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Yasiin Bey + Marvin Gaye = Yasiin Gaye

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On vous avait déjà parlé du premier single Inner City Travellin Man mais ça y est, enfin, le projet Yasiin Gaye est sorti. Pour rappel Yasiin Gaye c’est le duo « virtuel » de Marvin Gaye et Yasiin Bey. Cette collaboration impossible est le fruit du bidouilleur-producteur Amerigo Gazaway aussi co-fondateur du label Gummy Soul. En 2011, il crée la mixtape Fela Soul après avoir décrété en écoutant Fela Kuti que celui-ci rappait. De cette pensée, il se dit que se serait bien d’associer sa voix avec de la musique hip hop en l’occurrence celle de De La Soul.

Ce concept d’album mash-up tournant autour des univers exclusifs d’artistes qui s’y prêtent bien rencontre un succès immédiat, ayant même les honneurs de média dits classiques comme le journal L.A. Times. Pour Yasiin Gaye rebelote, Amerigo Gazaway reprend la recette. Sur le papier c’est alléchant et pas besoin d’être sceptique : cet extrait va vous prouver à nouveau que ça marche.

Ecoutez Yasiin Gaye – I Want You ‘Til The Summertime :

Dans ce titre, deuxième extrait du projet, vous aurez forcément reconnu Mercy Mercy Me de Marvin Gaye. Amerigo Gazaway se paye même le luxe d’y inclure une boucle de Sun is Shining de Bob Marley et un solo de saxophone langoureux pour clore cette pépite de mash-up. De ce très bon catalogue nous pouvons ressortir également d’autres perles telles Ms Fat Booty revisitée avec swing et groove, alors que sur The Panties le flow de Mos Def épouse à merveille le fameux Let’s Get It On de Marvin Gaye.

Parmi le casting, on retrouve également Kanye West ou Talib Kweli sur la revisite du duo Black Star Definition of Infinity. On est bluffés par les arrangements conçus par Amerigo Gazaway et du rendu des mash-ups, une qualité qui aurait pu faire croire non pas à du virtuel mais à une vraie collaboration en studio. L’ensemble est crédible en plus d’être classe, avec aussi des extraits d’interviews des deux artistes, des extraits de live et bien plus encore !

On vous laisse vous amuser à redécouvrir les classiques de Marvin Gaye et de Mos Def sous un autre jour, et même si certains pourront trouver a priori penser le mélange inattendu, nous sommes conquis !

Ecoutez Yasiin Gaye  - Time :

Pour aller plus loin :

Les Choix Musicaux d’Opé Smith

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Souvenez-vous il a quelques mois, on vous faisait découvrir la soul magique d’Opé Smith. Après avoir enflammé la scène du Réservoir en février, le crooner continue son beau parcours et sera le 11 avril prochain au Bizz’Art à Paris. En attendant l’album en préparation, Opé Smith nous fait le plaisir de partager ses trois titres de prédilection, qui nous en apprennent encore plus sur son univers et ses influences. On vous laisse les découvrir.

Écoutez :  Ray Charles – Unchain My Heart

« Je suis fan de l’œuvre de Ray Charles en général. Je vois ce titre différemment depuis le film Ray car il y prend un sens plus large et plus fort. Ray Charles revient et joue pour la 1ère fois dans l’état de Géorgie, dont il est originaire. Il refusait de s’y produire tant que les noirs seraient exclus de ses concerts. On y voit les noirs et les blancs jusque là séparés dans la salle, monter sur scène et danser ensemble. »

Regardez :  Aretha Franklin – Don’t Play That Song For Me (Live)

« Aretha se met au piano. Les accords qu’elle joue me transportent instantanément… »

Regardez :  Janelle Monae – Tightrope

« Elle a des influences très James Brown et très jazz rock. Janelle Monae marie très bien le funk et les beat afro avec des sons très modernes. »

Découvrez : l’envoutante Jade de LaFleur

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Jade de LaFleur n’est pas une petite nouvelle dans le paysage du r&b. Ex-membre d’un girl band américain Sophia Fresh, Jade Johnson est signé chez Nappy Entertainment, le label de T-Pain ou elle et son groupe connaissent un beau succès outre Atlantique. Mais très vite la demoiselle a des envies de carrière solo et se fait vite repérer par Solange pour qui elle sera choriste lors de la tournée Solange and The Hadley Street Dreams, avant de faire parti du label Saint Heron. Et en écoutant son premier EP, nous comprenons très vite pourquoi le label du nouveau r&b, a été envouté par la demoiselle.

Lorsque vous écoutez cet opus, il vous faut écouter le morceau Jaded pour comprendre la musique de Jade. Savant mélange de notes de blues, de basses et rythmiques actuelles avec une nostalgie certaine, cet EP nous emporte dans un club jazzy de Louisiane ou se mêlent différents styles musicaux pour former des mélodies envoutantes et nostalgiques. Rien de plus naturel pour celle qui incarne parfaitement sa région natale.

Regardez : Jade De Lafleur – Jaded

Mais la musique de Jade passe aussi par les paroles et les thèmes abordés. Jade parle d’amour, de son quotidien mais aussi d’un sujet très apprécié des chanteuses r&b actuellement : la femme, son indépendance, sa sexualité et son féminisme assumée et parfois de façon très poétique et imagé comme sur l’excellent titre reggae Brown Box.

Cet Ep est donc une intelligente combinaison de musiques actuelles comme les titres Smokin In my Cars avec le producteur qui monte James Fauntleroy, ou encore le titre So long avec l’excellent D.A du groupe Chester French, et de douceur des clubs de jazz avec les morceaux Blue Notes and Green Trees ou Stormy Weather. Si vous souhaitez passer un bon moment musical et découvrir quelque chose de frais et de nouveau, nous vous encourageons à poser vos deux oreilles immédiatement sur cette nouvelle artiste qui promet de très jolies choses pour la suite.

Écoutez : Jade de LaFleur – Jaded (EP)

Album : Pharrell Williams de retour avec G I R L

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Pas de doute, 2013 était l’année de Pharrell Williams : ses talents de producteur, dénicheur de talent et artiste au sens large ont fait le quotidien de l’année passée musicalement parlant, mais avec son album G I R L, tout juste sorti, on a finalement l’impression d’être roulés dans la farine. Attendu sans grosse ambition si ce n’est l’envie d’avoir droit à du bon son rappelant ces titres qui ont rythmé son parcours, c’est finalement un album passable que le Benjamin Button de la musique nous a livré, 8 ans après son précédent solo, In My Mind.

Commençons par passer en revue les deux duos de l’album. Le premier voit Justin Timberlake et Pharrell Williams se répondre à renfort de voix haut perchées pour de la bonne pop sautillante et énergique sur Brand New (sur lequel entendrez aussi d’entrée la signature buccale de Timbaland – ah sacré Timbo), alors que le deuxième permet à Alicia Keys de réchauffer l’ambiance sur la rythmique reggae de Know Who You Are. Deux morceaux sympa mais sans surprise, qui sortent un petit peu du lot sans aller jusqu’au coup de coeur.

Ecoutez : Brand New de Pharrell Williams featuring Justin Timberlake

Loin de simplement proposer deux duos sur G I R L, Pharrell a aussi fait en sorte de s’entourer de noms qui sauront faire plaisir au plus grand nombre lors de l’annonce des collaborateurs de l’album : Daft Punk évidemment, qui signe la touche électronique de Gust Of Wind, Miley Cyrus sur Come Get It Bae, et surtout Hans Zimmer, maitre ès bandes originales qui signe ici une partie des arrangements. Un casting plutôt intéressant donc et laissant espérer un bon opus en dehors des deux titres déjà cités, or la sauce ne prend pas. Oui l’album est bien exécuté, le style de Pharrell là et bien là avec une voix qu’on aime et qu’on a plaisir à entendre, mais rien ne fait que cet album passera la postérité. Très pop, un peu funky et pas franchement inventif, ce G I R L fait surtout preuve de vide lyrical, malgré la promesse est de rendre hommage aux femmes. Parfait écho à Blurred Lines, c’est avec légèreté que le thème principal de l’album est déroulé.

Affriolant et grivois, l’opus évite heureusement d’être graveleux dans son ensemble en essayant de faire passer le message : Pharrell aime les femmes et parler d’elles. Marilyn Monroe, premier titre de l’album, reste classieux dans son hommage (« I put my arms around her, and I promise not to abuse you Since now I found you, why the hell would I want to lose you? » soit « Je la serre dans mes bras et lui promet de ne pas lui faire de mal, Maintenant que je t’ai trouvée pourquoi voudrais-je te perdre ? »), alors que Gush frôlera le mauvais goût et la vulgarité (pas besoin de vous aider à traduire « I’ll light that ass on fire »).

Ecoutez : Marilyn Monroe de Pharrell Williams

Lost Queen et son instru basée sur des gimmicks vocaux sort du lot par son originalité en comparaison au reste de l’album, sans pour autant nous combler. Un morceau surtout surprenant par sa construction en deux parties (oh tiens, ça nous rappelle quelqu’un ça… s’agirait-il d’un morceau abandonné ou imaginé pendant l’arnaque de The 20/20 Experience Part 2 sur lequel Williams était annoncé puis finalement absent ?) qui se conclue en pas moins de 8 minutes. Une expérience en soi. En plus des duos, deux titres tirent timidement leur épingle du jeu : Hunter, qui fait preuve d’une belle énergie aidé des riffs de guitare et de bonnes basses, et It Girl, qui rappelle du Prince sans pour autant en atteindre le niveau et qui ferme l’album. Evidemment, Happy est présent et si on espérait qu’au sein de l’opus, ce titre resterait en retrait dans l’attente de morceaux encore plus appréciables, c’est finalement probablement le meilleur son de G I R L. Déception.

En somme, G I R L fait plaisir dans le sens où Pharrell ne propose rien de mauvais en soi, mais la légèreté générale de l’opus et son absence de titre fou en font un album très dispensable. Un projet qui semble en fait facile, trop facile, mais saura à coup sûr ravir tous ceux qui ont découvert l’univers de Mister Williams avec le carton de Robin Thicke ou la bande originale de Moi, Moche et Méchant 2Pharrell, on t’adore, mais là, tu nous déçois chez STO.

Album : défiez la gravité avec Kid Cudi

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Le voyage du Moon Man reprend : on l’avait découvert et adoré il y a déjà 6 ans avec A Kid Named Cudi, qui petit à petit nous emportait dans l’univers d’un rappeur de Cleveland qui n’est plus inconnu de personne, Kid Cudi. Avec la sortie de l’album Satellite Flight: The Journey to Mother Moon, Scott Mescudi reprend son parcours là où on l’avait laissé non pas après Indicud, mais Man on the Moon II: The Legend of Mr Rager. Voire même plus tôt. Annoncé sans grande précision quant à sa sortie, teasé par un extrait proposé ça et là, officialisé par un tracklist annonçant la couleur quant au voyage que le rappeur entreprendra sur ses pistes, c’est finalement sans délai que Kid Cudi aura sorti ce nouvel album de 10 titres le 25 février. Un voyage musical et un véritable retour au personnage initial auquel le musicien nous a habitués.

Ecoutez : Satellite Flight de Kid Cudi

N’allez cependant pas penser que Satellite Flight: The Journey to Mother Moon est du réchauffé. Non content de revenir à ces sources musicales et à son univers très spatial et aérien, Kid Cudi réussit à mixer les différents éléments qui ont composé sa musique ces dernières années. Quand certains auront eu du mal à accrocher à un WZRD ou un Indicud, ces deux albums ont aidé Kid Cudi à garder sa créativité en ébullition et certains des aspects qui ont fait de ces deux projets des détours dans son parcours se retrouvent en partie sur cet opus.

A commencer par Destination: Mother Moon, tout instrumental qui s’annonce comme un compte à rebours vers la lune, faisant par exemple écho au travail de WZRD par ses sonorités. Pas étonnant puisque ce nouvel album a entièrement été produit par Kid Cudi himself ou WZRD, son duo avec Dot da Genius. Avec Going to the Ceremony et son introduction, c’est Man on the Moon: The End of Day qu’il rappelle clairement alors que ses guitares et son flow mi-chanté, mi-parlé, pourront se rapprocher de sonorités entendues sur Indicud aussi. Deux morceaux qui mettent les choses au clair dès le début de l’écoute : oui, le Moon Man est de retour avec son univers bien à lui et sans rien renier de ses différents opus sortis depuis 2008.

Ecoutez : Copernicus Landing de Kid Cudi

Le mélancolique Satellite Flight enchaîné par l’instrumental Copernicus Landing et sa montée en puissance, annoncent l’arrivée de Kid Cudi dans le coeur du projet pour deux morceaux majeurs, et le voient atterrir dans un univers presque feutré avec l’unique collaboration de l’album. Sur Balmain Jeans, Kid Cudi signe l’un des meilleurs morceaux de l’opus et c’est en compagnie de Raphael Saadiq que la magie opère. Aux paroles très explicites, ce morceau très sensuel saura électriser l’auditeur, l’un des plus beaux titres proposé par Kid Cudi depuis ses débuts.

La suite, Too Bad I Have To Destroy You Now, permet à Kid Cudi de revenir à une combinaison qui fait son succès : rap et chant se complètent, pour redécouvrir son phrasé rapide « perdu » depuis Man on the Moon II: The Legend of Mr Rager, et ici mêlé à des refrains chantés. Une expérience typique dans le voyage du Moon Man, ce titre se fait pierre angulaire du travail de Kid Cudi depuis des années et pilier de ce nouveau projet.

Sur Internal Bleed, le côté sombre de Kid Cudi refait son apparition, pour un titre lui permettant d’exprimer sa douleur, toujours dans une ambiance parfaitement cohérente avec l’ensemble du projet et nous exposant tous les éléments de son parcours. La dernière partie du morceau, hachurée par un silence brusque, permet de mettre en avant encore une fois l’univers spatial du rappeur, pour accentuer à nouveau l’aspect cinématographique du projet.

Ecoutez : Too Bad I Have To Destroy You Now de Kid Cudi

Derniers titres, dernières références au passé : In My Dreams 2015 et Return of the Moon Man (Original Score) achèvent de faire le pont entre la fin des années 2000 et aujourd’hui pour deux sections 100% instrumentales. Quand le premier fera simplement la jonction avec le tout premier titre de Man on the Moon: The End of Day, le second se présentera comme un final en apothéose, digne d’une bande originale de film. L’absence de paroles n’empêchant en rien une narration, Kid Cudi réussit avec sa production à nous emmener avec lui encore une fois pour un morceau de 5 minutes qui nous fait comprendre que l’aventure touche à sa fin. Troubled Boy, un titre cette fois plus terre à terre, posé et simple dans sa production, permet enfin de mettre un terme à ce nouveau périple du Moon Man.

C’est toujours tourmenté mais clairement apaisé qu’on retrouve Kid Cudi sur Satellite Flight: The Journey To Mother Moon. Libre dans sa création, soucieux de proposer un voyage de qualité à ses fans en particulier sans en faire un album inaccessible, c’est un retour aux sources pour Scott Mescudi qui fait de ces 10 titres un tremplin efficace et réussi vers le troisième voyage officiel attendu en 2015 avec Man on the Moon III.

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