premier album mettant à l’honneur des mélodies empruntes de nostalgie. Une voix chargée d’émotions, qui vient nous chanter l’amour et un profond désir d’appartenance.

Ce qui est étonnant, c’est qu’au départ Michael Kiwanuka voulait simplement être un guitariste de studio en écrivant parfois des chansons pour les autres. Heureusement pour nous Paul Butler l’a convaincu de le rejoindre dans son studio pour enregistrer un premier maxi, Tell Me a Tale, qui sera rapidement suivi par deux autres, I’m Getting Ready et Home Again. Peu à peu l’ombre d’un premier album pointe son nez à l’horizon.

Et c’est donc en ce joli mois de mars qu’arrive l’album de l’anglais d’origine ougandaise, un album qui risque de se placer rapidement comme douceur de l’année 2012. Home Again c’est aussi le titre de ce disque qui va souler vos oreilles. Tout commence avec Tell Me a Tale, morceau dans lequel Michael Kiwanuka nous surprend par le fait qu’il ait délaissé sa guitare acoustique au profit d’une instrumentalisation sortie tout droit d’un disque de Curtis Mayfield. Cuivres, percussions et instruments à vent viennent soutenir sa voix puissante.

Regarder : Michael Kiwanuka – Home Again

Ensuite la guitare sèche reprend ses droits bien qu’encore accompagnée dans I’m Getting Ready, donnant un morceau plus folk et mélancolique que la précédente version. I’ll Get Along nous rappelle les mélodies enjouées des morceaux de Marvin Gaye, avec cette même douceur qui le caractérisait. Ce CD nous ramène a de tendres souvenirs mais il a bien sa propre identité. Michael Kiwanuka a une voix bien à lui, une plume bien à lui et même si son univers évoque en nous ce qu’ont pu faire nos idoles dans le passé, il faut souligner que son album est original et apporte une touche de modernité à ce genre musical longtemps resté orphelin. Le morceau Home Again résonnera dans vos oreilles comme un classique mais je peux vous assurer qu’il sonnera comme si vous ne l’aviez jamais entendu auparavant. Les changements de rythmes d’une guitare couplés à une légère orchestration et à sa voix douce mais puissante, transforment cette balade en un véritable hit. Bones est une chanson qui se tourne beaucoup plus vers le passé, avec un bon piano et des chœurs rappelant les belles années de Ray Charles. Avec Always Waiting la folk américaine vient heurter un rythme assez country, preuve d’un éclectisme incomparable, Michael Kiwanuka nous offre en un seul album une grande palette de couleurs de musique qui nous est chère. Le RnB n’est pas en reste puisque I Wont Lie arrive tout de suite après et nous offre une très jolie mélodie.

Vous l’aurez compris, Michael Kiwanuka se place dans la lignée des grands chanteurs américains des années 60-70 mais il le fait à sa manière, mixant les influences musicales. Il fait également preuve d’une grande justesse vocale et ses nombreuses performances acoustiques ne sauraient nous donner tort. Qu’il soit accompagné de sa seule guitare ou d’un orchestre complet, sa voix nous transporte. Alors chez Soul Ton Oreille nous pensons qu’il ne faut pas passer à côté de cette pépite qu’est Home Again. En bonus nous vous offrons une de ses nombreuses performances live.

Regarder : Michael Kiwanuka – I’m Getting Ready (Live)

Vous pouvez d’ores et déjà vous procurer l’album sur iTunes en attendant la sortie physique du CD, prévue pour le 26 mars.

Vous pouvez également écouter son premier EP Home Again.

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