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Critique : M.I.A., déesse Matangi ?

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Elle en aura accouché dans la douleur… Pas forcément de son fait, mais Matangi (en référence à Mathangi, déesse de la musique, mais aussi à son prénom à la ville) aura mis longtemps à sortir, en raison surtout de mésententes avec Interscope. Mais le voilà enfin débarqué, ce quatrième album studio de M.I.A. ! Celui qu’on avait notamment attendu après la sortie de l’hymne Bad Girls et son excellent clip en 2012 déjà, puis Bring The Noise, single diffusé en juin dernier, est finalement composé de 15 titres marqués de la patte électro-orientale de la chanteuse.

Matangi est un joyeux bordel pour être tout à fait honnête. Ça part dans tous les sens mais l’effort reste appréciable et permet une vraie plongée dans l’univers de la chanteuse, qu’on sent plus authentique ici que sur son précédent album. Côté invités, M.I.A. a su s’entourer en faisant appel aux producteurs Surkin, Danja, Switch ou encore Hit-Boy, s’accompagnant aussi de The Weeknd sur la suite Exodus et Sexodus.

Témoignage du bazar organisé de Matangi ? Le titre Come Walk With Me, qui commence tranquillement comme une petite ritournelle et vire en collage de sons et distorsions vocales sur un rythme accéléré. Pratiquement à l’opposé du tube Exodus (produit par Switch), qui permet un morceau relativement posé mais entraînant, propre dans sa construction mais sale en même temps, complété de Sexodus, cette fois co-produit par Hit-Boy. Voyant donc la collaboration officielle de The Weeknd (expert de la mise en pratique de l’oxymore « propre x sale ») et un sample de son Lonely Star, ces titres s’éloignent de l’électro boolywoodien de la chanteuse et le premier permet de reprendre son souffle dans l’écoute épique de Matangi.

Ecoutez : Exodus de M.I.A. featuring The Weeknd

Celle que le grand public connait presque uniquement pour Paper Planes se lâche ici comme sur ses réseaux sociaux où ses attaques ces derniers mois étaient légion. Avec Y.A.L.A., elle tacle ouvertement l’autre canadien du moment, Drake, en se faisant apôtre de la réincarnation. Un You Always Live Again à l’opposé d’un You Only Live Once, tant lyricalement que musicalement. Au-delà de l’agitation de ses productions, on sent M.I.A. énervée et sa quête vers le karma promise dans le premier titre, Karmageddon, paraît chaotique.

Only 1 U, seul morceau pour lequel on la retrouve à la production, fonctionne bien et est également un emblème du collage musical qui constitue l’opus, alors que Know It Ain’t Right se pose en coup de cœur nous permettant de profiter de la voix de M.I.A. sans trop d’effets ajoutés, avec une production lui permettant de la mettre en valeur.

Ecoutez : Only 1 U de M.I.A.

On l’a dit au début, Matangi est un joli bordel, donc on ne saurait que vous conseiller de vous y plonger sans a priori en sachant cependant que l’expérience ne sera absolument pas de tout repos. Cet album est finalement à double tranchant : soit M.I.A. va vous réveiller et vous remplir d’énergie, soit vous allez détester. Nous on a franchement bien aimé !

Embarquez pour l’univers de KAE et ses 5POTS

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5POTS
, c’est le nom de l’album de KAE, une jeune artiste égyptienne qui vie en Italie, qui signe cet album sous le label Cascade Records dont nous vous reparlerons très prochainement. A travers ce titre, elle veut nous faire découvrir sa vision des 5 parties qui constituent l’âme. Elle nous invite donc à un voyage fantastique, nous transporte au coeur de son univers qui s’inspire autant de la soul que du hip-hop ou encore de l’électro. Ses inspirations sont très diverses et il est difficile de tout noter mais une chose est sûre, on ne ressort pas indifférent de cette écoute.

Au fil des cinq morceaux on retrouve donc des sonorités des années 90 qui nous rappellent UB40 et des rythmes très house, mais pas ceux que l’on peut entendre en boîte, non, ceux sur lesquels les danseurs se lâchent et nous mettent des paillettes dans les yeux. Le morceau Heart en est un très bon exemple. D’un autre côté, on découvre des morceaux avec des beats plus marqués, clairement inspirés du hip-hop tel que dans Name ou alors beaucoup plus aériens comme le montre très bien le clip du titre Spark.

Regardez : Kae – Spark (Mister Bibal Remix)

Au final, c’est un concentré de bonnes vibes qui nous transporte le temps des cinq morceaux qui composent 5POTS. Un voyage très agréable mais trop court, on aurait aimé en découvrir encore plus. KAE a réussi à mixer les genres d’une façon telle que même si l’on n’accroche pas forcément à un style, l’ensemble passe malgré tout très bien. A présent les bichons, il ne vous reste plus qu’à prendre vos billets pour ce nouveau monde et laisser KAE s’occuper de votre âme, et nous vous proposons un petit teaser pour vous permettre de vous faire une idée générale.

Ecoutez : KAE – Five Parts of the Soul (Teaser)

Pour aller plus loin :

RJD2 revient en force avec More Is Than Isn’t

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Elle est là la petite pépite auditive qu’on n’attendait presque pas ou qu’on aurait pu oublier. RJD2 a en effet fait son comeback sur le devant de la scène musicale avec More Is Than Isn’t, son nouvel album sorti début octobre. Alors qu’on l’avait quitté à bord de son Arche de Noé accompagné du flibustier soul Aaron Livingston pour le projet Icebird, The Abandonned Lullaby, c’est quasiment en solo que le producteur nous revient avec ces 16 pistes totalement folles !

Commençons par le commencement et la superbe entrée en matière créée par le sobrement intitulé Suite 01. Des touches délicates de piano aux gazouillis d’oiseaux, c’est un morceau paisible qui nous emporte vers l’univers très coloré de Ramble John Krohn et l’indispensable Temperamental, morceau phare de l’album. Porté par le flot de rimes de Phonte Coleman, ce titre se pose comme une introduction soulful et suffisamment énergique pour donner la mesure d’une partie des autres pistes de l’album marquées de ce même aspect soul. Sur See You Leave, les participations de STS et Khari Mateen produisent un morceau plein d’âme qui figure lui aussi parmi les meilleurs de l’album.

Ecoutez : Temperamental de RJD2 featuring Phonte Coleman

Avec Behold, Numbers!, c’est une fusion des genres qui prend place et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est réussie : le classique rencontre un sample disco pour un résultat funky à souhait parfaitement monté sur une construction efficace et dynamique. Les aspérités rock et orientales à la fois de Her Majesty’s Socialist Request montrent une nouvelle fois l’habilité de RJD2 à fusionner les genres pour un résultat homogène et jouissif. Milk Tooth, Winter Isn’t Coming (référence à nos amis de Westeros ?), A Lot of Night Ahead of You, Descended from Myth font la part belle à la production de son auteur, pour des titres 100% instrumentaux qui touchent plutôt à sa palette électronique alors que Bathwater (troisième morceau qu’on citera parmi le top 3), Got There, Sugar, It All Came to Me in a Dream laisseront la place à des sonorités plus hip hop voire pop notamment avec l’indispensable collaboration d’Aaron Livingston sur Love and Go ou encore sur le titre Dirty Hands.

Regardez : Her Majesty’s Socialist Request de RJD2

Suite 02 et Suite 03, logés au cœur et à la fin de cet opus, permettent de souffler et prendre une respiration dans ce patchwork de sons et d’influences pour reprendre la lecture apaisé, tout en rappelant la douceur de Suite 01.

Au final, More Is Than Isn’t sonne assez old school avec beaucoup de mélanges de styles pour un électro métissé. Certes, ce genre ne convainc pas toujours, mais n’oublions pas qu’une partie du courant est aussi à l’origine de notre musique préférée (rappelez-vous le début du mouvement hip hop et ses multiples emprunts à la funk suivi de l’émergence de l’électro boogie…). Au carrefour des styles, RJD2 propose un album frais, dynamique et éclectique qui met une pêche bien efficace pendant et après son écoute. On en redemande.

Pour aller plus loin :

The Child of Lov, et du hip hop aussi un peu

On a tous un(e) ami(e) qu’on ne voit pas assez et le jour où vous vous retrouvez, vous parlez de tout, de rien et de musique forcément. Ça parle Breakbot, électro, Gambino (la vérité !) et ça se finit en session d’écoute de nos artistes du moment, de nos bandes-son de la saison. Et ça fait explorer le monde de The Child of Lov. Avec un album éponyme sorti au cours du premier semestre 2013, The Child of Lov, c’est bien plus que des artworks colorés et une tronche qui rappellera un joueur suèdois du PSG.

Cole Williams à l’état civil, est un néerlandais en pleine vingtaine qui propose avec cet opus un son génialement efficace et se laisse écouter en boucle. Groovy et funky, The Child of Lov sait en plus s’entourer : avec un arrière-goût d’Orient et un côté mystique, Owl voit le non moins mystérieux DOOM faire une apparition remarquée, alors que sur One Day, c’est Damon Albarn qui vient poser sa voix.

Ecoutez : Owl de Child of Lov featuring DOOM

Perfectionniste, on sent et ressent sur chacun de ses 10 morceaux que The Child of Lov a passé du temps à construire ses productions pour obtenir une consistance unique et un son propre. Sa voix très particulière vient s’ajouter pour apporter de la chaleur ainsi qu’un côté brut aux morceaux ficelés sans accroc du côté instrumental. Une chaleur soul sur Fly, qui nous rappellera Gnarls Barkley, comme un hommage au genre musical qui l’a formé et qui l’inspire encore aujourd’hui. Un esprit funky sur l’énergique Heal, confirmant que The Child of Lov joue à mêler les genres au sein de ses compositions, pour un résultat harmonieux qui nous empêchera de lui coller une étiquette en particulier.

Regardez : Heal de The Child of Lov

The Child of Lov, c’est en somme un album électrique, éclectique et électrisant qu’on ne va pas ranger de si tôt !

Pour aller plus loin :

OVNI : découvrez l’électro/soul de James Blake

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C’est l’info qui a certainement fait 10 fois le tour de la planète ces dernières semaines… James Blake nous a dévoilé le fruit de sa bien belle collaboration avec Chance The Rapper, Life Round Here, morceau issu de l’album Overgrown sorti en avril dernier.

Regardez : James Blake feat. Chance The Rapper – Life Round Here

La révélation de cette version de Life Round Here est l’occasion de vous faire découvrir cet ovni musical à la voix limpide et planante. À 24 ans, l’anglais James Blake est devenu un véritable phénomène, unique représentant d’un genre musical dont il est lui-même l’inventeur. Du dubstep ? De l’électro ? De l’électro-soul ? Du post-dubstep ? James Blake c’est tout cela, mais sans jamais demeurer enfermé dans l’une de ces cases. La singularité de James réside dans sa voix, qui rivalise avec les meilleurs instruments de musique, mais aussi dans sa manière de composer ses instrus. Une inventivité sonore mettant à l’honneur des chants suspendus, des silences, des cliquetis électroniques ou encore des pulsations hip hop ralenties. Résultat, chaque morceaux dégage une grande profondeur et des ambiances totalement oniriques au service d’une voix qu’il étire avec des effets d’écho maîtrisés.

Nous sommes fin 2010, Limit To Your Love, morceau minimaliste et aérien avec ses basses vrombissantes est le morceau qui propulse le jeune britannique en tête des charts anglophones.

Regardez : James Blake – Limit To Your Love

Dès sa plus tendre enfance, James s’exerce au piano classique et ce jusqu’à ses 19 ans. Il n’est alors qu’un simple interprète dévorant des partitions ça et là. Seulement voilà, cette envie presque viscérale de composer, d’improviser, de trafiquer des sons se révèle de plus en plus forte, devenant même une obsession. En 2009, il se consacre alors pleinement (dans sa chambre) à l’enregistrement d’un premier maxi, Air & Lack Thereof , sur le label Hemlock. Lorsque l’EP tourne tranquillement sur les ondes de BBC Radio 1Gilles Peterson, DJ et propriétaire de plusieurs labels à Londres, le repère et l’invite dans son émission de radio pour un mix spécial. James ne tarde donc pas à être l’objet de grandes attentions, notamment de la part de Pitchfork et de la BBC, qui le classent parmi les artistes à suivre de près en 2011.

En trois mois, James charbonne et livre un album sobrement intitulé James Blake. Un album sorti en février 2011, encensé, dont beaucoup s’accordent à dire qu’il est « glaçant de beauté, brillant ». Quant à sa voix au timbre pour le moins atypique, beaucoup la taxent de soul. Est-ce ses écoutes prolongées de Stevie Wonder ou D’Angelo qui ont influencé sa façon d’interpréter ses chansons, à savoir de manière très soul ? Peut-être.

Comme on vous le disait au début de cet article, James Blake est désormais auteur d’un deuxième album, Overgrown, sorti en avril dernier. Sur ce nouvel opus, James n’a pas caché ses accointances avec le milieu du hip hop en invitant Chance The Rapper et RZA. Les flows des deux rappeurs viennent trancher le côté lustré des morceaux et le style un peu chaste de James – ce qui n’est pas pour nous déplaire. Toutefois sur les autres morceaux, James reste très fidèle à ce qu’il a déjà fait sur son précédent opus, à savoir des morceaux très épurés – toutefois dissemblables – avec les effets qu’on lui connaît : les silences, les échos, les cliquetis qui résonnent. En revanche, sa voix est davantage posée et transpire un genre de soul qui compose avec des techniques de son novatrices.

Regardez : James Blake – Retrograde

Sachez également que sa collaboration avec Chance The Rapper risque fort de se renouveler dans le futur. En effet, le MC, séduit par la musique de James, a confié dans un magazine américain vouloir être présent sur d’autres morceaux. On a envie de leur dire, allez-y les gars vous gênez pas !

Pour aller plus loin :

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