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Critique : These days, l’album transitoire d’Ab-Soul

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Si nous pensions qu’avec les succès de Kendrick Lamar et le très bon album de SchoolBoy Q, Interscope choisirait de mettre en lumière le moins célèbre de l’écurie Top Dawg Entertainment : Ab-Soul, il n’en ai rien pour le moment ! C’est donc sous son label indépendant TDE et après avoir menacé de leaker s’il ne sortait pas plus rapidement, que l’opus These Days est venu nous titiller les oreilles. 2 ans après son dernier album Control System, nous nous demandons si cet opus ne servirait pas de test à Ab et son écurie afin de continuer la succès story de ce fleurissant label.

Les 4 premiers sons de cet opus ne vous éloigneront pas de l’univers de l’artiste. Ab-Soul, rappeur dit conscient, fait un bilan de sa situation personnelle et de sa vision du monde qui l’entoure et notamment l’argent, la perte de son ex-petite amie, sa maladie. Dans ces 4 morceaux l’empreinte TDE est présente dans les productions et on y retrouve la dernière recrue du label : SZA sur God’s Reign, ou encore SchoolBoy Q sur Hunnid Stax. Ces morceaux sont empreints des sujets favoris du rappeur : la drogue, la religion, l’argent, la fête, la nature, qui nous montre son talent derrière le micro et à l’écriture notamment sur les morceaux Dub Sac et Tree of life.

Regardez :  Ab-Soul feat SchoolBoy Q, Mac Miller – Hunnid Stax

Mais c’est avec la suite du projet que Ab-Soul risque de vous perdre surtout si vous êtes un fervent fan du natif californien. Les morceaux World Runners et Nevermind That sont assez loin de ce qu’on attend et ce n’est pas la présence de l’absent Lupe Fiasco et le bankable Rozay qui apporteront leurs lots d’originalité. Sur le morceau Twact, nous nous interrogeons sur le coté mainstream de ce morceau qui nous rappelle les sons des YG, Tyga, Kid Ink ou Chris Brown. Bien que peu gênant, l’essai n’est pas très concluant et si nous pouvions nous le permettre, nous lui conseillerions de rester un peu plus fidèle à lui même. Nous mettrons une mention spéciale pour le morceau Just Have Fun, surtout pour la deuxième partie qui n’est autre que le morceau These Days mais en beaucoup plus léger et qui vous donnera envie d’un bon moment de camaraderie très festif au bord d’une piscine ou autour d’un bon barbecue.

Écoutez : Ab-Soul feat The O’My’s – These Days

Après ce petit moment d’égarement, Ab-Soul continue de tester de nouvelles choses mais reste fidèle à son univers. Ainsi après l’interlude Kendrick Lamars, qui est le pendant du morceau de Ab-Soul Outro sur le projet Section 80 de K.Dot, Ab-Soul pousse la chansonnette sur Closure. Ce morceau en dérangera plus d’un à cause de sa musique et ces paroles empreintes de chagrins étouffants. Soul y évoque la disparition de son ex-petite amie et ses relations difficiles depuis avec la gente féminine. On notera la présence de Jhéne Aiko sur les refrains qui renforce le coté détresse et angélique qui plane dans ce morceau torturé.

Écoutez : Ab-Soul feat Jhéne Aiko – Closure

Les morceaux Feelin’Us, Ride Slow avec Danny Brown et Sapiosexual produit par un J.Cole pas très inspiré, sont de bons morceaux mais sans grand intérêt. Stigmata, deuxième extrait de cet opus dévoilé, est un excellent morceau qui doit son inspiration au The Cross de Nas. Dans ce morceau, Soul redevient ce rappeur conscient en confiant les blessures qu’il porte comme une croix et n’hésite pas à se comparer au Christ :

I’m more than a man, I’ve been died and rose again / Left these holes in my hands, so you know who I am ( je suis plus qu’un homme, je suis mort et j’ai ressuscité / Ces trous sont incrustés dans mes mains, donc tu sais qui je suis ).

Enfin pour conclure, l’opus se termine par W.R.O.H (We really Out Here), un morceau dont nous soulignons la prouesse de fin avec ce flot de paroles et de freestyle avec son ami JMSN mais un morceau long (23min qu’en même) qui nous laisse un peu sur la fin.

Regardez :  Ab-Soul feat Action Bronson, Asaad – Stigmata

Vous l’aurez donc compris, nous sommes très mitigés sur cet opus. Si le talent est indéniable, These Days est un album transitoire avant la sortie d’une petite bombe en 2015 comme promis. Même s’il garde son univers, nous espérons cependant que Soul ne succombera pas trop à certains de ses essais et gardera son originalité et son indépendance qui lui vaut d’être encore une pépite brute avant passage dans le mixeur des majors. Un nouveau challenge que nous ne manquerons pas de suivre.

Critique : Me.I am Mariah Carey, l’élusif album

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Après un démarrage difficile avec les morceaux Triumphant et Almost Home que vous ne retrouverez pas sur son 14ème album, l’extravagante Mariah Carey est de retour avec Me. I Am Mariah… The Elusive Chanteuse. La diva capricieuse mais talentueuse est-elle de retour ?

Regardez : Mariah Carey feat Rick Ross, Meek Mill – Triumphant (Get’Em)

L’album débute avec une ballade soul feutrée, très sobre, Cry qui nous rappelle (pas forcément en bien) ses nombreux albums de noël. Un échauffement avant de lancer le second titre produit par l’incontournable Mike Will Made It ? Eh bien non ! Si Faded nous fait penser à l’excellent album The Emancipation of Mimi, il faudra attendre pour un beat qui bouge un peu plus. Sur le 3ème titre Dedicaded, Mariah s’accompagne du rappeur Nas et ils nous plongent dans une époque que les deux artistes regrettent. Un morceau sans grand intérêt, que nous passons rapidement.

Nous enchainons avec LE succès commercial de cet album #Beautiful avec Miguel et le petit tube en puissance,Thirsty produit par monsieur Drunk in Love, Hit-Boy. Toutefois, nous regrettons la version avec Rich Homie Quan qui nous semble apporter plus de piquant à ce titre.

Écoutez : Mariah Carey feat Rich Homie Quan – Thirsty

Ne nous attardons pas sur le titre Make It look Good produit par son fidèle ami Jermaine Duprai, avec la participation de Stevie Wonder au piano, qui fait retomber totalement l’ambiance. You’re Mine (Eternal) (7ème titre) est un morceau efficace qui, encore une fois, nous rappelle la mimi de The Emancipation. Mais Mariah a choisi, malheureusement, la version sans Trey Songz qui permettait de donner une réelle atmosphère rnb à ce titre. Nous enchainons avec l’autre tube de l’album You Don’t Know What to Do avec Wale. Un titre efficace, où nous retrouvons la Mariah de Heartbreaker, et le passage de Wale ambiance comme il se doit.

Regardez : Mariah Carey feat Trey Songz : You’re Mine (Eternal)

Mais tout ceci est de courte durée, puisque les morceaux qui suivent sont juste inexistants, à tel point que nous avons eu grand mal à les écouter jusqu’au bout : Supernatural, l’inévitable morceau sur la joie d’être mère avec les gazouillis de ses bambins. Météorite, un morceau un peu house sans rapport avec le reste de l’album. Et enfin Camouflage, le morceau trop chargé en tout (gospel, piano, vibes), beurk !

Mariah termine avec le titre Money ($ _ _ …) avec Fabulous, qui manque un peu de puissance pour être un tube et les morceaux One More Try et Heavenly, où nous retrouvons la Mariah Carey, époque Tommy Mottola mais sans la puissance des hits de l’époque. Nous pensions qu’elle s’arrêterait là mais Mariah a eu la bonne idée de nous livrer aussi des bonus : It’s Wrap avec Mary J Blige et The Art Of Letting Go, à passer directement ! Le titre pas déplaisant mais long, Betcha Gon’Know avec R-Kelly qui s’inscrit dans la pure tradition rnb des années 90.

Regardez : Mariah Carey – The Art of Letting Go

S’il y a quelques jours sa copine Jennifer Lopez, qui fait aussi un flop avec son nouvel album, a déclaré très modestement sur les ondes d’une radio US : « Mariah et moi, on a fait ce que font les gamins en ce moment . Vous savez, on a connu l’époque où tu sortais quelque chose et que c’était directement numéro un et l’album aussi était premier. [...] Nous sommes à un stade diffèrent de notre carrière. On a un statut différent que ceux qui doivent se prouver des choses à eux-mêmes et qui se disent « mon truc doit être numéro un maintenant ». On n’a plus besoin de ça, nous »

Pas sûr que la diva de Heros partage le même avis. Le retour de la reine incontestée des années 2000 est un vrai échec. Mariah essaie de reprendre les ingrédients qui lui assuraient d’être numéro un à chaque fois, mais à force de trop mélanger les genres et de vivre sur ses acquis, elle nous propose un album non terminé, ennuyeux et assez fade à notre goût. Et ce ne sont pas les ventes inexistantes et les 2 ou 3 titres avec les « gamins du moment » qui nous ferons mentir.

Nous vous conseillons donc d’aller sur votre plateforme de streaming préférée pour vous faire votre avis, et nous, nous parions sur un retour très vite de la Queen Mariah.

Critique : Kelis passe à table avec FOOD

KELIS_HEADER-ARTICLESEh oui, cela fait assez longtemps que vous n’aviez pas entendu parlé de Kelis mais nous avions chauffé un peu dernièrement avec Jerk Ribs, premier single de son album Food sorti le 28 avril dernier, et nous allons maintenant pouvoir vous dire ce que nous en avons pensé. Cet album étant initialement prévu pour l’automne 2013, nous nous attendions donc à un vrai travail en profondeur d’autant que nous étions un peu déçu du clip vidéo de Jerk Ribs, tout en étant satisfait du style musical.

Faire un album inspiré de la nourriture, concept étrange… Mais pour que ça marche il aurait peut être fallu pousser le vice jusqu’au bout; et en finesse si possible. On aurait aimé que l’ensemble des titres ait un rapport avec un aliment, quitte à créer un album qui suivrait le déroulement d’un repas par exemple, ça aurait été une métaphore peu originale mais y’a de quoi faire en source d’inspiration ! Pour le coup, déception au niveau des textes car nous n’avons pas vraiment l’impression que l’idée soit exploitée à son maximum et cela rend l’album fade au niveau littéraire. A croire que le seul véritable rapport avec la nourriture soit son Food Truck qu’elle a baladé un peu partout.

Regardez : Kelis ‘s Food Truck

Pour ce qui est de la musique, on retrouve la recette cuivre et cordes chère au R’n'B de la fin des années 70, qui donne vraiment un côté très rétro, mélangé à des sons électroniques, c’est une instrumentation assez intéressante. Il y a également un gros contraste avec la voix très chaude de Kelis et le souffle que l’on entend quand elle chante, ce qui est peu répandu dans la soul, où les chanteuses sont souvent adeptes de performances vocales assez impressionnantes en terme de décibels. Est ce qu’on peut aller jusqu’à lui coller une étiquette de nu soul, sans doute un peu mais son timbre original ressort joliment dans cet ensemble instrumental, quoi qu’un peu étouffé sur certaine piste trop électronique ou bien avec trop de chœur en même temps. Petit plaisir tout de même avec le titre Rumble qui fait bien son travail, bien que nous n’ayons pas vraiment adhérer avec le clip, nous vous laissons juger par vous même.

Regardez : Kelis – Rumble

Globalement les pistes sont sympas, mais pas exceptionnelles, le tout manque de cohérence. Un retour moins réussi que ce que nous pouvions attendre, la faute à la production, au temps, à l’inspiration on ne sait pas, mais on est loin de Milkshake ou Trick Me. D’ailleurs nous ne résistons pas à faire un petit retour en arrière avec Milkshake.

Regardez : Kelis – Milkshake

La demoiselle enchaine actuellement les concerts, plusieurs dates aux US mais aussi en Europe et en Australie, peut-être que c’est sur scène que cet album prend tout son sens, il ne faudra donc pas hésiter à aller la voir en concert si vous en avez l’occasion.

Pour aller plus loin :

#Tweetzik : A2H à la cool

3eme extrait de son prochain opus Art de Vivre, A2H que nous vous présentions revient avec le titre A la Cool. Un titre frais et détendu produit par Kobébeats avec des images de plage, potes, soleil, ce qui nous donne envie de quitter notre grisaille et de le rejoindre dans son kiffe.

Regardez : A2H – A la cool

Critique : 1er album pour le Cool Kid Chuck Inglish

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L’Illinois, ce n’est pas que Chicago. Bon, ok, c’est surtout Chicago quant on en vient à aborder la scène rap, mais un duo de gamins plutôt cool venus de Matteson est au chaud sous notre oreille. Vous les aurez peut-être reconnus, on parle bien sûr de The Cool Kids. Duo composé de Mickey Rocks et Chuck Inglish, on les avait découverts en 2008 avec leur EP The Bake Sale. Aujourd’hui, c’est en solo que Chuck se lance avec son album Convertibles. Passons-le donc en revue !

Sorti ce 8 avril, l’album penche plutôt du bon côté de la balance auditive. On comprend cependant dès le début qu’une des forces de l’album tient dans les collaborations, qui soutiennent, complètent ou portent 12 de ses 14 titres. Pas moins. D’abord sur le morceau Elevators qui ouvre l’opus et nous donne envie de faire une virée sous le soleil, puis un peu plus loin sur Legs, un duo surprenant avec Chromeo pour un ode aux gambettes. Un titre très efficace, rétro et  funky comme il faut, et (mais !) très marqué de la patte du duo canadien.

Ecoutez Legs de Chuck Inglish featuring Chromeo :

Sur Came Thru, l’instru alliée aux flows de Mac Miller, Ab-Soul et donc Chuck Inglish, est certes moins lumineux que le précédent titre mais efficace (on vous voit déjà bouger la tête en rythme). Sur Attitude, les interventions posées et pleines de soul de BJ The Chicago Kid (Chi-Town représente sur tout l’album) à l’opposé de son instru parfois bourrine et électrique, donnent un rendu intéressant et éclipsent totalement Chuck Inglish. Ingles (Mas o Menos) featuring Cap Angels nous emmène cette fois dans un univers latino inattendu. Que de voyages en quelques pistes !

Grâce à Money Clip, on revient à Chicago avec les interventions notamment d’un Vic Mensa présent partout, qui se lance sur la fin du titre, point d’orgue après avoir entendu chacun de ses protagonistes poser l’un après l’autre (sont aussi présents Retch, Hassani Kwess et Sulaiman). Faux-airs de cypher pour un morceau quoi qu’il en soit bien mené.

Regardez Came Thru / Easily de Chuck Inglish featuring Mac Miller et Ab-Soul :

Game Time sera reconnu entre mille, avec la grosse voix d’Action Bronson qui prend d’entrée aux oreilles. Un morceau à l’opposé de celui qu’il précède, P.R.I.S.M. :  cette fois accompagné de Jade Hurtado, ce sont 5 minutes structurées que Chuck Inglish propose, au cours desquelles la chanteuse prend le dessus, faisant donc ensuite place à 2 minutes de rap bien gras. Avant-dernière piste, Dreamy est comme un rêve devenu réalité : Chuck Inglish en solo sur son album solo ! Il aura fallu être patient ! Si deux pistes plus haut on a droit à H.M.U. en solo aussi, on ne pouvait manquer de noter ce Dreamy.

Loin de raconter et nous transporter dans ses rêves comme par exemple un Kid Cudi sait si bien le faire, le morceau a son importance pour donc essayer de vraiment juger la performance de Chuck Inglish tout seul. Malheureusement, le morceau s’efface comme un songe en moins de 3 minutes, nous laissant sur notre faim.

En conclusion de Convertibles, un dernier duo prend place, cette fois pour notre plus grand plaisir : accompagné de Chance the Rapper (plus Nico Segal et Macie Stewart si l’on fait confiance à notre pavillon auditif), Glam permet de finir l’album en beauté, introduit par une trompette magique dont on ne se lasse pas. La douceur de l’entrée de Chance the Rapper lui permet de s’immiscer dans le morceau sans paraître intrusif. Encore une fois, l’invité devient la star du morceau, laissant peu de place à Chuck Inglish pour faire ses preuves ou marquer les esprits, puisque le rappeur n’intervient qu’au début, cédant ensuite entièrement sa place.

Ecoutez Glam de Chuck Inglish featuring Chance the Rapper :

Vous l’aurez compris, ce premier album solo de Chuck Inglish n’en est pas vraiment un et on ressort frustré de ne pas avoir entendu plus du rappeur/producteur des Cool Kids. Très éclectique et donc pas du tout homogène, l’album fait preuve de qualité mais aurait profité de plus de cohérence et de recentrage sur son auteur, plutôt que de cette quantité de featurings quand bien même on apprécié la majorité de ces invités. On recommandera tout de même l’écoute et l’adoption de Convertibles, le produit final étant bon malgré ses défauts. Restez connectés, un nouvel album des Cool Kids est également attendu pour cette année.

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