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Grems et Cheef : 2 clips en 1, signés Lejeune

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A l’heure où de nombreux rappeurs sortent des clips banals, sans aucune volonté d’apporter ou de créer quelque chose de neuf, se satisfaisants généralement d’un visuel « street credibility » pour accompagner leurs sons, d’autre continuent de nous surprendre à travers leur créativité et leurs prises de risques. C’est le cas de Cheef et Grems, qui au détour d’un seul et même concept, nous livrent chacun un clip. Réalisé par le talentueux Steve Lejeune, le but est ici de filmer les deux rappeurs accompagnés de leur gestuelle et de leur jeu, poser leur son en même temps face caméra. L’originalité est là, mais qu’en est-il du résultat ?

Regardez : Cheef – Crade-Honnête

Regardez : Grems – Camisole

Il n’y a pas a dire, la prise de risque est réelle puisque si l’on regarde l’un sans l’autre (pourtant la même vidéo finalement), on ne comprend pas vraiment le sens, étant donné que chaque rappeur passe pour fou dans le clip de l’autre ! Après avoir visionné les deux, le résultat est probant, l’idée est géniale ! Le fait que les deux textes partagent la même la folie, permet une interprétation qui colle entre les deux protagonistes, qui jouent de ce concept en échangeant tout le long de ces 3 minutes de vidéo. De plus, il est intéressant de remarquer que le visuel colle très bien aux deux sons, qui sont pourtant bien différents par leurs instrus.

Au final, Steve Lejeune, qui confiait lors d’une interview à nos confrères de l’abcdrduson.com en avril 2013 « à un moment, même si ça a déjà été fait d’ailleurs, je voulais faire un clip où deux rappeurs changent leur playback. Mais pareil, ça passe mal, les gens ont envie que ce soit leur tête qui soit sur leur texte. Idem pour les ambiances, tu ne peux pas mettre n’importe quel type d’ambiance sur du rap, donc ça devient un peu compliqué », semble avoir réussi en grande partie à exploiter son concept. En espérant de nouvelles surprises de la part du rap français plus régulièrement dans le futur.

La féline Estelle est de retour, explicite au possible

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On se souvient de cet énorme succès d’Estelle en 2008, American Boy avec Kanye West, qui doit compter des dizaines de reprises sur la toile et qui a permis à la chanteuse d’assoir sa notoriété sur la scène hip hop internationale. Ont suivi deux albums studios avec des featuring assez impressionnant, comme John Legend et David Guetta.

Eh bien la charmante chanteuse anglaise est de retour, dans un univers quelque peu différent cette fois-ci, avec son EP Love & Happiness Vol. 3 How Stella Got Her Groove Back, où se succèdent dialogue et musique.

Le single à retenir est Make Her Say (Beat It Up). Une instrumentation dépouillée de tout élément inutile, un beat simple et solide, quelques voix en beatbox ou en choeur, un ou deux effets de Djing par dessus et ses paroles. Un texte qui marque à coup sûr, ne laissant aucun doute sur les intentions d’Estelle. Pas le genre de titres où on retient une mélodie, le texte de Make Her Say est déclamé clairement mi-rappé / mi-chanté, mettant particulièrement en avant les paroles pour bien retenir le message.

Ecoutez Make Her Say (Beat It Up) d’Estelle :

Plus directe que sur American Boy quant à ses intentions, Estelle est cette fois claire sur ce nouveau single, le visuel du titre ne laissant aucun doute sur la nature du sujet qui la travaille. Sous un certain angle, cette instru avec ce texte nous font beaucoup penser à Wait (The Whisper Song) des Ying Yang Twins, et on ne va pas se mentir, ce n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus saint pour l’esprit comme musique ! On vous laisse le soin d’aller vérifier, on ne peut pas vous l’imposer par acquis de conscience… On notera que le morceau d’Estelle est quand même plus soft, surtout sans tous ces cris évocateurs.

Regardez les teasers du clip Make Her Say d’Estelle :

Critique : Black Milk – Glitches in the Break

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On vous avait présenté Black Milk comme un brillant représentant de la scène hip hop de Détroit, conquis par ses productions soul aux beats jazzy. Pour rappel Black Milk a signé en 2006 sur le label indépendant Fat Beat Records avec qui il a déjà sorti 5 albums et collaboré avec des grands noms comme Bishop Lamont, J. Dilla, Loyd Banks ou encore Jack White et Royce Da 5’9″. On retrouve d’ailleurs ce dernier sur le très bon titre Losing Out.

Regarder Black Milk featuring Royce Da 5’9″ – Losing Out :

Le mois dernier, Black Milk est revenu dans l’actualité avec un nouvel EP intitulé Glitches in the Break qui à la première écoute nous a beaucoup plu. Black Milk nous y propose un voyage musical dans son poste de radio et dès l’introduction ça part fort avec They Are Glitches qu’on aime pour son instrumental free jazz sur fonds de sirène de police. On change ensuite de fréquence pour Dirt Bells avec sa mélodie au xylophone plus épurée qui berce parfaitement le flow de Black Milk, le tout entrecoupé de scratch.

Ecoutez Black Milk – Dirt Bells :

Pas le temps de souffler, les morceaux s’enchainent rapidement comme avec le titre suivant Ruffin, au ton plus minimaliste qui nous fait penser à du Pete Rock. Black Milk continu à faire tourner les ondes de sa radio pour s’arrêter sur Silence, un morceau sombre et mystique avec des voix samplées un tantinet flippantes. One For a Dam nous fait encore changer d’univers avec une boucle électro funk qui montre l’indéniable influence de J. Dilla dans son travail. Sur G on se retrouve dans le générique de fin d’un western avec un sifflement vaguement mélancolique comme lorsque le héros s’en va au loin sans se retourner. Le titre suivant, Cold Day est comme un clin d’œil à Questlove avec un son nu soul à la batterie.

Ecoutez Black Milk – Cold Day :

En continuant avec ReaganBlack Milk propose un non-hommage à l’ancien président américain en critiquant la politique libérale qu’il a mise en place et dont on voit les funestes dégâts bien longtemps après sur sa ville de Détroit, aujourd’hui en faillite. Break vient enfin clôturer le maxi de fort belle manière avec son riff de guitare rageur et toujours une batterie en roue libre. Très agréable à écouter, on passe d’un univers à un autre sans temps mort. Nous sentons l’artiste très inspiré par sa ville et ses influences musicales tout au long de ses 9 trop courts titres en aimant toujours autant la qualité de ses productions. Au final, Black Milk n’est pas forcément le plus connu des rappeurs mais grâce à cet essai, il s’installe de plus en plus comme un acteur essentiel de la nouvelle scène hip hop US.

Les choix musicaux de… 20syl

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Depuis l’énorme succès de C2c, 20syl multiplie les productions et collaborations sur disque comme sur scène. Depuis peu, il nous régale également de petits remix maison allant jusqu’à totaliser 5 millions d’écoute sur Internet ! On y retrouve des artistes tels King Krule, Kendrick Lamar, Rihanna, The Drop ou Schoolboy Q, tous passés à la moulinette du MC d’Hocus Pocus. En plein succès, il a paru indispensable à Soul Ton Oreille de demander à 20syl ses trois titres du moment. C’est donc en toute simplicité qu’il nous fait l’honneur de nous les faire partager ci-dessous.

Ecoutez Har Mar Superstar feat. Fabrizio Moretti – Prisoner :

« Je n’arrive toujours pas à savoir si c’est récent ou un morceau réédité. »

Ecoutez Ben Khan – Savage :

« Ce mec a un univers assez mortel, ça me rappelle un peu les morceaux de Jai Paul.« 

Regardez Omar – The Man :

« Ce track est magique, les arrangements sont juste parfaits : cordes façon Love Unlimited Orchestra, clarinette basse et rythmique qui cogne. »

Pour aller plus loin :

Découvrez : Isaiah Rashad, poulain de TDE

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Top Dawg Entertainment, une écurie de champions : entre Ab Soul, Schoolboy Q, Kendrick Lamar ou Jay Rock, le label indépendant continue de faire plaisir à nos pavillons auditifs. Dernier poulain à nous avoir caressé l’oreille ? Isaiah Rashad. Découvrons donc l’univers du rappeur aujourd’hui.

Isaiah nous vient du Tennessee et la charmante ville de Chattanooga. Alors qu’il était étudiant à l’Université d’Etat, il fait ses premiers pas dans un studio d’enregistrement et trouve alors sa vocation grâce à son cousin qui le laisse utiliser le studio gratuitement. Fort en réseautage, il se fait entre autres entendre par l’équipe de DJBooth.net et s’ouvrent alors les portes de Top Dawg, qui n’est pas passé à côté des qualités du jeune rappeur en pleine vingtaine. En mars 2013, il signe donc avec le label californien et son premier single sous leur égide sort dans la foulée : c’est Shot You Down.

Regardez : Shot You Down d’Isaiah Rashad

Alternant entre rap et chant, le tout avec les imperfections du débutant, Isaiah fait ses premiers pas dans la cour des grands avec cette diffusion en octobre dernier. Apprécié et remarqué pour son passage dans le cypher des BET Awards de 2013, Rashad marque de plus en plus les esprits et c’est donc logiquement qu’il se fait régulièrement citer comme MC en devenir et à surveiller particulièrement en 2014. Avec la sortie de son premier album en janvier dernier, Isaiah Rashad confirme le potentiel qu’on place en lui. 14 titres permettent de découvrir un peu plus son univers et sa musicalité, le tout avec le renfort de ses potes de TDE, de Schoolboy Q à Kendrick Lamar en passant par la protégée SZA.

Une des surprises de cet album est la vitesse à laquelle il passe. La première moitié se compose effectivement de morceaux de moins de 3:30 min dans sa majorité, sans pour autant donner l’impression de morceaux pas finis ou trop rapidement exécutés. Signe important de cohérence et d’homogénéité de l’album ! L’opus donne envie de se poser en bougeant la tête tranquillement (Webbie Flow (U Like), R.I.P. Kevin Miller, West Savannah) et sur sa deuxième moitié, Tranquility propose un démarquage du reste. Quelque peu différent du reste des morceaux posés mais parfois aidés de sonorités « southern », ce titre vient accompagner une introspection évidente du MC et dans la même veine, le coup de cœur de l’album va à Heavenly Father, dont la douceur saura vous séduire. En plus d’être bien réalisé (plus aussi débutant dans l’alternance des tonalités !), ce titre prend une saveur particulière quand on sait que le jeune homme a vu son père les abandonner lui et sa mère alors qu’il avait trois ans.

Regardez : Heavenly Father d’Isaiah Rashad

Comme pour boucler la boucle, l’album se termine par un remix de Shot You Down accompagné de Schoolboy Q et Jay Rock. 7 minutes qui sauront autant convaincre les fans de ces artistes déjà bien établis que ceux qui viendront découvrir le son et le flow d’Isaiah Rashad. Pas de doute, ce n’est qu’une question de temps pour que le MC cartonne à plus grande échelle, à condition cependant qu’il ose plus et n’hésite pas à proposer quelque chose d’original pour se différencier de ses camarades.

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