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Critique : Me.I am Mariah Carey, l’élusif album

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Après un démarrage difficile avec les morceaux Triumphant et Almost Home que vous ne retrouverez pas sur son 14ème album, l’extravagante Mariah Carey est de retour avec Me. I Am Mariah… The Elusive Chanteuse. La diva capricieuse mais talentueuse est-elle de retour ?

Regardez : Mariah Carey feat Rick Ross, Meek Mill – Triumphant (Get’Em)

L’album débute avec une ballade soul feutrée, très sobre, Cry qui nous rappelle (pas forcément en bien) ses nombreux albums de noël. Un échauffement avant de lancer le second titre produit par l’incontournable Mike Will Made It ? Eh bien non ! Si Faded nous fait penser à l’excellent album The Emancipation of Mimi, il faudra attendre pour un beat qui bouge un peu plus. Sur le 3ème titre Dedicaded, Mariah s’accompagne du rappeur Nas et ils nous plongent dans une époque que les deux artistes regrettent. Un morceau sans grand intérêt, que nous passons rapidement.

Nous enchainons avec LE succès commercial de cet album #Beautiful avec Miguel et le petit tube en puissance,Thirsty produit par monsieur Drunk in Love, Hit-Boy. Toutefois, nous regrettons la version avec Rich Homie Quan qui nous semble apporter plus de piquant à ce titre.

Écoutez : Mariah Carey feat Rich Homie Quan – Thirsty

Ne nous attardons pas sur le titre Make It look Good produit par son fidèle ami Jermaine Duprai, avec la participation de Stevie Wonder au piano, qui fait retomber totalement l’ambiance. You’re Mine (Eternal) (7ème titre) est un morceau efficace qui, encore une fois, nous rappelle la mimi de The Emancipation. Mais Mariah a choisi, malheureusement, la version sans Trey Songz qui permettait de donner une réelle atmosphère rnb à ce titre. Nous enchainons avec l’autre tube de l’album You Don’t Know What to Do avec Wale. Un titre efficace, où nous retrouvons la Mariah de Heartbreaker, et le passage de Wale ambiance comme il se doit.

Regardez : Mariah Carey feat Trey Songz : You’re Mine (Eternal)

Mais tout ceci est de courte durée, puisque les morceaux qui suivent sont juste inexistants, à tel point que nous avons eu grand mal à les écouter jusqu’au bout : Supernatural, l’inévitable morceau sur la joie d’être mère avec les gazouillis de ses bambins. Météorite, un morceau un peu house sans rapport avec le reste de l’album. Et enfin Camouflage, le morceau trop chargé en tout (gospel, piano, vibes), beurk !

Mariah termine avec le titre Money ($ _ _ …) avec Fabulous, qui manque un peu de puissance pour être un tube et les morceaux One More Try et Heavenly, où nous retrouvons la Mariah Carey, époque Tommy Mottola mais sans la puissance des hits de l’époque. Nous pensions qu’elle s’arrêterait là mais Mariah a eu la bonne idée de nous livrer aussi des bonus : It’s Wrap avec Mary J Blige et The Art Of Letting Go, à passer directement ! Le titre pas déplaisant mais long, Betcha Gon’Know avec R-Kelly qui s’inscrit dans la pure tradition rnb des années 90.

Regardez : Mariah Carey – The Art of Letting Go

S’il y a quelques jours sa copine Jennifer Lopez, qui fait aussi un flop avec son nouvel album, a déclaré très modestement sur les ondes d’une radio US : « Mariah et moi, on a fait ce que font les gamins en ce moment . Vous savez, on a connu l’époque où tu sortais quelque chose et que c’était directement numéro un et l’album aussi était premier. [...] Nous sommes à un stade diffèrent de notre carrière. On a un statut différent que ceux qui doivent se prouver des choses à eux-mêmes et qui se disent « mon truc doit être numéro un maintenant ». On n’a plus besoin de ça, nous »

Pas sûr que la diva de Heros partage le même avis. Le retour de la reine incontestée des années 2000 est un vrai échec. Mariah essaie de reprendre les ingrédients qui lui assuraient d’être numéro un à chaque fois, mais à force de trop mélanger les genres et de vivre sur ses acquis, elle nous propose un album non terminé, ennuyeux et assez fade à notre goût. Et ce ne sont pas les ventes inexistantes et les 2 ou 3 titres avec les « gamins du moment » qui nous ferons mentir.

Nous vous conseillons donc d’aller sur votre plateforme de streaming préférée pour vous faire votre avis, et nous, nous parions sur un retour très vite de la Queen Mariah.

Critique : la nouvelle envolée de The Roots

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Tout a été dit sur The Roots ou presque, mais en attendant la bande à Questlove est toujours bel et bien là même après 27 ans de carrière un petit peu chahuté. En effet ils ont été longtemps la cible de critiques dénigrant le fait qu’ils fassent du rap avec de « vrais » instruments ou bien en les enterrant à tort de s’encroûter en servant de backing band dans l’émission de Jimmy Fallon. Indifférent à toutes ces polémiques stériles, The Roots continuent donc leur petit bout de chemin avec la sortie de leur 11ème album And Then Shout Your Cousin, qui fait suite au très bon Undun.

The Roots a fait le choix de la liberté artistique en faisant de chaque album un concept, ce dernier reste fidèle à cette ligne directrice, il nous est d’ailleurs présenté comme un album de rap opéra. Rassurez-vous, The Roots n’a pas invité la Castafiore au casting, il s’agit plutôt d’une autre façon de rendre hommage aux personnes qui ont marqué l’histoire afro-américaine. Toujours soigneux des détails, le premier hommage est visuel avec une jaquette faite de collages réalisée par l’artiste afro américain Romare Bearden qui illustre magnifiquement bien l’album. Le titre de l’album plutôt glauque n’a pas été choisi non plus par hasard, c’est un paraphe d’une rime du mythique Krs One, un clin d’oeil à sa philosophie disant que le rap devrait échapper à toutes les tentations de récupérations commerciales, une philosophie partagée par The Roots. Le cadre étant posé, on s’attend à du lourd et nous ne sommes pas déçus.

Dès le premier morceau The Roots met la barre haute avec un premier hommage très classe à Nina Simone, le sample est tellement beau qu’il n’est même pas retouché. Sur le second titre Never, on se rend compte que nous allons avoir le droit à un festival d’envolé lyrique dans les introductions des morceaux et comme à l’opéra le morceau commence par trois coups de bâton. De plus on a plaisir à retrouver au micro Black Thought, non présent sur l’album en collaboration avec Elvis Costello, il est accompagné d’une avalanche de corde pour un morceau assez tendu. Sur le premier extrait When The People Cheer, on retrouve un titre plus classique de The Roots avec toujours cette même mélancolie qui se dégage. The Roots nous conte l’histoire d’une personne qui après avoir tout donné tombe peu à peu dans une spirale infernale d’où il ne reviendra pas, broyé par le modèle économique et social américain. Cette triste histoire nous est narrée dans un joli clip d’animation en pâte à modeler ou le personnage se fait poursuivre par des céréales colorées.

Regardez : The Roots feat Modesty Lycan, Greg Porn – When The People Cheer

On enchaîne avec un nouvel hommage, le titre Devil extrait d’un morceau composé par Mary Lou Williams, un pianiste qui a travaillé entre autres avec Charlie Parker et Duke Ellington. La transition est parfaite pour Blak Rock, un morceau sur lequel une basse démente s’acoquine avec un piano et un rif de guitare ravageuse, on retrouve ici The Roots au sommet de leur art. Sur Dies Iraes, aussi peu probable que cela puisse paraître on a le droit à de la saturation artistique. Ce son strident est un extrait d’une composition de Michel Cion, artiste de musique concrète française. On apprécie également un peu plus loin The Coming, un morceau free jazz ou le piano s’envole pour mieux se fracasser tel une vague accompagnant la jolie voix de Mercedes Martinez en roue libre. Tomorrow en featuring avec Raheem Devaughn, qui clôt l’album dénote avec son ton plus léger, mais la science du rythme à la batterie de Questlove fait merveille, on finit même sur une note plus positive avec une phrase pleine d’espoir  » … parfois ils ne coûtent rien d’aider « .

Ecoutez : The Roots feat Raheem Devaughn – Tomorrow

Au final que penser de ce nouveau The Roots ? La première chose est toute bête, c’est qu’il est bien trop court et parfois peut être un peu décousu. Ensuite que l’album est une sorte de résumé de leur carrière, on a le droit a du classique bien de chez eux (Never) toujours aussi efficace aux côtés de morceaux plus « libre » que l’on préfère. On retrouve comme dans leur précédent album cette ambiance sombre, un ton résolument citoyen dénonçant la violence de la société américaine. The Roots se mu aussi en « professeur d’histoire » avec ces hommages de personnages parfois inconnu au bataillon que l’on prend plaisir à découvrir. L’album n’est pas joyeux mais conscient, on sent que The Roots s’inspire énormément de toutes les rencontres qu’ils peuvent faire et qu’ils ont gardé la tête sur les épaules. Malgré tout, on a la sensation que The Roots jongle encore trop avec  le consensuel, ce qui est un peu frustrant. Musicalement on est aux anges car The Roots s’enrichit de plus en plus mais on aimerait qu’ils se lâchent encore plus. And Then Shout Your Cousin est donc un bon album estampillé The Roots qui fait asseoir un peu plus The Roots au panthéon du rap Us mais qui nous donne envie d’en écouter plus.

Regardez : The Roots feat Patty Crash- Never


Pour en savoir plus :

5 raisons de voir Timberlake en tournée

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Ca y est, la tournée européenne est lancée ! Démarrée le 31 mars à Sheffield, Grande-Bretagne, c’est par Londres qu’est ensuite passé pour deux soirs Mr Justin Randall Timberlake. Présentes dans les travées de l’O2 Arena, nos oreilles vous font donc part aujourd’hui de 5 choses à savoir avant d’aller voir le chanteur pour son concert parisien au Stade de France le 26 avril prochain, spoilers inclus. Contrairement au Royaume-Uni où les tickets se sont vendus comme des petits pains et les concerts complets en 24h, il reste quelques places pour Paris : si vous hésitez encore à prendre vos tickets, peut-être ce recap saura-t-il vous convaincre… A ceux qui ont déjà leur billet, voilà à quoi vous attendre… A ceux qui n’y seront pas, on vous dit tout !

Numéro 1 : ce mec est un entertainer ! Si vous l’avez déjà vu sur scène, vous savez que monsieur fait le show (vous en aurez aussi eu un aperçu à la télé, notamment chez Jimmy Fallon). Présentes déjà sur la tournée FutureSex/LoveShow en 2007, nos oreilles avaient pu prendre la mesure : chant, danse, instruments, petite blagounette… Timberlake sait se mettre le public dans la poche et faire étendue de son talent, couteau-suisse style. A priori donc, de quoi se réjouir de cette 20/20 Experience en live et partir conquis d’avance.

Le spoiler : il est cette fois beaucoup moins multi-tâches ! On ne sait pas si c’est l’âge (eh oui, il a pris 7 ans quand même !) mais Justin TImberlake est moins omniprésent sur ce show. Une fois posé au piano pour Until The End Of Time, à la guitare entouré de sa troupe pour Drink You Away ou plus tard pour What Goes Around Comes Around, jouant du piano debout pour Señorita… même si c’est un détail pour vous, les moments du chanteur avec ses instruments de prédilection se font assez rares et pour nous ça veut dire beaucoup.

Numéro 2 : il danse, oui, mais pas seul ! Toujours bien entouré, c’est avec une petite troupe de danseurs que s’avance Justin Timberlake sur la scène de cette tournée. Accompagné de deux danseurs qu’on n’a pas de mal à classer dans le top des danseurs de notre génération (dont Nick Bass, déjà présent sur ses deux shows précédents et par ailleurs casté par feu le King of Pop pour sa dernière tournée), c’est en comptant aussi sur l’énergie de ses camarades et la mise en mouvement de ses titres que Justin tourne. Evidemment, les routines maintenant classiques d’un My Love, d’un Like I Love You ou encore d’un plus récent Suit & Tie sont là et de nouvelles font leur apparition : sur Take Back The Night et son énergie communicative ou sur Let The Groove Get In qui laisse effectivement le groove nous habiter.

Le spoiler : des danseurs et des chorégraphies qu’on sait de qualité, mais une configuration de la scène et des lumières qui ne nous permettent pas d’en profiter vraiment. Parce que malgré sa fonction écran géant et ses jolies alvéoles, l’arrière de la scène propose très peu de diffusion live de ce qu’il se passe ça et là pendant le show, rendant la mise en scène minimaliste pas seulement par le côté intime souhaité, mais surtout dans le sens où on ne la voit pas. Une fois recalés au fonds dans l’obscurité, une fois dans un couloir dans le public encore presque sans projecteur… La déception de ne pouvoir profiter du spectacle dans son aspect danse de manière plus optimale est évidente.

Numéro 3 : le prolongement visuel de la métaphore optique de The 20/20 Experience Part 1 et 2 prend enfin (plus de) sens ! En s’appuyant fortement sur des projections tout au long de sa prestation en deux parties (pour au total deux bonnes heures et demi de show), Justin Timberlake essaie (on a dit essaie) de rendre l’expérience de son double album plus tangible visuellement. Mais également ses morceaux précédents, comme FutureSex/LoveSounds qui fera plaisir à tous les fans de mécanique (non, on n’en dira pas plus, mais si vous êtes fans de forets, vous allez en avoir plein la vue !). A côté de ça, les jeux de lumière viennent rappeler l’univers rétro et noir et blanc de l’album et quelques visuels récents (on pense évidemment à Suit & Tie).

Le spoiler : oh Timberlake, tu nous la fais pas un peu à l’envers, dis ? Quand monsieur la jouera un peu fainéant avec l’illustration de Tunnel Vision, diffusant simplement les corps nus du clip officiel, on a l’impression qu’il se moque complètement de nous après l’entracte, quand son visage s’affiche en gros plan pour un playback de Only When I Walk Away. Un playback !

Numéro 4 : une setlist à n’en plus finir ! Certes, il n’a à son actif que trois albums solo (ou quatre, à vous de voir comment les compter), mais quelle tripotée de tubes ! Ils y passent quasiment tous, en démarrant par Pusher Love Girl (presqu’aussi long sur scène que sur 1 of 2) et Rock Your Body, enchaînant assez logiquement ses gros titres, zappant avec quelques secondes d’un True Blood (merci de nous épargner l’intégralité du morceau mec, tu nous as fait plaisir) ou d’un Holy Grail. On se rend à nouveau compte qu’il n’a pas à rougir de son catalogue, quitte cependant à occulter quelques uns de ses morceaux récents de qualité, comme Amnesia qu’on aura juste timidement entendu pendant l’entracte et sa diffusion. En finissant sur un combo Suit & Tie, Sexy Back et Mirrors, la folie gagne enfin complètement la salle. Mais c’est déjà fini !

Le spoiler : pourquoi autant de reprises et fusions de titres l’ami ? Un Human Nature combiné avec What Goes Around Comes Around, un bout d’Heartbreak Hotel, un flashback en 1990 avec une reprise du Poison de Bell Biv DeVoe avec ses deux choristes males (chorégraphie vintage incluse), un passage de Jungle Boogie… Les références au passé sont nombreuses, renvoyant à l’aspect rétro qu’il souhaite donner à la tournée… mais perdant une partie du public dans le cosmos, ne comprenant pas forcément ces choix et hommages ! Quand on le félicitait pour la nouveauté et la fraîcheur apportées par FS/LS, le regard quasi-constant dans le rétroviseur et le manque d’originalité mettent vraiment un coup à 20/20, et ça s’en ressent malheureusement sur scène.

Numéro 5 : la scène. Jamais à court d’idées, c’est une scène qu’on qualifiera d’amovible que JT utilise sur The 20/20 Experience Tour. Alors que les musiciens entrent et sortent de leur fosse ou que des instruments font leur apparition miraculeusement au centre de la scène, c’est surtout son détachement durant la deuxième partie du concert qui étonnera, permettant à Justin et ses choristes de remonter la salle, passant au dessus du public situé au centre, lui donnant l’occasion également de saluer de droite à gauche le public latéral. Une manière plutôt cool de sa rapprocher du public mais l’éloignant de son autre soutien : ses Tennessee Kids, comprendre ses musiciens et choristes, qui pour leur majorité restent acculés au fonds.

Le spoiler : quand il s’arrête en route pour aller serrer les pinces des plus dépensiers ayant opté pour les billets les plus chers, puis qu’il s’installe sur une mini scène au centre, dos à 75% du public, pour l’interprétation notamment du niais Not A Bad Thing, on a juste envie de lui lancer des cailloux. Parce qu’en plus de tourner le dos à la salle, d’être sous la seule lumière à plusieurs mètres du reste de la scène où sont ses musiciens et choristes, les écrans ne diffusent pas grand chose d’autre que… deux refrains par ses choristes. Quitte à oser un mini showcase dans une enceinte immense, autant utiliser efficacement les écrans et jouer habilement des duplex !

Nous nous méprenez pas, cette 20/20 Experience vaut le déplacement. Notamment parce que malgré le poids des années, Justin Timberlake est un artiste talentueux et un showman comme on n’en a que peu, offrant un vrai show à l’américaine. Avec une mécanique bien huilée, la performance est plus que louable et vraiment au-dessus du lot, mais toutes ces petites imperfections, comparées à la qualité de FS/LS (l’album et la tournée), finissent de nous convaincre que The 20/20 Experience reste un projet moins bien pensé. Les allers-retours entre Justified, FutureSex/LoveSounds et 20/20 sont justifiés et bienvenus, plus que les hommages inopinés, mais montrent aussi que ses gros tubes des années 2000 sont ceux que son public reconnait et apprécie encore le plus. Alors que la moitié de la salle au moins aura galéré à aligner le second couplet de Suit & Tie, il n’aura eu absolument aucun mal à chanter Cry Me A River ou What Goes Around Comes Around. Comme si le JT qu’on aime et qui sait nous séduire le plus était condamné à nous raconter ses peines de coeur.

Critique : Black Milk – Glitches in the Break

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On vous avait présenté Black Milk comme un brillant représentant de la scène hip hop de Détroit, conquis par ses productions soul aux beats jazzy. Pour rappel Black Milk a signé en 2006 sur le label indépendant Fat Beat Records avec qui il a déjà sorti 5 albums et collaboré avec des grands noms comme Bishop Lamont, J. Dilla, Loyd Banks ou encore Jack White et Royce Da 5’9″. On retrouve d’ailleurs ce dernier sur le très bon titre Losing Out.

Regarder Black Milk featuring Royce Da 5’9″ – Losing Out :

Le mois dernier, Black Milk est revenu dans l’actualité avec un nouvel EP intitulé Glitches in the Break qui à la première écoute nous a beaucoup plu. Black Milk nous y propose un voyage musical dans son poste de radio et dès l’introduction ça part fort avec They Are Glitches qu’on aime pour son instrumental free jazz sur fonds de sirène de police. On change ensuite de fréquence pour Dirt Bells avec sa mélodie au xylophone plus épurée qui berce parfaitement le flow de Black Milk, le tout entrecoupé de scratch.

Ecoutez Black Milk – Dirt Bells :

Pas le temps de souffler, les morceaux s’enchainent rapidement comme avec le titre suivant Ruffin, au ton plus minimaliste qui nous fait penser à du Pete Rock. Black Milk continu à faire tourner les ondes de sa radio pour s’arrêter sur Silence, un morceau sombre et mystique avec des voix samplées un tantinet flippantes. One For a Dam nous fait encore changer d’univers avec une boucle électro funk qui montre l’indéniable influence de J. Dilla dans son travail. Sur G on se retrouve dans le générique de fin d’un western avec un sifflement vaguement mélancolique comme lorsque le héros s’en va au loin sans se retourner. Le titre suivant, Cold Day est comme un clin d’œil à Questlove avec un son nu soul à la batterie.

Ecoutez Black Milk – Cold Day :

En continuant avec ReaganBlack Milk propose un non-hommage à l’ancien président américain en critiquant la politique libérale qu’il a mise en place et dont on voit les funestes dégâts bien longtemps après sur sa ville de Détroit, aujourd’hui en faillite. Break vient enfin clôturer le maxi de fort belle manière avec son riff de guitare rageur et toujours une batterie en roue libre. Très agréable à écouter, on passe d’un univers à un autre sans temps mort. Nous sentons l’artiste très inspiré par sa ville et ses influences musicales tout au long de ses 9 trop courts titres en aimant toujours autant la qualité de ses productions. Au final, Black Milk n’est pas forcément le plus connu des rappeurs mais grâce à cet essai, il s’installe de plus en plus comme un acteur essentiel de la nouvelle scène hip hop US.

Album : défiez la gravité avec Kid Cudi

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Le voyage du Moon Man reprend : on l’avait découvert et adoré il y a déjà 6 ans avec A Kid Named Cudi, qui petit à petit nous emportait dans l’univers d’un rappeur de Cleveland qui n’est plus inconnu de personne, Kid Cudi. Avec la sortie de l’album Satellite Flight: The Journey to Mother Moon, Scott Mescudi reprend son parcours là où on l’avait laissé non pas après Indicud, mais Man on the Moon II: The Legend of Mr Rager. Voire même plus tôt. Annoncé sans grande précision quant à sa sortie, teasé par un extrait proposé ça et là, officialisé par un tracklist annonçant la couleur quant au voyage que le rappeur entreprendra sur ses pistes, c’est finalement sans délai que Kid Cudi aura sorti ce nouvel album de 10 titres le 25 février. Un voyage musical et un véritable retour au personnage initial auquel le musicien nous a habitués.

Ecoutez : Satellite Flight de Kid Cudi

N’allez cependant pas penser que Satellite Flight: The Journey to Mother Moon est du réchauffé. Non content de revenir à ces sources musicales et à son univers très spatial et aérien, Kid Cudi réussit à mixer les différents éléments qui ont composé sa musique ces dernières années. Quand certains auront eu du mal à accrocher à un WZRD ou un Indicud, ces deux albums ont aidé Kid Cudi à garder sa créativité en ébullition et certains des aspects qui ont fait de ces deux projets des détours dans son parcours se retrouvent en partie sur cet opus.

A commencer par Destination: Mother Moon, tout instrumental qui s’annonce comme un compte à rebours vers la lune, faisant par exemple écho au travail de WZRD par ses sonorités. Pas étonnant puisque ce nouvel album a entièrement été produit par Kid Cudi himself ou WZRD, son duo avec Dot da Genius. Avec Going to the Ceremony et son introduction, c’est Man on the Moon: The End of Day qu’il rappelle clairement alors que ses guitares et son flow mi-chanté, mi-parlé, pourront se rapprocher de sonorités entendues sur Indicud aussi. Deux morceaux qui mettent les choses au clair dès le début de l’écoute : oui, le Moon Man est de retour avec son univers bien à lui et sans rien renier de ses différents opus sortis depuis 2008.

Ecoutez : Copernicus Landing de Kid Cudi

Le mélancolique Satellite Flight enchaîné par l’instrumental Copernicus Landing et sa montée en puissance, annoncent l’arrivée de Kid Cudi dans le coeur du projet pour deux morceaux majeurs, et le voient atterrir dans un univers presque feutré avec l’unique collaboration de l’album. Sur Balmain Jeans, Kid Cudi signe l’un des meilleurs morceaux de l’opus et c’est en compagnie de Raphael Saadiq que la magie opère. Aux paroles très explicites, ce morceau très sensuel saura électriser l’auditeur, l’un des plus beaux titres proposé par Kid Cudi depuis ses débuts.

La suite, Too Bad I Have To Destroy You Now, permet à Kid Cudi de revenir à une combinaison qui fait son succès : rap et chant se complètent, pour redécouvrir son phrasé rapide « perdu » depuis Man on the Moon II: The Legend of Mr Rager, et ici mêlé à des refrains chantés. Une expérience typique dans le voyage du Moon Man, ce titre se fait pierre angulaire du travail de Kid Cudi depuis des années et pilier de ce nouveau projet.

Sur Internal Bleed, le côté sombre de Kid Cudi refait son apparition, pour un titre lui permettant d’exprimer sa douleur, toujours dans une ambiance parfaitement cohérente avec l’ensemble du projet et nous exposant tous les éléments de son parcours. La dernière partie du morceau, hachurée par un silence brusque, permet de mettre en avant encore une fois l’univers spatial du rappeur, pour accentuer à nouveau l’aspect cinématographique du projet.

Ecoutez : Too Bad I Have To Destroy You Now de Kid Cudi

Derniers titres, dernières références au passé : In My Dreams 2015 et Return of the Moon Man (Original Score) achèvent de faire le pont entre la fin des années 2000 et aujourd’hui pour deux sections 100% instrumentales. Quand le premier fera simplement la jonction avec le tout premier titre de Man on the Moon: The End of Day, le second se présentera comme un final en apothéose, digne d’une bande originale de film. L’absence de paroles n’empêchant en rien une narration, Kid Cudi réussit avec sa production à nous emmener avec lui encore une fois pour un morceau de 5 minutes qui nous fait comprendre que l’aventure touche à sa fin. Troubled Boy, un titre cette fois plus terre à terre, posé et simple dans sa production, permet enfin de mettre un terme à ce nouveau périple du Moon Man.

C’est toujours tourmenté mais clairement apaisé qu’on retrouve Kid Cudi sur Satellite Flight: The Journey To Mother Moon. Libre dans sa création, soucieux de proposer un voyage de qualité à ses fans en particulier sans en faire un album inaccessible, c’est un retour aux sources pour Scott Mescudi qui fait de ces 10 titres un tremplin efficace et réussi vers le troisième voyage officiel attendu en 2015 avec Man on the Moon III.

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