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Retour sur le concert de Janelle Monae à Rock en Seine

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A notre grosse surprise le nouveau clip de Janelle Monae du titre Electric Lady est sortie le 30 juillet dernier. Pourquoi est-ce une surprise ? Parce que son dernier album Electric Lady est dans les bacs depuis quand même le 4 septembre 2013 et bien que très bon, le résultat a été un gros échec commercial. Il fallait donc une stratégie marketing pour relancer la promo avec au passage un peu de publicité pour son unique concert en France au festival Rock en Seine. Nous n’avions pas forcément besoin de ça pour aller voir son concert, mais on vous met quand même le clip.

Regardez : Janelle Monae – Electric Lady

C’est avec une certaine excitation que nous nous retrouvons donc au milieu des arbres du parc du domaine de Saint Clou, devant une bâche étirée avec une sorte de kaléidoscope psychédélique géant, surlignant le nom de l’artiste, nous indique au cas où on se serait trompé que nous nous trouvons au bon endroit. C’est alors que Janelle Monae fait son entrée, et quelle entrée, la belle est poussée, allongée sur un siège, avec les bras croisés telle une reine égyptienne momifiée, le tout sur une musique digne d’un film de James Bond qui se trouve être l’introduction de son dernier album ! Le temps de s’arracher ses bandelettes et c’est parti pour une heure de grand show. Le concert débute par un Givin Em What They Love au son très rock avec un riff de guitare contagieux mais sans Prince qui est en featuring sur la version studio du morceau. Sur Dance Apocalyptique, on claque très vite dans nos mains et on se met à danser une sorte de twist groovy improbable. Janelle Monae saute partout et nous régale, elle a de l’énergie à revendre et sait se mettre le public dans la poche. On enchaine par le très funky Queen qui permet au public de se lâcher complètement en se déhanchant frénétiquement sur la basse énorme du morceau.

Regardez : Janelle Monae – Queen live Rock en Seine 2014

Janelle Monae sait décidément tout faire, elle rappe, et chante aussi bien des refrains Rnb comme sur Electric Lady que soul avec un hommage à James Brown en interprétant I Feel Good. Janelle Monae n’étant pas surhumaine elle prend aussi le temps de se poser sur la ballade Primetimeun titre émouvant en duo à l’origine avec Miguel. Après les titres de son dernier album c’est autour des morceaux plus connu comme le tube Tighttrope ou l’hymne pour la paix Coldwar.

Regardez : Janelle Monae – Coldwar/Tightrope live Rock en Seine 2014

Nous avons le droit à un final à la manière d’un cabaret avec Come AliveJanelle Monae pousse la voix, donnant tout ce qui lui reste d’énergie. Elle fini d’ailleurs allongé sur scène comme morte mais sera finalement ressuscité par ses musiciens, ces mêmes musiciens à qui elle laisse la fin du concert pour s’éclater avec chacun un petit solo qui clôturera le concert. Janelle Monae vient de nous livrer une prestation scénique de haute volée nous gratifiant d’une musique afro américaine intemporelle et nous emportant avec bonheur dans son univers artistique.  C’est une belle claque que nous avons pris et nous comprenons maintenant pourquoi un certain Barack Obama l’a invité pour un concert une quinzaine de fois à la maison blanche.

Pour aller plus loin :

Joey Bada$$ prépare la sortie de son premier album

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Dans la catégorie des rappeurs avec un S en forme de dollars dans leur nom, celui qui sort définitivement du lot est Joey Bada$$. Nous vous l’avions présenté quand il nous avait tapé dans les oreilles, il y a 2 ans, avec la sortie de sa mixtape gratuite de très bonne qualité 1999. Depuis on l’a retrouvé en 2013 avec la sortie de deux autres mixtapes Reflex suivi de Summer Knights. C’est d’ailleurs sur cette dernière que nous retrouvions un titre en hommage au classique de Souls Of Mischief, Til Infinity. Sur ce morceau baptisé 95 Til Infinity, on peut s’apercevoir que Joey Bada$$ a encore progressé avec un flow plus mature et qu’il reste toujours fidèle à des sons très 90′s.

Regardez : Joey Bada$$ – 95 Til Infinity

Pas si connu que ça en France mais présenté comme la relève du rap aux États Unis, ses apparitions cet été dans les festivals Cabaret Vert et Rock en Seine, lui permettent de faire parler de lui et de promouvoir la sortie de son premier album B4.Da.$$ qui est annoncé pour fin septembre. Le rappeur en profite également pour sortir le premier extrait de l’album Big Dusty avec un clip un brin old school.

Regardez : Joey Bada$$ – Big Dusty

Sur ce titre très sombre, l’influence de Mobb Deep saute aux oreilles. Pour nous c’est peut-être l’une des meilleures productions estampillée rap Us qui soit sortie depuis quelques mois. Joey Bada$$ nous donne envie d’en entendre plus mais pour l’instant c’est le flou le plus total autour de l’album. On ne sait pas grand-chose sauf des rumeurs sur des collaborations prometteuses avec Dj Premier, Pete Rock et Q Tip. La date exacte de sortie n’a même pas été communiquée, il va donc falloir patienter encore un peu.

Pour en savoir plus :

Jeu concours : des pass pour le Twenty Four Festival

24_HEADER-ARTICLESVotre attention, s’il vous plaît, nous avons une annonce de grande importance à faire ! Amateurs de notre belle culture urbaine qu’est le hip hop, vous ne pouvez pas rater le Festival Twenty Four qui se déroulera au Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines (78) du samedi 27 septembre 15h au dimanche 28 septembre 15h. Oui, vous avez bien lu, 24h non stop de danse, de musique, d’art, de fête !

Né de l’alliance entre le Juste Debout, label référent dans le monde du hip hop, et le Vélodrome National, nouvelle antre du spectacle vivant ainsi que la Manufacture 111, espace de culture et de vie, le Festival Twenty-Four » est le nouveau rendez-vous des amoureux de la street culture.
Ce concept original et pluridisciplinaire a pour ambition de montrer cette culture dans toute sa diversité, ses richesses et ses particularités, un festival ou chaque heure de la journée et de la nuit est l’occasion de découvrir un nouvel artiste, une nouvelle activité ou une nouvelle pratique. Le Twenty Four c’est l’occasion d’applaudir une pléiade d’artistes confirmés du monde entier, partageant la même scène unique qui sera dressée au milieu du Vélodrome.

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Parmi les invités vous pourrez voir entre autres, DMX et Les Twins, Action Bronson, Laure Courtellemont qu’on ne vous présente plus, XZibit et B Real (Cypress Hill) aka Serial Killerz, M.O.P, Girls Girls Girls, DJ James (NTM), Now Futur et de nombreux autres danseurs, djs, breakers etc.
Belle affiche n’est ce pas ? Et beau projet aussi ? Nous sommes sûrs que vous avez envie d’y aller….Et bien nous vous proposons de gagner 3×2 places pour assister à ce super festival ! Pour pouvoir gagner c’est très simple, il suffit de nous envoyer un mail à l’adresse suivante team@soultonoreille.com avant le mercredi 24 septembre 23h59 et nous procéderons à un tirage au sort pour désigner les gagnants. Alors ne perdez pas de temps, et envoyez nous un mail car ça sera l’évènement à ne surtout pas manquer. Bon chance.

Pour aller plus loin :

Jay Z et Beyoncé, le concert mégalo-grandiose

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Vendredi soir, direction le Stade de France où avait lieu le concert le plus attendu des rois du Hip-Hop, Jay Z et Beyonce, On The Run Tour. La foule arrive de toute l’Europe : des sosies de Jay Z, des Beyonce « lowcost » en haut talons et robes ultra courtes, des parents venus accompagner leur fille et son groupe de copines hystériques, des fans avec des t-shirts à l’effigie du couple ou reprenant la célèbre phrase féministe Flawless (comprenez : sans défaut). Dans le stade, des écrans avec une phrase mystérieuse « Ceci n’est pas la vraie vie » font patienter une foule venue voir le concert de l’année. Les caméras de HBO, chaîne télévisée américaine, sont là ce soir pour filmer. Après 1h15 d’attente, les lumières s’éteignent, un court film montre le couple en mode gangster, pour laisser place aux premières notes de 03 Bonnie & Clyde, point de départ de leur vie et d’un show qui s’annonce grandiose.

Ce concert est digne d’une grande production : strass, paillettes, chorégraphies millimétrées, tenues courtes et affriolantes de grandes maisons de couture pour madame. Jeans, t-shirts, manteau de cuir, parfois avec un bonnet, une casquette ou un chapeau, lunettes, grosses chaînes en or, décors classes sans fioriture pour monsieur. Les deux artistes se baladent comme des poissons dans l’eau, devant un public conquis, qui reprend de bon cœur les chansons avec un anglais très approximatif. Les titres s’enchainent et la bonne ambiance est de la partie. Nous passons d’un Crazy in love endiablé à un Niggas in Paris qui met le feu. Des tableaux entrecoupé de mini films représentant un couple en cavale, réunit pour le meilleur, l’argent, la mégalomanie et le pire. Pendant 2h45, les Carter se font la part belle, enchainant leur succès : Big Pimpin, Clique, 99 problems, Diva, Singles Ladies, Run The World. 42 chansons se succéderont en un rien de temps, en duo ou solo, laissant peu de place aux fans pour reprendre leur souffle et apprécier véritablement les morceaux.

Pourtant, ce show gigantesque parfois peine. Les passages sur les écrans sont trop présents et cassent la dynamique du show. Ce concert manque de respiration, de simplicité, et d’interactivité avec un public qui s’endort parfois. Nous aurons le droit à un minimum syndical : « Est ce que ça va Paris?! » , « Chantez! » , les arrêts des deux artistes pour réclamer des ovations de la part du public, un brin égocentrique mais mérité tout de même. L’acoustique et les quelques couacs techniques n’aideront pas à fluidifier ce show un peu trop lourd pour ce stade. Nous le savons aussi, ce soir le public est pro Beyonce. Be danse, chante, invite pour un petit Flawless des familles sa nouvelle copine Nicki Minaj, qui rend le public hystérique. Mais ne comptez pas sur l’Anaconda girl pour mettre le feu, aussitôt son set fini, aussitôt reparti. Et oui la star, c’est Beyoncé. Une star qui malgré son talent indéniable, nous fait un petit playback complétement assumé sur son titre Partition. Elle semble un peu fatiguée, distribuant des sourires qui manquent de sincérité. Une attitude et une prestation loin de son concert à Bercy l’an dernier. C’est que nous la sentons un peu crispée notre Queen Bey.

Pourtant, sur le titre Why don’t you love Me, elle se lâche complément et balaie en un instant toutes nos craintes et se permet sur la reprise de Lauryn Hills Ex-Factor de nous mettre complétement d’accord et de lui trouver un tas d’excuses sur ce fameux playback. Quant à son mari, certains diront qu’il est l’invité, la pause entre les changements de tenues de sa femme. Même si nous le sentons parfois un peu seul, car le public n’est pas aussi familier avec son répertoire, le boss de Roc Nation, n’a rien à envier à sa femme. Seul sur scène sans danseurs ni artifices, décontracté, il met tout le monde d’accord et enflamme le stade comme il l’avait fait l’année d’avant à Bercy, lui aussi.

Le public est aussi venu voir des signes du fameux divorce ou non. Là encore, nous nous demandons si tout n’est pas millimétré. Les premières notes de Drunk In Love résonnent. Le Stade est incontrôlable. Les deux artistes s’échangent des petits regards amoureux et des gestes tendres. Sur Beach is Better, Jay Z change les paroles et laisse entendre que sa femme est de nouveau enceinte. Puis, vient le moment règlement de compte : après que Jay Z nous ait livré un Song Cry très jazzy et anthologique, Beyoncé refait un peu des siennes sur Resentment sur le même passage au moment ou elle dit « je sais qu’elle est attirante mais…  » puis d’un signe, se montre comme pour redire « y a pas photo, je suis beaucoup mieux« . Un running gag lassant à vrai dire, et qui se ressent dans tout le stade mais de courte durée puisque la diva enchaine avec un Love On Top comme pour dire l’amour triomphe toujours, ouf !!. Le concert s’achève sur un Young Forever et Halo avec des images de leurs moments intimes (mariages, vacances, photos de familles) et de leur adorable baby Blue avec cette dernière phrase « Ceci est la vraie vie ».

2h45 se sont écoulés, Beyoncé déclare que c’est la meilleure tournée de sa vie et remercie son mari qu’elle aime énormément. Jay Z encense sa femme qu’il aime par dessus tout et demande un max de bruit pour elle. Le couple demandera aussi du bruit pour les danseurs frenchy, les Twins, avant de remercier le public et de lâcher un très commun « Paris, nous t’aimons ! », puis le couple s’en est allé bras dessus bras dessous sur les notes de Lift Off.

Pas de rappel, les lumières se rallument, le public a les oreilles bien fatiguées par un son très médiocre d’un stade qui n’est pas fait pour les concerts, mais les yeux remplient d’étoiles. La machine Carter a fait le job ce soir, tous les ingrédients d’un bon film étaient réunis. La foule en délire devant les caméras des télévisions venues recueillir les impressions à la sortie, ne peuvent pas contredire.

Ils sont riches, talentueux, contrôle tout et parfois un peu trop. Mais ils ont conquis en deux soir 152 000 spectateurs venus pour deux dates uniques et exceptionnelles en France. Un concert qui restera sans nul doute le concert qu’il ne fallait pas louper, en tout cas ce week-end. Mais pas de panique, pour ceux qui n’auraient pas pu ou voudraient voir ce qu’ils ont loupé, le concert sera retransmit le 21 septembre en crypté sur Canal + et le 01 octobre sur D8.

Critique : These days, l’album transitoire d’Ab-Soul

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Si nous pensions qu’avec les succès de Kendrick Lamar et le très bon album de SchoolBoy Q, Interscope choisirait de mettre en lumière le moins célèbre de l’écurie Top Dawg Entertainment : Ab-Soul, il n’en est rien pour le moment ! C’est donc sous son label indépendant TDE et après avoir menacé de leaker s’il ne sortait pas plus rapidement, que l’opus These Days est venu nous titiller les oreilles. 2 ans après son dernier album Control System, nous nous demandons si cet opus ne servirait pas de test à Ab et son écurie afin de continuer la succès story de ce fleurissant label.

Les 4 premiers sons de cet opus ne vous éloigneront pas de l’univers de l’artiste. Ab-Soul, rappeur dit conscient, fait un bilan de sa situation personnelle et de sa vision du monde qui l’entoure et notamment l’argent, la perte de son ex-petite amie, sa maladie. Dans ces 4 morceaux l’empreinte TDE est présente dans les productions et on y retrouve la dernière recrue du label : SZA sur God’s Reign, ou encore SchoolBoy Q sur Hunnid Stax. Ces morceaux sont empreints des sujets favoris du rappeur : la drogue, la religion, l’argent, la fête, la nature, qui nous montre son talent derrière le micro et à l’écriture notamment sur les morceaux Dub Sac et Tree of life.

Regardez :  Ab-Soul feat SchoolBoy Q, Mac Miller – Hunnid Stax

Mais c’est avec la suite du projet que Ab-Soul risque de vous perdre surtout si vous êtes un fervent fan du natif californien. Les morceaux World Runners et Nevermind That sont assez loin de ce qu’on attend et ce n’est pas la présence de l’absent Lupe Fiasco et le bankable Rozay qui apporteront leurs lots d’originalité. Sur le morceau Twact, nous nous interrogeons sur le coté mainstream de ce morceau qui nous rappelle les sons des YG, Tyga, Kid Ink ou Chris Brown. Bien que peu gênant, l’essai n’est pas très concluant et si nous pouvions nous le permettre, nous lui conseillerions de rester un peu plus fidèle à lui même. Nous mettrons une mention spéciale pour le morceau Just Have Fun, surtout pour la deuxième partie qui n’est autre que le morceau These Days mais en beaucoup plus léger et qui vous donnera envie d’un bon moment de camaraderie très festif au bord d’une piscine ou autour d’un bon barbecue.

Écoutez : Ab-Soul feat The O’My’s – These Days

Après ce petit moment d’égarement, Ab-Soul continue de tester de nouvelles choses mais reste fidèle à son univers. Ainsi après l’interlude Kendrick Lamars, qui est le pendant du morceau de Ab-Soul Outro sur le projet Section 80 de K.Dot, Ab-Soul pousse la chansonnette sur Closure. Ce morceau en dérangera plus d’un à cause de sa musique et ces paroles empreintes de chagrins étouffants. Soul y évoque la disparition de son ex-petite amie et ses relations difficiles depuis avec la gente féminine. On notera la présence de Jhéne Aiko sur les refrains qui renforce le coté détresse et angélique qui plane dans ce morceau torturé.

Écoutez : Ab-Soul feat Jhéne Aiko – Closure

Les morceaux Feelin’Us, Ride Slow avec Danny Brown et Sapiosexual produit par un J.Cole pas très inspiré, sont de bons morceaux mais sans grand intérêt. Stigmata, deuxième extrait de cet opus dévoilé, est un excellent morceau qui doit son inspiration au The Cross de Nas. Dans ce morceau, Soul redevient ce rappeur conscient en confiant les blessures qu’il porte comme une croix et n’hésite pas à se comparer au Christ :

I’m more than a man, I’ve been died and rose again / Left these holes in my hands, so you know who I am ( je suis plus qu’un homme, je suis mort et j’ai ressuscité / Ces trous sont incrustés dans mes mains, donc tu sais qui je suis ).

Enfin pour conclure, l’opus se termine par W.R.O.H (We really Out Here), un morceau dont nous soulignons la prouesse de fin avec ce flot de paroles et de freestyle avec son ami JMSN mais un morceau long (23min qu’en même) qui nous laisse un peu sur la fin.

Regardez :  Ab-Soul feat Action Bronson, Asaad – Stigmata

Vous l’aurez donc compris, nous sommes très mitigés sur cet opus. Si le talent est indéniable, These Days est un album transitoire avant la sortie d’une petite bombe en 2015 comme promis. Même s’il garde son univers, nous espérons cependant que Soul ne succombera pas trop à certains de ses essais et gardera son originalité et son indépendance qui lui vaut d’être encore une pépite brute avant passage dans le mixeur des majors. Un nouveau challenge que nous ne manquerons pas de suivre.

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