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Découvrez le rap tout terrain d’A2H

A2H_HEADER-ARTICLESSi le rap français vous passionne comme nous, vous n’avez pas pu échapper a celui qui est considère comme l’étoile montante de rap français, A2H. Alors qu’il distille petit à petit des extraits de son prochain album Art de Vivre prévu en mai, chez Soul Ton Oreille nous avons décidé de vous en parler un peu plus.

Regardez :  A2H – Elle ne veut pas

A2H cultive un univers très éclectique, notamment dans son premier opus Bipolaire sortie en 2012. Influencé par des groupes et artistes tels que NTM, Snoop, Dre, Saian Supa Crew, A2H n’a pas toujours fait que du rap. Marre de ce rap trop « racailleux », il explore le reggae, funk, ragga pour une musique plus « consciente ». Il fait aussi la connaissance du rap alternatif de Gérard Baste du groupe Svinkels avec qui il tournera pendant un temps. De cette époque, A2H garde le coté festif et réalité que l’on retrouve dans ses textes. Mais très vite, il revient au rap et fonde en 2005 le collectif Palace. A son actif, de nombreuses mixtapes et groupes comme Coconut Sunshine, Opak Zion. Il se lancera même un peu dans l’électro. Enfin A2H participe aussi à de nombreuses scènes au cote de Grems, Nemir, Oxmo Puccino, Vicelow, Deen Burbigo et bien d’autres.

Celui qui rêve d’être considéré comme un Kanye West ou un Pharrell, a donc de multiples facettes (rappeur, beatmakers, musicien, chanteur, producteur..) qu’il exploitent abondamment dans sa musique. A l’aise sur de nombreux terrains, A2H donne une palette de couleur assez intéressante et impressionnante à son rap. De la légèreté à l’introspection, il sait habilement choisir les mots pour des textes vrais, percutants, festifs, tristes qui, avec sa voix particulière, rend le tout planant sur des productions très américaines.

Regardez : A2H feat 3010 – Jeunes et Talentueux

C’est comme si Oxmo Puccino croisait l’univers d’A$AP Rocky ou Schoolboy Q. Oui parfaitement ! nous osons la comparaison mais ce Monsieur touche-à-tout est, comme il le dit Jeune et Talentueux et son prochain opus Art de Vivre risque fortement de marquer les esprits et d’être l’album rap français de cette année.

Pour aller plus loin :

Découvrez SZA, nouvelle princesse du RnB

A peine arrivée sur le devant de la scène qu’elle est déjà baptisée nouvelle princesse du RnB : SZA (prononcer Sizza) n’a donc pas intérêt à décevoir ! Elle aussi partie de la bande TDE avec les stars du moment (Kendrick, Schoolboy…) et les étoiles montantes (dont Isaiah Rashad), SZA vient de sortir ce 8 avril son troisième EP, Z. Première femme signée chez Top Dawg, on imagine la pression à son maximum alors qu’elle avance dans son parcours.

Déjà convaincante sur ses deux mixtapes SeeSZARun et S, c’est douceur et force qu’elle transmet à l’auditeur. Extrait officiel clipé fin 2013, Ice Moon nous plonge dans un monde charmant et lumineux, dans lequel il sera difficile de ne pas se sentir apaisé.

Regardez : Ice Moon de SZA

Pas totalement RnB, sa musique est également marquée par la soul, la pop et une touche de folk rendant son univers assez unique en partie produit par Mac Miller, entre autres. Sa voix douce accompagnée de productions aussi délicates que la demoiselle nous font parier sur son succès en 2014. Avec ce nouvel EP, elle continue de nous emmener dans son univers et ses clips, parfois réalisés par elle-même comme Babylon, font partie intégrante de l’expérience. Comme ses visuels très graphiques qui dénotent avec les imageries habituelles et marquent encore un peu plus la délicatesse de son univers.

Regardez : Babylon de SZA

Avec Z, c’est 10 titres qu’elle propose : Ur ouvre l’opus avec sa voix comme un souffle qui nous emporte dans son monde. En enchaînant directement avec Childs Play, elle profite de l’exposition ou la surexposition du chicagoan du moment, Chance the Rapper. Un titre qui combine bien les deux tonalités des artistes, Chano s’imposant tranquillement sur la seconde partie du morceau. Un featuring parmi trois en tout sur Z, les deux autres impliquant ses camarades de TDE, Kendrick Lamar sur Babylon et Isaiah Rashad sur Warm Winds. Encore un morceau plein de douceur qui est cohérent avec ce que le rookie masculin de l’écurie Top Dawg nous a proposé sur Cilvia Demo, et écho à Ronnie Drake, l’un de leurs duos d’alors.

Ecoutez : Childs Play de SZA featuring Chance the Rapper

Sur Julia, SZA explore un terrain plus disco-pop, rétro comme il faut, un peu comme ce qu’un Blood Orange a pu nous proposer récemment. Sweet November, comme son nom l’indique, est doux et simple, sans pour autant être facile : cette fois plus soulful grâce à son instru, le titre permet à SZA de toucher du doigt un autre de ces différents domaines musicaux qui construisent son univers. Un tantinet rock, Green Mile montre une facette un peu plus sombre de la chanteuse, pour un morceau intense que le twist sur ses dernières trente secondes rend lumineux.

Vous l’aurez compris, avec Z, la chanteuse propose un projet plutôt encourageant quant à son succès chez TDE. En attendant de boucler la boucle avec A, on vous souhaite de profiter de l’univers de SZA à travers cette nouvelle sortie et de plonger dans son monde et ces 10 titres comme on a pu le faire !

Quoi ? Vous en voulez plus ? Eh bien il semblerait que la jeune chanteuse ait pensé a vous, lecteurs de Soul Ton Oreille, en nous offrant son dernier clip. Continuons donc la visite de cet univers qu’est le sien, avec encore une fois, une touche TDE.

Regardez : Warm Winds de SZA featuring Isaiah Rashad

 

Pour aller plus loin :

Assistez à l’exposition Great Black Music

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Great Black Music, c’est une exposition temporaire de la Cité de la Musique que vous pouvez voir jusqu’au 24 août et qu’on vous recommande chaudement.

A travers un parcours sociologique et musicologique, la Cité de la musique nous entraîne au cours de cette expo vers les origines de cette « Great Black Music », notion qui apparaît dans les années 1960 avec l’énorme succès du rhythm ‘n blues, de la soul et de la funk. Comme le disait James Brown « Say it loud, I’m black and I’m proud ! ». Sans tout vous dévoiler, on y retrouve à l’entrée une première partie avec les histoires de grandes figures de la musique noire comme Youssou N’Dour et Miriam Makeba mais aussi Mickael Jackson, à travers leur propre musique mais aussi leurs engagements politiques et vie personnelle.

S’en suit un voyage vers les origines de la musique afro-américaine, en Afrique même avec les instruments traditionnels et l’histoire des civilisations africaine jusqu’à la découverte de l’Amérique par les européens, puis l’esclavagisme, la fin de l’esclavage et la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Un récapitulatif de tous les faits ayant permis l’émergence d’une musique riche et foisonnante de sous-genres.

Ce parcours mélange donc les aspects ayant influencé les styles musicaux actuels qui découlent de la musique noire : le hip hop, la nu soul, le kompa, la salsa et les musiques afro-cubaines, en passant par leur ancêtres ; les works songs, le blues, le jazz, la funk, le cha-cha, le reggae… Et tout ça est bien sûr accompagné de documentaires, d’extraits de films et de lives mythiques dans l’histoire de la musique.

Un petit plus technologie moderne : la visite guidée se fait au moyen d’un smartphone et d’un casque, permettant de « liker » tous les titres entendus en appuyant sur un cœur au moment où on les entend dans les films présentés, après avoir entré son adresse email. De quoi cultiver nos petits cerveaux avides de bonnes musiques en sortant de l’expo !

Comme chaque exposition de la Cité de la Musique, un site internet est dédié entièrement à l’exposition, pour la préparer ou s’y replonger après sa visite. Il y a également dans la boutique de la Cité de très bons livres sur le sujet et des CDs d’artistes dont la notoriété n’est plus à prouver. N’attendez donc pas trop, et allez visiter cette exposition d’ici cet été !

Pour aller plus loin :

Vidéos : connaissez-vous Nardwuar ?

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Nardwuar the Human Serviette. Son nom est à lui-seul tout un programme. Peu connu du grand public, c’est pourtant l’un des meilleurs interviewers de sa génération. Depuis les années 1990, il a en effet posé ses questions aux plus grands, qu’ils soient musiciens ou non. Amenant parfois la controverse et presque toujours la surprise, les interviewés en ressortent systématiquement confus ou étonnés des questions auxquelles ils ont été soumis.

Nardwuar, canadien de naissance, au look si particulier, entre dans son personnage d’interviewer un peu fou fou dans chacune de ses sessions de questions réponses, pour le plus grand bonheur des amoureux de musique. Pas spécialiste d’un genre, il nous offre pourtant beaucoup d’interviews avec des artistes rap depuis des années. Probablement amusé, ravi et sous le choc de la qualité de sa première rencontre avec Nardwuar, Pharrell le fait entrer dans la famille I am OTHER en 2012, lui ouvrant probablement encore plus de portes de festivals, studios d’enregistrement et circuits promotionnels. Un Pharrell tellement subjugué par Nardwuar qu’il le qualifie souvent de génie. Génie à la culture sans limite, faisant de ses rencontres avec l’autre encyclopédie du genre, ?uestlove, des sessions de plus de 40 minutes (on vous recommande vivement de cliquer sur le lien précédent !!), quand il se contente d’une bonne dizaine de minutes avec d’autres.

Regardez Nardwuar vs NERD :

SXSW devient tous les ans son terrain de chasse favori, offrant au retour une dizaine d’interviews de haute volée. Pas toujours égales en qualité, certains jouant parfois un peu moins le jeu de cette interview décalée, c’est pourtant les bras remplis de cadeaux que le journaliste se présente à nos amis les musiciens, soutenant ses questions par la présentation de vinyles ou d’anecdotes si intimes que nos chers rappeurs en restent bouche bée (ou ont la bouche pleine de gros mots). Depuis, la réputation de Nardwuar le précède et certains arrivent armés de leurs propres questions pour lui, ou sont si contents d’être questionnés par le canadien qu’ils sont tout heureux comme des gosses à Noël. Cette joie dans le regard d’un Drake ou d’un Mac Miller… C’est beau.

Jay Z, Premier, Snoop Dogg, J. Cole, Pusha T, Tyler, the Creator, Isaiah Rashad, Earl Sweatshirt, Vic Mensa, Ludacris, Chance the Rapper, Asher Roth, Mac Miller, Common, Nas, ScHoolboy Q, Lil Wayne, Action Bronson, Willis Earl Beal… La liste des artistes est tellement longue… On ne laisse pas traîner le suspense plus longtemps pour ceux qui ne connaissent pas encore le pouvoir de la serviette humaine, et on vous laisse avec quelques unes de ses plus excentriques interviews récentes (attention, tout est en anglais !).

Regardez Nardwuar vs King Kruke :

Regardez Pharrell vs Nardwuar (les rôles sont inversés !) :

Regardez Nardwuar vs J. Cole :

Regardez Nardwuar vs Odd Future (folie extrême) :

Evidemment, beaucoup plus de vidéos sont disponibles en ligne. Bon visionnage et Doot doola doot doo… doot doo!

Pour aller plus loin :

Throwback Thursday : Eminem avant Slim Shady

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En novembre 1996, la 206 n’a toujours pas conquis le cœur de la capitale mondiale de l’automobile. Les ouvriers du bassin technologique ne s’attaquent pas encore à la tôle française mais la French Touch elle, est en train de révolutionner la techno locale. Les platines vibrent et les MPC bouillonnent car Détroit, confluent de styles, en pince aussi pour le hip-hop.

A une époque où le regretté J Dilla s’encanaille dans son studio et s’apprête à abreuver le monde entier de son talent, la Rolls Royce locale Xzibit tente de fuir les paparazzi à l’anglaise sur un sample de classique français. Au passage, il n’oublie pas de concocter un duo aux petits oignons avec Mobb Deep, dont la prod inspirera les plus lunatiques des frenchies. Le petit Royce, haut de 5,9 pieds, tente quant à lui de percer mais n’a toujours pas fait boom. Ailleurs, d’autres rappeurs explosent : Snoop Doggy Dogg, Warren G et feu Nate Dogg enchaînent les groupies et squattent le top 100 avec leur groupe 213, mais à Détroit, c’est le 313 qui retient l’attention en cette fin d’année.

Il n’est ici question ni de G-Funk, ni de French Touch. L’album qui passe sous le manteau en cette fin d’année est l’œuvre d’un petit gars blanc qui vit dans un camping avec sa mère. Celui qui ne s’appelle pas encore « tchiki-tchiki Slim Shady » enregistre ainsi son premier album, Infinite, en 1996.

L’accueil réservé au LP est rude. Seulement 1 000 copies s’en écoulent et les critiques reprochent à Eminem de manquer de personnalité en raison d’un flow jugé trop proche de celui de AZ et de Nas. Un comble quand on connaît la carrière du garçon par la suite. Pour faire court, Eminem est à l’époque à l’image de l’industrie de sa ville : en pleine recherche et développement, et c’est justement là que se trouve tout l’attrait de cet album. 18 ans plus tard, celui-ci fait figure d’ovni dans la carrière du rappeur.

Le choc se produit dès la première écoute, où deux morceaux attirent plus particulièrement l’attention. Le premier, Tonite, est loin d’être mauvais. Clairement estampillé dancefloor, il séduit l’oreille immédiatement. Peu étonnant quand on sait que le but du morceau était d’être diffusé en radio. Eminem ne fait qu’une bouchée du sample disco, mais les paroles tombent parfois dans la facilité : “Cause we came here to do this tonight / ‘Til the mornin’ light, hope that everyone’s feelin’ alright”.

Ecoutez Tonite d’Eminem :

Searchin’ est nettement plus choquant, du moins vu de 2014. Eminem déclare sa flamme à une femme comme un chanteur de soul à l’approche du printemps : “Ain’t no one special, special like you / I have been searching, but you’re the one I want in my life baby”. Jusqu’ici, rien d’anormal. Après tout le MC ne manque pas d’amour et sa fille peut en témoigner. Le seul hic, c’est que la femme en question semble être Kim, qu’il épousera en 1999, avant de la détruire de façon quasi systématique sur chacun de ses albums suivants.

Passées ces deux bonnes surprises, Infinite recèle son lot de bons moments qui lui donnent tout son charme, notamment It’s OkEminem s’extraie l’espace d’un instant de son triste quotidien avec une coolitude étonnante : “It’s a broke day, but everything’s ok”. Le morceau fonctionne comme une immense liste d’envies où Eminem parle du futur qui doit être le sien, même si le présent est compliqué : “It may be early to be planning this stuff / Cause I’m still struggling hard to be the man, and it’s tough”. Ces plans ambitieux ont au final pratiquement tous abouti … ! Là encore, le morceau est très optimiste, à l’opposé de ce qu’Eminem a pu faire par la suite.

Ecoutez It’s Ok d’Eminem :

Cette même ambition se retrouve sur Never Too Far : “You know what I’m saying, see what I’m talking about man? Cause that’s it. Yeah. A million dollars ain’t even that far away man”. La production sonne encore une fois très années 1990, comme avec l’excellent Infinite, sur lequel un Eminem technique et rimeur ouvre l’album. Ce pur produit d’egotrip, avec ses nombreuses allitérations et sa production très minimaliste, trouve facilement sa place dans les morceaux les plus marquants des 1990s.

Ecoutez Infinite d’Eminem :

Intéressant mais moins marquant, Maxine a pour sujet une fille facile qui vend son corps contre des MST. Le sujet, mi-drôle mi-grave, permet au MC de Détroit de s’amuser dans un style qu’il affectionne, à savoir la discussion rappée. Il récidivera plusieurs fois au cours de sa carrière, notamment sur Guilty Conscience ou What’s the Difference en collaboration avec Dr Dre et Xzibit.

Le reste de l’album se détache nettement moins. 313 décrochera un sourire aux fans du film 8 Mile mais ne restera pas dans les annales. Idem pour Open Mic, qui frôle la limite du soutenable sur le refrain. Ces quelques coups de moins bien n’altèrent cependant pas la bonne tenue de l’ensemble.

En définitive, Infinite n’a pas besoin de carbone 14 pour être daté : tout ici, des prods aux flows en passant les thèmes abordés, nous ramène dans les années 90. L’album ne bénéficie pas de la production du Docteur et cela se voit par moments. Malgré tout, son petit côté vintage et son décalage avec le reste de la discographie du MC de Détroit le rend particulièrement intéressant et suffisamment atypique pour être classé au rang de classique par de nombreux fans. Finalement, cet Eminem, s’il n’avait pas encore trouvé son style, possédait déjà une technique bien au-dessus de la moyenne. Papa Doc aurait dû le savoir.

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