Après son premier album en solo, Jeune à la retraite, récompensé par un disque d’or, l’ancien du Saïan revient avec un nouvel opus. Une galette dans lequel il semble régler beaucoup de comptes.
Égal a ce qu’il nous disait lorsque nous l’avons interviewé, Féfé annonce la couleur dès le morceau d’ouverture de l’album, Lalala Song (Ou Le Chant D’Une Etoile). Il n’est pas là pour donner ce que veut la masse mais bien pour faire ce que lui plait, ce qui le touche. L’album est clairement porté par ses ballades, la première parmi toutes est clairement Parodie, un morceau très entraînant que l’on imagine aisément repris en chœur par son public en concert. Une chanson optimiste sur les difficultés de la vie, bien loin des clichés du « star system », il fait définitivement réaliser que Féfé a une vie normale et paie des dettes comme tout le monde.
Ecoutez : Féfé – Parodie
Amours, patrie, amitiés sont autant de thèmes qui semblent inspirer Féfé. Dans Nous, il pointe du doigt tous nos travers qui nous empêchent de nous remettre en question. Une introspection, bonne si elle ne nous conduit pas au formatage, une chose qu’il refuse en l’exprimant dans Cause toujours.
Et comme pour beaucoup d’hommes, la paternité lui tient à cœur dans sa vie de jeune à la retraite, alors il dédie une chanson à ses enfants, chanson touchante et pleine d’humilité.
Ecoutez : Féfé – La Somme
Ailleurs est un morceau qui tranche avec le reste de l’album. Sur une sonorité reggae, Féfé parle du fait que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs et que notre bonheur est souvent là, juste devant nous. L’album se finit sur Doux Pays, énième et douce ballade mais pourtant très agréable a écouter et qui confirme que l’artiste est doué pour créer des mélodies et refrains efficaces, que l’on se surprend a fredonner dès la première écoute.
Pour résumer, ce Féfé-là est bien loin de celui que l’on a connu à l’époque du Saïan, un artiste qui a fait du chemin et qui semble donner un peu plus de sa personne à chaque nouveau projet pour se dévoiler toujours un peu plus par la même occasion.
Avant de voler en solo avec succès, Féfé fut l’un des membres éminents du mythique Saïan Supa Crew. Mais n’allez pas lui reparler de cette période, mettons ça de côté car c’est justement l’avenir qui l’anime, la guitare, les voix, la musique dans tout son ensemble, rien d’autre que la musique. Le hip hop n’est désormais qu’un des genres musicaux parmi ceux qu’il apprécie. Courant avril, nous l’avons rencontré juste avant son concert donné à la Gaîté Lyrique à Paris pour une présentation de son album Le Charme des Premiers Jours sorti le 20 mai dernier. Nos questions, ses réponses, c’est par ici :
Regardez : Féfé – Le Charme des Premiers Jours
Soul Ton Oreille : Si tu devais te décrire succinctement à quelqu’un qui ne te connait pas du tout ?
Féfé : Je suis Féfé je faisais partie du SSC, le Saïan Supa Crew. Je suis un touche à tout, un mec qui a toujours envie d’avancer. J’ai commencé avec un sampler et là je suis en train d’enchaîner avec la guitare, une guitare électrique plus précisément, mais sans lâcher tout ce que j’ai appris entre temps. J’aime bien accumuler du savoir et créer mon propre truc. Tant que ça me plait je m’en fous, peu importe à quoi ça ressemble, il faut que ça me parle avant toute chose.
STO : Quel est ton bilan depuis la sortie de ton premier album en solo il y a trois ans maintenant ?
Féfé : Une bonne surprise et un bilan plutôt positif. J’ai sorti cet album avec mes « cojones » (ndrl : « c**illes » en espagnol) comme on dit, parce que personne m’attendait là, on avait collé une image sur moi, parce que Saïan c’était une entité à six têtes, les gens savaient pas trop qui faisait quoi. Moi j’ai toujours été un des compositeurs, qui arrive en studio le premier et qui repart le dernier, avec Leeroy c’était notre boulot. J’ai toujours été un peu un rat de grenier et avec cet album les gens m’ont découvert. Je m’attendais à ce qu’on me crache sur ce que je faisais et… Non, les gens ont compris le délire, ils sont venus me voir après les concerts avec de très bons retours. Plus récemment, j’ai eu quelques personnes qui venaient me voir en me disant « mais pourquoi tu fais pas du Saïan comme à l’époque ? » Mais j’ai compris qu’il ne fallait pas écouter les gens, sinon tu n’avances pas.
STO : Comment ce nouvel album se greffe dans la constellation ?
Féfé : C’est pour moi la suite logique de Jeune à La Retraite. Dans ce premier album, je commençais un truc que je découvrais, je venais d’apprendre la guitare, les premières chansons que j’ai faites c’était les premiers accords que j’ai appris, tout simplement, c’était genre « oh ça ça marche bien, vas-y j’en fais une chanson ! » Dans Le Charme des Premiers Jours, j’ai essayé de pousser ça un peu plus loin. J’ai été élevé avec le son de Motown grâce à mon père et ma mère qui sont nigérians. Le Nigeria est une ancienne colonie anglaise, donc eux quand ils étaient à l’école, ils écoutaient tout ce qui venait des Etats-Unis ou d’Angleterre alors tous les dimanches on écoutait Marvin Gaye, Stevie Wonder, Otis redding, Al green.
On écoutait aussi Fela Kuti (ndlr : un grand chanteur nigérian), l’afrobeat est évidemment représentatif du Nigeria et même parfois du Johnny Hallyday parce que mon père était un gros mélomane. Il achetait des tonnes de vinyles et nous saoulait avec ça ! Donc pour en revenir à l’album, c’est la suite logique de ce que je fais, de ce que j’aime. J’ai essayé de toucher du doigt tout ce que j’entendais étant petit. Je voulais sortir du truc » j’ai 20 ans j’suis un rappeur et n*que sa mère ! » Je n’ai plus 20 ans justement, j’ai des enfants, j’ai eu des déceptions amoureuses, une vie. Bref, je voulais parler d’autres choses. Je parle d’amour et j’en suis le premier étonné d’ailleurs ! (Rires.)
STO : Il y en avait bien quelques unes des chansons d’amour dans l’album Jeune à la Retraite, non ?
Féfé : Ah oui il y avait une qui s’appelait Miss Wesh Wesh Yo, mais c’était une fausse chanson d’amour, c’était une chanson sur le hip hop… Ah tu penses sans doute à C’est comme ça que je t’aime ?
STO : Oui en effet !
Féfé : Allez je te l’accorde, mais je la mets plus volontiers dans les chansons légères, les chansons joyeuses. Moi je me suis toujours caché derrière le flow ou derrière un truc un peu marrant. Je suis très pudique, j’ai peur de dévoiler les choses brutes et là sur cet album par exemple j’ai pas eu peur. Je me suis dit : « voila la vérité, premier degré, je me cache pas, voila tels quels mes sentiments. »
STO : Pour ce nouvel album il y a-t-il de la scène de prévue ailleurs que ce soir ou récemment en banlieue parisienne ? Quels sont les premiers retours du public d’ailleurs ?
Féfé : A Bobigny ça s’est très bien passé oui. C’était la première fois que je montais sur scène sans que les gens ne connaissent les morceaux (Ndlr : l’album Le Charme Des Premiers Jours n’était pas encore sorti.) Mais en réalité, j’ai du mal avec le fait que les gens ont l’air contents de ce qu’ils entendent alors que moi j’ai encore plein de trucs que j’ai envie de peaufiner. J’ai du mal a être satisfait, mais puisque les premiers retours sont bons…
STO : Quel regards portes-tu sur le hip hop actuel ?
Féfé : J’adore le rap français qui tourne en ce moment. Je trouve qu’il est foisonnant, il n’y a jamais eu autant de MCs avec autant de styles différents et ça nous fait du bien ! Moi je le dis clairement, j’avais fini par être dégoûté car à un moment donné, tout le monde avait le flow de Booba, tout le monde disait les mêmes trucs, faisait les mêmes rimes. Mêmes nous à l’époque du Saïan, il y avait une phase où je commençais a trouver que nous étions dans une mauvaise passe. Même si je kiffe Booba, le rap hardcore tout ça, ce que je kiffe dans le rap, c’est quand il apporte une certaine richesse. Le rap foisonnant d’aujourd’hui, ça me rappelle l’époque où y avait La Cliqua, l’époque des années 90 quoi.
STO : Si tu devais en citer un en particulier ?
Féfé : (Il réfléchit.) Tiens, j’écoute Nemir en ce moment. J’aime bien ce qu’il fait !
STO : Qu’est-ce qu’un artiste comme toi, qui marchait bien dans l’équipe du Saïan Supa Crew, cherche à prouver en privilégiant une carrière en solo désormais ?
Honnêtement quand j’étais dans le Saïan, jamais je n’ai pensé a faire une carrière en solo. Moi, je me trouve inintéressant au possible, je suis hyper banal, je fais pas des trucs de ouf, je ne tape pas les femmes, je suis hyper banal (rires). J’ai des enfants, je les emmène à l’école. Je pensais avant que les vrais stars ils font des trucs de ouf, ils prennent de la coke… J’étais très bien dans le groupe et tout ce que je voulais c’était faire du son, des concerts, sauf qu’au bout de dix ans il y a des rapports qui ont changé, j’ai fini par être dégoûté de la musique. J’ai fini par tout mélanger et faire un rejet de tout ça.
Le solo, c’était vraiment un accident si je puis dire. J’ai fait ça parce que je m’ennuyais, j’ai repris le sampler, j’ai aussi commencé la guitare. Aujourd’hui, ce que les gens pensent de moi je m’en fiche, je fais ce que j’ai a faire et c’est tout ! Ma position actuelle, c’est : « j’ai le droit de proposer ce que je veux et personne n’a rien a me dire tandis que les gens ont le droit de disposer de ma musique comme ils veulent, je n’ai rien a leur dire. »
STO : Allez, mettons les pieds dans le plat. Qu’est-ce qui avait provoqué la séparation tacite du groupe ? Des problèmes humains, artistiques ?
Sans rentrer dans les détails, je pense pas que c’était artistique, c’était plutôt humain et c’est normal à vrai dire car quand tu traîne avec des gars pendant 10 ans, forcément à un moment donné ça le fait moins. Et puis encore heureux, ça a jamais été une question de thunes, ça m’aurait bien déçu autrement. C’est la vie. Tu sais, il n’y a pas une semaine sans qu’on me reparlent du Saïan Supa Crew, moi aussi je me remémore la bonne époque parfois. Je suis très content de revoir chacun des membres de l’époque séparément, mais ont peut pas faire semblant d’être ce qu’on étaient avant. Je préfère qu’on laisse ça comme une « légende », c’est ça qui est drôle. C’est fou quand même, à l’époque le rap ne nous acceptait pas, et aujourd’hui les gens nous demandent de revenir. Laissons le passé au passé.
STO : Pour finir, il y a-t’il une question que tu n’aimes pas qu’on te pose ?
Ah bah justement, le fait qu’on me demande si un jour le Saïan Supa Crew se reformera. C’est pas que ça me saoule, mais ça me fait de la peine pour les gens quand ils m’interrogent dessus, parce qu’ils peuvent encore attendre !
STO : Merci d’avoir répondu à nos questions. Nous te souhaitons le meilleur pour ton album Le Charme Des Premiers Jours !
Dès son plus jeune âge Ed Sheeran voue une passion pour la musique. Membre d’une chorale, il s’initie à la guitare avec son oncle, puis à 11 ans, lors d’un concert de Damien Rice, il décide de faire de la musique son métier et quitte l’école cinq ans plus tard pour s’y consacrer entièrement. L’année dernière nous le découvrions en France avec The A-Team. Ed Sheeran n’en est pourtant pas à son coup d’essai puisqu’après avoir autoproduit l’EP The Orange Room en 2005, il sort son premier album Ed Sheeran en 2006 à quinze ans à peine. S’en suivront un autre album l’année suivante, Want Some ? et quatre EP, tous autoproduits, You Need Me I Don’t Need You, Loose Change (où figure The A-Team), Songs I Wrote With Amy (en référence à la chanteuse folk Amy Wadge) et No. 5 Collaborations Project,EP Hip Hop où Ed Sheeran collabore avec 8 artistes (un par titre) dont Mikill Pane sur le titre Little Lady une version hip hop de The A-Team.
Ecoutez : Ed Sheeran – Little Lady
La plupart de ses chansons sont des ballades folk. Il se produit beaucoup sur scène et donnera notamment plus de 300 concerts en 2009. En 2011 Ed Sheeran signe chez Atlantic Records (Wiz Khalifa, Sean Paul, Missy Elliot, Phill Collins…) et fonde quelques mois plus tard son propre label, Paw Print Records, afin de rééditer les cinq EP qu’il avait autoproduit. En septembre de la même année il sort son troisième album de 16 titres, sorti en France cinq mois plus tard en février 2012, + (ndlr : lire Plus), qui se classe dans les meilleures ventes d’albums au Royaume-Uni et devient triple disque de platine. Les singles The A-Team et You Need Me I Don’t Need You figurant dans l’album se vendent à plus de 800 000 exemplaires. Le troisième single, Lego House, où dans le clip apparaît l’acteur Rupert Grint (Ron Weasley dans Harry Potter), atteint la première place des ventes d’albums au Royaume-Uni.
Regardez : Ed Sheeran – Lego House
Les ballades sont nombreuses dans +, pouvant le rendre un peu ennuyeux, mais la voix parfois voilée d’Ed Sheeran accroche tout de même l’oreille. On apprécie son côté rauque et rock quand il pousse la voix sur Kiss Me et la superbe ballade Give Me Love en acoustique montre ses possibilités vocales. Mais Ed Sheeran n’est pas juste un chanteur de pop/folk. La preuve avec Grade 8 et The City aux rythmiques plus lourdes, tirant plus du côté urbain que du côté folk. Il a aussi un phrasé hip hop dans U.N.I. et You Need Me I Don’t Need You notamment, qui montre son intérêt pour ce genre musical.
Regardez : Ed Sheeran – You Need Me, I Don’t Need You
Au final + est un album plaisant à écouter, sans grands arrangements ni grosse instrumentation derrière mais prometteur tout de même. Et puisque l’écriture de son prochain album est terminée espérons qu’il soit un peu moins vaporeux. Ed Sheeran a seulement dévoilé que celui-ci serait moins sombre que + qui traitait entre autres de drogue, prostitution, alcool, etc. Pour le savoir, rendez-vous en 2014 car cette année le vainqueur des Brit Awards catégories « meilleur artiste solo masculin » et « révélation de l’année 2012 » est très occupé entre son déménagement à Nashville et la tournée de sa copine Taylor Swift, Red Tour, dont il fait la première partie.
Feniksi prépare son retour. Après un premier album plus que réussi et le fait d’avoir dévoilé le titre Parodie, le « vilain petit canard » et ex-Saïan Supa Crew revient à feu doux avec Le Charme Des Premiers Jours avec un autre clip teasing sous forme de recette de cuisine.Les deux singles de Féfé sont déjà disponibles tandis que l’album arrivera en même temps que les bourgeons dans le courant du printemps.
Regardez : Fefe – Le Charme des Premiers Jours (Les Recettes de Féfé)
Il y a quelques jours sortait l’album tant attendu de notre OVNIAsaf Avidan, Different Pulses. Puisque c’est chose faite allons voir ce qu’il a dans le ventre. A la première écoute, deux constats se font. Le premier est que le morceau, désormais connu par tous, One Day/Reckoning Song remixé par Wankelmut n’est pas présent dans l’album. Le second est que, si bon nombre d’entre nous pensait que le succès de la version de Wankelmut présumait un éloignement d’Asaf Avidan de son ambitieux folk rock, eh bien ce n’est pas le cas. Celle-ci a essentiellement servi à faire connaître Asaf Avidan en Europe, et c’est plutôt réussi. La veine folk rock est respectée tout au long des onze titres composant l’album, la production est soignée et l’électro très savamment dosée pour laisser à la voix d’Asaf Avidan toute la place qu’elle mérite. Dès le premier morceau éponyme Different Pulses vous voilà englouti dans les écorchures de la voix abîmée d’Asaf Avidan qui vous caresse et vous transporte dans cet univers qui lui est propre avec ce chant lancinant.
Regardez : Asaf Avisan – Different Pulses
Autre moment fort de l’album la balade A Gun & A Choice, qui raconteavec une montée de cuivres en puissance l’amour d’une femme pour un homme qui l’a abandonnée et abîmée. Nous retenons aussi le refrain efficace de Cyclamen « I know I am dying, Still I’m gonna go trying, I’ll make it better »/ »Je sais que je meurs, je vais continuer d’essayer, je vais faire mieux », (le cyclamen est une plante qui a la particularité d’avoir chaque mois des espèces en fleurs… nous vous laissons méditer là-dessus). Thumtacks In My Marrow rappelle le Bang Bang de Nancy Sinatra, avec un texte spleenien qui pourrait être tiré des Fleurs du Mal de Baudelaire. Deux balades clôturent l’album, The Disciple, chargée de mystère, presque angoissante, et Is This It, où, la voix fragile, Asaf Avidan se fait tendrement mélancolique pour vous ramener doucement à la réalité.
Regardez : Asaf Avidan – Is This It
L’univers de Different Pulses est résolument, et volontairement, sombre et mystérieux. Il y a de la profondeur qui émerge de chaque son, chaque tonalité et sa voix vous crève le cœur. Ce sont des mondes différents, des pulsations différentes qui vous attendent avec Different Pulses dont vous ne sortirez pas indemne. Alors puisqu’Asaf Avidan sera en tournée cette année un peu partout en France, faites vous plaisir en allant le voir sur scène. Il sera notamment à l’Olympia le 9 avril prochain. Et en attendant, ne vous privez pas d’écouter encore et encore ce bel album.