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Critique : 1er album pour le Cool Kid Chuck Inglish

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L’Illinois, ce n’est pas que Chicago. Bon, ok, c’est surtout Chicago quant on en vient à aborder la scène rap, mais un duo de gamins plutôt cool venus de Matteson est au chaud sous notre oreille. Vous les aurez peut-être reconnus, on parle bien sûr de The Cool Kids. Duo composé de Mickey Rocks et Chuck Inglish, on les avait découverts en 2008 avec leur EP The Bake Sale. Aujourd’hui, c’est en solo que Chuck se lance avec son album Convertibles. Passons-le donc en revue !

Sorti ce 8 avril, l’album penche plutôt du bon côté de la balance auditive. On comprend cependant dès le début qu’une des forces de l’album tient dans les collaborations, qui soutiennent, complètent ou portent 12 de ses 14 titres. Pas moins. D’abord sur le morceau Elevators qui ouvre l’opus et nous donne envie de faire une virée sous le soleil, puis un peu plus loin sur Legs, un duo surprenant avec Chromeo pour un ode aux gambettes. Un titre très efficace, rétro et  funky comme il faut, et (mais !) très marqué de la patte du duo canadien.

Ecoutez Legs de Chuck Inglish featuring Chromeo :

Sur Came Thru, l’instru alliée aux flows de Mac Miller, Ab-Soul et donc Chuck Inglish, est certes moins lumineux que le précédent titre mais efficace (on vous voit déjà bouger la tête en rythme). Sur Attitude, les interventions posées et pleines de soul de BJ The Chicago Kid (Chi-Town représente sur tout l’album) à l’opposé de son instru parfois bourrine et électrique, donnent un rendu intéressant et éclipsent totalement Chuck Inglish. Ingles (Mas o Menos) featuring Cap Angels nous emmène cette fois dans un univers latino inattendu. Que de voyages en quelques pistes !

Grâce à Money Clip, on revient à Chicago avec les interventions notamment d’un Vic Mensa présent partout, qui se lance sur la fin du titre, point d’orgue après avoir entendu chacun de ses protagonistes poser l’un après l’autre (sont aussi présents Retch, Hassani Kwess et Sulaiman). Faux-airs de cypher pour un morceau quoi qu’il en soit bien mené.

Regardez Came Thru / Easily de Chuck Inglish featuring Mac Miller et Ab-Soul :

Game Time sera reconnu entre mille, avec la grosse voix d’Action Bronson qui prend d’entrée aux oreilles. Un morceau à l’opposé de celui qu’il précède, P.R.I.S.M. :  cette fois accompagné de Jade Hurtado, ce sont 5 minutes structurées que Chuck Inglish propose, au cours desquelles la chanteuse prend le dessus, faisant donc ensuite place à 2 minutes de rap bien gras. Avant-dernière piste, Dreamy est comme un rêve devenu réalité : Chuck Inglish en solo sur son album solo ! Il aura fallu être patient ! Si deux pistes plus haut on a droit à H.M.U. en solo aussi, on ne pouvait manquer de noter ce Dreamy.

Loin de raconter et nous transporter dans ses rêves comme par exemple un Kid Cudi sait si bien le faire, le morceau a son importance pour donc essayer de vraiment juger la performance de Chuck Inglish tout seul. Malheureusement, le morceau s’efface comme un songe en moins de 3 minutes, nous laissant sur notre faim.

En conclusion de Convertibles, un dernier duo prend place, cette fois pour notre plus grand plaisir : accompagné de Chance the Rapper (plus Nico Segal et Macie Stewart si l’on fait confiance à notre pavillon auditif), Glam permet de finir l’album en beauté, introduit par une trompette magique dont on ne se lasse pas. La douceur de l’entrée de Chance the Rapper lui permet de s’immiscer dans le morceau sans paraître intrusif. Encore une fois, l’invité devient la star du morceau, laissant peu de place à Chuck Inglish pour faire ses preuves ou marquer les esprits, puisque le rappeur n’intervient qu’au début, cédant ensuite entièrement sa place.

Ecoutez Glam de Chuck Inglish featuring Chance the Rapper :

Vous l’aurez compris, ce premier album solo de Chuck Inglish n’en est pas vraiment un et on ressort frustré de ne pas avoir entendu plus du rappeur/producteur des Cool Kids. Très éclectique et donc pas du tout homogène, l’album fait preuve de qualité mais aurait profité de plus de cohérence et de recentrage sur son auteur, plutôt que de cette quantité de featurings quand bien même on apprécié la majorité de ces invités. On recommandera tout de même l’écoute et l’adoption de Convertibles, le produit final étant bon malgré ses défauts. Restez connectés, un nouvel album des Cool Kids est également attendu pour cette année.

Asher Roth annonce RetroHash

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Après un contrat signé chez Def Jam promettant la sortie de l’album Is This Too Orange ? en mars 2012 et qui n’aura finalement pas vu le jour, la mixtape Pabst & Jazz et un retour aux sources avec The Green House Effect vol.2, Asher Roth nous revient finalement 5 ans après la sortie de son tube I Love College et son premier album Asleep in the Bread Aisle. Le retour se fait le 18 décembre dernier avec un teaser du morceau Pot of Gold sur un visuel introduisant l’atmosphère du projet : du chill, du plaisir, de la bonne vibe. L’album Retro Hash est alors annoncé !

Regardez : Asher Roth – Pot of Gold

Après plus de deux mois d’attente, il nous revient ce mois-ci avec le clip du premier single du projet, Tangerine Girl. De quoi faire monter la pression avant la sortie des 10 pistes annoncées.

Regardez : Asher Roth – Tangerine Girl

Poussant de nouveau la chansonnette sur une atmosphère planante un poil funky et aguicheuse, le rappeur de Philly gratifie ce morceau d’un couplet efficace comme il sait les faire, de manière dilettante mais contrôlée. Cette seconde mise en bouche nous annonce la date de sortie de l’album ce 22 avril 2014.

Fort d’un nouveau style visuel et musical, RetroHash, anagramme d’Asher Roth, semble être le renouveau du rappeur. Son art et son univers ont évolué, ainsi que les idéaux qu’il met en avant dans sa dernière vidéo parue, Fast Life, teaser du titre du même nom en featuring avec Vic Mensa, dans laquelle il partage sa bonne humeur, rappelant à tous la chance que l’on a et de nous pas oublier d’en profiter.

Regardez : Asher Roth – Fast Life

Avec tout ça, pas étonnant qu’on n’ait qu’une hâte chez Soul Ton Oreille : écoutez RetroHash à sa sortie dans quelques jours. A n’en pas douter, vous pouvez vous attendre à nous lire sur le sujet à sa sortie !

Grems et Cheef : 2 clips en 1, signés Lejeune

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A l’heure où de nombreux rappeurs sortent des clips banals, sans aucune volonté d’apporter ou de créer quelque chose de neuf, se satisfaisants généralement d’un visuel « street credibility » pour accompagner leurs sons, d’autre continuent de nous surprendre à travers leur créativité et leurs prises de risques. C’est le cas de Cheef et Grems, qui au détour d’un seul et même concept, nous livrent chacun un clip. Réalisé par le talentueux Steve Lejeune, le but est ici de filmer les deux rappeurs accompagnés de leur gestuelle et de leur jeu, poser leur son en même temps face caméra. L’originalité est là, mais qu’en est-il du résultat ?

Regardez : Cheef – Crade-Honnête

Regardez : Grems – Camisole

Il n’y a pas a dire, la prise de risque est réelle puisque si l’on regarde l’un sans l’autre (pourtant la même vidéo finalement), on ne comprend pas vraiment le sens, étant donné que chaque rappeur passe pour fou dans le clip de l’autre ! Après avoir visionné les deux, le résultat est probant, l’idée est géniale ! Le fait que les deux textes partagent la même la folie, permet une interprétation qui colle entre les deux protagonistes, qui jouent de ce concept en échangeant tout le long de ces 3 minutes de vidéo. De plus, il est intéressant de remarquer que le visuel colle très bien aux deux sons, qui sont pourtant bien différents par leurs instrus.

Au final, Steve Lejeune, qui confiait lors d’une interview à nos confrères de l’abcdrduson.com en avril 2013 « à un moment, même si ça a déjà été fait d’ailleurs, je voulais faire un clip où deux rappeurs changent leur playback. Mais pareil, ça passe mal, les gens ont envie que ce soit leur tête qui soit sur leur texte. Idem pour les ambiances, tu ne peux pas mettre n’importe quel type d’ambiance sur du rap, donc ça devient un peu compliqué », semble avoir réussi en grande partie à exploiter son concept. En espérant de nouvelles surprises de la part du rap français plus régulièrement dans le futur.

La féline Estelle est de retour, explicite au possible

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On se souvient de cet énorme succès d’Estelle en 2008, American Boy avec Kanye West, qui doit compter des dizaines de reprises sur la toile et qui a permis à la chanteuse d’assoir sa notoriété sur la scène hip hop internationale. Ont suivi deux albums studios avec des featuring assez impressionnant, comme John Legend et David Guetta.

Eh bien la charmante chanteuse anglaise est de retour, dans un univers quelque peu différent cette fois-ci, avec son EP Love & Happiness Vol. 3 How Stella Got Her Groove Back, où se succèdent dialogue et musique.

Le single à retenir est Make Her Say (Beat It Up). Une instrumentation dépouillée de tout élément inutile, un beat simple et solide, quelques voix en beatbox ou en choeur, un ou deux effets de Djing par dessus et ses paroles. Un texte qui marque à coup sûr, ne laissant aucun doute sur les intentions d’Estelle. Pas le genre de titres où on retient une mélodie, le texte de Make Her Say est déclamé clairement mi-rappé / mi-chanté, mettant particulièrement en avant les paroles pour bien retenir le message.

Ecoutez Make Her Say (Beat It Up) d’Estelle :

Plus directe que sur American Boy quant à ses intentions, Estelle est cette fois claire sur ce nouveau single, le visuel du titre ne laissant aucun doute sur la nature du sujet qui la travaille. Sous un certain angle, cette instru avec ce texte nous font beaucoup penser à Wait (The Whisper Song) des Ying Yang Twins, et on ne va pas se mentir, ce n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus saint pour l’esprit comme musique ! On vous laisse le soin d’aller vérifier, on ne peut pas vous l’imposer par acquis de conscience… On notera que le morceau d’Estelle est quand même plus soft, surtout sans tous ces cris évocateurs.

Regardez les teasers du clip Make Her Say d’Estelle :

Critique : Black Milk – Glitches in the Break

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On vous avait présenté Black Milk comme un brillant représentant de la scène hip hop de Détroit, conquis par ses productions soul aux beats jazzy. Pour rappel Black Milk a signé en 2006 sur le label indépendant Fat Beat Records avec qui il a déjà sorti 5 albums et collaboré avec des grands noms comme Bishop Lamont, J. Dilla, Loyd Banks ou encore Jack White et Royce Da 5’9″. On retrouve d’ailleurs ce dernier sur le très bon titre Losing Out.

Regarder Black Milk featuring Royce Da 5’9″ – Losing Out :

Le mois dernier, Black Milk est revenu dans l’actualité avec un nouvel EP intitulé Glitches in the Break qui à la première écoute nous a beaucoup plu. Black Milk nous y propose un voyage musical dans son poste de radio et dès l’introduction ça part fort avec They Are Glitches qu’on aime pour son instrumental free jazz sur fonds de sirène de police. On change ensuite de fréquence pour Dirt Bells avec sa mélodie au xylophone plus épurée qui berce parfaitement le flow de Black Milk, le tout entrecoupé de scratch.

Ecoutez Black Milk – Dirt Bells :

Pas le temps de souffler, les morceaux s’enchainent rapidement comme avec le titre suivant Ruffin, au ton plus minimaliste qui nous fait penser à du Pete Rock. Black Milk continu à faire tourner les ondes de sa radio pour s’arrêter sur Silence, un morceau sombre et mystique avec des voix samplées un tantinet flippantes. One For a Dam nous fait encore changer d’univers avec une boucle électro funk qui montre l’indéniable influence de J. Dilla dans son travail. Sur G on se retrouve dans le générique de fin d’un western avec un sifflement vaguement mélancolique comme lorsque le héros s’en va au loin sans se retourner. Le titre suivant, Cold Day est comme un clin d’œil à Questlove avec un son nu soul à la batterie.

Ecoutez Black Milk – Cold Day :

En continuant avec ReaganBlack Milk propose un non-hommage à l’ancien président américain en critiquant la politique libérale qu’il a mise en place et dont on voit les funestes dégâts bien longtemps après sur sa ville de Détroit, aujourd’hui en faillite. Break vient enfin clôturer le maxi de fort belle manière avec son riff de guitare rageur et toujours une batterie en roue libre. Très agréable à écouter, on passe d’un univers à un autre sans temps mort. Nous sentons l’artiste très inspiré par sa ville et ses influences musicales tout au long de ses 9 trop courts titres en aimant toujours autant la qualité de ses productions. Au final, Black Milk n’est pas forcément le plus connu des rappeurs mais grâce à cet essai, il s’installe de plus en plus comme un acteur essentiel de la nouvelle scène hip hop US.

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