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The Procussions leur nouvel EP à écouter

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Loin d’avoir face à nous de nouvelles têtes de la scène hip-hop mondiale, The Procussion rend des comptes à tous les fans de good vibes depuis quinze ans maintenant (1998). Avec leurs flows accrocheurs et leurs voix atypiques, Mr J Medeiros et Stro reviennent aujourd’hui avec un EP pour introduire leur prochain album. EP que vous pouvez écouter en intégralité un peu plus bas.

Ces 5 titres, sensés nous donner un aperçu de ce à quoi nous devons nous attendre avec l’album à venir, ont le mérite d’être vraiment originaux. Cinq morceaux qui sont clairement signés par le groupe mais qui pourtant diffèrent du tout au tout lorsqu’on les écoutes à la suite. Que ce soit avec de l’électro, du gros beat des 90′s ou encore une petite touche jazzy, tout le monde y trouvera son compte. Histoire que vous en sachiez un peu plus, voici notre avis sur les morceaux qui composent cet EP.

C’est donc le titre Forewood qui ouvre le bal. Bien que l’instru soit très électro, le temps est très marqué à la manière du hip-hop américain des années 90, un sorte de « poum-tchac » qui nous fait bouger la nuque dès les premières mesures. Ici, Mr J Medeiros et Stro ont décidé d’y aller tranquillement et de proposer des lyrics simples qui parlent d’eux-mêmes, un peu comme Today. Celui-ci, en featuring avec Shad, explique la vision du monde de chacun et raconte pourquoi et comment ils sont arrivés où ils en sont aujourd’hui.

The Procussions – EP

Iron Vox quand à lui propose des sons plus industriels, si j’osais je dirais même « rétro ». Quelque chose d’assez dynamique avec une petite voix de fond qui nous entraîne dans une tout autre univers. En revanche celui-ci parle d’une histoire autour des rêveries qu’apportent le hip-hop et de ce dont il vaut mieux se méfier lorsqu’on est dedans. Ensuite, le titre On a Mountain nous emmène dans un tout autre registre puisque grâce à la participation de Logan, nous avons le droit à quelque chose de beaucoup plus lyrique, doux. Avec son refrain digne d’un tube de Bruno Mars, on ne peut que tomber sous le charme de ce titre dans lequel on découvre les protagonistes de cet EP sous un jour nouveau. Ça change et ça fait plaisir à nos oreilles.

Enfin The Fringe fini en beauté sur un beat de hip-hop tout ce qu’il y a de plus basique, mais agrémenté à la sauce The Procussions. Si vous connaissez un peu le trio qui s’est transformé en duo, ce morceau vous permettra de retrouver vos marques plus que n’importe quel autre titre présent sur cet EP. Encore une fois, les deux rappeurs expliquent qu’ils sont des gens simples mais qu’ils vivent dans une société de requin « We want a little, they want it all, they gonna get it » (traduisez : on ne demande pas grand chose, ils veulent tout, ils l’auront).

Voilà, vous savez tout. A présent, tout ce que nous pouvons vous conseiller de plus c’est de patienter jusqu’au mois de mai pour mettre la main sur le prochain album de The Procussions qui sera à n’en pas douter l’une des grosses tueries de l’année.

Pour aller plus loin:

 

O.V.N.I : Blink 182 nous offre un nouvel EP

BLINK182_HEADER-ARTICLESCela faisait longtemps que Blink 182 n’avait rien sorti. Après leur séparation en 2005 chaque membre a participé à différents projets qui ont plus ou moins bien marché. D’ailleurs si vous nous lisez régulièrement vous avez du voir passer notre article sur l’album de Travis Barker, Give The Drummer Some. Aujourd’hui ils sont de retour avec un EP, pour nous préparer à l’arrivée d’un nouvel album. Si vous n’êtes pas coutumiers du groupe, sachez qu’il y a deux écoles avec Blink 182, ceux qui écoutaient entre le milieu des années 90 et 2006, jusqu’à l’album Ennema of the States et ceux qui ont commencé à écouter à partir de Take Off Your Pants and Jacket, sorti en 2001. Comme il peut y avoir des gens qui aimaient ce que faisaient I Am avant et moins ce qu’il font maintenant, les deux types de « fans » de Blink 182 s’entendent rarement sur ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Pour ma part, je suis de la vieille école.

Ecoutez : Blink 182 – Dogs Eating Dogs

Quand j’ai appris que Blink 182 sortait un EP intitulé Dogs eating Dogs, j’ai immédiatement pensé qu’ils revenaient à quelque chose d’un peu plus brut de pomme que ce qu’ils ont fait dernièrement mais après avoir écouté les cinq morceaux de l’EP, j’ai malheureusement du ravaler mes mots… et mon enthousiasme. Les plus jeunes fans se retrouveront complètement dans ces quelques titres emplis de romantisme, d’histoires d’amour et de leçon de vie d’adolescent. Dans Boxing Day par exemple, Mark parle d’une rupture qu’il a subit le lendemain de Noël. Dans Pretty Little Girl, sur laquelle on retrouve Yelawolf en featuring, c’est l’histoire d’une jeune fille qui devient adulte et qui subit les aléas de la vie que Tom nous raconte. Seul le morceau Dogs Eating Dogs, que vous venez d’écouter plus haut, se veut un peu plus « punchy » que le reste grâce à une instru assez énervée et une ligne de chant moins « gnan-gnan ».

Au final, cet EP est une petite déception mais reste tout de même un bon signe du retour de Blink 182 sur la scène du happy-punk destiné à des ados pré-pubères et chanté par des presque quarantenaires.

Critique : Sëar Lui-Même – Big Punchliner

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Abonné aux multiples apparitions de qualité mais n’ayant jamais eu l’occasion d’exploser réellement, Sëar Lui-Même a le profil de l’éternel rookie. Il est pourtant tout l’inverse. On l’entend pour la première fois en 1998 dans le troisième album de Fabe avec son groupe 1 Bario 5 S’Pry. On le retrouve également dans le suivant, sur C’est pas parce que… produit par le regretté DJ Mehdi. Pour faire ses classes dans le rap, il y a pires partenaires. D’autant plus quand on connait le soin avec lequel Befa choisit ses fréquentations. Son excellente prestation sur Combat de Maitre en compagnie de FDY Phenomen pour la compilation Première Classe 2 constituera sa consécration, et Sëar Lui-Même de commencer à se faire sa place dans l’underground du hip hop français.

Vétéran du rap, le MC traîne avec lui une image qui renvoie plus au passé qu’au futur et, peut-être frustré d’avoir raté cette époque de peu, ne manque jamais de rappeler à notre bon souvenir l’âge d’or du rap français. Le morceau Boom back, produit par le vénérable DJ Sek, faisait déjà l’apologie de cette période Time Bomb pleine de talents, de performances et d’émulation collective. Son dernier EP, nommé Big Punchliner, en est une autre représentation.

Beats lourds façon boom bap new-yorkais, piano et violons, constante recherche technique, lyrics sombres et engagés ou vifs et égotrip, faisant au choix l’apologie du vrai rap ou la critique des wacks. Sëar (fidèle à) Lui-Même nous livre un véritable revival des années 90’s. Des morceaux comme Big Punchliner avec son instru minimaliste ou comme l’entrainant Pour mes gars d’Paris auraient sans problème leur place dans le paysage rapologique du siècle précédent. Droit d’asile, avec sa basse bien lourde et ses scratchs enjoués, est aussi dans cette veine.

Ecoutez : Sëar Lui-Même – Pour mes gars d’Paris

Néanmoins, il serait réducteur de ne considérer Sëar Lui-Même que comme un passéiste adepte du slogan tellement surfait qui veut que « Le rap c’était mieux avant ». A ce titre, Eclipse Lunaire et sa coloration rouge blafard est une première bonne surprise de la part du MC qui livre un morceau davantage dans l’air du temps. La véritable réussite du disque, c’est un inattendu Leçon de piano : sur un air aussi léger que glaçant, renforcé grâce au refrain chantonné par des voix d’enfants, le rappeur narre l’obscure histoire, sur plusieurs années, d’un implacable tueur en série. Si l’entreprise aurait pu se vouloir plus ambitieuse encore, il faut reconnaitre au morceau son exécution parfaite.

Les trois morceaux qui suivent (Attentat, Présidents et La paix), s’ils n’ont rien de très mauvais, sont malheureusement aussi prévisibles que leurs titres le laissent présumer. Des thématiques tristement banales et rabâchées depuis toujours, dont le traitement ne justifie pas que l’on s’attarde à revenir dessus. Heureusement, avec l’énergique Ecoutes en guise bonus track, l’EP se termine sur une bonne note.

Finalement, le titre de Big Punchliner ne sied pas forcément au mieux à ce projet. Non pas qu’il en soit indigne, car la qualité d’écriture de Sëar Lui-Même est bien présente. Néanmoins, l’égotrip ne représente qu’une moitié à peine du disque. Une moitié sans fausse note certes, alors que le reste se révélera plus mitigée. Mais paradoxalement, ce sont les morceaux les plus réussis de cette deuxième moitié, Eclipse lunaire et Leçon de piano, que l’on retiendra le plus volontiers. Globalement, Big Punchliner est donc un EP de bonne facture, exposant par ailleurs de nombreux invités de qualité (Nekfeu, Gaiden, Amnesty…), en dépit d’une forme excessivement classique et d’un manque certain de prise de risque.

Critique : Pumpkin – Silence Radio

À 31 ans, Cécile ak.a Pumpkin, fan de MC Solaar et originaire de Brest, n’en est pas à son coup d’essai. En 2009, elle sort L’année en décembre, un album à la coloration très jazz et soul, troublant par sa fraîcheur. Plume poétique affûtée et flow féminin percutant, elle revient avec un EP de 8 titres, un bijou serti de jeu de mots mélodieux, samples et autres « boom bap » qui provoqueront à coup sûr des hochements de tête incontrôlés. Jugez plutôt !

Regardez : Pumpkin – Examen de physique

Pour ce deuxième projet, la rappeuse s’est davantage entourée : Dj Vadim, 20syl (Hocus Pocus/C2C), Vin’s Da Cuero, Josh Fontan de Beatspoke, Pater Jacob, Supafuh et Dj Lyrik à la production musicale. Metropolis (Foreign Beggars), Ty, Pugs Atomz et Sarah de Beatspoke sont les vocalistes invités.

Le morceau éponyme, premier track de l’EP, repousse les confins du Hip-Hop avec des sonorités électros. Dj Vadim à la prod et Dj Lyrik aux scratches, Pumpkin raconte un bout de son quotidien, celui d’une femme, irritée par les individus qui ne prêtent plus attention aux rapports cordiaux. La rappeuse made in Breizh attache de l’importance à des principes fondamentaux tandis que les mails, les tweets, les statuts font écran au « vivre ensemble », à la sociabilité. Donc sourions nous, parlons nous, regardons-nous, mais surtout ne soyons pas aux abonnés absents !

Regardez : Pumpkin – Silence Radio

Au fil de l’écoute on retrouve cette volonté de rappeler la valeur des relations humaines et qui plus est, celle de la femme. Non ! Nous ne sommes destinées (nous les femmes), à jouer les midinettes en petite tenue dans des clips de rappeurs bling-bling… ce n’est pas réel tout ça, ce n’est pas réel. « La matière première c’est la matière grise […] La vie n’est pas un clip de R’n’b bidon, projet de la femme objet dont l’seul projet est d’être figée sur papier glacé, assez ! ». Pour le morceau Mad’moiselle, Pumpkin fait dans la dentelle en choisissant de sublimer son refrain avec un sample de Lauryn Hill (Doo Wap).

Dans un autre registre, Play, morceau où l’on reconnaît dès les premiers scratchs la patte de 20syl du groupe Hocus Pocus. Ce morceau dépeint la manière dont Pumpkin évolue en musique, soit dit en passant en indé. « Mélanger l’art et les gens, sans licence ni argent ni agent, éternelle artiste émergent ». D’ailleurs, en parallèle, Pumpkin et Vin’S da Cuero ont créé Mentalow Music pour la création, le développement et la promotion de leurs projets communs.

D’une manière générale Silence radio c’est des textes très travaillés, du message, du sens, l’essence d’un Hip-Hop éclairé. Avec son flow acidulé elle apporte véritablement un nouveau souffle dans l’univers du Hip-Hop notamment lorsque ses rimes fleuves quittent leurs lits pour s’étendrent sur des instrus aux sonorités électros. Mais un conseil avant de lancer la galette, poussez les meubles avant de pousser les watts, ça envoie du lourd comme dirait l’autre.

Pour aller plus loin :

Azealia Banks nous ramène en 1991

Si vous ne connaissez toujours pas Azealia Banks, n’hésitez pas à prendre le train en marche grâce à notre article de novembre dernier. Après avoir lâché son EP sobrement baptisé 1991, elle nous revient aujourd’hui avec le clip du morceau éponyme. D’ailleurs, la petite Azealia commence à faire de plus en plus de bruit depuis quelques mois déjà. Elle impose son style et son univers, ce qui lui permet de se démarquer très clairement de ce que peuvent faire d’autres femmes dans le milieu comme, au hasard, Nicki Minaj.

Après Liquorice et Van Vogue, voici donc venu 1991 qui ne s’éloigne pas trop de ce qui a été fait auparavant.  Un flow acerbe et une vidéo pour le moins originale, mais on aimerait toutefois qu’elle passe rapidement à la vitesse supérieur car il lui faudra bien plus que ça si elle veut se hisser en haut des charts. Peut-être pour son premier album ? L’avenir nous le dira, mais en attendant, c’est 1991 !

Regarder : Azealia Banks – 1991

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