Le Wu-Tang Clan a marqué toute une génération d’oreilles par son originalité et son amour de la culture orientale nous a fait voyager au coeur de l’univers des arts martiaux qui passionnaient le groupe. Aujourd’hui, RZA, le génial producteur du Clan est en passe de réaliser son rêve après avoir participé durant des années à l’élaboration de diverses bandes-sonores pour des films tels que Ghost Dog de Jim Jarmusch, Kill Bill de Quentin Tarantino, ou encore pour l’animé Afro Samurai qu’on vous présentait il n’y a pas très longtemps. Aujourd’hui Quentin Tarantino et Eli Roth ont décidé de produire le premier film de RZA en tant que réalisateur. Le pitch est simple et le préquel animé réalisé pour l’occasion saura vous plonger dans l’ambiance de The Man With The Iron Fists :
On attendra néanmoins encore un peu pour se faire un avis sur le film qui ne sort en France qu’en janvier, porté par un casting prestigieux : Russell Crowe, Lucy Liu, et bien sur RZA qui s’est offert le premier rôle de son film. On peut par contre dès à présent vous donner un avis sur la bande originale du film qui est déjà disponible. Là aussi le casting est remarquable, mais nous le détaillerons au fur et à mesure pour ne pas risquer l’overdose et essayons de répondre à la question : l’homme aux poings de fer transforme-t-il ce qu’il touche en or ?
The Black Keys est à l’ouverture avec The Baddest Man Alive, titre sur lequel RZA s’autorise un très bon couplet qui ne dénote pas une seconde avec le blues-rock du duo. C’est le genre de collaborations que l’on aimerait voir plus souvent. À la clé, un clip dans l’esprit du film avec au menu un bel affrontement entre les trois artistes.
Regardez : The Black Keys & RZA : The Baddest Man Alive
Ce disque signe aussi le retour d’un Wu-Tang Clan en pleine forme. Dès Black Out, le second morceau de l’album, on retrouve Ghostface Killah, Pharoahe Monch et M.O.P sur une instru comme on n’en fait plus énormément depuis que le Wu-Tang a quitté le devant de la scène. Le flashback que nous offre cette chanson ne vient pas seul, l’album complet ne fait que nous pousser à la nostalgie. Preuve à l’appui, Kanye West débarque tout de suite après avec un White Dress qui nous rappelle ses meilleures années, quand College Dropout frappait un grand coup sur la scène hip hop. Vous ne nous croyez pas ? Qu’à cela ne tienne, voici le clip de cette ballade contée par le rappeur de Chicago.
Regardez : Kanye West – White Dress
Evidemment la soul n’est pas en reste. Quoi de plus normal quand on se remémore Shaolin Soul porté par le même RZA et qui offrait une place de choix à ses inspirations dans ses samples. Ici, c’est The Revelations et Tre Williams, d’abord, qui nous font frissonner avec I Forgot To Be Your Lover. Talib Kweli et RES prennent le relais avec une chanson différente de celles qu’ils ont l’habitude d’offrir via Idle Warship. Beaucoup moins légère, Get Your Way permet de voir le duo différemment grâce à une RES qui délivre une soul de grande qualité. Rien de mieux pour ouvrir la voie au Wu-Tang Clan au complet, qui débarque alors sur Rivers of Blood, une chanson dans la plus pure tradition, entre samples et sonorités asiatiques. Kool G Rap vient épauler le groupe pour 5 minutes de bonheur arrosé d’hémoglobine.
Vous commencez probablement à le comprendre, le déchet n’a pas sa place sur ce disque construit à la perfection par RZA, qui maîtrise réellement l’exercice, faisant passer le micro entre les mains des plus grands rappeurs. Ils se retrouvent tous à suivre la même ligne directrice, offrant un liant agréable à l’oeuvre.
Regardez : Method Man feat Freddie Gibbs et Streetlife – Built For This
Avançons un peu plus vite pour retrouver la douce Corinne Bailey Rae sur Chains, qui nous a littéralement bouleversés. La chanteuse est méconnaissable. Héritière des plus grandes chanteuses soul de l’histoire, sa voix déborde d’émotion et elle semble venir d’une autre époque. Là, entre Etta James et Aretha Franklin, l’anglaise se place sans le moindre souci. Une performance remarquable dont on se souviendra longtemps.
Pusha T, Raekown, Joell Ortiz et Danny Brown passent juste après, et si la transition est difficile elle n’est pourtant pas ratée et permet aux rappeurs d’offrir 6 minutes de belles rimes sur Tick, Tock avant de laisser place à un son totalement différent. Ce titre nous rappelle alors qu’on est sur la bande-son d’un film de kung-fu et la belle voix de Frances Yip, chanteuse de Hong Kong, nous fait voyager un peu avant de retrouver le Wu-Tang Clan, au sommet de son art sur Six Directions of Boxing qu’on vous propose en version live avec The Roots. Non vous ne rêvez pas.
Regardez : Wu-Tang Clan feat The Roots – Six Directions of Boxing
Viennent ensuite encore un peu de soul, un peu de Wiz Khalifa, Ghostface Killah, Boy Jones, Inspectah Deck, Sheek Louch… Mais tout ça et le reste de l’album, vous pouvez l’écouter gratuitement juste là.
Ecoutez : la bande originale de The Man With The Iron Fists
On en est maintenant sûrs, RZA est un chef d’orchestre hors du commun, capable d’amener les meilleurs rappeurs à collaborer dans le seul but d’offrir une oeuvre cohérente. Un exemple que d’autres devraient suivre pour leurs projets à venir. Espérons également que ce disque sonne le retour d’un Wu-Tang qui n’a rien perdu de son talent. En attendant de voir le film et de savoir si RZA est aussi bon derrière la caméra qu’à la composition, nous vous laissons faire un tour sur le site du film qui regroupe de nombreux bonus et bandes-annonces.










