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5 raisons de voir Timberlake en tournée

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Ca y est, la tournée européenne est lancée ! Démarrée le 31 mars à Sheffield, Grande-Bretagne, c’est par Londres qu’est ensuite passé pour deux soirs Mr Justin Randall Timberlake. Présentes dans les travées de l’O2 Arena, nos oreilles vous font donc part aujourd’hui de 5 choses à savoir avant d’aller voir le chanteur pour son concert parisien au Stade de France le 26 avril prochain, spoilers inclus. Contrairement au Royaume-Uni où les tickets se sont vendus comme des petits pains et les concerts complets en 24h, il reste quelques places pour Paris : si vous hésitez encore à prendre vos tickets, peut-être ce recap saura-t-il vous convaincre… A ceux qui ont déjà leur billet, voilà à quoi vous attendre… A ceux qui n’y seront pas, on vous dit tout !

Numéro 1 : ce mec est un entertainer ! Si vous l’avez déjà vu sur scène, vous savez que monsieur fait le show (vous en aurez aussi eu un aperçu à la télé, notamment chez Jimmy Fallon). Présentes déjà sur la tournée FutureSex/LoveShow en 2007, nos oreilles avaient pu prendre la mesure : chant, danse, instruments, petite blagounette… Timberlake sait se mettre le public dans la poche et faire étendue de son talent, couteau-suisse style. A priori donc, de quoi se réjouir de cette 20/20 Experience en live et partir conquis d’avance.

Le spoiler : il est cette fois beaucoup moins multi-tâches ! On ne sait pas si c’est l’âge (eh oui, il a pris 7 ans quand même !) mais Justin TImberlake est moins omniprésent sur ce show. Une fois posé au piano pour Until The End Of Time, à la guitare entouré de sa troupe pour Drink You Away ou plus tard pour What Goes Around Comes Around, jouant du piano debout pour Señorita… même si c’est un détail pour vous, les moments du chanteur avec ses instruments de prédilection se font assez rares et pour nous ça veut dire beaucoup.

Numéro 2 : il danse, oui, mais pas seul ! Toujours bien entouré, c’est avec une petite troupe de danseurs que s’avance Justin Timberlake sur la scène de cette tournée. Accompagné de deux danseurs qu’on n’a pas de mal à classer dans le top des danseurs de notre génération (dont Nick Bass, déjà présent sur ses deux shows précédents et par ailleurs casté par feu le King of Pop pour sa dernière tournée), c’est en comptant aussi sur l’énergie de ses camarades et la mise en mouvement de ses titres que Justin tourne. Evidemment, les routines maintenant classiques d’un My Love, d’un Like I Love You ou encore d’un plus récent Suit & Tie sont là et de nouvelles font leur apparition : sur Take Back The Night et son énergie communicative ou sur Let The Groove Get In qui laisse effectivement le groove nous habiter.

Le spoiler : des danseurs et des chorégraphies qu’on sait de qualité, mais une configuration de la scène et des lumières qui ne nous permettent pas d’en profiter vraiment. Parce que malgré sa fonction écran géant et ses jolies alvéoles, l’arrière de la scène propose très peu de diffusion live de ce qu’il se passe ça et là pendant le show, rendant la mise en scène minimaliste pas seulement par le côté intime souhaité, mais surtout dans le sens où on ne la voit pas. Une fois recalés au fonds dans l’obscurité, une fois dans un couloir dans le public encore presque sans projecteur… La déception de ne pouvoir profiter du spectacle dans son aspect danse de manière plus optimale est évidente.

Numéro 3 : le prolongement visuel de la métaphore optique de The 20/20 Experience Part 1 et 2 prend enfin (plus de) sens ! En s’appuyant fortement sur des projections tout au long de sa prestation en deux parties (pour au total deux bonnes heures et demi de show), Justin Timberlake essaie (on a dit essaie) de rendre l’expérience de son double album plus tangible visuellement. Mais également ses morceaux précédents, comme FutureSex/LoveSounds qui fera plaisir à tous les fans de mécanique (non, on n’en dira pas plus, mais si vous êtes fans de forets, vous allez en avoir plein la vue !). A côté de ça, les jeux de lumière viennent rappeler l’univers rétro et noir et blanc de l’album et quelques visuels récents (on pense évidemment à Suit & Tie).

Le spoiler : oh Timberlake, tu nous la fais pas un peu à l’envers, dis ? Quand monsieur la jouera un peu fainéant avec l’illustration de Tunnel Vision, diffusant simplement les corps nus du clip officiel, on a l’impression qu’il se moque complètement de nous après l’entracte, quand son visage s’affiche en gros plan pour un playback de Only When I Walk Away. Un playback !

Numéro 4 : une setlist à n’en plus finir ! Certes, il n’a à son actif que trois albums solo (ou quatre, à vous de voir comment les compter), mais quelle tripotée de tubes ! Ils y passent quasiment tous, en démarrant par Pusher Love Girl (presqu’aussi long sur scène que sur 1 of 2) et Rock Your Body, enchaînant assez logiquement ses gros titres, zappant avec quelques secondes d’un True Blood (merci de nous épargner l’intégralité du morceau mec, tu nous as fait plaisir) ou d’un Holy Grail. On se rend à nouveau compte qu’il n’a pas à rougir de son catalogue, quitte cependant à occulter quelques uns de ses morceaux récents de qualité, comme Amnesia qu’on aura juste timidement entendu pendant l’entracte et sa diffusion. En finissant sur un combo Suit & Tie, Sexy Back et Mirrors, la folie gagne enfin complètement la salle. Mais c’est déjà fini !

Le spoiler : pourquoi autant de reprises et fusions de titres l’ami ? Un Human Nature combiné avec What Goes Around Comes Around, un bout d’Heartbreak Hotel, un flashback en 1990 avec une reprise du Poison de Bell Biv DeVoe avec ses deux choristes males (chorégraphie vintage incluse), un passage de Jungle Boogie… Les références au passé sont nombreuses, renvoyant à l’aspect rétro qu’il souhaite donner à la tournée… mais perdant une partie du public dans le cosmos, ne comprenant pas forcément ces choix et hommages ! Quand on le félicitait pour la nouveauté et la fraîcheur apportées par FS/LS, le regard quasi-constant dans le rétroviseur et le manque d’originalité mettent vraiment un coup à 20/20, et ça s’en ressent malheureusement sur scène.

Numéro 5 : la scène. Jamais à court d’idées, c’est une scène qu’on qualifiera d’amovible que JT utilise sur The 20/20 Experience Tour. Alors que les musiciens entrent et sortent de leur fosse ou que des instruments font leur apparition miraculeusement au centre de la scène, c’est surtout son détachement durant la deuxième partie du concert qui étonnera, permettant à Justin et ses choristes de remonter la salle, passant au dessus du public situé au centre, lui donnant l’occasion également de saluer de droite à gauche le public latéral. Une manière plutôt cool de sa rapprocher du public mais l’éloignant de son autre soutien : ses Tennessee Kids, comprendre ses musiciens et choristes, qui pour leur majorité restent acculés au fonds.

Le spoiler : quand il s’arrête en route pour aller serrer les pinces des plus dépensiers ayant opté pour les billets les plus chers, puis qu’il s’installe sur une mini scène au centre, dos à 75% du public, pour l’interprétation notamment du niais Not A Bad Thing, on a juste envie de lui lancer des cailloux. Parce qu’en plus de tourner le dos à la salle, d’être sous la seule lumière à plusieurs mètres du reste de la scène où sont ses musiciens et choristes, les écrans ne diffusent pas grand chose d’autre que… deux refrains par ses choristes. Quitte à oser un mini showcase dans une enceinte immense, autant utiliser efficacement les écrans et jouer habilement des duplex !

Nous nous méprenez pas, cette 20/20 Experience vaut le déplacement. Notamment parce que malgré le poids des années, Justin Timberlake est un artiste talentueux et un showman comme on n’en a que peu, offrant un vrai show à l’américaine. Avec une mécanique bien huilée, la performance est plus que louable et vraiment au-dessus du lot, mais toutes ces petites imperfections, comparées à la qualité de FS/LS (l’album et la tournée), finissent de nous convaincre que The 20/20 Experience reste un projet moins bien pensé. Les allers-retours entre Justified, FutureSex/LoveSounds et 20/20 sont justifiés et bienvenus, plus que les hommages inopinés, mais montrent aussi que ses gros tubes des années 2000 sont ceux que son public reconnait et apprécie encore le plus. Alors que la moitié de la salle au moins aura galéré à aligner le second couplet de Suit & Tie, il n’aura eu absolument aucun mal à chanter Cry Me A River ou What Goes Around Comes Around. Comme si le JT qu’on aime et qui sait nous séduire le plus était condamné à nous raconter ses peines de coeur.

Critique : Black Milk – Glitches in the Break

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On vous avait présenté Black Milk comme un brillant représentant de la scène hip hop de Détroit, conquis par ses productions soul aux beats jazzy. Pour rappel Black Milk a signé en 2006 sur le label indépendant Fat Beat Records avec qui il a déjà sorti 5 albums et collaboré avec des grands noms comme Bishop Lamont, J. Dilla, Loyd Banks ou encore Jack White et Royce Da 5’9″. On retrouve d’ailleurs ce dernier sur le très bon titre Losing Out.

Regarder Black Milk featuring Royce Da 5’9″ – Losing Out :

Le mois dernier, Black Milk est revenu dans l’actualité avec un nouvel EP intitulé Glitches in the Break qui à la première écoute nous a beaucoup plu. Black Milk nous y propose un voyage musical dans son poste de radio et dès l’introduction ça part fort avec They Are Glitches qu’on aime pour son instrumental free jazz sur fonds de sirène de police. On change ensuite de fréquence pour Dirt Bells avec sa mélodie au xylophone plus épurée qui berce parfaitement le flow de Black Milk, le tout entrecoupé de scratch.

Ecoutez Black Milk – Dirt Bells :

Pas le temps de souffler, les morceaux s’enchainent rapidement comme avec le titre suivant Ruffin, au ton plus minimaliste qui nous fait penser à du Pete Rock. Black Milk continu à faire tourner les ondes de sa radio pour s’arrêter sur Silence, un morceau sombre et mystique avec des voix samplées un tantinet flippantes. One For a Dam nous fait encore changer d’univers avec une boucle électro funk qui montre l’indéniable influence de J. Dilla dans son travail. Sur G on se retrouve dans le générique de fin d’un western avec un sifflement vaguement mélancolique comme lorsque le héros s’en va au loin sans se retourner. Le titre suivant, Cold Day est comme un clin d’œil à Questlove avec un son nu soul à la batterie.

Ecoutez Black Milk – Cold Day :

En continuant avec ReaganBlack Milk propose un non-hommage à l’ancien président américain en critiquant la politique libérale qu’il a mise en place et dont on voit les funestes dégâts bien longtemps après sur sa ville de Détroit, aujourd’hui en faillite. Break vient enfin clôturer le maxi de fort belle manière avec son riff de guitare rageur et toujours une batterie en roue libre. Très agréable à écouter, on passe d’un univers à un autre sans temps mort. Nous sentons l’artiste très inspiré par sa ville et ses influences musicales tout au long de ses 9 trop courts titres en aimant toujours autant la qualité de ses productions. Au final, Black Milk n’est pas forcément le plus connu des rappeurs mais grâce à cet essai, il s’installe de plus en plus comme un acteur essentiel de la nouvelle scène hip hop US.

Album : défiez la gravité avec Kid Cudi

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Le voyage du Moon Man reprend : on l’avait découvert et adoré il y a déjà 6 ans avec A Kid Named Cudi, qui petit à petit nous emportait dans l’univers d’un rappeur de Cleveland qui n’est plus inconnu de personne, Kid Cudi. Avec la sortie de l’album Satellite Flight: The Journey to Mother Moon, Scott Mescudi reprend son parcours là où on l’avait laissé non pas après Indicud, mais Man on the Moon II: The Legend of Mr Rager. Voire même plus tôt. Annoncé sans grande précision quant à sa sortie, teasé par un extrait proposé ça et là, officialisé par un tracklist annonçant la couleur quant au voyage que le rappeur entreprendra sur ses pistes, c’est finalement sans délai que Kid Cudi aura sorti ce nouvel album de 10 titres le 25 février. Un voyage musical et un véritable retour au personnage initial auquel le musicien nous a habitués.

Ecoutez : Satellite Flight de Kid Cudi

N’allez cependant pas penser que Satellite Flight: The Journey to Mother Moon est du réchauffé. Non content de revenir à ces sources musicales et à son univers très spatial et aérien, Kid Cudi réussit à mixer les différents éléments qui ont composé sa musique ces dernières années. Quand certains auront eu du mal à accrocher à un WZRD ou un Indicud, ces deux albums ont aidé Kid Cudi à garder sa créativité en ébullition et certains des aspects qui ont fait de ces deux projets des détours dans son parcours se retrouvent en partie sur cet opus.

A commencer par Destination: Mother Moon, tout instrumental qui s’annonce comme un compte à rebours vers la lune, faisant par exemple écho au travail de WZRD par ses sonorités. Pas étonnant puisque ce nouvel album a entièrement été produit par Kid Cudi himself ou WZRD, son duo avec Dot da Genius. Avec Going to the Ceremony et son introduction, c’est Man on the Moon: The End of Day qu’il rappelle clairement alors que ses guitares et son flow mi-chanté, mi-parlé, pourront se rapprocher de sonorités entendues sur Indicud aussi. Deux morceaux qui mettent les choses au clair dès le début de l’écoute : oui, le Moon Man est de retour avec son univers bien à lui et sans rien renier de ses différents opus sortis depuis 2008.

Ecoutez : Copernicus Landing de Kid Cudi

Le mélancolique Satellite Flight enchaîné par l’instrumental Copernicus Landing et sa montée en puissance, annoncent l’arrivée de Kid Cudi dans le coeur du projet pour deux morceaux majeurs, et le voient atterrir dans un univers presque feutré avec l’unique collaboration de l’album. Sur Balmain Jeans, Kid Cudi signe l’un des meilleurs morceaux de l’opus et c’est en compagnie de Raphael Saadiq que la magie opère. Aux paroles très explicites, ce morceau très sensuel saura électriser l’auditeur, l’un des plus beaux titres proposé par Kid Cudi depuis ses débuts.

La suite, Too Bad I Have To Destroy You Now, permet à Kid Cudi de revenir à une combinaison qui fait son succès : rap et chant se complètent, pour redécouvrir son phrasé rapide « perdu » depuis Man on the Moon II: The Legend of Mr Rager, et ici mêlé à des refrains chantés. Une expérience typique dans le voyage du Moon Man, ce titre se fait pierre angulaire du travail de Kid Cudi depuis des années et pilier de ce nouveau projet.

Sur Internal Bleed, le côté sombre de Kid Cudi refait son apparition, pour un titre lui permettant d’exprimer sa douleur, toujours dans une ambiance parfaitement cohérente avec l’ensemble du projet et nous exposant tous les éléments de son parcours. La dernière partie du morceau, hachurée par un silence brusque, permet de mettre en avant encore une fois l’univers spatial du rappeur, pour accentuer à nouveau l’aspect cinématographique du projet.

Ecoutez : Too Bad I Have To Destroy You Now de Kid Cudi

Derniers titres, dernières références au passé : In My Dreams 2015 et Return of the Moon Man (Original Score) achèvent de faire le pont entre la fin des années 2000 et aujourd’hui pour deux sections 100% instrumentales. Quand le premier fera simplement la jonction avec le tout premier titre de Man on the Moon: The End of Day, le second se présentera comme un final en apothéose, digne d’une bande originale de film. L’absence de paroles n’empêchant en rien une narration, Kid Cudi réussit avec sa production à nous emmener avec lui encore une fois pour un morceau de 5 minutes qui nous fait comprendre que l’aventure touche à sa fin. Troubled Boy, un titre cette fois plus terre à terre, posé et simple dans sa production, permet enfin de mettre un terme à ce nouveau périple du Moon Man.

C’est toujours tourmenté mais clairement apaisé qu’on retrouve Kid Cudi sur Satellite Flight: The Journey To Mother Moon. Libre dans sa création, soucieux de proposer un voyage de qualité à ses fans en particulier sans en faire un album inaccessible, c’est un retour aux sources pour Scott Mescudi qui fait de ces 10 titres un tremplin efficace et réussi vers le troisième voyage officiel attendu en 2015 avec Man on the Moon III.

Critique : Alchemist & Evidence sont les Step Brothers

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A votre gauche, Evidence – rappeur, producteur californien membre des Dilated People. A votre droite : Alchemist – DJ, rappeur, producteur entre autres de Nas et Eminem. Associez les deux et voilà Step Brothers, à mi-chemin entre le délire de potes et le « super-groupe » comme on en rêve souvent. Avec un album sorti il y a quelques jours, Lord Steppington, l’union des forces est officialisée et c’est une évidence (!!!), ces 14 titres démontrent des qualités indéniables.

Annoncé déjà en 2009 et prêt depuis un an, ce projet aura mis son temps à mûrir et se lancer, amenant au passage quelques invités pour compléter un casting 5 étoiles : Oh NoAction Bronson, Blu, Roc Marciano entre autres. On a aussi droit au retour via The Whooliganz de Scott Caan derrière un mic. On ne doute pas que comme nous, vous ne vous attendiez pas à entendre un blondinet d’acteur au micro sur un projet hip hop plus que lourd.

Regardez : Step Masters de Step Brothers

Parlons-en de la lourdesse : les productions magistrales de Alchemist (à l’exception de Byron G produite par Evidence) portent haut et fort les ingrédients indispensables au secouage de tête. Des boucles courtes, de la basse au max, des samples dispersés ça et là, des scratchs mesurés, du boom-bap en veux-tu en voilà… Rien à redire niveau production, on achète et on se fait embarquer tout au long des 48 min de l’album dans un battement de mesure sans trop de retenue.

Ecouter : See The Rich Man Play de Step Brothers feat. Roc Marciano

Lyricalement, on est un niveau en dessous par contre. C’est ici qu’intervient l’étiquette « album de potes », puisque les amis ou demi-frères, viennent poser sans prétention aucune, sans vraie originalité, et la spontanéité mise dans l’enregistrement de l’album se retrouve là. Jamais légers dans le ton (à part sur le plus volubile Mums in the Garage featuring Action Bronson) mais jamais graves dans leur message pour autant, on y verrait presque un paradoxe, qui n’enlève rien à la qualité auditive mais perd un peu l’oreille dans l’exploration du contenu de Lord Steppington.

Un album qui fleure bon le rap des années 1990, qui nous rappelle les Beastie Boys parfois, qui nous rend mélancoliques par certains de ses samples. Un opus qui voit ses invités poser comme chez eux, sans surprise au mic, sans étonnement au déroulé des 14 morceaux, comme si tout avait été écrit, composé, réalisé tranquillement, sans pression entre potes. Un projet sans prétention mais qui fait le boulot.

Pour aller plus loin :

Critique : Mr Troy & Junclassic – Thinking Out Loud

MRTROY_HEADER-ARTICLESThinking Out Loud c’est l’histoire d’ une rencontre. D’un côté vous avez Mr Troy, à peine 19 ans, et annoncé par toute la profession comme un futur grand dans la catégorie beatmakers. Il commence à se faire un nom notamment sur la toile avec des productions hip hop jazzy de très bonne qualité. Puis de l’autre côté de l’Atlantique vous avez Junclassic. Avec 34 ans au compteur c’est un vétérans de la scène rap undergound New-Yorkaise. Lui s’est fait connaitre pour avoir rappé au côté de Doom, autre figure du rap underground. On se demande d’ailleurs comment ont-ils fait pour se rencontrer ? Mystère… Et pourtant aussi atypique que cela puisse paraître , ils se sont trouvés. De cette rencontre est né une amitié, de laquelle est née une envie de travailler ensemble, sans nul doute, consolidée par leur amour commun du Hip Hop. En 2012 nous les retrouvons sur de multiples featurings sur leurs projets solo, notamment sur l’EP de Mr Troy : T.A.P.E, dont nous vous proposons d’écouter un extrait.

Ecoutez : Mr Troy & Junclassic – Apple Cider

Pour avoir un véritable album des 2 compères il faudra attendre 2014 avec : Thinking Out Loud. Avant tout, autant vous l’écrire, nous avons un faible assumé pour les projets aux pochettes atypiques. En effet si vous regardez bien au milieu, vous reconnaîtrez le Docteur Grank, l’un des méchants dans le dessin animé Tortue Ninja. Comme nous avons adoré le regarder étant plus jeune, forcément la pochette nous a tapé dans l’œil. Le ton est donc lancé, voyons si le reste nous tape dans l’oreille.

A l’écoute de l’album on reconnaît d’emblée le travail très soigné de Mr Troy et la grosse voix caverneuse de Junclassic. Celui-ci donne d’ailleurs plus de relief aux productions léchées de son pote. L’ensemble est d’une efficacité redoutable, le tout estampillé « real hip hop ». Au rayon des featurings vous entendrez Billy Woods et K.Sisse sur S.I., nous retrouvons également Lone Ninja sur le single Ya don’t avec son sample façon samouraï et nunchaku, que nous vous laissons découvrir.
Ecoutez : Mr Troy & Junclassic feat Lone Ninja – Ya Don’t

On aime Wants need parce que le sample est juste terrible. Close call sonne comme un hommage au hip hop made in New York, il y a du Dj Premier là-dedans. Sur le très sec Glorious on a l’impression que Junclassic va manger le micro alors que sur Chosen il nous propose un flow plus posé avec un sample de guitare à la clé. Sur Now it’s real, ils se permettent de finir en beat box et en a cappella. Nous sentons qu’ils se font plaisir, et c’est communicatif puisque nous aussi. On entend souvent que la France a dix métros de retard par rapport aux États-Unis niveaux prod (ou autres d’ailleurs), mais sur ce projet nous n’avons rien à leur envier. Pour les amateurs de son à la sauce east coast, ou de rap US tout simplement, vous devriez vous y retrouver sans problème. Nous ne sommes pas devin, mais nous prédisons un bel avenir au jeune Mr Troy qui verra sans doute débouler sur le pas de sa porte beaucoup de MC français. Nous garderons une oreille sur tout ça. Pour finir une dernière information, Thinking Out Loud sera disponible chez tous les bons disquaires dès le 24 janvier, mais vous pouvez déjà le pré-commander, et nous vous le conseillons chaudement.

Pour aller plus loin :

 

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