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Critique : la nouvelle envolée de The Roots

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Tout a été dit sur The Roots ou presque, mais en attendant la bande à Questlove est toujours bel et bien là même après 27 ans de carrière un petit peu chahuté. En effet ils ont été longtemps la cible de critiques dénigrant le fait qu’ils fassent du rap avec de « vrais » instruments ou bien en les enterrant à tort de s’encroûter en servant de backing band dans l’émission de Jimmy Fallon. Indifférent à toutes ces polémiques stériles, The Roots continuent donc leur petit bout de chemin avec la sortie de leur 11ème album And Then Shout Your Cousin, qui fait suite au très bon Undun.

The Roots a fait le choix de la liberté artistique en faisant de chaque album un concept, ce dernier reste fidèle à cette ligne directrice, il nous est d’ailleurs présenté comme un album de rap opéra. Rassurez-vous, The Roots n’a pas invité la Castafiore au casting, il s’agit plutôt d’une autre façon de rendre hommage aux personnes qui ont marqué l’histoire afro-américaine. Toujours soigneux des détails, le premier hommage est visuel avec une jaquette faite de collages réalisée par l’artiste afro américain Romare Bearden qui illustre magnifiquement bien l’album. Le titre de l’album plutôt glauque n’a pas été choisi non plus par hasard, c’est un paraphe d’une rime du mythique Krs One, un clin d’oeil à sa philosophie disant que le rap devrait échapper à toutes les tentations de récupérations commerciales, une philosophie partagée par The Roots. Le cadre étant posé, on s’attend à du lourd et nous ne sommes pas déçus.

Dès le premier morceau The Roots met la barre haute avec un premier hommage très classe à Nina Simone, le sample est tellement beau qu’il n’est même pas retouché. Sur le second titre Never, on se rend compte que nous allons avoir le droit à un festival d’envolé lyrique dans les introductions des morceaux et comme à l’opéra le morceau commence par trois coups de bâton. De plus on a plaisir à retrouver au micro Black Thought, non présent sur l’album en collaboration avec Elvis Costello, il est accompagné d’une avalanche de corde pour un morceau assez tendu. Sur le premier extrait When The People Cheer, on retrouve un titre plus classique de The Roots avec toujours cette même mélancolie qui se dégage. The Roots nous conte l’histoire d’une personne qui après avoir tout donné tombe peu à peu dans une spirale infernale d’où il ne reviendra pas, broyé par le modèle économique et social américain. Cette triste histoire nous est narrée dans un joli clip d’animation en pâte à modeler ou le personnage se fait poursuivre par des céréales colorées.

Regardez : The Roots feat Modesty Lycan, Greg Porn – When The People Cheer

On enchaîne avec un nouvel hommage, le titre Devil extrait d’un morceau composé par Mary Lou Williams, un pianiste qui a travaillé entre autres avec Charlie Parker et Duke Ellington. La transition est parfaite pour Blak Rock, un morceau sur lequel une basse démente s’acoquine avec un piano et un rif de guitare ravageuse, on retrouve ici The Roots au sommet de leur art. Sur Dies Iraes, aussi peu probable que cela puisse paraître on a le droit à de la saturation artistique. Ce son strident est un extrait d’une composition de Michel Cion, artiste de musique concrète française. On apprécie également un peu plus loin The Coming, un morceau free jazz ou le piano s’envole pour mieux se fracasser tel une vague accompagnant la jolie voix de Mercedes Martinez en roue libre. Tomorrow en featuring avec Raheem Devaughn, qui clôt l’album dénote avec son ton plus léger, mais la science du rythme à la batterie de Questlove fait merveille, on finit même sur une note plus positive avec une phrase pleine d’espoir  » … parfois ils ne coûtent rien d’aider « .

Ecoutez : The Roots feat Raheem Devaughn – Tomorrow

Au final que penser de ce nouveau The Roots ? La première chose est toute bête, c’est qu’il est bien trop court et parfois peut être un peu décousu. Ensuite que l’album est une sorte de résumé de leur carrière, on a le droit a du classique bien de chez eux (Never) toujours aussi efficace aux côtés de morceaux plus « libre » que l’on préfère. On retrouve comme dans leur précédent album cette ambiance sombre, un ton résolument citoyen dénonçant la violence de la société américaine. The Roots se mu aussi en « professeur d’histoire » avec ces hommages de personnages parfois inconnu au bataillon que l’on prend plaisir à découvrir. L’album n’est pas joyeux mais conscient, on sent que The Roots s’inspire énormément de toutes les rencontres qu’ils peuvent faire et qu’ils ont gardé la tête sur les épaules. Malgré tout, on a la sensation que The Roots jongle encore trop avec  le consensuel, ce qui est un peu frustrant. Musicalement on est aux anges car The Roots s’enrichit de plus en plus mais on aimerait qu’ils se lâchent encore plus. And Then Shout Your Cousin est donc un bon album estampillé The Roots qui fait asseoir un peu plus The Roots au panthéon du rap Us mais qui nous donne envie d’en écouter plus.

Regardez : The Roots feat Patty Crash- Never


Pour en savoir plus :

Le joga bonito à la sauce Karol Conká

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Si 2014 était un cinéma, le Brésil en serait le blockbuster canon à l’affiche pendant 52 semaines. Là, tout en haut de la devanture, en grosses lettres capitales avec affichage bariolé. C’est un fait, 2014 est l’année du pays auriverde. Entre les manifestations sociales qui secouent le pays comme des maracas dans une centrifugeuse, et la Coupe du Monde qui patiente dans le rond central pour livrer son grand vainqueur, il y en a pour tous les goûts, tous les JT et tous les curieux. L’imaginaire associé au Brésil séduit, à tort ou à raison. Nous avons tous en tête, aussi clichés soient-elles, ces images de capoeira, de beach volley dénudé sur le sable brûlant et de joga bonito tout en passements de jambes et en coups de rein. Mais si tous ces attributs sont déjà bien ancrés dans les consciences collectives, la situation est un poil plus compliquée pour la musique brésilienne disons… de qualité.

La précision est importante. João Gilberto, Sergio Mendes, Bebel Gilberto et autres Gilberto Gil ou Vanessa da Mata sont des références connues du plus grand nombre. Mais 2013 a porté un coup violent à cette tradition de qualité artistique. L’année fut particulièrement critique tant la bande FM a résonné aux sonorités minets-accordéonniennes des fers de lance Michel Telo et Gustavo Lima. 2014 semble être parti sur les mêmes bases et les médias français se sont déjà tous cotisés pour l’achat en gros de jingles aux sonorités samba/carnaval, à croire qu’il suffit parfois d’un peu de Bankeez pour amener de la chaleur sur les ondes.
Cependant, ces derniers ont encore tout faux. La sensation de l’été n’est pas adepte de la dansa do ventre façon E o Tchan. Elle ne verse pas non plus dans la samba, mais raffole de ses percussions atabaques. Elle s’inspire de la violence des cités de son pays, mais n’est ni Dieu, ni un homme. Cette sensation, c’est Karol Conká.

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Karoline dos Santos Oliveira a.k.a Karol Conká, 27 ans, brésilienne, rappeuse, chanteuse, compositrice, fan de Missy Elliot et de Lauryn Hill, mais aussi de Macy Gray et d’Amy Winehouse. La fiche est synthétique, mais elle en dit déjà long. Ce brin de femme a du caractère, une personnalité artistique forte et une envie de faire du bruit, beaucoup de bruit.

Karol Conká a en effet choisi la méthode tout feu tout flamme pour présenter son premier album, Batuk Freak. Batuk, en référence à la musique traditionnelle originaire du Cap Vert, Freak pour la façon avec laquelle l’artiste se l’approprie. Une pochette détonante, un look qui rappelle M.I.A. et un son bien particulier qui fait boom boom quand les percussions s’emballent. Batuk Freak ne serait pas tout à fait tout public si Karol Conká ne parvenait pas à effriter ces basses solidement ancrées par l’introduction de délicieuses touches de pifano, une flûte transversale brésilienne faite de bambou.

Sans surprise, il y a donc plusieurs façons d’aborder Batuk Freak. Il y a d’abord les personnes très à cheval sur la règle des trois couleurs. Ceux-là passeront probablement leur chemin, pochette multicolore oblige. Puis il y a ceux qui croient reconnaître le nouvel album de l’artiste londonienne, vous savez, celle qui fait rentrer le cash quand les flingues sont de sortie. Ces couleurs criardes, ce titre orange, ces cheveux violets, allez quoi, au moins un side project ? Même pas. Enfin, il y a ceux qui y jettent plus qu’un coup d’œil, disons une oreille attentive. Ceux-là ne le regretteront pas.

Regardez : Karol Conka – Boa Noite

Bien sûr, tout n’est pas parfait, mais la brésilienne livre une première prestation plaisante qui devrait lui permettre de passer la phase de poules sans trop d’inquiétude. Et cette métaphore footballistique est tout à fait assumée. Après tout, c’est bien grâce à Fifa 14 qu’elle a explosé aux oreilles du plus grand nombre. Son titre Boa Noite, clippé depuis peu, se chargeait d’injecter un gros coup d’adrénaline aux joueurs virtuels avant le début des rencontres. C’est d’ailleurs par ce titre qu’elle entame son album, histoire de tuer tout suspense d’entrée de jeu. Le titre frappe par sa puissance inattendue, il s’avère être le parfait mix entre les énergies tribales et les basses qui dépotent. Un conseil, privilégiez son écoute après une longue journée de travail ou une matinée à la Poste. Effet garanti, le sourire revient, le corps se lâche et les fesses se remuent autour d’un feu qu’on aimerait plus réel.

Batuk Freak aurait pu être un album-single, construit autour de l’excellent Boa Noite. Il n’en est rien. Certes, le titre est en rotation depuis Juin 2011 et a permis d’ouvrir quelques portes à Karoline, mais il n’est en aucun cas l’arbre qui cache la forêt. Ou plutôt la jungle tant l’univers de l’artiste est luxuriant.

Le premier quart d’heure est enlevé et voit la brésilienne planter quelques banderilles fatales dont l’impact est immédiat sur le tableau d’affichage de ses auditeurs. Le jeu proposé alterne les influences et transporte ses partenaires d’écoute sur toute la largeur de son terrain de jeu. Sur Gandaia, déjà, lorsque l’artiste prend l’aile et s’envole vers l’Inde à grands coups de pifano. Puis sur Vo Lâ où l’artiste ne promet pas d’envolées mais prône un retour à la boucle. Pas celle de Rudi Völler, mais vous avez compris l’idée.

Ecoutez : Karol Conká – Gueto Ao Luxo

Caxambu marque un tournant et prône tout doucement un retour au joga bonito brésilien. Les percussions auriverdes sont timides et se révèlent pleinement juste avant la mi-temps, au cœur de Gueto Ao Luxo. Le titre commence comme une agression en bonne et due forme. L’ambiance est électrique, on se croirait en fin de cortège du carnaval, lorsque les tessons de bouteille s’apprêtent à remplacer les baguettes à la production de sonorités percutantes. Heureusement, le refrain calme les ardeurs et agit comme une feuille morte sur un ballon arrivé bien trop rapidement. Contrôle du cuir, frappe enchaînée, but. La douceur se mêle à la furie, les nappes de synthé aux percussions atabaques. C’est du tout cuit pour Karol Conká, la deuxième mi-temps ne sera qu’une promenade.

Le rythme est ainsi plus posée mais cette nouvelle décontraction est bienvenue. Sur Você Nao Vai, on jurerait même entendre une instru concoctée par 20syl. Après tout, les couleurs du FC Nantes ne sont-elles pas le jaune et le vert ? La fin de l’album est branchée sur courant alternatif. Bate a Poeira et l’entêtant Mundo Locoza za zazaza ») proposent de beaux mouvements mais Olhe-Se et le Handclap remix de Boa Noite peuvent clairement être comptabilisés dans la colonne ballons perdus. Finalement, la vraie fin de l’album a lieu sur Sandalia, morceau tellement cool qu’il figurera forcément sur vos playlists estivales. On voit déjà le tableau : du foot, des tongs et Karol Conká. Bande de veinards.

Ecoutez : Karol Conká – Sandalia

Critique : Kelis passe à table avec FOOD

KELIS_HEADER-ARTICLESEh oui, cela fait assez longtemps que vous n’aviez pas entendu parlé de Kelis mais nous avions chauffé un peu dernièrement avec Jerk Ribs, premier single de son album Food sorti le 28 avril dernier, et nous allons maintenant pouvoir vous dire ce que nous en avons pensé. Cet album étant initialement prévu pour l’automne 2013, nous nous attendions donc à un vrai travail en profondeur d’autant que nous étions un peu déçu du clip vidéo de Jerk Ribs, tout en étant satisfait du style musical.

Faire un album inspiré de la nourriture, concept étrange… Mais pour que ça marche il aurait peut être fallu pousser le vice jusqu’au bout; et en finesse si possible. On aurait aimé que l’ensemble des titres ait un rapport avec un aliment, quitte à créer un album qui suivrait le déroulement d’un repas par exemple, ça aurait été une métaphore peu originale mais y’a de quoi faire en source d’inspiration ! Pour le coup, déception au niveau des textes car nous n’avons pas vraiment l’impression que l’idée soit exploitée à son maximum et cela rend l’album fade au niveau littéraire. A croire que le seul véritable rapport avec la nourriture soit son Food Truck qu’elle a baladé un peu partout.

Regardez : Kelis ‘s Food Truck

Pour ce qui est de la musique, on retrouve la recette cuivre et cordes chère au R’n'B de la fin des années 70, qui donne vraiment un côté très rétro, mélangé à des sons électroniques, c’est une instrumentation assez intéressante. Il y a également un gros contraste avec la voix très chaude de Kelis et le souffle que l’on entend quand elle chante, ce qui est peu répandu dans la soul, où les chanteuses sont souvent adeptes de performances vocales assez impressionnantes en terme de décibels. Est ce qu’on peut aller jusqu’à lui coller une étiquette de nu soul, sans doute un peu mais son timbre original ressort joliment dans cet ensemble instrumental, quoi qu’un peu étouffé sur certaine piste trop électronique ou bien avec trop de chœur en même temps. Petit plaisir tout de même avec le titre Rumble qui fait bien son travail, bien que nous n’ayons pas vraiment adhérer avec le clip, nous vous laissons juger par vous même.

Regardez : Kelis – Rumble

Globalement les pistes sont sympas, mais pas exceptionnelles, le tout manque de cohérence. Un retour moins réussi que ce que nous pouvions attendre, la faute à la production, au temps, à l’inspiration on ne sait pas, mais on est loin de Milkshake ou Trick Me. D’ailleurs nous ne résistons pas à faire un petit retour en arrière avec Milkshake.

Regardez : Kelis – Milkshake

La demoiselle enchaine actuellement les concerts, plusieurs dates aux US mais aussi en Europe et en Australie, peut-être que c’est sur scène que cet album prend tout son sens, il ne faudra donc pas hésiter à aller la voir en concert si vous en avez l’occasion.

Pour aller plus loin :

Retro Ash – l’album retour d’Asher Roth

ASHERROTH_HEADER-ARTICLES5 ans ! 5 longues années avant un nouvel album de la part d’Asher Roth ! Alors certes,  depuis 2009 et son album Asleep in the Bread Aisle, qui l’a fait connaitre, on ne peut pas dire qu’il n’a pas été productif. En effet, tout d’abord en 2010, avec le très bon projet The Rawth EP développé avec le producteur/rappeur Nottz Raw (t’as capté le jeu de mot dans le titre). Ensuite, fin 2011, on a eu le droit à la mixtape Pabst & Jazz, 16 titres, différents styles, différentes ambiance, toujours sympathique. Enfin, juin 2013, the greenhouse effect vol 2 débarque, toujours avec dj Drama & Don Cannon, dans la continuité du premier volume, sur des prods plus tirées par les cheveux les unes que les autres, Roth nous montre son aisance et son efficacité sur tout style d’instru. Tout cela lâché sur l’internet, dans la gratuité la plus totale, on sait déjà que le mec est un passionné.

On se retrouve donc ce 22 avril 2014, avec la sortie de Retro Ash, mais bien sur, tu es déjà au courant de tout ceci, puisqu’on en a fait la présentation début avril. Comme déjà annoncé, seulement 10 titres, après autant d’attente on aurait espéré plus, mais on le sait tous, mieux vaut de la qualité que de la quantité. La surprise vient du fait que 7 des 10 titres sont notifié d’un featuring, ce qui pour un album que l’on espère personnel, se révèle plutôt rébarbatif, mais passons encore sur ce point et découvrons ce qu’il nous a caché depuis tout ce temps. Et pour cela pas besoin d’un long discours, laissons nous emporter par cette vidéo représentative de l’atmosphère présente sur ce projet.

Regardez : Asher Roth – Tangerine Girl ( Daytrotter Session )


Vous l’aurez compris, et le visuel parle de lui-même, Asher Roth nous rapporte dans son bagpack un univers totalement décalé du rapgame actuel. Alors que la tendance est aux instrus et sons de plus en plus informatisé, il nous propose un projet composé exclusivement de production instrumentale (avec une pincée de synthé, c’est vrai). Appuyé par un flow qu’il maitrise à la perfection, s’amusant avec les rythmiques, ainsi que ce côté chanteur qu’on ne lui connaissait pas, il nous offre une atmosphère de lâcher prise sur chacun de ses titres. Tantôt lent (Parties at the Disco, Keep Smoking) que l’on accompagne d’un hochement de tête, tantôt plus rythmé (Something for Nothing, Tangerine Girl, Pull it) où s’ajoute un haussement des épaules, ou bien un rappel de sa qualité de kickeur (Dude, Last of the Flohicans) nous poussant a sortir notre gestuelle de rappeur du dimanche.

Au final, Retro Hash s’offre a nous comme un prémice de l’été, une note de beau temps avant celui-ci, une proposition de relâchement qui nous ferait du bien, et pour sûr une bande son pour nos vacances.

La Fine Équipe, nouveaux chirurgiens du coeur

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Vous vous rappelez des 4 garçons que nous vous avions présenté au mois de juillet dernier ? Une équipe qui se présentait comme fine. Ces membres avaient pour ambition et métier La Boulangerie. C’est sans diplôme, ni C.A.P. que ces messieurs nous avaient servi quantité de pâtisseries qu’ils avaient appris à faire tout en nous révélant au passage le secret de leur réussite : le travail acharné tous les jours. A l’exemple de cette précieuse recette.

Regardez : La Fine Équipe – Tarte au Citron

Leurs efforts avaient été récompensés car nous avions dégusté toutes leurs sucreries avec un plaisir non dissimulé. Le goût agréable et la douce mélodie s’est prolongée un peu plus longtemps avec La Boulangerie 2 qui nous a fait découvrir encore plus de saveurs. Nos palais et tympans sont allés à la découverte d’univers au delà des frontières de notre cher pays avec des parfums exotiques.

Après l’EP Gremlins, ces beatmeakers originaires de Paris et Marseille sont revenus le 26 mai dernier avec un nouveau projet. Et cette fois changement radical de corps de métier. Signataires d’une nouvelle convention collective professionnelle, les gars sont devenus chirurgien du cœur, rien que ça ! Sans prétention ni ostentation, ils ont laissé sans hésiter la farine pour le cœur sous toutes ces coutures avec l’EP Lov for Eva (ou <3 4 Eva pour les plus aguerris du langage sms). Il faut reconnaitre que le visuel de la pochette ne laisse aucun doute sur le sujet traité. Pas de publicité mensongère, ils sont fidèle à eux mêmes. Ils nous avaient tenu en haleine avec cette bombe qu’ils avaient lâché début mai pour patienter, que nous vous proposons d’écouter.

Regardez : La Fine Équipe – Luv for Eva Teaser

Garçons dans le vent aux doigts magiques, ils transforment tout ce qu’ils touchent en beat efficace, et nous proposent 6 titres parsemé d’une dose d’électro ici et là. Nous vous prévenons d’avance : ces 6 titres vont vous paraitre trop court et vous allez en redemander. Cet EP est irrigué par les battements de Talkin, Me by, Make u et Eva les quatre valves instrumentales sur lesquelles L’Equipe a greffé Long Time, une cinquième féminisée par la voix soul de Laëtitia Dana que nous ne présentons plus. On retrouve le cœur dans toutes ses cadences, cœur successivement heureux, actif, guilleret, agité, reposé sur Talkin, Me by et Make U, titres qui permettraient au plus énervé d’entre vous de commencer une excellente journée. La fin de l’EP est juste savoureuse avec Lov for Eva, un hymne à l’amour, qui commence avec le battement du cœur brut pour mieux le suivre à l’état amoureux, en paix, serein.

La petite pépite qui clôt cet EP c’est Long Time, nous aurions d’ailleurs aimé qu’il dure plus longtemps que les 3 minutes et 14 secondes qui le composent. Il évoque un cœur meurtri qui revient tout doucement et difficilement à la vie. Les rythmes sont lents et les battements très saccadés pour devenir plus violents presque comme les décharges d’un défibrillateur qui redonnerait l’impulsion pour aider le cœur à repartir. Seul featuring de l’EP, il est forcément un coup de cœur pour nous puisque nous aimons beaucoup Laëtitia Dana, et nous sommes sûrs que vous aimerez aussi. Jugez en par vous même.

Ecoutez : La Fine Equipe feat Laëtitia Dana 

Lov for Eva, c’est un cri du cœur, qu’on entend, qu’on comprend et qu’on ressent. Pour notre part, nous avons su l’entendre, le comprendre et le ressentir, et nous avons beaucoup aimé leur travail et attendons la suite avec impatience puisqu’un album entier est prévu pour l’automne prochain mais du côté des fourneaux et de la farine si vous voyez ce que l’on veut dire.
En attendant, voici notre prescription : écoute intensive, surtout le matin pour vous mettre dans les meilleures dispositions pour commencer la journée. Une dernière chose : si vous voulez les voir en live foncez à leur release party le 14 juin à 21h au Mad Boat & Mad Garden, notre petit doigt nous dit que Laëtitia Dana sera dans les parages.

Pour aller plus loin :

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