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Interview Féfé pour Le Charme des Premiers Jours

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Avant de voler en solo avec succès, Féfé fut l’un des membres éminents du mythique Saïan Supa Crew. Mais n’allez pas lui reparler de cette période, mettons ça de côté car c’est justement l’avenir qui l’anime, la guitare, les voix, la musique dans tout son ensemble, rien d’autre que la musique. Le hip hop n’est désormais qu’un des genres musicaux parmi ceux qu’il apprécie. Courant avril, nous l’avons rencontré juste avant son concert donné à la Gaîté Lyrique à Paris pour une présentation de son album Le Charme des Premiers Jours sorti le 20 mai dernier. Nos questions, ses réponses, c’est par ici :

Regardez : Féfé – Le Charme des Premiers Jours

Soul Ton Oreille : Si tu devais te décrire succinctement à quelqu’un qui ne te connait pas du tout ?

Féfé : Je suis Féfé je faisais partie du SSC, le Saïan Supa Crew.  Je suis un touche à tout, un mec qui a toujours envie d’avancer. J’ai commencé avec un sampler et là je suis en train d’enchaîner avec la guitare, une guitare électrique plus précisément, mais sans lâcher tout ce que j’ai appris entre temps. J’aime bien accumuler du savoir et créer mon propre truc. Tant que ça me plait je m’en fous, peu importe à quoi ça ressemble, il faut que ça me parle avant toute chose.

STO : Quel est ton bilan depuis la sortie de ton premier album en solo il y a trois ans maintenant ?

Féfé : Une bonne surprise et un bilan plutôt positif. J’ai sorti cet album avec mes « cojones » (ndrl : « c**illes » en espagnol) comme on dit, parce que personne m’attendait là, on avait collé une image sur moi, parce que Saïan c’était une entité à six têtes, les gens savaient pas trop qui faisait quoi. Moi j’ai toujours été un des compositeurs, qui arrive en studio le premier et qui repart le dernier, avec Leeroy c’était notre boulot. J’ai toujours été un peu un rat de grenier et avec cet album les gens m’ont découvert. Je m’attendais à ce qu’on me crache sur ce que je faisais et… Non, les gens ont compris le délire, ils sont venus me voir après les concerts avec de très bons retours. Plus récemment, j’ai eu quelques personnes qui venaient me voir en me disant « mais pourquoi tu fais pas du Saïan comme à l’époque ? » Mais j’ai compris qu’il ne fallait pas écouter les gens, sinon tu n’avances pas.

STO : Comment ce nouvel album se greffe dans la constellation ?

Féfé : C’est pour moi la suite logique de Jeune à La Retraite. Dans ce premier album, je commençais un truc que je découvrais, je venais d’apprendre la guitare, les premières chansons que j’ai faites c’était les premiers accords que j’ai appris, tout simplement, c’était genre « oh ça ça marche bien, vas-y j’en fais une chanson ! » Dans Le Charme des Premiers Jours, j’ai essayé de pousser ça un peu plus loin. J’ai été élevé avec le son de Motown grâce à mon père et ma mère qui sont nigérians. Le Nigeria est une ancienne colonie anglaise, donc eux quand ils étaient à l’école, ils écoutaient tout ce qui venait des Etats-Unis ou d’Angleterre alors tous les dimanches on écoutait Marvin Gaye, Stevie Wonder, Otis redding, Al green.

On écoutait aussi Fela Kuti (ndlr : un grand chanteur nigérian), l’afrobeat est évidemment représentatif du Nigeria et même parfois du Johnny Hallyday parce que mon père était un gros mélomane. Il achetait des tonnes de vinyles et nous saoulait avec ça ! Donc pour en revenir à l’album, c’est la suite logique de ce que je fais, de ce que j’aime. J’ai essayé de toucher du doigt tout ce que j’entendais étant petit. Je voulais sortir du truc  » j’ai 20 ans j’suis un rappeur et n*que sa mère ! »  Je n’ai plus 20 ans justement, j’ai des enfants, j’ai eu des déceptions amoureuses, une vie. Bref, je voulais parler d’autres choses. Je parle d’amour et j’en suis le premier étonné d’ailleurs ! (Rires.)

STO : Il y en avait bien quelques unes des chansons d’amour dans l’album Jeune à la Retraite, non ?

Féfé : Ah oui il y avait une qui s’appelait Miss Wesh Wesh Yo, mais c’était une fausse chanson d’amour, c’était une chanson sur le hip hop… Ah tu penses sans doute à C’est comme ça que je t’aime ?

STO : Oui en effet !

Féfé : Allez je te l’accorde, mais je la mets plus volontiers dans les chansons légères, les chansons joyeuses. Moi je me suis toujours caché derrière le flow ou derrière un truc un peu marrant. Je suis très pudique, j’ai peur de dévoiler les choses brutes et là sur cet album par exemple j’ai pas eu peur. Je me suis dit : « voila la vérité, premier degré, je me cache pas, voila tels quels mes sentiments. »

STO : Pour ce nouvel album il y a-t-il de la scène de prévue ailleurs que ce soir ou récemment en banlieue parisienne ? Quels sont les premiers retours du public d’ailleurs ? 

Féfé : A Bobigny ça s’est très bien passé oui. C’était la première fois que je montais sur scène sans que les gens ne connaissent les morceaux (Ndlr : l’album Le Charme Des Premiers Jours n’était pas encore sorti.) Mais en réalité, j’ai du mal avec le fait que les gens ont l’air contents de ce qu’ils entendent alors que moi j’ai encore plein de trucs que j’ai envie de peaufiner. J’ai du mal a être satisfait, mais puisque les premiers retours sont bons…

STO : Quel regards portes-tu sur le hip hop actuel ?

Féfé : J’adore le rap français qui tourne en ce moment. Je trouve qu’il est foisonnant, il n’y a jamais eu autant de MCs avec autant de styles différents et ça nous fait du bien ! Moi je le dis clairement, j’avais fini par être dégoûté car à un moment donné, tout le monde avait le flow de Booba, tout le monde disait les mêmes trucs, faisait les mêmes rimes. Mêmes nous à l’époque du Saïan, il y avait une phase où je commençais a trouver que nous étions dans une mauvaise passe. Même si je kiffe Booba, le rap hardcore tout ça, ce que je kiffe dans le rap, c’est quand il apporte une certaine richesse. Le rap foisonnant d’aujourd’hui, ça me rappelle l’époque où y avait La Cliqua, l’époque des années 90 quoi.

STO : Si tu devais en citer un en particulier ?

Féfé : (Il réfléchit.) Tiens, j’écoute Nemir en ce moment. J’aime bien ce qu’il fait !

STO : Qu’est-ce qu’un artiste comme toi, qui marchait bien dans l’équipe du Saïan Supa Crew, cherche à prouver en privilégiant une carrière en solo désormais ?

Honnêtement quand j’étais dans le Saïan, jamais je n’ai pensé a faire une carrière en solo. Moi, je me trouve inintéressant au possible, je suis hyper banal, je fais pas des trucs de ouf, je ne tape pas les femmes, je suis hyper banal (rires). J’ai des enfants, je les emmène à l’école. Je pensais avant que les vrais stars ils font des trucs de ouf, ils prennent de la coke… J’étais très bien dans le groupe et tout ce que je voulais c’était faire du son, des concerts, sauf qu’au bout de dix ans il y a des rapports qui ont changé,  j’ai fini par être dégoûté de la musique. J’ai fini par tout mélanger et faire un rejet de tout ça.

Le solo, c’était vraiment un accident si je puis dire. J’ai fait ça parce que je m’ennuyais, j’ai repris le sampler, j’ai aussi commencé la guitare. Aujourd’hui, ce que les gens pensent de moi je m’en fiche, je fais ce que j’ai a faire et c’est tout ! Ma position actuelle, c’est : « j’ai le droit de proposer ce que je veux et personne n’a rien a me dire tandis que les gens ont le droit de disposer de ma musique comme ils veulent, je n’ai rien a leur dire. »

STO : Allez, mettons les pieds dans le plat. Qu’est-ce qui avait provoqué la séparation tacite du groupe ? Des problèmes humains, artistiques ?

Sans rentrer dans les détails, je pense pas que c’était artistique, c’était plutôt humain et c’est normal à vrai dire car quand tu traîne avec des gars pendant 10 ans,  forcément à un moment donné ça le fait moins. Et puis encore heureux, ça a jamais été une question de thunes, ça m’aurait bien déçu autrement. C’est la vie. Tu sais, il n’y a pas une semaine sans qu’on me reparlent du Saïan Supa Crew, moi aussi je me remémore la bonne époque parfois. Je suis très content de revoir chacun des membres de l’époque séparément, mais ont peut pas faire semblant d’être ce qu’on étaient avant. Je préfère qu’on laisse ça comme une « légende », c’est ça qui est drôle. C’est fou quand même, à l’époque le rap ne nous acceptait pas, et aujourd’hui les gens nous demandent de revenir. Laissons le passé au passé.

STO : Pour finir, il y a-t’il une question que tu n’aimes pas qu’on te pose ?

Ah bah justement, le fait qu’on me demande si un jour le Saïan Supa Crew se reformera. C’est pas que ça me saoule, mais ça me fait de la peine pour les gens quand ils m’interrogent dessus, parce qu’ils peuvent encore attendre !

STO : Merci d’avoir répondu à nos questions. Nous te souhaitons le meilleur pour ton album Le Charme Des Premiers Jours ! 

Pour aller plus loin :

Le dernier album de Brian McKnight au banc d’essai

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Comme tout le monde le sait Brian McKnight est un chanteur de R&B multi-instrumentiste qui connut un fort succès dans les années 90. Il est l’un des rares artistes de cette belle époque à avoir réussi à traverser les années sans qu’on ne l’oubli. Après une dizaine d’albums, dont Anytime en 1997 et Back At One en 1999, le quarantenaire aux multiples récompenses a vendu plus de 20 millions d’albums à ce jour dont certains classés triple platine. Il revient aujourd’hui avec son quinzième album More Than Words, composé de 15 titres qui vous replongeront dans l’âge d’or du R&B.

Dès les premières notes de Sweeter le vibrato reconnaissable entre mille de Brian McKnight nous fait frissonner. Deux décennies après ses débuts, son grain de voix n’a pas subit l’érosion du temps. Dans 4th Of July on comprend que McKnight est heureux de la légèreté d’une nouvelle relation et il se fait admirateur secret dans She Doesn’t Know. Dans le titre éponyme More Than Words, coécrit avec Colbie Caillat, McKnight promet une relation durable « I’m gonna be more than words » (traduisez « je serai plus que des mots »).

Ecoutez : Brian McKnight – More Than Words

Sur les deux derniers titres Brian McKnight est accompagné par ses fils, chacun ayant coécrit le morceau qu’ils allaient interpréter : Brian McKnight Jr sur Ididntreallymeantoturnuout, dans un univers rappelant fortement celui de Stevie Wonder, autant que Letsomebodyluvu, et Niko McKinght sur The Front, The Back, The Side où ils évoquent les médias et autres sextos.

Ecoutez : Brian McKnight & Brian McKnight Jr – Ididntreallymeantoturnuout

En dehors de Don’t Stop, premier morceau de l’album qui est plutôt funky, et Made For Love qui se teinte d’électronique (synthé) pour sonner 80’s, il n’y a pas de grande surprise ni de prise de risque avec More Than Words. Brian McKnight a simplement fait ce qu’il sait faire de mieux en laissant derrière lui quelques viles tentatives dans la chanson érotique, entre autres. Le son est le même qu’il y a vingt ans et les paroles toujours aussi réconfortantes. L’échec de Just Me en 2011 a du le rappeler à l’ordre. Lui au moins ne se rend pas ridicule à se jeter dans la pop music pour être dans l’air du temps et paraître plus jeune pour se frotter aux nouveaux tels que Miguel et autres Chris Brown. Les fans de la première heure se réjouiront de ce dernier album qui sonne déjà musicalement comme un vieux CD retrouvé dans les affaires de sa grande sœur.

Pour aller plus loin :

 

RESULTAT Jeu concours : 2 concerts de Gaël Faye

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Que ce soit Gaël Faye seul ou bien accompagné d’Edgar Sekloka en formant leur groupe Milk Coffee & Sugar, nous on aime beaucoup. Voilà pourquoi nous vous proposant aujourd’hui de gagner 2×2 places pour assister à non pas 1 mais 2 concerts dont la tête d’affiche sera Gaël Faye qui viendra défendre sur scène son très bon album Pili Pili Sur Un Croissant au Beurre.

Pour les deux concerts son comparse ne sera pas loin puisqu’ils se produiront aussi en tant que Milk Coffee & Sugar. Le premier concert aura lieu le samedi 18 mai prochain à l’EMB de Sannois (95). Eh oui il y en a pour tout le monde, tout ne se passe pas en plein centre de Paris, en banlieue aussi ça bouge. Toujours très facile pour vous de gagner vos places, il vous suffit de répondre aux questions ci-dessous en nous envoyant un mail à l’adresse suivante team@soultonoreille.com avant le mardi 14 mai 2013 23h59.

  • Quelles seront les 3 autres artistes/groupes qui seront également présent au concert à l’EMB à Sannois ?

Le second concert aura lieu le samedi 25 mai prochain au Rack’am à Brétigny-sur-Orge (91). Autre concert, toujours 2×2 places à gagner et une autre question à laquelle vous pouvez répondre en nous envoyant un mail à la même adresse team@soultonoreille.com avant le mardi 14 mai prochain 2013 23h59.

  • Avec quel rappeur français Gaël Faye va partager l’affiche de ce concert au Rack’am ?

Trop facile ! Ne perdez pas de temps et envoyez nous vite vos réponses afin de participer au tirage au sort qui vous permettra peut être de faire partie des 4 gagnants de ce jeu concours. Bonne chance à tous !

RÉSULTAT : La réponse à la question est : Gasandji, Djenkafo et Funkable. Et les gagnants sont des gagnantes ! Les noms des gagnantes pour le concert à l’EMB de Sannois sont :

  1. Emilie G.
  2. Sabrina R.

La réponse à la question est : Némir. Et le nom de la gagnante pour le concert au Rack’am de Brétigny-sur-Orge est :

  1. Nadia T.

FÉLICITATIONS à elles ! Très bon concert à tous et à bientôt pour un prochain jeu concours.

Pour aller plus loin :

Gagnez votre contrat avec l’agence Rise Up

RISEUP_HEADER-ARTICLESNous sommes sûrs que parmi nos fidèles lecteurs il y a des artistes. Vous êtes chanteur, danseur, humoriste, ou bien comédien ? Amateur ou « semi pro » ? Vous voulez vous lancer et faire connaître votre projet ? Eh bien cette possibilité s’offre à vous grâce à l’agence Rise Up.

En effet, cette agence propose un concours, qui permettra au gagnant de décrocher son contrat au sein de l’agence tous frais payés. Pour participer c’est très simple :

  1. Envoyez une vidéo ou un texte de présentation de votre projet à l’adresse mail suivante : charles@agence-riseup.com
  2. Si c’est une vidéo, elle sera playlistée sous 24h sur la chaîne WAT TV de l’agence : www.wat.tv/AgenceRiseUp
  3. Il vous faudra alors générer un max de vues sur votre vidéo afin de la faire « buzzer » comme on dit dans le jargon
  4. Le projet vainqueur sera sélectionné par les équipes de l’agence le 17 juin 2013
  5. Le gagnant se verra alors proposer un contrat au sein de l’agence qui s’engage à faire connaître votre projet auprès des médias et du public en vous assurant une visibilité web optimale.

Alors, ne perdez plus de temps et tentez votre chance ! Bonne chance à tous et que le meilleur gagne.

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Critique : Major Lazer – Free The Universe

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Après 4 ans d’absence, Major Lazer a sorti le mois dernier son nouvel album Free The Universe, un album très attendu après le succès du premier et le départ de DJ Switch, remplacé par DJ Jilionnaire et Walshy Fire. Après avoir leaké les titres Get Free et Watch Out For This que nous avons adoré, annonçant un album de fou, nous étions impatients de pouvoir l’écouter.

Si Free The Universe est sans aucun doute une continuité du premier album Guns Don’t Kill People…Lazer Do avec un casting éclectique Santiagol, Busy Signal, Elephant Man, Amber, Ms.Dynamite, Tyga, Brunos Mars pour ne citer qu’eux et des titres qui nous donnent envie de faire de grosses fiestas avec des cocktails de toutes les couleurs et des battles de Booty Shake autour d’une piscine, il est difficile de comprendre pourquoi le talentueux producteur incontournable aux nombreux tubes à succès, nous livre un album très décousu avec un arrière goût d’inachevé.

Outre les grosses basses, ce qui frappe le plus est le manque d’unité musical. Si on ne s’étonne pas de tomber sur des bombes tracks tel que Jet Blue, Sweat, Bubble Butt ou encore Jah No Partial, on reste perplexe sur le choix des morceaux Keep Cool avec Shaggy et Reach For The Stars avec Wyclef Jean. Le tracklisting est aussi incohérente. Des morceaux comme Jessica (un des morceaux les plus planants et envoutant) se retrouvent parachutés en plein milieu de sons bien lourds et puissants. Enfin, La multitude et le mélange des styles musicaux, sans subtilités, rendent difficile l’écoute tant cela part dans tous les sens, aussi l’omniprésence de l’électro au détriment des autres styles n’ajoute en rien. On se demande si Diplo n’en aurait pas oublié le but principal de son projet, faire connaitre le dancehall auprès d’un public peu habitué à ce genre et qui a fait le succès de Major Lazer.

Alors, même si Diplo nous livre un grand bazar parfois un peu indigeste pour les oreilles, il arrive miraculeusement a nous embarqué dans sa folie furieuse de grand fêtard avec des titres efficaces, calibrés pour nous faire bouger et exploser sur le dancefloor comme il aime le martelé « Major Lazer is blasting you » (traduisez :  Major Lazer te dynamite) et après tout, n’est-ce pas tout ce qu’on lui demande ?

Regardez : Major Lazer – Watch Out For This

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