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Assistez à l’exposition Great Black Music

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Great Black Music, c’est une exposition temporaire de la Cité de la Musique que vous pouvez voir jusqu’au 24 août et qu’on vous recommande chaudement.

A travers un parcours sociologique et musicologique, la Cité de la musique nous entraîne au cours de cette expo vers les origines de cette « Great Black Music », notion qui apparaît dans les années 1960 avec l’énorme succès du rhythm ‘n blues, de la soul et de la funk. Comme le disait James Brown « Say it loud, I’m black and I’m proud ! ». Sans tout vous dévoiler, on y retrouve à l’entrée une première partie avec les histoires de grandes figures de la musique noire comme Youssou N’Dour et Miriam Makeba mais aussi Mickael Jackson, à travers leur propre musique mais aussi leurs engagements politiques et vie personnelle.

S’en suit un voyage vers les origines de la musique afro-américaine, en Afrique même avec les instruments traditionnels et l’histoire des civilisations africaine jusqu’à la découverte de l’Amérique par les européens, puis l’esclavagisme, la fin de l’esclavage et la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Un récapitulatif de tous les faits ayant permis l’émergence d’une musique riche et foisonnante de sous-genres.

Ce parcours mélange donc les aspects ayant influencé les styles musicaux actuels qui découlent de la musique noire : le hip hop, la nu soul, le kompa, la salsa et les musiques afro-cubaines, en passant par leur ancêtres ; les works songs, le blues, le jazz, la funk, le cha-cha, le reggae… Et tout ça est bien sûr accompagné de documentaires, d’extraits de films et de lives mythiques dans l’histoire de la musique.

Un petit plus technologie moderne : la visite guidée se fait au moyen d’un smartphone et d’un casque, permettant de « liker » tous les titres entendus en appuyant sur un cœur au moment où on les entend dans les films présentés, après avoir entré son adresse email. De quoi cultiver nos petits cerveaux avides de bonnes musiques en sortant de l’expo !

Comme chaque exposition de la Cité de la Musique, un site internet est dédié entièrement à l’exposition, pour la préparer ou s’y replonger après sa visite. Il y a également dans la boutique de la Cité de très bons livres sur le sujet et des CDs d’artistes dont la notoriété n’est plus à prouver. N’attendez donc pas trop, et allez visiter cette exposition d’ici cet été !

Pour aller plus loin :

Vidéos : connaissez-vous Nardwuar ?

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Nardwuar the Human Serviette. Son nom est à lui-seul tout un programme. Peu connu du grand public, c’est pourtant l’un des meilleurs interviewers de sa génération. Depuis les années 1990, il a en effet posé ses questions aux plus grands, qu’ils soient musiciens ou non. Amenant parfois la controverse et presque toujours la surprise, les interviewés en ressortent systématiquement confus ou étonnés des questions auxquelles ils ont été soumis.

Nardwuar, canadien de naissance, au look si particulier, entre dans son personnage d’interviewer un peu fou fou dans chacune de ses sessions de questions réponses, pour le plus grand bonheur des amoureux de musique. Pas spécialiste d’un genre, il nous offre pourtant beaucoup d’interviews avec des artistes rap depuis des années. Probablement amusé, ravi et sous le choc de la qualité de sa première rencontre avec Nardwuar, Pharrell le fait entrer dans la famille I am OTHER en 2012, lui ouvrant probablement encore plus de portes de festivals, studios d’enregistrement et circuits promotionnels. Un Pharrell tellement subjugué par Nardwuar qu’il le qualifie souvent de génie. Génie à la culture sans limite, faisant de ses rencontres avec l’autre encyclopédie du genre, ?uestlove, des sessions de plus de 40 minutes (on vous recommande vivement de cliquer sur le lien précédent !!), quand il se contente d’une bonne dizaine de minutes avec d’autres.

Regardez Nardwuar vs NERD :

SXSW devient tous les ans son terrain de chasse favori, offrant au retour une dizaine d’interviews de haute volée. Pas toujours égales en qualité, certains jouant parfois un peu moins le jeu de cette interview décalée, c’est pourtant les bras remplis de cadeaux que le journaliste se présente à nos amis les musiciens, soutenant ses questions par la présentation de vinyles ou d’anecdotes si intimes que nos chers rappeurs en restent bouche bée (ou ont la bouche pleine de gros mots). Depuis, la réputation de Nardwuar le précède et certains arrivent armés de leurs propres questions pour lui, ou sont si contents d’être questionnés par le canadien qu’ils sont tout heureux comme des gosses à Noël. Cette joie dans le regard d’un Drake ou d’un Mac Miller… C’est beau.

Jay Z, Premier, Snoop Dogg, J. Cole, Pusha T, Tyler, the Creator, Isaiah Rashad, Earl Sweatshirt, Vic Mensa, Ludacris, Chance the Rapper, Asher Roth, Mac Miller, Common, Nas, ScHoolboy Q, Lil Wayne, Action Bronson, Willis Earl Beal… La liste des artistes est tellement longue… On ne laisse pas traîner le suspense plus longtemps pour ceux qui ne connaissent pas encore le pouvoir de la serviette humaine, et on vous laisse avec quelques unes de ses plus excentriques interviews récentes (attention, tout est en anglais !).

Regardez Nardwuar vs King Kruke :

Regardez Pharrell vs Nardwuar (les rôles sont inversés !) :

Regardez Nardwuar vs J. Cole :

Regardez Nardwuar vs Odd Future (folie extrême) :

Evidemment, beaucoup plus de vidéos sont disponibles en ligne. Bon visionnage et Doot doola doot doo… doot doo!

Pour aller plus loin :

Throwback Thursday : Eminem avant Slim Shady

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En novembre 1996, la 206 n’a toujours pas conquis le cœur de la capitale mondiale de l’automobile. Les ouvriers du bassin technologique ne s’attaquent pas encore à la tôle française mais la French Touch elle, est en train de révolutionner la techno locale. Les platines vibrent et les MPC bouillonnent car Détroit, confluent de styles, en pince aussi pour le hip-hop.

A une époque où le regretté J Dilla s’encanaille dans son studio et s’apprête à abreuver le monde entier de son talent, la Rolls Royce locale Xzibit tente de fuir les paparazzi à l’anglaise sur un sample de classique français. Au passage, il n’oublie pas de concocter un duo aux petits oignons avec Mobb Deep, dont la prod inspirera les plus lunatiques des frenchies. Le petit Royce, haut de 5,9 pieds, tente quant à lui de percer mais n’a toujours pas fait boom. Ailleurs, d’autres rappeurs explosent : Snoop Doggy Dogg, Warren G et feu Nate Dogg enchaînent les groupies et squattent le top 100 avec leur groupe 213, mais à Détroit, c’est le 313 qui retient l’attention en cette fin d’année.

Il n’est ici question ni de G-Funk, ni de French Touch. L’album qui passe sous le manteau en cette fin d’année est l’œuvre d’un petit gars blanc qui vit dans un camping avec sa mère. Celui qui ne s’appelle pas encore « tchiki-tchiki Slim Shady » enregistre ainsi son premier album, Infinite, en 1996.

L’accueil réservé au LP est rude. Seulement 1 000 copies s’en écoulent et les critiques reprochent à Eminem de manquer de personnalité en raison d’un flow jugé trop proche de celui de AZ et de Nas. Un comble quand on connaît la carrière du garçon par la suite. Pour faire court, Eminem est à l’époque à l’image de l’industrie de sa ville : en pleine recherche et développement, et c’est justement là que se trouve tout l’attrait de cet album. 18 ans plus tard, celui-ci fait figure d’ovni dans la carrière du rappeur.

Le choc se produit dès la première écoute, où deux morceaux attirent plus particulièrement l’attention. Le premier, Tonite, est loin d’être mauvais. Clairement estampillé dancefloor, il séduit l’oreille immédiatement. Peu étonnant quand on sait que le but du morceau était d’être diffusé en radio. Eminem ne fait qu’une bouchée du sample disco, mais les paroles tombent parfois dans la facilité : “Cause we came here to do this tonight / ‘Til the mornin’ light, hope that everyone’s feelin’ alright”.

Ecoutez Tonite d’Eminem :

Searchin’ est nettement plus choquant, du moins vu de 2014. Eminem déclare sa flamme à une femme comme un chanteur de soul à l’approche du printemps : “Ain’t no one special, special like you / I have been searching, but you’re the one I want in my life baby”. Jusqu’ici, rien d’anormal. Après tout le MC ne manque pas d’amour et sa fille peut en témoigner. Le seul hic, c’est que la femme en question semble être Kim, qu’il épousera en 1999, avant de la détruire de façon quasi systématique sur chacun de ses albums suivants.

Passées ces deux bonnes surprises, Infinite recèle son lot de bons moments qui lui donnent tout son charme, notamment It’s OkEminem s’extraie l’espace d’un instant de son triste quotidien avec une coolitude étonnante : “It’s a broke day, but everything’s ok”. Le morceau fonctionne comme une immense liste d’envies où Eminem parle du futur qui doit être le sien, même si le présent est compliqué : “It may be early to be planning this stuff / Cause I’m still struggling hard to be the man, and it’s tough”. Ces plans ambitieux ont au final pratiquement tous abouti … ! Là encore, le morceau est très optimiste, à l’opposé de ce qu’Eminem a pu faire par la suite.

Ecoutez It’s Ok d’Eminem :

Cette même ambition se retrouve sur Never Too Far : “You know what I’m saying, see what I’m talking about man? Cause that’s it. Yeah. A million dollars ain’t even that far away man”. La production sonne encore une fois très années 1990, comme avec l’excellent Infinite, sur lequel un Eminem technique et rimeur ouvre l’album. Ce pur produit d’egotrip, avec ses nombreuses allitérations et sa production très minimaliste, trouve facilement sa place dans les morceaux les plus marquants des 1990s.

Ecoutez Infinite d’Eminem :

Intéressant mais moins marquant, Maxine a pour sujet une fille facile qui vend son corps contre des MST. Le sujet, mi-drôle mi-grave, permet au MC de Détroit de s’amuser dans un style qu’il affectionne, à savoir la discussion rappée. Il récidivera plusieurs fois au cours de sa carrière, notamment sur Guilty Conscience ou What’s the Difference en collaboration avec Dr Dre et Xzibit.

Le reste de l’album se détache nettement moins. 313 décrochera un sourire aux fans du film 8 Mile mais ne restera pas dans les annales. Idem pour Open Mic, qui frôle la limite du soutenable sur le refrain. Ces quelques coups de moins bien n’altèrent cependant pas la bonne tenue de l’ensemble.

En définitive, Infinite n’a pas besoin de carbone 14 pour être daté : tout ici, des prods aux flows en passant les thèmes abordés, nous ramène dans les années 90. L’album ne bénéficie pas de la production du Docteur et cela se voit par moments. Malgré tout, son petit côté vintage et son décalage avec le reste de la discographie du MC de Détroit le rend particulièrement intéressant et suffisamment atypique pour être classé au rang de classique par de nombreux fans. Finalement, cet Eminem, s’il n’avait pas encore trouvé son style, possédait déjà une technique bien au-dessus de la moyenne. Papa Doc aurait dû le savoir.

Critique : Thrill Of The Game, l’EP de Rachel Claudio

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Après la sortie de deux singles, voilà venu le moment de jeter une oreille sur le dernier EP de Rachel Claudio. Nous avions plutôt hâte parce qu’on la suit depuis un bail Rachel mais on s’inquiétait de ne rien voir arriver depuis sa dernière mixtape qui commence à dater un peu maintenant.

Ça en fait, c’est si on se limite à ses sons à elle. Car en réalité on ne compte presque plus ses multiples apparitions ces derniers temps sur les sons pas toujours de très bon goût de ses copains de la scène musicale internationale. Qu’à cela ne tienne, on voulait vraiment réécouter Rachel Claudio sur des productions faites pour elle. Premier constat, bien qu’il n’y ait pas de révolution dans sa vision protéiforme de la soul music, nous sommes ravis de retrouver la chanteuse au teint marmoréen qui n’a rien perdu de son talent.

Alors voilà venus 8 chansons avec ce maxi sorti en mars 2014 et baptisé Thrill Of The Game. Plein de bonnes choses dessus mais aussi un peu de réchauffé. En réalité mis à part le fait qu’on nous re-serve le plat Eleanor Rigby - un bon titre mais déjà entendu à toutes les sauces depuis sa sortie en 2012 – cet opus a presque la gueule d’un mini-album tant il fait plaisir à l’oreille.

Regardez : Rachel Claudio – Eleanor Rigby (Extended Version)

Le maxi commence avec la suite de Blow My Mind (un titre présent dans Claudiography) nommée Be Brave, une jolie chanson mélancolique qui rend bien honneur à sa grande sœur. Thrill Of The Game que l’on connaît déjà lui emboîte le pas et laisse place à Jupiter (Thank You Bob), un hommage à Bob Marley inspiré par son titre Turn Your Lights Down Low sorti en 1977. Là, Rachel Claudio est accompagnée de Ben L’Oncle Soul qui n’en fait pas trop – une fois n’est pas coutume – et c’est tout à son honneur. Là où contre toute attente le titre précédent ne sonne pas du tout reggae, le morceau Long After que l’on trouve deux chansons plus tard mélange très bien influences soul et sons caribéens. Enfin nous retiendrons les deux merveilles de cet EP que sont No Misdemeanors et Maggot Brain, des chansons qui à elles toutes seules font le sel de ce disque dématérialisé.

Pour finir, notre sentiment général est que Thrill Of The Game est bien plus accessible que les dernières productions signées Rachel Claudio. Des paroles plus profondes pour des sons moins expérimentaux, mais qui vont assurément vers une reconnaissance de son art auprès d’un public plus large. Peut-être deux légers bémols pour chipoter, allez : le fait qu’il n’y ait presque que des sons synthétiques une fois encore (eh oui, l’ère du numérique fait du mal aux vrais instruments) et puis le manque de voix féminines qui accompagneraient la voix de notre Rachel Claudio adorée. Faut dire que le featuring avec Milla Brune était plutôt réussi et qu’on aurait bien aimé voir d’autres chanteuses sur cet EP. Qui sait, peut-être sur un album prochain ?

Découvrez : Lo-Fang et son premier album Blue Film

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Lo-Fang de son vrai nom Matthew Hemerlein, est un chanteur et musicien américain de 30 ans qui a grandi dans une ferme dans le Maryland. Jusqu’à l’âge de 13 ans, il n’a pas été scolarisé et son éducation a été prise en charge par ses parents. Pour ces derniers, savoir jouer d’un instrument de musique était aussi indispensable que de savoir lire ou compter donc tout comme ses frères et sœurs, Matthew Hemerlein a appris à jouer de la musique. Il a suivi une formation classique et plus précisément de violoniste. Aujourd’hui, c’est un multi-instrumentiste de talent qui joue du violon, du violoncelle, du piano, du banjo, de la guitare et de la basse à la perfection.

Adolescent, il était passionné par le taoïsme, Bach, Tim Burton, Wu-Tang, le Thai-Chi et les comédies musicales. Vous l’aurez compris l’éclectisme fait partie intégrante de la personnalité de Lo-Fang. Ce trait de caractère se retrouve donc dans son premier album Blue Film sorti le 24 février dernier, qui est un mélange de musique classique, de pop, de soul, d’électro et de folk. L’album a été écrit et enregistré entre le Maryland, le Cambodge, Londres et Nashville, puisque pour lui « éclectique » et « baroudeur » vont de paire. Voici Look Away qui ouvre l’album, un morceau aérien qui commence sur des notes pop-électro et qui petit à petit tend vers une ballade lyrique aux sons du violoncelle et du banjo.

Regardez : Lo-Fang – Look Away 

Certains reprochent à Lo-Fang d’avoir fait un album qui n’a pas d’identité clairement définie, en d’autres termes, un album qui part dans toutes les directions. Mais il est comme ça, Lo-Fang, il ne peut pas s’empêcher d’aller où son cœur le mène. Nous, ça ne nous dérange pas le moins du monde : cet album est une invitation au voyage, une rafraîchissante promenade musicale. Avec Boris, nos oreilles surfent sur une haute vague de folk : le surf pour le côté frais et la hauteur pour le côté léger du morceau. Le début ressemble un tantinet à du Ben Harper. Un aspect obscur se dégage du morceau notamment à travers les paroles car Lo-Fang essaye d’entraîner une femme à tromper son compagnon. En fond, on entend des bruits de jouissance féminine, ce qui sous-entend sûrement que Lo-Fang a réussi à la convaincre. Eh oui, c’est aussi un séducteur : il faut se méfier des hommes aux cheveux ébouriffés et au style négligé. Voici donc Boris, attention mesdemoiselles, ne cédez pas!

Écoutez : Lo-Fang – Boris

On aime également #88 qui erre entre la grandeur des temples d’Asie du Sud et l’intimité d’un opéra. La répétition de « crystal clear » ajoute de la fragilité au morceau. Oui c’est beau, oui nous sommes inspirés, oui on vous laisse le découvrir !

Écoutez : Lo-Fang – #88

Light Year est, nous devons l’admettre, notre chouchou. Lo-Fang a réussi ici à créer un morceau soul-électro, doux et entraînant à la fois. Sa voix suave s’occupe d’apporter de la douceur et le beat légèrement étouffé se charge de vous faire bouger. Mais ne vous attendez pas à remuer tout votre corps avec frénésie, non ! On a testé pour vous : ça commencera par une ouverture-fermeture des mains, qui entraînera vos bras et vos épaules et pour finir, votre tête rejoindra la cadence. Tout en subtilité, on vous laisse essayer !

Écoutez : Lo-Fang – Light Year

Lo-Fang est actuellement en tournée avec Lorde pour qui il fait la première partie. C’est une chance extraordinaire pour ce chanteur encore méconnu il y a un an à peine. On lui souhaite donc une belle carrière et nos oreilles le remercient pour Blue Film.

 

 

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