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Jay Z et Beyoncé, le concert mégalo-grandiose

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Vendredi soir, direction le Stade de France où avait lieu le concert le plus attendu des rois du Hip-Hop, Jay Z et Beyonce, On The Run Tour. La foule arrive de toute l’Europe : des sosies de Jay Z, des Beyonce « lowcost » en haut talons et robes ultra courtes, des parents venus accompagner leur fille et son groupe de copines hystériques, des fans avec des t-shirts à l’effigie du couple ou reprenant la célèbre phrase féministe Flawless (comprenez : sans défaut). Dans le stade, des écrans avec une phrase mystérieuse « Ceci n’est pas la vraie vie » font patienter une foule venue voir le concert de l’année. Les caméras de HBO, chaîne télévisée américaine, sont là ce soir pour filmer. Après 1h15 d’attente, les lumières s’éteignent, un court film montre le couple en mode gangster, pour laisser place aux premières notes de 03 Bonnie & Clyde, point de départ de leur vie et d’un show qui s’annonce grandiose.

Ce concert est digne d’une grande production : strass, paillettes, chorégraphies millimétrées, tenues courtes et affriolantes de grandes maisons de couture pour madame. Jeans, t-shirts, manteau de cuir, parfois avec un bonnet, une casquette ou un chapeau, lunettes, grosses chaînes en or, décors classes sans fioriture pour monsieur. Les deux artistes se baladent comme des poissons dans l’eau, devant un public conquis, qui reprend de bon cœur les chansons avec un anglais très approximatif. Les titres s’enchainent et la bonne ambiance est de la partie. Nous passons d’un Crazy in love endiablé à un Niggas in Paris qui met le feu. Des tableaux entrecoupé de mini films représentant un couple en cavale, réunit pour le meilleur, l’argent, la mégalomanie et le pire. Pendant 2h45, les Carter se font la part belle, enchainant leur succès : Big Pimpin, Clique, 99 problems, Diva, Singles Ladies, Run The World. 42 chansons se succéderont en un rien de temps, en duo ou solo, laissant peu de place aux fans pour reprendre leur souffle et apprécier véritablement les morceaux.

Pourtant, ce show gigantesque parfois peine. Les passages sur les écrans sont trop présents et cassent la dynamique du show. Ce concert manque de respiration, de simplicité, et d’interactivité avec un public qui s’endort parfois. Nous aurons le droit à un minimum syndical : « Est ce que ça va Paris?! » , « Chantez! » , les arrêts des deux artistes pour réclamer des ovations de la part du public, un brin égocentrique mais mérité tout de même. L’acoustique et les quelques couacs techniques n’aideront pas à fluidifier ce show un peu trop lourd pour ce stade. Nous le savons aussi, ce soir le public est pro Beyonce. Be danse, chante, invite pour un petit Flawless des familles sa nouvelle copine Nicki Minaj, qui rend le public hystérique. Mais ne comptez pas sur l’Anaconda girl pour mettre le feu, aussitôt son set fini, aussitôt reparti. Et oui la star, c’est Beyoncé. Une star qui malgré son talent indéniable, nous fait un petit playback complétement assumé sur son titre Partition. Elle semble un peu fatiguée, distribuant des sourires qui manquent de sincérité. Une attitude et une prestation loin de son concert à Bercy l’an dernier. C’est que nous la sentons un peu crispée notre Queen Bey.

Pourtant, sur le titre Why don’t you love Me, elle se lâche complément et balaie en un instant toutes nos craintes et se permet sur la reprise de Lauryn Hills Ex-Factor de nous mettre complétement d’accord et de lui trouver un tas d’excuses sur ce fameux playback. Quant à son mari, certains diront qu’il est l’invité, la pause entre les changements de tenues de sa femme. Même si nous le sentons parfois un peu seul, car le public n’est pas aussi familier avec son répertoire, le boss de Roc Nation, n’a rien à envier à sa femme. Seul sur scène sans danseurs ni artifices, décontracté, il met tout le monde d’accord et enflamme le stade comme il l’avait fait l’année d’avant à Bercy, lui aussi.

Le public est aussi venu voir des signes du fameux divorce ou non. Là encore, nous nous demandons si tout n’est pas millimétré. Les premières notes de Drunk In Love résonnent. Le Stade est incontrôlable. Les deux artistes s’échangent des petits regards amoureux et des gestes tendres. Sur Beach is Better, Jay Z change les paroles et laisse entendre que sa femme est de nouveau enceinte. Puis, vient le moment règlement de compte : après que Jay Z nous ait livré un Song Cry très jazzy et anthologique, Beyoncé refait un peu des siennes sur Resentment sur le même passage au moment ou elle dit « je sais qu’elle est attirante mais…  » puis d’un signe, se montre comme pour redire « y a pas photo, je suis beaucoup mieux« . Un running gag lassant à vrai dire, et qui se ressent dans tout le stade mais de courte durée puisque la diva enchaine avec un Love On Top comme pour dire l’amour triomphe toujours, ouf !!. Le concert s’achève sur un Young Forever et Halo avec des images de leurs moments intimes (mariages, vacances, photos de familles) et de leur adorable baby Blue avec cette dernière phrase « Ceci est la vraie vie ».

2h45 se sont écoulés, Beyoncé déclare que c’est la meilleure tournée de sa vie et remercie son mari qu’elle aime énormément. Jay Z encense sa femme qu’il aime par dessus tout et demande un max de bruit pour elle. Le couple demandera aussi du bruit pour les danseurs frenchy, les Twins, avant de remercier le public et de lâcher un très commun « Paris, nous t’aimons ! », puis le couple s’en est allé bras dessus bras dessous sur les notes de Lift Off.

Pas de rappel, les lumières se rallument, le public a les oreilles bien fatiguées par un son très médiocre d’un stade qui n’est pas fait pour les concerts, mais les yeux remplient d’étoiles. La machine Carter a fait le job ce soir, tous les ingrédients d’un bon film étaient réunis. La foule en délire devant les caméras des télévisions venues recueillir les impressions à la sortie, ne peuvent pas contredire.

Ils sont riches, talentueux, contrôle tout et parfois un peu trop. Mais ils ont conquis en deux soir 152 000 spectateurs venus pour deux dates uniques et exceptionnelles en France. Un concert qui restera sans nul doute le concert qu’il ne fallait pas louper, en tout cas ce week-end. Mais pas de panique, pour ceux qui n’auraient pas pu ou voudraient voir ce qu’ils ont loupé, le concert sera retransmit le 21 septembre en crypté sur Canal + et le 01 octobre sur D8.

Critique : These days, l’album transitoire d’Ab-Soul

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Si nous pensions qu’avec les succès de Kendrick Lamar et le très bon album de SchoolBoy Q, Interscope choisirait de mettre en lumière le moins célèbre de l’écurie Top Dawg Entertainment : Ab-Soul, il n’en est rien pour le moment ! C’est donc sous son label indépendant TDE et après avoir menacé de leaker s’il ne sortait pas plus rapidement, que l’opus These Days est venu nous titiller les oreilles. 2 ans après son dernier album Control System, nous nous demandons si cet opus ne servirait pas de test à Ab et son écurie afin de continuer la succès story de ce fleurissant label.

Les 4 premiers sons de cet opus ne vous éloigneront pas de l’univers de l’artiste. Ab-Soul, rappeur dit conscient, fait un bilan de sa situation personnelle et de sa vision du monde qui l’entoure et notamment l’argent, la perte de son ex-petite amie, sa maladie. Dans ces 4 morceaux l’empreinte TDE est présente dans les productions et on y retrouve la dernière recrue du label : SZA sur God’s Reign, ou encore SchoolBoy Q sur Hunnid Stax. Ces morceaux sont empreints des sujets favoris du rappeur : la drogue, la religion, l’argent, la fête, la nature, qui nous montre son talent derrière le micro et à l’écriture notamment sur les morceaux Dub Sac et Tree of life.

Regardez :  Ab-Soul feat SchoolBoy Q, Mac Miller – Hunnid Stax

Mais c’est avec la suite du projet que Ab-Soul risque de vous perdre surtout si vous êtes un fervent fan du natif californien. Les morceaux World Runners et Nevermind That sont assez loin de ce qu’on attend et ce n’est pas la présence de l’absent Lupe Fiasco et le bankable Rozay qui apporteront leurs lots d’originalité. Sur le morceau Twact, nous nous interrogeons sur le coté mainstream de ce morceau qui nous rappelle les sons des YG, Tyga, Kid Ink ou Chris Brown. Bien que peu gênant, l’essai n’est pas très concluant et si nous pouvions nous le permettre, nous lui conseillerions de rester un peu plus fidèle à lui même. Nous mettrons une mention spéciale pour le morceau Just Have Fun, surtout pour la deuxième partie qui n’est autre que le morceau These Days mais en beaucoup plus léger et qui vous donnera envie d’un bon moment de camaraderie très festif au bord d’une piscine ou autour d’un bon barbecue.

Écoutez : Ab-Soul feat The O’My’s – These Days

Après ce petit moment d’égarement, Ab-Soul continue de tester de nouvelles choses mais reste fidèle à son univers. Ainsi après l’interlude Kendrick Lamars, qui est le pendant du morceau de Ab-Soul Outro sur le projet Section 80 de K.Dot, Ab-Soul pousse la chansonnette sur Closure. Ce morceau en dérangera plus d’un à cause de sa musique et ces paroles empreintes de chagrins étouffants. Soul y évoque la disparition de son ex-petite amie et ses relations difficiles depuis avec la gente féminine. On notera la présence de Jhéne Aiko sur les refrains qui renforce le coté détresse et angélique qui plane dans ce morceau torturé.

Écoutez : Ab-Soul feat Jhéne Aiko – Closure

Les morceaux Feelin’Us, Ride Slow avec Danny Brown et Sapiosexual produit par un J.Cole pas très inspiré, sont de bons morceaux mais sans grand intérêt. Stigmata, deuxième extrait de cet opus dévoilé, est un excellent morceau qui doit son inspiration au The Cross de Nas. Dans ce morceau, Soul redevient ce rappeur conscient en confiant les blessures qu’il porte comme une croix et n’hésite pas à se comparer au Christ :

I’m more than a man, I’ve been died and rose again / Left these holes in my hands, so you know who I am ( je suis plus qu’un homme, je suis mort et j’ai ressuscité / Ces trous sont incrustés dans mes mains, donc tu sais qui je suis ).

Enfin pour conclure, l’opus se termine par W.R.O.H (We really Out Here), un morceau dont nous soulignons la prouesse de fin avec ce flot de paroles et de freestyle avec son ami JMSN mais un morceau long (23min qu’en même) qui nous laisse un peu sur la fin.

Regardez :  Ab-Soul feat Action Bronson, Asaad – Stigmata

Vous l’aurez donc compris, nous sommes très mitigés sur cet opus. Si le talent est indéniable, These Days est un album transitoire avant la sortie d’une petite bombe en 2015 comme promis. Même s’il garde son univers, nous espérons cependant que Soul ne succombera pas trop à certains de ses essais et gardera son originalité et son indépendance qui lui vaut d’être encore une pépite brute avant passage dans le mixeur des majors. Un nouveau challenge que nous ne manquerons pas de suivre.

Le Dancehall au pays du Soleil Levant

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Nous savons que la scène street dance japonaise est très représentée et reconnue dans le monde mais ce que nous imaginions moins, c’est que le dancehall a, depuis quelques années, une place de choix parmi les jeunes japonais. C’est ce que nous explique, ce documentaire réalisé par Bose (l’un des spécialistes de matériel audio) à travers leur blog #ListenForYourself.

Pourtant très loin de la culture traditionnelle japonaise, nous apprenons que le reggae dancehall, a émergé dans la culture underground des années 90 avant de devenir une vraie philosophie de vie pour certains et surtout certaines japonaises. Ce documentaire de 6 min, nous montre à travers les parcours de célèbres représentants du pays (le groupe Yokohama, Batty Bom Bom qui a gagné le concours du dancehall Queen, le groupe de fille Illmatic Gyalz) comment cette musique et culture jamaïcaine a pris une place importante dans leur vie.

Documentaire : Scène cachée – Épisode 1 : Le Dancehall au Japon

Né d’une collaboration entre Bose et Facebook, Vice, Spotify, la série Scene Unseen (scène cachée) est une trilogie de mini-films et d’autres contenus visant à faire découvrir des scènes musicales uniques dans des lieux insolites. Et le deuxième volet, qui vient de paraitre sur la toile, est consacré à la scène indépendante de Mexico qui attire de plus en plus le public international.

Documentaire : Scène cachée – Épisode 2 : La scène indépendante mexicaine

Découvrez : la soul du monde hip hop de Customary

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C’est avec plaisir que nous venons nous immiscer dans votre mois d’août pour vous faire découvrir notre dernier petit coup de cœur : Customary, mais qui est-ce vous demandez-vous ? Eh bien, c’est un rappeur et producteur américain, ayant grandi dans les environs de Washington. Très influencé par des artistes comme Blackstar, Common, JDilla ou bien The Pharcyde, il commence très jeune à produire des groupes de sa ville. Après quatre albums, dont deux instrumentaux qui lui ont valu d’être repris à des fins publicitaires par des marques comme Apple, la chaîne NBC ou Netflix, Customary revient avec un nouveau album intitulé Compassion. Nous vous proposons de vous en faire une première idée avec le premier titre qui nous a tapé dans l’oreille, Hanging on, avec son supplément clip.

Regardez : Customary – Hanging On

Un titre hip hop à la texture nu soul au message positif qui nous a tout de suite plu, tout comme le reste de l’album d’ailleurs. Sur 14 pistes, Customary va se balader et vous proposer ce projet qui lui tient particulièrement à cœur dans lequel il parle d’acceptation, de pardon, de religion et d’amour. La religion est un thème qui reviendra au long de l’album et dont vous retrouverez une représentation sur la pochette.
Aussi à l’aise en chantant qu’en rappant, il propose un univers qui parlera forcément aux amoureux du hip hop qui sent bon les années 90-2000. Voici le deuxième clip de ce projet, le titre Fear, plus sombre, tout en noir et blanc et en simplicité dont le message n’est pas dénaturé.

Regardez : Customary – Fear

Quelques featurings agrémentent le tout, Customary sait s’entourer pour parfaire ce projet. De manière générale, vous devriez vraiment apprécier cet album, plutôt très bien produit et dont l’ambiance positive s’accorde très bien avec cette période estivale. Nous vous recommandons chaudement d’aller vous le procurer sur un des fameuses plateformes de téléchargement légal et d’en profiter le plus vite possible, nous il tourne déjà dans nos oreilles en boucle.

Pour en savoir plus :

Critique : The Herbaliser se remixe

HERBALISER_HEADER-ARTICLESDepuis 1995 The Herbaliser, un collectif anglais composé de Jack Wheery et Dj Ollie Teeba accompagnés par 7 musiciens, nous distille des perles hip hop/soul/funk. Durant toutes ces années, ils ont sorti sept albums studios portés par le label Ninja Tunes et K7!. The Herbaliser sont un peu les pionniers dans cette discipline de fusion de jazz/hip hop et soul. Le plus connu de leur morceau est le très sexy Sensual Woman, un extrait de la bande original du film Snatch, que nous vous proposons de (re) découvrir tout de suite.

Écoutez : The Herbaliser – Sensual Woman

The Herbaliser auraient pu se noyer dans la masse des productions après leur pause de 4 ans, mais il en a été autrement avec la sortie en 2012 de There Were Seven. Un album produit en indépendant qui reçu un très bon accueil, The Herbaliser a la bonne idée de se servir des nouveaux moyens de communication pour créer une nouvelle proximité avec leur public et en quelque sorte de relancer une nouvelle énergie autour du projet. La toile leur permet également de rencontrer des nouveaux producteurs. Le fruit de tous ces échanges fructueux aboutit à la sortie le mois dernier de l’album remix de There Were Seven. L’album fait peau neuve avec quinze nouvelles versions et remix réalisés entre autres par 2econd Class Citizen, Colman Brother ou encore le pionnier de la drum’n’bass Electronica T Power. Afin de vous donner un avant goût de ce retour en grande forme, voici l’introduction de There Were Seven Remix.

Écoutez : The Herbaliser – The Return Of Seven ( G Bonson remix )

On aime le côté soul planante du remix de Colman Brother du titre The Lost Boy, avec une instrumentale ressemblant à du Wax Taylor. Sur le remix dub de Welcome To Extravagance c’est le côté anglais qui ressort avec un son dub dans l’esprit de Clashs ou des puces de Camden. Plus loin on retrouve sur Zero Hill, remixé par Souns Sci, une ambiance plus caverneuse avec un son trip-hop à l’opposé de Take ‘Em Out sorte de morceau funk au ralenti remixé par T Power. Sur A Said State Of Affairs, remixé par Jenome, on pense à du Common mais c’est bien George The Poet au micro. On continue avec le virage électro de l’album sur Crimes & Misdemeanours remixé par Lopez. Le remix de March Of The Dead Things par Renegade Brass Band clôt l’album sur une note jazzy non négligeable.

Écoutez : The Herbaliser- March Of The Dead Things (Renegade Brass Band remix)

Pour résumé cet album est un condensé de bonne musique que l’on aime, accompagné de grosses basses et de rifles inspirés. Plus qu’un album de remix The Herbaliser nous offre leur vision de la musique à la fois en lui rendant hommage mais aussi en la bonifiant avec les ingrédients d’aujourd’hui. Le résultat est plaisant, The Herbaliser devient un peu moins sage en se remixant ce qui  leur fait le plus grand bien.

Pour en savoir plus :

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