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Critique : Kendrick Lamar – good kid, m.A.A.d city

« Tell em I’m going big, bitch, suck my dick ». Pour traduire ça gentiment : « Dis leurs que je grossis ». Voilà ce que scandait il y a un peu plus d’un an le nouveau protégé de Dre sur un The Spiteful Chant épique. Visionnaire sans doute, puisque Kendrick Lamar est aujourd’hui en pleine explosion après un bon job d’une critique presque trop unanime à son sujet.

Tandis que Section.80 était uniquement disponible en téléchargement, good kid, m.A.A.d city symbolise pour son auteur le passage du dématérialisé au physique, et par extension le passage du projet indépendant à l’album studio signé en major. A l’écoute, l’évolution parait d’autant plus évidente : ce premier disque est l’objet d’une véritable construction là où Section.80 misait davantage sur un éclectisme certes maitrisé mais sûrement pas aussi salvateur. Le sous-titre désignant l’album comme « un court-métrage de Kendrick Lamar » n’est jamais usurpé tellement l’ensemble fait appel aux codes cinématographiques, pas tant dans la forme sonore que dans la progression narrative ici déployée.

Car comme son nom l’indique, l’album raconte avant tout l’histoire de ce bon gamin dans une ville folle, et prend pour thématique l’idée selon laquelle  l’homme est façonné par l’environnement dans lequel il vit. A ce titre, les deux pochettes des éditions simple et deluxe (laquelle contient trois titres supplémentaires tous très bons, dont le single The Recipe) sont chargées de cette symbolique. Sur la première, on y voit deux de ses oncles et le tout jeune Kendrick (la photographie date de 1991) sur les genoux de son grand-père, lequel reproduit un signe de gang de la main gauche. Sur la table, un biberon, et une bouteille d’Olde English. Sur la seconde pochette, on trouve le van de sa mère, un Dodge Caravan qui fut la première voiture du rappeur et le lieu de nombreux évènements peu recommandables. De quoi appuyer visuellement le récit de cet enfant paumé quelque part entre les Crips et les Bloods, entre Halle Berry et hallelujah, et qui finalement se contente de prendre la voie dictée par Compton et ses potes, autrement dit la mauvaise, celle de la facilité. C’est le propos du superbe The Art of Peer Pressure, un des meilleurs morceaux de l’album : « Rush a nigga quick then we laugh about it/That’s ironic, ’cause I’ve never been violent, until I’m with the homies » (traduisez : « Se ruer sur un mec et en rire, c’est ironique parce que je n’avais jamais été violent, avant de trainer avec les potes »).

Ecoutez : Kendrick Lamar – The Art of Peer Pressure

Celle qui fut longtemps considérée comme l’une des villes les plus dangereuses au monde constitue donc un élément central du disque. Compton jouit d’une notoriété qui fascine, a fortiori sur la carte du hip hop où elle a l’image d’un véritable vivier de talents : de Dr. Dre à DJ Quick, d’Eazy E à MC Eiht (d’ailleurs en featuring sur l’album), d’Ice Cube à MC Ren, on ne compte plus les figures légendaires qui en sont issues. Forcément, Kendrick Lamar tire profit – a t-il vraiment le choix ? – de cette exposition de son lieu de naissance qui le désigne d’emblée, à la manière de The Game en 2005, comme la relève du rap californien à la N.W.A. Mais si les deux rappeurs ont en commun une ville, une passion immodérée pour le hip hop et une admiration envers ses grands acteurs qu’ils écoutaient étant jeunes et qu’ils côtoient désormais, Kendrick Lamar fait moins dans le « name-dropping » que dans le récit urbain. Sur Compton, morceau final en featuring avec Dre et produit par l’inusable Just Blaze, l’hommage se marie parfaitement à une conscience sociale qui semble ne jamais quitter le MC : « I’m trying to stay grounded like four flats/But i know flats and Piru Crip tats/Will swarm on me like beehive » (traduisez : J’essaie de garder les pieds sur Terre comme une tire aux quatre pneus à plat, mais je sais que les flats et les Piru Crip tats (ndlr : des gangs locaux) vont me suivre partout comme un essaim d’abeille »). Il suffit de jeter une oreille au morceau du même nom par The Game (au demeurant très efficace) pour saisir la différence de traitement.

La teneur lyricale de good kid, m.A.A.d city est donc bien réelle. Mais en l’état, c’est à dire une chronique du ghetto, elle resterait d’un classicisme confondant. La force de Kendrick Lamar est d’en livrer une version profondément introspective, pour ne pas dire cathartique. Ayant grandi au milieu des gangs sans jamais en avoir lui-même fait partie, il profite d’une neutralité de point de vue qui démultiplie immédiatement la richesse textuelle de son approche. Dès lors, il ne s’agit pas de faire l’apologie de son quartier, ni même la critique. Il s’agit simplement d’en conter l’histoire à travers la sienne, d’en décrire les bons et les mauvais côtés, avec une préférence pour les seconds évidemment plus nombreux. Le rappeur narre son vécu comme s’il s’en vidait, depuis les échappées nocturnes entre potes dans le van de sa mère en passant par les soirées à se retourner la tête (Swimming Pools (drank), le hit de l’album), jusque dans ses expériences personnelles les plus indélébiles. Rappelons que « m.A.A.d » est un acronyme de « my Angel’s on Angel dust », autrement dit « Moi, un Ange dans la poussière d’Ange » (ndlr : la poussière d’Ange désigne le PCP, une puissante drogue hallucinogène que Kendrick a une fois accidentellement consommé). good kid, m.A.A.d city est la matérialisation d’une lutte entre la candeur d’un enfant et la violence d’un environnement, contée par un adulte qui a péché et péchera encore, mais qui l’a compris. « Kendrick AKA Compton’s human sacrifice » (traduisez : « Kendrick ou le sacrifice humain de Compton »).

Regardez : Kendrick Lamar – Swimming Pools (drank)

Mais l’album ne serait pas ce qu’il est sans un édifice sonore à la hauteur de la verve de son auteur. Extrêmement variés (12 titres pour autant de producteurs), les instrumentaux ne s’extirpent pourtant jamais du carcan textuel créé par Kendrick.  Ils servent le propos en toutes circonstances, sans nuire une seule seconde à l’homogénéité thématique d’un disque cimenté par les nombreux interludes parlés liant les titres entre eux. Sans sourciller, on passe ainsi du minimalisme des percussions de Backseat Freestyle (qui ne sont pas sans rappeler certaines productions de Dre sur Straight Outta Compton ou Eazy-Duz-It à la fin des années 80) aux chœurs envoûtants de I’m Dying of Thirst, de la lourde cavalcade musicale de m.A.A.d city aux douces envolées de violon de Sing About Me, de l’hypnotisme de Swimming Pools (drank) au froid réalisme de The Art of Peer Pressure. Fort de la production exécutive de l’ex N.W.A, il va sans dire que l’album profite d’une réalisation de grande envergure et dégage une vraie puissance sonore. L’équilibre entre accessibilité au grand public et recherche musicale est constamment maintenu mais penche toujours légèrement, non sans une certaine classe, du second côté.

Dans ces circonstances, il devient difficile de trouver quelque chose de valable à redire sur le disque conceptuel du natif de Compton, tant chaque angle se veut pleinement maitrisé pour mieux former un tout à la fois solide et complexe. Alors tant pis pour le cliché à l’heure où les médias se sentent trop obligés de s’approprier Kendrick Lamar et son œuvre aussi élitiste que populaire, il vaut mieux se rendre à l’évidence et admettre que good kid, m.A.A.d city a définitivement la consistance et l’affinage d’un grand, très grand album.

Kendrick Lamar se noie dans l’alcool

Snoop Dogg transformé en Snoop Lion (son nouveau pseudo adopté après avoir été touché par la grâce jamaïcaine), la voie est désormais libre pour la relève de Los Angeles. Ainsi le nouveau poulain de Dr. Dre, Kendrick Lamar, récemment signé chez Aftermath, va nous sortir au mois d’octobre son premier album studio Good Kid, Mad City. Faisant suite au très bon Section.80 sorti l’an dernier sur un label indépendant, Kendrick Lamar annonce en interview chez XXL que le Good Kid, Mad City ne sonnera pas comme son album précédent.

Le disque produit par notre bon vieux Dr. Dre devrait se concentrer sur Compton et la dangereuse cité des anges. Los Angeles de retour sur le devant de la scène ? Nous verrons bien dès le 2 octobre. En attendant Kendrick Lamar nous offre un nouvel extrait après The Recipe, cette fois-ci nous avons même le droit à une vidéo un peu arrosée dans laquelle le rappeur noie sa détresse dans l’alcool avant de tomber dans une piscine tout habillé (désolé mesdames il n y a rien à voir !) Sachant que Kendrick ne boit pas vraiment, Swimming Pools (Drank) est donc une oeuvre de fiction qui se laisse apprécier visuellement, tout en susurrant du bon rap à vos oreilles.

Regardez : Kendrick Lamar - Swimming Pools (Drank)  :

Kendrick Lamar de retour avec Dr.Dre

Force est de constater que Kendrick Lamar reste tout de même un grand inconnu pour la majorité du public français. Pourtant, cette année 2012 lui semble grande ouverte. Après son premier album Section 80 plus que salué par la critique, il travaille d’arrache-pied sur son second opus, le premier sous la houlette Aftermath/Interscope tout en restant affilié à son label initial, TDE. Un gros coup donc pour le petit Kendrick, ce qui cette fois rend le soutien de Dr. Dre envers son poulain plus qu’officiel. En attendant plus d’informations comme un nom et une date de sortie pour ce nouvel album, voici donc The Recipe en featuring avec Dr.Dre, premier single officiel de ce qui s’annonce déjà comme un grand disque. Et on a hâte.

Kendrick Lamar Feat. Dr.Dre – The Recipe

The R.E.D. Album – Game

Jayceon Terrell Taylor, plus connu sous le nom de The Game (Game depuis peu), nous a gentiment offert son quatrième effort solo cette semaine, The R.E.D. Album. Alors, est-ce que cette longue attente en valait la peine ? En un mot comme en cent : oui !

C’est donc avec une galette de 21 morceaux (22 si l’on inclut le bonus track iTunes Basic Bitch) que Game nous fait un retour en force. Et pas que lui tout seul d’ailleurs, puisque cet album a bénéficié de la crème des producteurs actuels, mais aussi des anciens. Dr Dre, DJ Khalil, No I.D., 1500 or Nothin’, Hit-Boy, StreetRunner, Maestro, Mars, The Futuristics, Boi-1da, DJ Premier et The Neptunes, tous forment l’armada avec laquelle Game s’est entourée. Rien que ça. Et je peux vous affirmer qu’ils ont fait leur boulot bien comme il faut ! L’art subtil et délicat du sampling est sollicité à maintes et maintes reprises et ce sans fausses notes aucunes. On passe du sample soul de Don’t Make The Good Girls Go Bad par Delia Humphrey sur Good Girls Go Bad à celui de Kernkraft 400 par Zombie Nation pour Red Nation avec Lil Wayne, ou encore Rocketship de Guster sur Pot Of Gold avec Chris Brown, pour ne citer que ceux-là. Même un passage du film Boyz’N The Hood a été utilisé pour le titre Ricky, un morceau qui vous filera un mal de crâne (dans le bon sens du terme) tellement qu’il est lourd.

Côté guests Game n’a pas fait dans la demi-mesure, chose que tout le monde n’appréciera pas forcément, les features pouvant vite dénaturer tout un album. Mais pour ma part, cela apporte un plus à l’œuvre et non l’inverse. Surtout quand on en voit la liste, rendez-vous compte par vous-même : Kendrick Lamar (qui tue tout sur le titre The City), Dr Dre, Snoop Dogg, Sly, Tyler, The Creator et Lil Wayne sur Martians vs Goblins (morceau aussi barré que ses auteurs, mais on en redemande), Drake pour Good Girls Go Bad, Rick Ross, Beanie Sigel, Young Jeezy, E-40, Big Boi, Lloyd, Mario, Wale, Luu Breeze et enfin Nelly Furtado pour le morceau Mama Knows ! J’espère que vous avez retenu votre souffle.

A l’écoute de l’album, il m’est difficile de donner un avis autre que subjectif sachant que tous les goûts sont dans la nature et que ce qui me plaît ne sera pas forcément votre choix principal, mais si vous avez aimé The Documentary, The Doctor’s Advocate et L.A.X., à savoir les trois précédents opus, The R.E.D. Album ne devrait pas vous décevoir puisqu’il s’inscrit dans la droite lignée de ces derniers. Après, on ne sait jamais, mais honnêtement, je doute fort qu’il ne trouve pas sa place dans votre discothèque hip-hop.

Beats By Dr. Dre ? Non, Beats By HTC

Voilà une info qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. La société taïwanaise HTC, bien connue pour ses smartphones dernier cri, vient de taper dans la main de Dr. Dre pour une prise de contrôle du côté de Beats Electronics, histoire d’exploiter la renommée et la technologie des casques Beats By Dr. Dre. Mais oui, vous connaissez forcément ! Ce sont surtout les gros casques, souvent laqués, avec un « B » dessus qui ressemble à un « 6. »

Même si notre docteur préféré et l’autre co-fondateur de la marque Jimmy Lovine devraient rester dans l’affaire, HTC Corporation ne s’offre pas moins de 51% du capital de la marque qui aime l’oreille grave, cela pour un montant estimé à environ 300 millions de dollars ! Ainsi, on ne devrait pas tarder à voir la techno des écouteurs débarquer dans les smartphones de la société dirigée par Peter Chou. Tenez, ils ont déjà sorti une vidéo promotionnelle pour annoncer le mariage des deux entités (avec les Black Eyed Peas et leur titre Boom Boom Pow en fond sonore.)

Sources : Skeudsleblog.20minutes-blogs.fr et Journaldugeek.com

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