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Critique : Black Milk – Glitches in the Break

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On vous avait présenté Black Milk comme un brillant représentant de la scène hip hop de Détroit, conquis par ses productions soul aux beats jazzy. Pour rappel Black Milk a signé en 2006 sur le label indépendant Fat Beat Records avec qui il a déjà sorti 5 albums et collaboré avec des grands noms comme Bishop Lamont, J. Dilla, Loyd Banks ou encore Jack White et Royce Da 5’9″. On retrouve d’ailleurs ce dernier sur le très bon titre Losing Out.

Regarder Black Milk featuring Royce Da 5’9″ – Losing Out :

Le mois dernier, Black Milk est revenu dans l’actualité avec un nouvel EP intitulé Glitches in the Break qui à la première écoute nous a beaucoup plu. Black Milk nous y propose un voyage musical dans son poste de radio et dès l’introduction ça part fort avec They Are Glitches qu’on aime pour son instrumental free jazz sur fonds de sirène de police. On change ensuite de fréquence pour Dirt Bells avec sa mélodie au xylophone plus épurée qui berce parfaitement le flow de Black Milk, le tout entrecoupé de scratch.

Ecoutez Black Milk – Dirt Bells :

Pas le temps de souffler, les morceaux s’enchainent rapidement comme avec le titre suivant Ruffin, au ton plus minimaliste qui nous fait penser à du Pete Rock. Black Milk continu à faire tourner les ondes de sa radio pour s’arrêter sur Silence, un morceau sombre et mystique avec des voix samplées un tantinet flippantes. One For a Dam nous fait encore changer d’univers avec une boucle électro funk qui montre l’indéniable influence de J. Dilla dans son travail. Sur G on se retrouve dans le générique de fin d’un western avec un sifflement vaguement mélancolique comme lorsque le héros s’en va au loin sans se retourner. Le titre suivant, Cold Day est comme un clin d’œil à Questlove avec un son nu soul à la batterie.

Ecoutez Black Milk – Cold Day :

En continuant avec ReaganBlack Milk propose un non-hommage à l’ancien président américain en critiquant la politique libérale qu’il a mise en place et dont on voit les funestes dégâts bien longtemps après sur sa ville de Détroit, aujourd’hui en faillite. Break vient enfin clôturer le maxi de fort belle manière avec son riff de guitare rageur et toujours une batterie en roue libre. Très agréable à écouter, on passe d’un univers à un autre sans temps mort. Nous sentons l’artiste très inspiré par sa ville et ses influences musicales tout au long de ses 9 trop courts titres en aimant toujours autant la qualité de ses productions. Au final, Black Milk n’est pas forcément le plus connu des rappeurs mais grâce à cet essai, il s’installe de plus en plus comme un acteur essentiel de la nouvelle scène hip hop US.

Les choix musicaux de… 20syl

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Depuis l’énorme succès de C2c, 20syl multiplie les productions et collaborations sur disque comme sur scène. Depuis peu, il nous régale également de petits remix maison allant jusqu’à totaliser 5 millions d’écoute sur Internet ! On y retrouve des artistes tels King Krule, Kendrick Lamar, Rihanna, The Drop ou Schoolboy Q, tous passés à la moulinette du MC d’Hocus Pocus. En plein succès, il a paru indispensable à Soul Ton Oreille de demander à 20syl ses trois titres du moment. C’est donc en toute simplicité qu’il nous fait l’honneur de nous les faire partager ci-dessous.

Ecoutez Har Mar Superstar feat. Fabrizio Moretti – Prisoner :

« Je n’arrive toujours pas à savoir si c’est récent ou un morceau réédité. »

Ecoutez Ben Khan – Savage :

« Ce mec a un univers assez mortel, ça me rappelle un peu les morceaux de Jai Paul.« 

Regardez Omar – The Man :

« Ce track est magique, les arrangements sont juste parfaits : cordes façon Love Unlimited Orchestra, clarinette basse et rythmique qui cogne. »

Pour aller plus loin :

Découvrez la Pochette Surprise d’Heady & Posti

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Heady & Posti, duo de rappeur orléanais, nous font découvrir leur univers dans leur premier projet intitulé Pochette Surprise. Voyons donc ce qu’il s’y cache.

Le ton est donné sur une intro jazzy et on comprend que ces mecs sont plutôt du genre à la jouer à la cool. A mesure qu’on avance dans le projet, nous découvrons un univers simple et bon enfant, à travers cette ode à la simplicité qu’est le morceau Amour et Eau Fraîche ainsi que le sympathique Dur à Cuire qui nous apprend qu’en réalité le meilleur ami de l’homme n’est rien d’autre que son canapé.

Bien sûr, ils nous font aussi part de leurs doutes et difficultés, parlant du temps qui passe et de l’appréhension de la mort inévitable avec Joe Black, de leur prise de risque continuelle dans Hors Pistes et de leurs démons via Monstre aux Plantes. Finalement le duo nous raconte les difficultés du quotidien et leur amour de la musique sur le morceau Envie de Son.

Regardez Envie de Son d’Heady & Posti :

Les orléanais nous livrent un projet à l’image de sa pochette, coloré avec une atmosphère légère. De l’interlude jazzy Pink Lady à son outro soul et porté par des productions efficaces notamment celles d’Astronote, qui signe 5 des 12 morceaux, Heady & Posti nous proposent un rap sincère et drôle, et ça fait du bien.

En écoute et téléchargement au prix que vous souhaitez sur BandCamp.

Game of Thrones : pas qu’une série télé

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En promotion de la saison 4 de Game Of Thrones débutant le 6 avril, HBO nous offre une mixtape intitulée Catch The Throne. Le projet ? Inviter de grands noms du hip hop et du reggaeton tels que Big Boi, Wale, Common ou Daddy Yankee, ainsi que quelques nouveaux talents comme Snow tha Product ou Dee Goodz, pour poser sur des instrus faites de samples tirés des épisodes de la série.

Résultat ? 10 titres propres et efficaces, chaque artiste faisant le boulot mais avec ses intros tirées d’épisodes et ses thèmes évidemment uniquement basés sur la série, ça ne prend pas pas aussi bien qu’espéré. L’univers de Game Of Thrones n’est pas suffisament présent et certaines instrus vont presque jusqu’à desservir le titre, telle que la fameuse mélodie du générique au refrain de Magazeen. A trop vouloir en faire, on en ressort étouffé par les références sans pour autant avoir été embarqué dans l’atmosphère de la série.

Et si finalement la vraie surprise musicale venait d’un protagoniste de la série ? En effet, l’acteur Jacob Anderson incarnant Grey Worm, le chef des immaculés rendus libres par la reine Daenerys, est également connu sous le nom de Raleigh Ritchie. Ce pseudonyme surgit courant 2013 avec un EP 3 titres intitulé The Middle Child mené par le morceau Stay Inside.

Regardez Stay Inside de Raleigh Ritchie :

Porté par une voix sobre et efficace, parsemé d’un flow que pourraient envier certains rappeurs, le premier opus est suivi début 2014 par son nouvel EP Black and Blue et le single Stronger Than Ever. Ces deux projet nous entrainent dans un RnB personnel et torturé, que le talent du comédien servent à merveille dans des clips inspirés et d’un grand esthétisme. Raleigh Ritchie semble donc être la vraie pépite musicale de la série, et on va assurément suivre son parcours musical avec attention.

Regardez Stronger Than Ever de Raleigh Ritchie :

Disiz, le dernier volet Transe-Lucide

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Le voyage de Disiz à travers sa trilogie Lucide est terminé, le dernier volet Transe-Lucide étant sorti il y a peu de temps. Il fait partie des artistes que nous apprécions particulièrement et que nous suivons avec assiduité, nous ne cachons pas d’ailleurs, que nous étions impatient de découvrir le contenu de cet album. En effet, nous n’avions pas réussi à le suivre avec Fuck Les Problèmes, bien qu’il s’agisse d’un titre qui lui tienne à cœur, et nous nous interrogions sur le reste. Même s’il n’est pas foncièrement mauvais, c’est le volet qui globalement nous a le moins plu. Il est la synthèse des deux premiers, la conclusion de l’introspection d’un homme sur sa vie et sa vision du monde, ce qui est tout à fait louable, mais musicalement nous attendions autre chose et lyricalement nous avons été déçus, même si les sujets abordés sont intéressants.

La première partie, la plus sombre, est celle qui nous a le plus plu. Banlieusard Syndrome ouvre très bien l’album, l’instru sonne bien hip hop avec son flow ainsi que le texte réaliste qui aborde sans stigmatisation les populations de banlieue.

Écoutez : Disiz – Banlieusard Syndrome

Miskine continue l’ouverture et suit bien la logique de ce que peut aborder Banlieusard SyndromeKamikaze et son instru façon musique 8 bits nous plaît et on l’imagine comme étant le Bète de Bombe de cet album, la touche marrante et décomplexée. Arrive Rap Genius, single de l’album, qui soit on l’aime soit on ne l’aime pas. L’instru lancinante qui aide à transporter l’auditeur dans un état d’esprit qui correspond bien à ce long discours de 7:31 minutes.

Fuck Les Problèmes ouvre la partie du milieu, qui se dirige vers la lumière et traite d’un sujet important mais, même si le choix de l’auto-tune a un but précis pour toucher un certain public, nous n’arrivons pas à apprécier Disiz dans cette vague. On retrouve son côté subversif à travers Mc Kissinger, qui débute avec le discours polémique de Nicolas Sarkozy à Dakar. Le sample du titre C’est Beau La Bourgeoisie fonctionne très bien et on regrette que ce titre ne dure qu’à peine 2 minutes. Spirales et la douceur de la voix de Mad nous font vite oublier que nous étions restés sur notre faim. Cette touche féminine, que nous retrouvons sur plusieurs titres, est vraiment bien choisie : très aérienne et correspond très bien au thème de ce titre.

Écoutez : Disiz featuring Mad – Spirales

Burn Out est un titre à l’inspiration plus légère qui ne nous marque pas plus que cela, contrairement à King Of Cool qui fait partie des titres que nous avons le plus appréciés : bon texte, bonne instru, bon délire. Le titre a beau être moins sérieux, plus tourné vers l’égo trip, il n’en reste pas moins intéressant.

Arrivés là, nous sommes dans la dernière partie de l’album qui va faire la conclusion de la trilogie et se tourne vers quelque chose de plus lumineux mais moins appréciable. Quand Drake est devenu le symbole des rappeurs « fragiles », Disiz assume ce côté depuis longtemps (pensez à Nébuleuse sur l’album Poisson Rouge) et Kadija est ici la continuité, toujours en hommage à sa femme. Il dépeint les difficultés d’une vie de couple et la force qui en découle. L’introspection générale de ce projet prend tout son sens sur le titre Echo, très juste. C’est d’ailleurs un adjectif qui caractérise particulièrement cette trilogie dans son ensemble.

L’instru de Luv, tambour battant, nous fait bouger la tête avec un thème très cohérent avec l’état d’esprit de Disiz, ce jeune rappeur devenu un homme qui assume ses sentiments et le revendique. Le voyage touche à sa fin avec les deux derniers titres de l’album, dont l’important Complexité Française qui permet de boucler la boucle du message que Disiz souhaitait transmettre. A la première écoute de ce titre, nous n’avons pas du tout été transportés mais il prend tout son sens avec le clip, que nous vous proposons de regarder.

Regardez : Disiz featuring Simon Buret – Complexité Française

Encore une fois, le mot justesse nous vient à l’esprit car son approche de ce sujet, en effet très complexe, l’est, et les images le sont encore plus. Lui-même en tant qu’artiste, se base sur plusieurs univers ce qui crée une certaine complexité, et même si Peter Punk fait partie de Disiz, il nous manque un peu de hip hop musicalement dans ce titre, que nous retrouvons finalement dans le final, Happy End, qui comme son nom l’indique vous offre une fin heureuse sans être « gnan-gnan » pour autant car il est évidemment composé de la lucidité qui compose l’entièreté de ce projet.

Lucide marquait son retour et a été un gros coup de poing, Disiz représentant musicalement une valeur sûre dans le paysage du rap français de l’époque dans lequel nous ne retrouvions pas. Il en a été de même avec Extra-Lucide qui représentait toujours plus ou moins son retour et qui fleurait bon ce renouveau dans le rap avec aussi Youssoupha et Orelsan par exemple. Maintenant qu’il était bel et bien de retour peut être en attendions-nous trop pour ce dernier volet, qui reste malgré tout très cohérent avec l’ensemble du projet, même s’il nous a moins plu musicalement.

Qu’on se le dise, Disiz est définitivement de retour pour ceux qui en doutaient encore et il n’a pas rigolé sur sa manière de revenir. En espérant que ça mette un peu la pression à d’autres qui se contentent de peu dans leur musique.

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