Tous nos articles "Lis"

Gondry : Une caméra en rythme avec la musique

GONDRY_HEADER_REAL

La vision d’un artiste le pousse souvent à innover lorsque les capacités d’un média sont limitées. Michel Gondry a une façon bien particulière de créer ses vidéos. Aujourd’hui on le connaît pour ses films toujours originaux, des versions suédées de Soyez Sympa, Rembobinez aux effets visuels bouleversants de Eternal Sunshine of the Spotless Mind, mais avant tout ça le réalisateur était surtout un artisan du vidéo-clip. En fait il aurait pu être un artisan en tapisserie avec sa formation, mais c’était sans compter sur une enfance baignée dans le monde de la musique par un père passionné de jazz.

La musique avant la caméra, et plus particulièrement la batterie sur laquelle il tape pour le groupe Oui Oui jusqu’en 1992. Pour quelques titres du groupe il se met à réaliser des clips rafraichissants qui se démarquent déjà au point de taper dans l’oeil d’artistes de différents horizons. Michel Gondry passe sans problème de Lahaye à Original MC, des Wampas aux Négresses Vertes, de Voulzy à Rachid Taha, et bien sur de Lenny Kravitz à IAM.

Regardez : IAM – Je danse le MIA

En voyant un clip de l’époque Oui Oui, Björk, la chanteuse délurée, le remarque et commence une longue collaboration qui s’étend sur de nombreuses années pour de nombreux clips en commençant par Human Behaviour en 1993 et ça dure encore aujourd’hui puisqu’en 2011 Michel Gondry signe de sa patte le clip de Crystalline. Mais revenons sur la période durant laquelle il impose son style. Un style fait d’expérimentations mettant la musique au centre du clip. La musique et surtout sa rythmique qui sert de métronome aux images. Michel Gondry aime surprendre avec des effets nouveaux qui étonnent même les professionnels. Il invente ses outils de travail et personnalise à outrance les outils existants.

Prenons par exemple le morphage, habituellement utilisé pour changer une personne en une autre, Gondry l’utilise lui dans Le Mia pour interpoler les trajets de caméra. Si ce n’est pas clair à l’écrit il suffit de se remettre le clip pour comprendre la logique. Il s’en sert également, dans Like a Rolling Stone des Rolling Stones, pour simuler des mouvements à partir d’images fixes, effet que l’on retrouve quelques années plus tard dans Matrix sous le bel anglicisme de bullet-time.

Regardez : Rolling Stones – Like a Rolling Stone

Plus proche de nous il réalise des clips pour Kanye West, Wyclef Jean et Neneh Cherry, mais c’est un clip plus électronique qui a marqué la fin des années 90 avec les Daft Punk et leur légendaire Around The World qui vient magnifier l’idée de placer le rythme musical au cœur de la vidéo. Ainsi chaque mouvement vient correspondre à une note.

En fait malgré son succès au cinéma, Michel Gondry n’a jamais oublié ses premiers amours et continue chaque année à travailler sur quelques bons clips toujours marqués par sa vision particulière de la vidéo musicale. Il ira même jusqu’à réaliser le documentaire sur le Dave Chappelle’s Block Party, qu’on vous conseille plus que chaudement. L’écume des jours ne devrait plus tarder à sortir au cinéma avec un casting de stars françaises, l’occasion si ce n’est déjà fait de découvrir la patte Gondry au cinéma, qui est tout aussi surprenante que celle de ses vidéo-clips. Enfin on termine donc avec l’excellent clip de Around The World.

Regardez : Daft Punk – Around The World

Pour aller plus loin, voici une liste qui répertorie pas mal de clips de GondryPour le reste on vous laisse faire un tour sur Wikipédia.

Des courts métrages musicaux par Nabil

Nabil sur Soul Ton Oreille

Le talent « peut » être essentiel au succès d’un artiste mais, faire preuve d’un peu d’inventivité et d’audace peu aussi se révéler être un excellent propulseur, et ça Nabil Elderkin le sait. On peut dire que le réalisateur basé à L.A a bien fait de se fier à son flaire lorsque, il y a quelques années auparavant après avoir écouté la mixtape d’un rappeur alors inconnu, en cherchant à contacter celui qu’il n’imagine pas être une futur icône, qu’il s’aperçoit que le nom de domaine du site de celui-ci n’est pas déposé. Par impulsion il s’offre le bien hypothétique. Il ne s’écoulera alors que quelques semaines avant qu’il ne soit contacté par un dirigeant de chez Roc-A-Fella Records prêt à s’entendre sur un prix pour récupérer la nouvelle acquisition du réalisateur, il s’avère que le poulain vient de signer un contrat pour plusieurs albums sur l’ancien label de Jay Z. Mais voilà, Nabil n’est pas intéressé par une transaction monétaire, ce que ce fou de l’objectif demande c’est une entrevue avec le rookie et une séance photo en échange desquels il est prêt à restituer le nom de domaine. De ce coup de maître nait son amitié avec la désormais superstar, Kanye West.

Kanye West crédit : Nabil pour Complex Août/Septembre 2012

Kanye West crédit : Nabil pour Complex Août/Septembre 2012

N’imputons pas la renommée de Nabil à son carnet d’adresse pour autant. Si kidnapper kanyewest.com a probablement donné un tournant nouveau à sa carrière, son travail parle de lui même. On attend une certaine qualité d’un visuel signé Nabil, comme si sa patte faisait gage de valeur ajoutée. Et d’après son catalogue c’est l’avis que partage sa liste de client très éclectique puisqu’ont fait appel à ses services : The Black Eyed Peas, Bon Iver, Seal ou encore John Legend. Nas et Damian Marley ont même repris pour illustrer le morceau Patience, des passages du Sabali de Amadou & Mariam. Ainsi, c’est aussi lui qui, il y a quelques années faisait traverser la ville à Bruno Mars, transportant un piano à bout de bras pour le très mélo Grenade.

Natif de Chicago d’un père américain et d’une mère iranienne, c’est en Australie que Nabil grandit. Il y fera ainsi ses premiers pas derrière l’objectif en photographiant la scène d’un sport dont il est avide en bon citoyen du pays des kangourous, tout clichés mis à part, celle du surf. De retour dans sa ville natale où il fera plus tard ses classes de photographie, il se rapprochera de la scène musicale grâce aux concerts de groupe locaux et de DJ’s qu’il immortalise de son flash. Celle où son travail est sans doute le plus remarqué.

Regardez : Bon Iver – Towers

Ceci étant dit, les œuvres de Nabil s’étendent sur diverses plateformes. Sous ses différentes casquettes de photographe, réalisateur de clip ainsi que de film, il n’est pas dit que l’on retrouve toujours son travail dans le même contexte. Les spots publicitaires se font alors élégant lorsqu’il se voit confier la campagne d’un parfum ou d’une marque de boisson alcoolisée. Pas si difficile me diriez vous, sur fond de Suit & Tie avec sur scène, un Justin Timberlake en figurant, tout devient toute de suite plus « classe ». De la réalisation d’éditoriaux et couvertures de magazine pour Rolling Stone ou encore Vogue, il passe bien entendu à la musique mais aussi au photo-journalisme.

En 2007, de son engagement de reporter photo dans la guerre en République Démocratique du Congo et sous l’œuvre caritative Oxfam, résultera une exposition vivement saluée par la critique. Quant à Bouncing Cats, documentaire qu’il signera trois ans plus tard, il s’agira de sa première œuvre primée. Le film financé par Red Bull et retraçant le parcourt d’un b-boy qui tente de ramener la paix en Uganda au travers de ses enseignements de la culture Hip Hop, rapportera à Nabil quatre awards.

 Regardez : Bouncing Cats/ Extrait

Quoi qu’il arrive, il semblerait que la plupart des chemins qu’empreinte Nabil le mènent à la musique. Ou est-ce finalement les artistes qui, après une première prestation, ne peuvent plus se passer de lui ? En 2008 lorsque Kanye West décide de publier une biographie, il se tourne vers celui à qui il a commandé plusieurs visuels par le passé. Les clichés du réalisateur à l’origine du clip Welcome to Heartbreak, Coldest Winter ou encore Paranoid extrait de 808s & Heartbreak, quatrième album de Kanye West, seront exposés dans Glow In The Dark, bouquin tirant son nom de la tournée qu’il raconte. Le rappeur de Chicago n’est cependant pas son unique client fidèle, Bon Iver ou encore Frank Ocean sont parmi ceux qui sont friands de la griffe particulière de Nabil.

Et quelle griffe! Un grain raffiné, des scénarios travaillés, des images brutes parfois troublantes et ce petit quelque chose de mystique qui a pu en déstabiliser plus d’un. Notamment dans Thinkin Bout You où au premier abord, il n’est pas évident de faire le pont entre les textes de Frank Ocean et l’image de notre réalisateur. Rien n’est simple avec Nabil, sa démarche artistique est telle que, si le visuel est toujours attirant comme on a pu le voir dans l’entrainant Mercy de G.O.O.D Music, le plaisir de déchiffrer son travail énigmatique en est d’autant plus grand. Si bien qu’un clip n’est plus une banale étape de la promo d’un single, mais plus ou moins un court métrage qui vient parfaire l’œuvre qui lui a été confiée. Associé à de la musique de qualité, les concepts de Nabil font de petits films soignés, qui charment nos papilles auditives mais aussi nos yeux. Et pour clore le chapitre Elderkin de cette semaine spéciale, un clip signé Nabil pour Antony and The Johnsons. Tout y est, un grain d’une netteté pour une cinématographie énigmatique mais aussi ce qui nous réunit ici : la musique. Attention certains contenus de cette vidéo peuvent choquer.

 Regardez : Antony and The Johnsons – Cut the World (images par Nabil)

Pour aller plus loin:

Semaine Spéciale réalisateurs de clips

REALISATION_HEADER-ARTICLES

Bandes de chanceux ! Nous vous avons concocté une nouvelle Semaine Spéciale, la dernière étant consacrée au 7ème art et au hip hop, nous avons décidé de rester derrière la caméra. Mais cette fois nous avons choisi de vous parler des réalisateurs de clips. Parce qu’aujourd’hui lorsqu’un artiste sort un single, on en attend le clip qui va avec ! Et c’est à celui qui fera le plus trash, le plus mystérieux, ou le plus fou, une vrai surenchère qui permet de rendre ces quelques minutes de vidéo un vrai moyen de se faire connaître, reconnaître ou parfois décrier.

Depuis 1981, et l’arrivée de la chaîne musicale MTV, le clip vidéo est un outil de promotion indispensable, un média inespéré. Si les nouvelles technologies ont vulgarisé la réalisation d’un clip vidéo, n’est pas bon réalisateur qui veut. Le clip est depuis quelques décennies devenu un art à part entière, avec ses artistes dont quelques-uns ont su se démarquer.

Nous nous sommes penché sur certains de ces incontournables artisans de l’ombre du hiphop. Fans d’image, ils sont parfois également photographes, réalisateurs de long-métrages ou de films publicitaires. Si vous ne connaissez pas leurs noms, vous reconnaitrez leur travaux. Certains ont une patte particulière, reconnaissable dès la première scène, d’autre s’adaptent et se réinventent en fonction de chaque projet. Nous espérons que vous aurez plaisir à découvrir ou redécouvrir ces artistes tout au long de cette semaine.

En attendant, on vous laisse avec un des courts-métrages qui a sans aucun doute changé la face du clip : Thriller de Michael Jackson, réalisé par John Landis.

Regardez : Michael Jackson – Thriller 

Pour aller plus loin :

Interview : Laure Courtellemont se confie à nous

LAURE_HEADER-ARTICLES

Plus besoin de la présenter, vous entendez son nom partout et vous la voyez partout sur la toile. Nous avions assister à une journée de ce week end particulier début décembre, durant lequel elle avait souhaité réunir, le temps d’un stage, « the best of the both worlds » (le meilleur des deux mondes), en faisant partager ses connaissances ainsi que celle de Crazy Hype, grand danseur Jamaïcain du groupe M.O.B. Nous avions pu vous faire partager un peu de cette expérience de danse avec notre petit reportage que nous vous invitons à aller (re)regarder.

Durant cette journée, nous avons pu la rencontrer et discuter avec elle en toute simplicité de son parcours, de ses envies et de ses projets. Voici pour vous, le résultat de cet entretien, avec à la fin un petit bonus de Crazy Hype, vous nous en direz des nouvelles !

Regardez : Interview de Laure Courtellemont

Pour aller plus loin :

Jeu concours : Paris Urban Festival, ça vous dit ?

PARISURBANFESTIVAL_HEADER-ARTICLES

Quoi ? Encore des cadeaux ? Mais nous n’en finissons plus de vous gâter dis donc ! Mais c’est normal, on aime ça vous chouchouter nous, et ainsi vous proposer de profiter de bons plans. Celui qui nous occupe là, aura lieu samedi prochain 23 février 2013, il s’agit du Paris Urban Festival qui aura lieu dans ce lieu dans une toute nouvelle salle de concert à Paris : le Pan Piper. Le Pan Piper c’est 1500 m2 dédiés aux évènements culturels sous toutes leurs formes. Ce nouveau lieu verra accueillir la première édition de ce festival dédié à tous les arts urbains. Vous aurez donc la possibilité toute la journée de participer à des ateliers de danse hip hop (par 9-1 PAct Crew), d’en apprendre plus sur le graff, de vous balader parmi les différents stands dont notamment celui d’un tatoueur (Migoii pour ceux qui connaissent), d’assister à des live musicaux et à du stand up, pour ensuite finir la soirée en grande pompe. Puisque à la fin de la journée, le festival se termine par une soirée aux accents hip hop et r&b. Joli programme n’est ce pas ? Eh bien nous vous proposons de gagner 3×2 places pour pouvoir assister à ce festival. Pour cela, rien de bien compliqué, il vous suffit de répondre à la question ci-dessous, en envoyant votre réponse par mail à l’adresse suivant : team@soultonoreille.com avant le mercredi 20 février 23h59. Un tirage au sort vous départagera.

« Qui animera la soirée aux côtés des DJs FirstMike et Terror Mike ? »

Trop facile, alors ne perdez pas de temps et envoyez nous vite votre réponse pour faire parti des chanceux qui iront à la première édition du Paris Urban Festival. Bonne chance à tous et que les meilleurs gagnent !

MISE A JOUR :

Nous venons d’apprendre que le producteur du Paris Urban Festival a pris la décision d’annuler le festival samedi, nous sommes donc désolé d’annuler également ce jeu concours. Merci pour vos participations et à bientôt pour un nouveau jeu concours.

Pages: Précédente 1 2 3 ... 7 8 9 10 11 12 13 ... 85 86 87 Suivante