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Critique : Lomepal – Seigneur

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Après avoir découvert son Ep Cette Foutue Perle, nous nous interrogions si Lomepal allez s’inscrire dans la durée. Sur Seigneur son nouvel Ep c’est chose faite, Lomepal confirme et s’impose comme l’un des meilleurs rappeurs français actuel. Seigneur est une sorte de lettre ouverte où le rappeur nous propose une plongée à travers ses doutes et ses espérances.
Vous pourrez découvrir le titre Les Troubles Du Seigneur, un morceau très sincère où Lomepal se parle à lui-même, nous faisant comprendre que c’est un peu le bazar dans sa tête. Puis une voix l’apostrophe lui conseillant d’aborder des sujets plus vendeurs et c’est ce qu’il fera avec le titre Toi Et Moi qui dénonce les violences conjugales faites aux femmes et ces paradoxes, c’est pour nous un des titres le plus réussis de l’album, un condensé d’humour noir, dérangeant mais criant de vérité. On continue avec 1/12 qui reprend l’idée que nous pouvons avoir confiance en tout le monde mais qu’il faut se méfier du côté sombre qui peut se trouver en chacun. Lomepal passe un nouveau cap, il décrit avec justesse des situations que nous pouvons rencontrer au quotidien comme sur les titres Enter The Void ou La Chute Libre.

Écoutez : Lomepal – La Chute Libre

Ce morceau est une réflexion que nous avons tous eu, notamment lorsque nous sentons que tout s’effondre autour de nous et que pour fuir nous voulons tout envoyer en l’air. Sur Passe Au Dessus Lomepal est en quelque sorte adoubé par le milieu avec le featuring d’Akhenaton, un morceau en réponse à Chute Libre clamant au contraire qu’il ne faut rien lâcherUne fois encore Lomepal nous touche en essayant d’être un homme bon, comme tout à chacun il est tiraillé mais essaye de faire de son mieux.

Regardez : Lomepal featuring Akhenaton – Passe Au Dessus

Pour finir, nous pouvons dire que Lomepal nous propose un Ep de qualité avec des bons textes et de bonnes productions musicales invitant la crème des producteurs français comme Hologram Lo’, Topten, Drixxxe ou encore Meyso. Il prend le risque payant de parler de la vie dans ce qu’elle a parfois de plus difficile et de parler de lui en toute sincérité. Vivement l’album car finalement on reste presque sur notre faim.

Pour aller plus loin :

Retour sur l’exposition Street Art du Canal de l’Ourcq

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Pendant l’été lorsque les plus chanceux partent en vacances, ils se passent tout de même plein de choses en Ile-de-France, la preuve avec cette exposition de street art dans la ville de Pantin (Seine Saint-Denis). Pour l’occasion, ce sont pas moins de trente artistes venus du monde entier se sont exprimés en toute liberté sur les murs qui longent le canal de l’Ourcq. Il n’en fallait pas plus pour attiser notre curiosité et vous faire profiter du parcours intitulé De l’Art à l’Ourq.

Ce projet est le résultat d’une réflexion sur l’évolution du graffiti et la manière dont il est perçu depuis 30 ans. L’artiste Cristobal Diaz a demandé à quatre artistes Dize, Erol, Eyone et Freez de créer des œuvres sur cinq panneaux publicitaires qui ouvriront le bal. Comme un symbole, le premier panneau montre une jolie photo d’un canapé tagué, abandonné dans une forêt, symbole imagé des endroits improbables que les artistes à la bombe recherchent encore et encore. Ensuite, des panneaux classiques aux lettrages dignes des années 80, avec des codes de l’ époque comme le métro de New York, des têtes de gangsters ou des bagues. Après ce retour dans le passé, on évolue avec des panneaux représentant des visages féminins, plus modernes et plus fins, des expressions faciales joliment captées. On a pu y voir aussi des œuvres à l’ influence orientale et même indienne qui aurait leur place dans n’ importe quel bon musée. L’ installation se termine par des affiches symbolisant le métissage et véhiculant un message de paix entre les peuples. Intéressant de constater qu’au début du mouvement c’était plutôt le « moi je » et que maintenant  l’art est devenu partage et mains tendues.

L’ exposition continue avec ce que le Street Art a de plus malicieux, le détournement. Pour le coup c’est ici le haut des poteaux piétonniers qui deviennent des têtes de Lego jaunes aux multiples expressions faciales. On y a vu aussi des grosses boules qui, transformées en plusieurs yeux multicolores, rappellent le symbole d’une célèbre émission de télé-réalité.

Sous un pont et sur une grille de protection on trouve les personnes poétiques de Seth, des pochoirs parodiant et contestant la stratégie marketing d’Apple. Plus loin, Djalouz transforme une cabine de téléphone en un buisson de fougère, une cheminée rescapée des moulins de Pantin est recouverte d’une toile au motif oriental, c’est à se demander comment ils ont pu faire pour fixer le tout. Dans le fond du paysage, la face d’un immeuble est recouverte d’une composition de l’ artiste réunionnais, Jace.

Plus loin sur un autre mur, plusieurs pochoirs et collages, dont ceux de l’artiste brésilien Derlon montrant la large palette de technique qui sont utilisées dans le milieu. C’est touchant de voir comment le street art, loin des critiques que l’on peut en faire, réussit à se fondre dans son environnement, arrivant même à le bonifier. C’est avec un large sourire que nous laissons derrière nous une exposition réussie avec ce dernier message en tête repéré sur une façade : « La démocratie s’exprime bien sur les murs ».

 

 

 

Pourquoi nous avons aimé le dernier clip de Pharrell

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C’est sans une certaine nostalgie que le nouveau clip de Pharrell Williams, It Girl extrait de son album G.I.R.L, nous embarque dans les années 80 et plus particulièrement dans les jeux vidéos et mangas de cette époque. Skateboard P nous plonge dans 5 min de pop culture japonaise américaine qui nous rappelle les dessins animés du Club Dorothée et surtout nos jeux vidéos sur Gameboy, Super Nes, Atari et Méga Drive… Et rien que pour cela nous avons aimé ce clip !

Regardez : Pharrell Williams – It Girl

Un clip réalisé par Takashi Murakimi à qui l’on devait déjà l’excellent clip Good Morning de Kanye West, reprenant les codes des mangas japonnais.

Regardez :  Kanye West – Good Morning

Cette fois-ci le plasticien japonnais, parodie l’univers de Sailor Moon qu’il transforme en jeu vidéo très coloré ou se balade aisément un mini Pharrell Indiana Jones, toujours prêt à aider et à mettre en valeur les femmes. Ce clip retro-gaming et so girl power, est juste une petite merveille et comme tout bon nostalgique et peut être un peu geek, il nous en fallait peu pour nous replonger dans une époque qui a marqué toute une génération.

Nous vous laissons rêver !

On y sera : Union Live par In Live We Trust

INLIVEWETRUST_HEADER-ARTICLESVous aviez compris que nous étions des Bisounours au grand cœur ? Évidemment, nous n’en doutons pas, en même temps on ne se cache pas vraiment, c’est donc tout naturellement que nous ne pouvions qu’être ravi par cette belle initiative qu’est le collectif In Live We Trust fondé par Raphaël Favelo-Longo. Mais c’est quoi exactement ? Eh bien In Live We Trust se définit comme étant le mouvement de rencontres musicales et artistiques, provocateurs d’échanges et d’émotions. On vous avait dit que ça nous correspondait, vous comprenez pourquoi maintenant.
Une fois par mois le collectif vous proposera d’ailleurs une petite vidéo dans laquelle il explorera les inspirations et les motivations profondes des artistes, d’acteurs de la vie culturelle et sociétale, à travers une question simple : Et toi…Pourquoi tu fais ce métier ?

Regardez : In Live We Trust – Et toi…Pourquoi Tu Fais Ce Métier ? Episode #1

Ils se définissent également comme étant Le Collectif Qui Vous Veut Du bien. Tout part d’un constat assez amer, celui que le monde dans lequel nous vivons est dur et pas forcément mis en valeur vu toutes les horreurs auxquelles nous pouvons assisté tous les jours. Mais au delà de ce constat, il y a ce sentiment que finalement tout n’est pas si triste et moche, il y a évidemment de jolies choses à voir et découvrir tous ensemble dans un état d’esprit de partage et d’union. Alors à travers l’art, la musique et le spectacle vivant, quelques utopistes au grand cœur ont eu la bonne idée de faire vivre cette idée et ce concept en vous proposant l’épisode 1 des soirées Union Live. Cette première édition aura lieu à la Favela Chic le mercredi 8 octobre et vous proposera donc une rencontre entre le blues touareg (incarné par Amar Sundy), la soul (incarnée par Opé Smith), le jazz (incarné par Thomas Faure) et le hip hop (incarné par Philemon), ça donne envie n’est-ce-pas ? En plus de ces artistes il vous est proposé la projection du film Godfathers And Sons de Marc Levin et vous pourrez également voir une exposition des œuvres de Mehdi Djenat. C’est vraiment un évènement à ne pas manquer dont nous sommes fiers d’être les partenaires.

Pour aller plus loin :

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Dossier Joke 1/3 : un jeune rappeur décalé

JOKE1_HEADER-ARTICLESPour certains c’est la relève du rap français, pour d’autre, il n’est qu’un rappeur vulgaire avec du buzz, mais Gille Soler aka Joke ne laisse vraisemblablement personne indifférent. En sortant son premier album intitulé Ateyaba en juin dernier sur le label Def Jam France, le rappeur montpelliérain a marqué de son empreinte le rapgame actuel à coup de clips atteignant plusieurs millions de vues. Mais plutôt que de juger le résultat de son labeur, revenons sur ce trajet de carrière et ces choix qui font de Joke un potentiel futur grand !

Nous sommes ainsi en 2008, et le rap français est encadré par ses grands noms tels que Booba, Rhoff, Medine, Kery James, Sefyu, Psy4 de la rime, qui y sont chacun allé de leur album, et la nouvelle génération « boom-bap, rap technique à l’ancienne » est en marche sur internet. A Montpellier, Joke, 19 ans, rappant depuis une dizaine d’années, membre du collectif Les Monsieur (parmi eux les rappeurs Bip’S et Titan, le beatmaker Leknifrug) cherche à évoluer. Pour cela il contacte entre autre Teki Latex du groupe hiphop/électro TTC au culot, qui en découvrant ses morceaux sur myspace le prend sous son aile et le signe chez Stunt, division rap du regretté label Institubes. Dans cette ambiance de rap alternatif appuyé d’une touche d’éléctro avec notamment Dj Orgasmic, le street album Prêt pour l’argent voit le jour en août 2009.

Regardez : Joke – Marty and The Hit Factory

Premier extrait du projet, Marty and The Hit Factory nous dévoile ce nouveau rappeur et son univers. On y découvre un véritable phénomène, attitude nonchalante, flow musical aux nombreux changements, jouant l’égotrip à fond avec des punchlines/jeux de mots imagés et servis en abondance sur une instru hip hop/électro décalée. Bref, une claque pour l’époque, de quoi mettre l’eau a la bouche. Et la confirmation a lieu, de l’intro à l’outro complètement jemenfoutiste, 19 titres de pure égotrip sur des instrus plus surprenantes les unes que les autres. Sans parler des sujets traités, allant des classiques auto-congratulations (tel que sur Incroyable, Six Pieds Sous Terre, ou bien Rêve Éveillé) ou ses différentes relations aux femmes (sur Future Ex, Les Étoiles, 06 ?), à des sujets plus surprenant comme sur Royal Cheese (il y parle bien du sandwich) ou bien Kicks et The Sixpack Anthem Remix exprimant son attention à son style vestimentaire. Sur ce premier projet la découverte Joke s’amuse avec aisance et nous surprend par toute sa panoplie de rappeur, dans un style très peu entendu et attendu dans le hip hop français, mettant en avant sa différence et se moquant des codes du rapgame actuel et de ses protagonistes tous aussi stéréotypés. Une volonté que résume très bien le morceaux Je Ne Suis Pas Un Rappeur.

Écoutez : Joke – Je Ne Suis Pas Un Rapppeur

A la suite de cette première sortie remarquée, Jokeezy quitte le label Institubes (qui s’éteindra peu de temps après) et décide de sortir en 2011 la mixtape gratuite Prêt pour l’argent 1.5. Porté par ses 8 titres, le projet nous montre clairement qu’une évolution a eu lieu, et pour le meilleur. Avec une originalité des productions toujours présente, avec entre autre le beatmaker Leknifrug (membre du collectif Les Monsieur), Jo A ainsi que la double participation du phénomène parisien Myth Syzer, le côté électro s’amenuise pour laisser place à de nouvelles ambiances.

Regardez : Joke – Luther Burger

Seul morceau clippé de 1.5, Luther Burger est le titre parfait pour mettre en avant l’évolution du rappeur, fini la rigolade, place à une écriture plus crue et plus directe sur des beats plus posés/chill tel que Fuck, Interlude ou Outro et d’autre plus énervés/banger tels que Schumacher, 2012 et le très bon Triangle (on va l’appeler comme cela, le titre n’étant qu’un triangle) produit par Jordy Mcfly. Nouvelle preuve que l’on a affaire à quelqu’un sur qui compter dans le futur, c’est que Joke n’a pas peur d’oser. En effet, on découvre sa première collaboration internationale avec le très bon rappeur du Queens Action Bronson qui posera au côté de Riski Metekson sur le titre Batmobile. Autre fait du projet, la création du titre 2012 en live sur le stream de Jo A accompagné de Mister Ice (les deux artistes font le groupe The Et’s en featuring sur ledit titre), une première pour l’époque et encore pour aujourd’hui.

Regardez : Joke ft Action Bronson & Riski Metekson – Batmobile

Avec un street album décalé mettant en avant toute ses capacités et son ouverture musicale, suivi d’une mixtape nous offrant une première définition de son rap, toujours accompagné par cette attitude supérieure et nonchalante, Joke est une sorte d’ovni dans le paysage du rap français, et nous donne envie de le suivre, savoir s’il va nous mener à un renouveau rap français, en différent , ou bien s’il ne sera qu’un rappeur ambitieux qui ne confirmera pas.

La suite au prochain épisode…

Pour aller plus loin :

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