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Critique : Major Lazer – Free The Universe

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Après 4 ans d’absence, Major Lazer a sorti le mois dernier son nouvel album Free The Universe, un album très attendu après le succès du premier et le départ de DJ Switch, remplacé par DJ Jilionnaire et Walshy Fire. Après avoir leaké les titres Get Free et Watch Out For This que nous avons adoré, annonçant un album de fou, nous étions impatients de pouvoir l’écouter.

Si Free The Universe est sans aucun doute une continuité du premier album Guns Don’t Kill People…Lazer Do avec un casting éclectique Santiagol, Busy Signal, Elephant Man, Amber, Ms.Dynamite, Tyga, Brunos Mars pour ne citer qu’eux et des titres qui nous donnent envie de faire de grosses fiestas avec des cocktails de toutes les couleurs et des battles de Booty Shake autour d’une piscine, il est difficile de comprendre pourquoi le talentueux producteur incontournable aux nombreux tubes à succès, nous livre un album très décousu avec un arrière goût d’inachevé.

Outre les grosses basses, ce qui frappe le plus est le manque d’unité musical. Si on ne s’étonne pas de tomber sur des bombes tracks tel que Jet Blue, Sweat, Bubble Butt ou encore Jah No Partial, on reste perplexe sur le choix des morceaux Keep Cool avec Shaggy et Reach For The Stars avec Wyclef Jean. Le tracklisting est aussi incohérente. Des morceaux comme Jessica (un des morceaux les plus planants et envoutant) se retrouvent parachutés en plein milieu de sons bien lourds et puissants. Enfin, La multitude et le mélange des styles musicaux, sans subtilités, rendent difficile l’écoute tant cela part dans tous les sens, aussi l’omniprésence de l’électro au détriment des autres styles n’ajoute en rien. On se demande si Diplo n’en aurait pas oublié le but principal de son projet, faire connaitre le dancehall auprès d’un public peu habitué à ce genre et qui a fait le succès de Major Lazer.

Alors, même si Diplo nous livre un grand bazar parfois un peu indigeste pour les oreilles, il arrive miraculeusement a nous embarqué dans sa folie furieuse de grand fêtard avec des titres efficaces, calibrés pour nous faire bouger et exploser sur le dancefloor comme il aime le martelé « Major Lazer is blasting you » (traduisez :  Major Lazer te dynamite) et après tout, n’est-ce pas tout ce qu’on lui demande ?

Regardez : Major Lazer – Watch Out For This

#Tweetzik : Major Lazer – Watch Out For This

DJ Diplo et DJ Switch ensemble ça donne Major Lazer, vous savez ceux qui ont donné à Beyoncé le morceau le plus emblématique de son dernier album ? Le duo nous livre leur dernier clip, Watch Out For This (Bumaye), entonné par Busy Signal et tourné sous le soleil de la Jamaïque et parmi les danseurs un certain Crazy Hype que vous avez pu rencontrer grâce à notre reportage sur Laure CourtellemontMajor Lazer s’apprête à sortir Free The Universe le 15 avril prochain, leur deuxième album.

 Regardez : Major Lazer feat. Busy Signal – Watch Out For This (Bumaye) 

OVNI : Jamie Lidell, son parcours, son dernier album

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Jamie Lidelldont nous vous parlions début décembre, sortait son cinquième album studio il y a quelques semaines, sobrement intitulé Jamie Lidell. Avec cet album, il revient à ses premières amours où Prince « El Maestro » était devenu son mentor. Côté biographie, cet anglais presque quarantenaire a commencé depuis son plus jeune âge à triturer des machines pour voir quels sons allaient en sortir. Sa carrière commence réellement en 1999 où avec Cristian Vogel ils forment le duo Super Collider et sortent l’album Head On qui rencontre un franc succès en Allemagne, contrairement au second, Raw Digits, sorti en 2002. Dans la foulée il sort un premier album solo assez déroutant, Muddlin’ Gear, avec le label électro Warp Records qu’il ne quittera plus. Son second album Multiply voit le jour en 2005. Résolument plus axé funk/soul Jamie Lidell explore d’autres contrées moins électro et le public apprécie. Trois ans plus tard sort Jim, son troisième album de 10 titres dont le fameux Another Day et Little Bit Of Feel Good qui cartonnent en Europe.

Ecoutez : Jamie Lidell – Little Bit Of Feel Good

En 2010 Compass, le quatrième album de Jamie Lidell, passe inaperçu et en 15 ans de carrière il est toujours aussi difficile de mettre ce touche-à-tout dans une case mais voilà que Jamie Lidell, l’album, fait son apparition et remet de l’ordre dans tout ce bazar musical. En trois ans le petit Jamie a fait pas mal de chemin. Outre les concerts et l’écriture de Jamie Lidell il s’est marié, a déménagé à Nashville où il a acheté une maison et fait construire un grand studio pour jouer avec toutes ses machines. Il a aussi trouvé le temps de produire Ludwig Persik, multi-instrumentiste de 22 ans qui fera sa première partie à la Gaité Lyrique (Paris) le 15 mars 2013 et Pegasus Warning, jeune artiste RnB avant-gardiste. Alors depuis, il arbore un nouveau look qui colle mieux à la peau de l’homme qu’il est devenu. Finie la crinière qui cachait ses beaux yeux bleus, le british est rasé de près, quasi méconnaissable. Le Prince du troisième millénaire nous sert une pop électro aux accents kitsch disco-funk car c’est un passionné d’instrus électro des années 70 et 80. Mais pour autant ce n’est pas un virage à 180 degrés qu’il prend avec ce nouvel album, juste un retour aux sources. Pour la production, Jamie Lidell a utilisé de vieux instruments tels qu’un Polysynth, un Prophet 5, un Oberheim OB-Xa ou encore un Rhodes Chroma afin d’obtenir un son exubérant. La majorité des chansons ont été créées à partir d’une beatbox avec James Rowland au clavier, un joueur d’église du genre gospel. Dès les premières notes de l’album le ton est donné. I’m Selfish et You Know My Name, très énergiques, sortent le costume fushia et les chaussures vernies à talonnettes du placard du Kid de Minneapolis. Pour Do Yourself A Faver et Why Ya Why l’électro empreinte au jazz et au P-funk des sonorités qui se marient étrangement bien.

Regardez : Jamie Lidell – Why Ya Why

Le romantique You Naked est l’exemple même de l’influence de Prince : voix de tête et utilisation du vocodeur (qui transforme la voix ou n’importe quel autre son en son synthétique) tandis que le côté groovy rappelle un certain George Clinton qui fait aussi partie des influences de Jamie Lidell.

Regardez : Jamie Lidell – You Naked

Quand on connaît un peu l’univers du personnage, l’énigmatique dandy ne surprend personne avec ce nouvel album. C’est une renaissance, d’où le fait de lui avoir donné son nom. Et même s’il est tout à son honneur d’avoir pris le risque de faire de Jamie Lidell un album introspectif plutôt que quelque chose plus dans l’air du temps, comme Another Day qui avait bien marché, chez Soul Ton Oreille on aurait préféré la seconde option. Quitte à dépoussiérer ses vinyles, sa période Motown lui collait tellement bien que nous avions espéré qu’il s’y attarderait un peu plus que le temps d’un album. Rassurez-vous, sa voix neo soul n’est pas pour autant gâchée dans cet univers électro funk. Alors si vous n’êtes pas adeptes de funk ou d’électro vous aurez sans doute du mal à apprécier Jamie Lidell, l’album et l’artiste, à leurs justes valeurs. Mais si vous êtes curieux vous pouvez vous faire une idée de l’album, en écoute intégrale sur le nouveau MySpace.

Pour aller plus loin :

 

#Tweetzik : Jamie Lidell – What A Shame

En février sortira Jamie Lidell, le cinquième album de l’anglais du même nom. Après nous avoir séduit avec Multiply et Another Day où sa voix neo soul était mise en valeur, Jamie Lidell revient avec What A Shame, premier extrait de son nouvel album. Plus électro, What A Shame ne relègue pas pour autant la superbe voix de Jamie Lidell au second plan.

Critique : By Your Side, premier album de Breakbot

Breakbot, que nous vous présentions dans notre catégorie OVNI au mois d’août dernier, est décidément l’artiste funky du moment. Après les excellents Fantasy et Baby I’m Yours, nous nous attendions donc à un album haut en funk et en disco. Eh bien nous voilà servi ! By Your Side c’est, comme sa pochette, de la gourmandise chocolatée ! C’est doux et sucré, ça s’écouterait sans fin. Seulement voilà, il y a tout de même un bémol. Depuis que le monde attend ce premier album il faut dire que nous nous attendions à un opus d’une dizaine de titres inédits du même acabit que les titres suscités qui ont envahi les ondes depuis quelques années. En lieu et place By Your Side est composé de quatorze titres dont Baby I’m Yours, Fantasy, Programme et One Out Of Two, déjà sortis sur la toile et en EP. On regrette d’autres titres de Breakbot moins commercialisés, comme Shades Of Black. Les dix titres restant sont un magma de funk, électro et nu-disco plus ou moins semblables, nous ramenant tous au temps des pattes d’eph’ et des boules à facettes. Le très court Easy Fraction fait exception avec une touche hip hop, non sans nous déplaire, mais malheureusement bien trop court (à peine 1’17). Autres regrets, les featurings trop peu variés. On est toujours fans des voix d’Irfane et Ruckazoïd, mais au fil que les titres défilent, on est vite lassés. Heureusement Breakbot fait appel à Pacific!, groupe suédois avec lequel il a déjà collaboré par le passé à l’époque de Moshi Moshi, pour les titres éponymes By Your Side Part 1 et 2. Malgré tout, By Your Side vous met du baume au cœur, que ce soit par son aspect nostalgique ou pour ses touches « summer » qui nous rappellent que l’été n’est pas si loin derrière nous. Chez Soul Ton Oreille on reste persuadés que s’il était sorti pendant l’été, By Your Side aurait eu plus de succès. Mais dépoussiérons plutôt ce vinyle et voyons ce qu’il a dans le ventre. L’album débute avec l’instrumental Break Of Dawn. La rythmique est fidèle aux albums des années 70/80,  entre funk et disco, accompagnée de riffs de violons. Suit Fantasy, qu’on ne présente plus, porté par Ruckazoïd dont la voix se rapproche fortement de celle de Michaël Jackson. One Out Of Two, sorti en EP cet été, dont les riffs de guitare électrique apportent une touche moderne à cette réplique de générique old school.

Regardez : Breakbot featuring Irfane – One Out Of Two

Arrivent By Your Side part 1 et 2. La première partie, sorte d’intro à la deuxième, invite aux élans langoureux de fin de soirée par sa douceur jusqu’à transiter, sans que l’on s’en rende compte, en une deuxième partie plus groovy, rythmée çà et là par des tirs de lasers, on ne peut plus kitch. Dommage que l’on n’entende pas plus Pacific! Pour You Should Know le piano est plus présent et la voix de Ruckazoïd se fait plus soul. La ballade soulful The Mayfly And The Light ne séduit pas. Les arrangements sont trop classiques et la voix d’Irfane devient moins envoûtante. On reconnaît la patte électro de Breakbot avec Programme, autre instru, présente également sur l’EP One Out Of Two.

Ecoutez : Breakbot – Programme

Easy Fraction c’est LA surprise avec son background hip hop, à l’opposé du reste de l’album. Mais pourquoi ne pas avoir prolongé le morceau de deux ou trois minutes ? Car nous restons clairement sur notre faim.

Ecoutez : Breakbot – Easy Fraction

Baby I’m Yours c’est la cause de tout cet engouement autour de Breakbot. Il faut avouer que ce titre d’une efficacité implacable ne peut que séduire. Cette déclaration d’amour entêtante arrive même encore à trouver grâce à nos yeux deux ans après sa sortie. Ouverture au piano pour la ballade électro Another Dawn, et encore et toujours Irfane à la voix. Why, où la ressemblance vocale de Ruckazoïd et Michaël est plus prononcée encore, jusqu’à y trouver une certaine similitude avec Off The Wall du King Of Pop. A Mile Away, rythme plus lent et guitare funky, ouvre les portes et vous pousse vers la sortie en enchaînant avec Intersection, instru ultra groovy qui clôt l’album de la même façon qu’il a débuté, tout en douceur.  En résumé nous avons donc un album dont la plupart des titres qui le composent se ressemblent sans pour autant nous déplaire. Ce n’est pas transcendant et l’album ne restera sans doute pas dans les mémoires, mais Breakbot signe avec By Your Side un premier album prometteur. Notons tout de même que By Your Side est disponible en CD et vinyle mais aussi, et là ils ont fait fort, en chocolat ! Vous ne nous croyez pas ? Jetez plutôt un œil…

Regardez : Breakbot au chocolat

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