C’est tombé : les étudiants en langue sont amoureux de Rihanna. Selon l’enquête de l’organisme Kaplan International, 1 étudiant en anglais sur 10 a désiré apprendre la langue de Shakespeare pour mieux comprendre les chansons et déclarations de la déesse barbardienne, quand Beyonce et – artiste dont la présence ici nous étonne – Eminem remportent 7% des voix. En cette veille de Saint-Valentin, Whitney Houston ne se fait cependant pas oublier et son hymne I Will Always Love You reste le titre anglophone préféré des amoureux pour faire la cour. A demain pour savoir quels sont les titres favoris des rédacteurs de Soul Ton Oreille !
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Interview : Gaël Faye dévoile enfin Pili Pili…
Le grand jour est arrivé : celui de faire profiter vos oreilles d’un album qu’on considère chez STO comme l’un des immanquables de l’année et qu’on attend impatiemment depuis 2012. Pili Pili sur un Croissant au Beurre, premier album solo de Gaël Faye est dorénavant disponible et on vous le recommande vivement. Après son EP sorti en juin dernier, cet album 15 titres est l’occasion de prendre une nouvelle fois conscience des qualités d’écriture de Gaël Faye. Introspectif, dynamique, poétique… Les qualificatifs sont nombreux pour parler de Pili Pili sur un Croissant au Beurre, un album axé sur plusieurs thèmes.
Son métissage et son histoire personnelle d’abord : le Burundi, l’Afrique, la France, l’Europe. De l’ouverture de l’album avec A France au titre éponyme, en passant par Petit Pays ou Président, Gaël utilise sa plume affûtée pour faire passer le message : celui qui était « en recherche chromatique » sur Metis fait le bilan des évènements qui ont marqué sa vie jusqu’à aujourd’hui. Il n’oublie pas de dénoncer les politiques, entre coups d’état et démocratie discutable, tout en gardant cette once d’espoir que la situation changera bientôt. Sur Bouge à Buja, Gaël Faye relâche la pression et avec ce titre dynamique et dansant, il rend hommage à sa ville, Bujumbura. Avec Blend featuring Tumi ou Charivari, l’album nous propose des titres plus légers et très rythmiques, sur lesquels le MC se fait plaisir et ne joue pas qu’avec les mots mais aussi avec son flow.

Sur son album, Gaël Faye se livre énormément et avec Isimbi et Ma Femme, il laisse l’auditeur entrer dans son cocon familial. Isimbi, pleine de douceur et appuyée par les refrains chantés de Ben l’Oncle Soul, laisse la paternité prendre une place visiblement indispensable, véritable révolution ou évolution dans la vie du couple qu’il forme avec « Ma Femme ». Plus que le coup de cœur de la rédaction de Soul Ton Oreille, Ma Femme est une déclaration d’amour comme on n’en a rarement entendu : avec un instrumental puissant, on regrettera presque que le morceau ne dure que 2:39. Mais quelles 2:39 !
Du début à la fin, Gaël fait l’éloge de sa muse, sa moitié, sa femme et on ne saurait choisir une mesure pour exprimer tout ce que le titre contient, mais si on devait en retentir une, on s’arrêtera peut-être sur « ma femme j’en ferai des disques, des films et des bouquins, c’est la goutte de sang dans l’océan qui rend fou les requins ».
Sur Qwerty, Gaël revient sur son passé d’expatrié à Londres et les choix à faire, à travers le personnage principal de son morceau : prendre la décision du métro-boulot-dodo en toute sécurité financière face à un clavier et un ordinateur, ou celle de la vie de bohème avec l’envie d’être un artiste derrière un piano. Avec Fils du Hip Hop et son instru presqu’oppressante, Gaël Faye se questionne sur la place et l’évolution de ce genre qu’on affectionne tant, d’une musique underground qu’on aurait presque cachée ou bannie à un genre auquel on accorde quelques lettres de noblesse mais qu’on laisse toujours de côté, par peur ou par méconnaissance de ses qualités.
Avec une moitié de Milk, Coffee & Sugar cachée pas très loin à la production de plusieurs morceaux, cet album est dans la continuité du travail du duo, que ce soit dans le contenu ou les productions. Travaillé et diversifié (donc pas forcément à 100% homogène), rythmé et percutant, Pili Pili sur un Croissant au Beurre donne un résultat comme on l’aime : métissé. Si vous n’êtes pas encore convaincus (mais on vous voit déjà chanter là-bas dans votre coin et avec entêtement « Pili pili pili pili… »), on laisse le dernier mot à Gaël Faye, que Soul Ton Oreille a pu rencontrer avant la sortie de l’album.
Pour aller plus loin :
- Gaël Faye sur Facebook
- Sa chaîne Youtube pour découvrir Sur la route du Pili Pili
- Acheter l’album
Critique : la folle maison de Kids These Days
Les jeunes d’aujourd’hui sont audacieux. Les Kids These Days le sont en tous cas. Avec leur premier album, Traphouse Rock, ils ne se contentent pas de présenter leur son aux auditeurs. Ils en profitent pour faire la jonction entre plusieurs genres et se réapproprier un héritage musical en temps normal lourd à assumer.
En effet, le groupe de Chicago a vu la barre se placer haut avec des concitoyens qui ont imprégné la ville et le pays de leur touche musicale. Si les Kanye, Common et autres Lupe ont dernièrement contribué à replacer Chicago sur la carte des villes immanquables musicalement parlant aux Etats-Unis après la folle période du jazz, la relève est loin d’être assurée et peu savent encore se démarquer et proposer un son différent ou un contenu décalé de la norme rapologique. C’est là que se posent Kids These Days. Avec un groupe composé de huit musiciens et chanteurs, Kids These Days semblent être l’alter-ego chicagoan de The Roots et s’avancent sans aucun complexe. Après avoir, entre autres projets remplis de diversité, osé la reprise de Flashing Lights à leur sauce, on savait les Kids These Days pleins de culot et de talent :
Regardez : Flashing Lights de Kids These Days
Traphouse Rock ne fait que confirmer cette constatation. Avec sa formation instrumentale, son éclectisme et ses références musicales, la comparaison avec les légendes de Philadelphie prend son sens et un constat s’impose naturellement : ils osent et s’éclatent. Dès le début de l’album et ses deux morceaux d’introduction dont Freakwhensees et son zapping, on comprend que la bande menée par leur MC Vic Mensa va faire ce qu’il lui plait sur 15 titres produits par Jeff Tweedy, du groupe rock Wilco et mixés par Mario Caldato, notamment aux manettes de plusieurs albums des Beastie Boys dont Paul’s Boutique.
L’introduction passée, l’ingéniosité des Kids est démontrée avec non pas le sample, mais la reprise par son guitariste d’extraits du morceau de Nirvana, Smells Like Teen Spirits, le tout ponctué par les cuivres. De quoi donner un résultat fou sur GHETTO. (et peut-être au passage rendre jaloux Kid Cudi), un morceau scindé en deux parties bien distinctes qui permet de lancer de manière plus qu’efficace la suite d’un album débordant d’énergie !
Ecoutez : GHETTO. de Kids These Days
Les références à des titres classiques ne s’arrêtent pas avec ce titre, puisque sur Doo Wah, les claviers et la douce mais puissante voix de Macie Stewart rappellent Pixies et son Where Is My Mind, alors que l’excellent Bud Billiken reprendra Radiohead et Creep. Deux morceaux qui sauront se réapproprier à la sauce Kids These Days des titres archi-connus et pour lesquels la reprise s’avère forcément périlleuse. Les gamins de Chicago y arrivent haut la main et proposent donc leur mélange si particulier entre cuivres, chant, rap, scratchs et rock. Ces titres alternent avec des créations 100% originales qui auront chacune leur personnalité. Si l’album est cohérent de par son mix et le son qu’il présente, les morceaux sont tous bien particuliers et amènent chacun leur histoire sans lien précis entre chaque titre. Si ce genre d’exercice peut être dangereux parfois, il est ici complètement réussi, certainement grâce à l’expérience de Mario C.
Alors que Talk 2 You, Doo Wah ou L’Afrique sonnent légèrement plus soul, Don’t Fall In Love et A Man’s Medley (fusion des classiques It’s a Man’s Man’s World et Summertime) plus jazz, GHETTO. et Don’t Blame Me (For You) plus rock ou Don’t Harsh My Mellow plus rap, une pierre angulaire reste et lie l’ensemble : Vic Mensa, qui est au centre de chaque titre ou presque et permet aux autres membres du groupe de partir chacun dans leur direction sans dénaturer l’ensemble.
Ecoutez : Bud Billiken de Kids These Days
Et s’il y a un point clair sur cet opus, c’est bien que le groupe fait ce qu’il a envie et s’amuse. On ne ressent en effet sur Traphouse Rock aucun désir de rentrer dans un quelconque courant musical, juste celui d’unir les forces de chaque membre pour proposer un son propre au groupe. Au risque peut-être d’en déstabiliser certains… L’album se présente pourtant comme un projet ambitieux au carrefour des genres, et on ne doute pas du fait que le groupe saura trouver son public.
Alors oui, les jeunes d’aujourd’hui, c’est plus ce que c’était. Mais s’ils continuent de se réapproprier le travail des anciens de manière aussi personnelle et d’offrir une telle diversité de manière cohérente, qu’ils ne s’en privent, les jeunes. Ah, et on ne vous a pas dit mais l’album est disponible gratuitement sur leur site. Qu’attendez-vous pour vous l’offrir ?
Pour aller plus loin :
- Le site web de Kids These Days
- La page Facebook de Kids These Days
#Tweetzik : La LXD danse pour Microsoft
La LXD est toujours aussi active : la troupe de danseurs extraordinaires initiée par Jon M. Chu est de retour aujourd’hui avec une publicité pour Microsoft et son nouveau logiciel Windows 8 disponible sur tablette tactile. Avec une ribambelle de danseurs au service de l’outil et une chorégraphie signée des géniaux Christopher Scott et Jamal Sims, il ne vous reste qu’à regarder et trouver où sont cachés les disciples de la Légion.
Découvrez : la compagnie ZooNation
Commençons cette chronique avec un constat : Some Like It Hip Hop, Some Like It Not. Eh oui, le hip hop, c’est notre genre adoré, adulé et avec lequel on entretient une relation parfois orageuse. Suffit de voir quelques projets rap qu’on taira pour savoir que parfois, on ne l’aime plus trop. Mais pire, certains n’aiment absolument pas le hip hop. Et on est tristes pour eux. Pourtant, la danse hip hop réussit ce tour de passe passe qui consiste à entrer sur les plus grandes scènes, réunir des fanbases mondiales et rencontrer le succès. Pour exemple la compagnie britannique ZooNation.
ZooNation Dance Company UK a été fondée en 2002 par Kate Prince, chorégraphe et directrice artistique qui a alors fait entrer ZooNation parmi les compagnies résidentes de Sadler’s Wells, qui réunit des troupes de danse venues de divers horizons et promeut la danse sous toutes ses formes, du hip hop au ballet en passant par le flamenco. Kate Prince crée ainsi en 2008 son premier spectacle, Into The Hoods, basé sur la comédie musicale de Stephen Sondheim Into The Woods. On parle là de la première comédie musicale hip hop présentée du côté de West End (le quartier de Londres connu pour ses centaines de théâtres et shows). Véritable succès, le spectacle remporte 5 récompenses et en plus d’être une première, Into The Hoods devient le spectacle de danse présenté sans interruption le plus longtemps à Londres.
Regardez : le trailer d’Into The Hoods
Sous le feu des projecteurs, ZooNation parvient alors à cumuler les performances, toujours artistiques, en étant invitée à des évènements majeurs : célébration du 90ème anniversaire de Nelson Mandela à Hyde Park, relai de la flamme olympique à Londres mais aussi passage de témoin entre Pékin et Londres comme ville hôte des JO d’été en 2008… La reconnaissance est là et l’heure de passer au show suivant s’annonce, pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. C’est en effet l’occasion pour Kate Prince et ZooNation de construire et produire un spectacle 100% original : de la bande son au synopsis, tout sera créé de zéro pour qu’en 2011, Some Like It Hip Hop voit le jour. Avec des performances qui affichent complets et un succès critique, le spectacle aura eu droit de jouer les prolongations cette année avec une reprise de la comédie musicale par la troupe au Peacock Theater du 20 septembre au 13 octobre, avant un départ pour une tournée nationale et internationale.
Some Like It Hip Hop a tout : le talent, l’imagination, l’ingéniosité et l’humour. Narré par un nouveau genre de maître de cérémonie, Ross Green, un grand gaillard venu de Cornouailles dont on aura apprécié le rire diabolique, les compétences en beatboxing, les pas de danse et aussi l’accent, le spectacle raconte la révolution tranquille et dansante d’une ville dans laquelle les livres sont proscrits et les femmes réduites à la soumission. Deux femmes pourtant vont briser la règle et quand elles sont trouvées en pleine lecture, elles sont jetées dehors. La seule solution pour survivre ? Retourner à la ville… travesties ! C’est alors que Simeon, amoureux des livres, décide également de gagner la ville et lancera doucement la révolte, face à un gouverneur au cœur de pierre. Vous l’aurez compris, avec un pitch pareil, les situations cocasses seront légion, les chorégraphies usant habilement des situations où ces demoiselles oscillent entre coquetterie et macho-attitude.
Regardez : le trailer de Some Like It Hip Hop
En termes de danse, vous pouvez le voir, on a droit à une large gamme des genres : breaking, popping, locking, krumping, finger tutting, tous les -ings y sont et ça fait un bien fou aux yeux. Avec des phases qui rappelleront aux plus assidus des épisodes de la LXD (notamment ceux du Dark Doctor lorsqu’il anime ses patients), des passages très drôles où le meilleur de la danse côtoie le pire (mais avec humour !), des chansons originales très soul soignées (composées par DJ Walde) et des enchaînements dingues, le spectacle est complet jusqu’à son terme et l’atelier de danse express organisé pour clôturer ses 2 heures de show, qui permet au public de s’essayer à des pas nouveaux.
Mention spéciale pour la scène du dortoir, magnifiquement mise en scène et pleine d’intelligence et gros coup de cœur pour l’interprète de Simeon, Tommy Franzén, suédois expatrié à Londres depuis 2000. Comme beaucoup de ses camarades, Tommy est passé par la case émissions télé, vidéo clips et apparitions anonymes dans des plus grosses productions avant de connaître le succès avec ZooNation. Emissions parmi lesquelles la version britannique de So You Think You Can Dance qui a permis à Tommy de montrer toute l’étendue de son talent à l’époque :
Regardez : Tommy Franzén dans So You Think You Can Dance UK
Alors certes, Some Like It Hip Hop, Some Like It Not (ou comment un refrain entêtant reste en mémoire plusieurs semaines après avoir vu un spectacle), nous on l’adore et si toutes les dates de tournée ne sont pas connues, il est certain que Soul Ton Oreille vous recommande Some Like It Hip Hop sur scène si vous en avez l’occasion.
Pour aller plus loin :
- le site de ZooNation
- le site de Tommy Franzén
- ZooNation sur Facebook et Twitter






