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Nouveauté : Yo.K sort Optimum

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Il est de retour ! Vous souvenez-vous de Yo.K  ? Maître ès chouquettes, le MC nous avait tapé dans l’oreille alors qu’il faisait la première partie d’Ayo il y a bien trop longtemps déjà. Allez, pour le plaisir, on se refait un petit Run, extrait de son EP d’alors, Incipit.

Regardez : Yo.K – Run

En ce mois de mai et après une longue trêve, il nous revient avec un second EP fait maison, Optimum. Composé de 7 titres, cet EP disponible en ligne gratuitement est frais comme il faut et est le deuxième volet de ce que Yo.K annonce comme une trilogie (ces rappeurs et leurs trilogies…). Sur Guadalupé ou Lola, il se raconte et alors que Ctrl+Alt+Suppr en courte intro suivi de notre morceau favori, Wesh, sont plus légers et permettent au rappeur de jouer sur et avec les mots. Pour compléter le maxi, Trois Rivières, OSPLC et Requiem abordent des sujets divers et variés, de la drague en passant par un hommage à sa maman.

Plus abouti qu’Incipit peut-être parce qu’il est en partie plus intime, Optimum permet à Yo.K de continuer à se livrer et de montrer sa vision musicale sur ces quelques pistes, sans pour autant se prendre trop au sérieux mais en franchissant un nouvel échelon dans son écriture et toujours soutenu à la prod de notamment son acolyte Mad Shearz.

Autre partie du projet, la sortie mensuelle d’un clip illustrant un des morceaux du maxi. Pour ce lancement, c’est la vidéo de Trois Rivières que Yo.K nous propose, vous offrant ainsi l’excellente définition de son rap au cours du 3ème couplet.

Regardez : Yo.K – Trois Rivières

Rira bien qui le dernier weshera, on vous recommande l’écoute du projet via son site web : après tout, il ne vous coûtera rien !

Pour aller plus loin :

Découvrez SZA, nouvelle princesse du RnB

A peine arrivée sur le devant de la scène qu’elle est déjà baptisée nouvelle princesse du RnB : SZA (prononcer Sizza) n’a donc pas intérêt à décevoir ! Elle aussi partie de la bande TDE avec les stars du moment (Kendrick, Schoolboy…) et les étoiles montantes (dont Isaiah Rashad), SZA vient de sortir ce 8 avril son troisième EP, Z. Première femme signée chez Top Dawg, on imagine la pression à son maximum alors qu’elle avance dans son parcours.

Déjà convaincante sur ses deux mixtapes SeeSZARun et S, c’est douceur et force qu’elle transmet à l’auditeur. Extrait officiel clipé fin 2013, Ice Moon nous plonge dans un monde charmant et lumineux, dans lequel il sera difficile de ne pas se sentir apaisé.

Regardez : Ice Moon de SZA

Pas totalement RnB, sa musique est également marquée par la soul, la pop et une touche de folk rendant son univers assez unique en partie produit par Mac Miller, entre autres. Sa voix douce accompagnée de productions aussi délicates que la demoiselle nous font parier sur son succès en 2014. Avec ce nouvel EP, elle continue de nous emmener dans son univers et ses clips, parfois réalisés par elle-même comme Babylon, font partie intégrante de l’expérience. Comme ses visuels très graphiques qui dénotent avec les imageries habituelles et marquent encore un peu plus la délicatesse de son univers.

Regardez : Babylon de SZA

Avec Z, c’est 10 titres qu’elle propose : Ur ouvre l’opus avec sa voix comme un souffle qui nous emporte dans son monde. En enchaînant directement avec Childs Play, elle profite de l’exposition ou la surexposition du chicagoan du moment, Chance the Rapper. Un titre qui combine bien les deux tonalités des artistes, Chano s’imposant tranquillement sur la seconde partie du morceau. Un featuring parmi trois en tout sur Z, les deux autres impliquant ses camarades de TDE, Kendrick Lamar sur Babylon et Isaiah Rashad sur Warm Winds. Encore un morceau plein de douceur qui est cohérent avec ce que le rookie masculin de l’écurie Top Dawg nous a proposé sur Cilvia Demo, et écho à Ronnie Drake, l’un de leurs duos d’alors.

Ecoutez : Childs Play de SZA featuring Chance the Rapper

Sur Julia, SZA explore un terrain plus disco-pop, rétro comme il faut, un peu comme ce qu’un Blood Orange a pu nous proposer récemment. Sweet November, comme son nom l’indique, est doux et simple, sans pour autant être facile : cette fois plus soulful grâce à son instru, le titre permet à SZA de toucher du doigt un autre de ces différents domaines musicaux qui construisent son univers. Un tantinet rock, Green Mile montre une facette un peu plus sombre de la chanteuse, pour un morceau intense que le twist sur ses dernières trente secondes rend lumineux.

Vous l’aurez compris, avec Z, la chanteuse propose un projet plutôt encourageant quant à son succès chez TDE. En attendant de boucler la boucle avec A, on vous souhaite de profiter de l’univers de SZA à travers cette nouvelle sortie et de plonger dans son monde et ces 10 titres comme on a pu le faire !

Quoi ? Vous en voulez plus ? Eh bien il semblerait que la jeune chanteuse ait pensé a vous, lecteurs de Soul Ton Oreille, en nous offrant son dernier clip. Continuons donc la visite de cet univers qu’est le sien, avec encore une fois, une touche TDE.

Regardez : Warm Winds de SZA featuring Isaiah Rashad

 

Pour aller plus loin :

Vidéos : connaissez-vous Nardwuar ?

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Nardwuar the Human Serviette. Son nom est à lui-seul tout un programme. Peu connu du grand public, c’est pourtant l’un des meilleurs interviewers de sa génération. Depuis les années 1990, il a en effet posé ses questions aux plus grands, qu’ils soient musiciens ou non. Amenant parfois la controverse et presque toujours la surprise, les interviewés en ressortent systématiquement confus ou étonnés des questions auxquelles ils ont été soumis.

Nardwuar, canadien de naissance, au look si particulier, entre dans son personnage d’interviewer un peu fou fou dans chacune de ses sessions de questions réponses, pour le plus grand bonheur des amoureux de musique. Pas spécialiste d’un genre, il nous offre pourtant beaucoup d’interviews avec des artistes rap depuis des années. Probablement amusé, ravi et sous le choc de la qualité de sa première rencontre avec Nardwuar, Pharrell le fait entrer dans la famille I am OTHER en 2012, lui ouvrant probablement encore plus de portes de festivals, studios d’enregistrement et circuits promotionnels. Un Pharrell tellement subjugué par Nardwuar qu’il le qualifie souvent de génie. Génie à la culture sans limite, faisant de ses rencontres avec l’autre encyclopédie du genre, ?uestlove, des sessions de plus de 40 minutes (on vous recommande vivement de cliquer sur le lien précédent !!), quand il se contente d’une bonne dizaine de minutes avec d’autres.

Regardez Nardwuar vs NERD :

SXSW devient tous les ans son terrain de chasse favori, offrant au retour une dizaine d’interviews de haute volée. Pas toujours égales en qualité, certains jouant parfois un peu moins le jeu de cette interview décalée, c’est pourtant les bras remplis de cadeaux que le journaliste se présente à nos amis les musiciens, soutenant ses questions par la présentation de vinyles ou d’anecdotes si intimes que nos chers rappeurs en restent bouche bée (ou ont la bouche pleine de gros mots). Depuis, la réputation de Nardwuar le précède et certains arrivent armés de leurs propres questions pour lui, ou sont si contents d’être questionnés par le canadien qu’ils sont tout heureux comme des gosses à Noël. Cette joie dans le regard d’un Drake ou d’un Mac Miller… C’est beau.

Jay Z, Premier, Snoop Dogg, J. Cole, Pusha T, Tyler, the Creator, Isaiah Rashad, Earl Sweatshirt, Vic Mensa, Ludacris, Chance the Rapper, Asher Roth, Mac Miller, Common, Nas, ScHoolboy Q, Lil Wayne, Action Bronson, Willis Earl Beal… La liste des artistes est tellement longue… On ne laisse pas traîner le suspense plus longtemps pour ceux qui ne connaissent pas encore le pouvoir de la serviette humaine, et on vous laisse avec quelques unes de ses plus excentriques interviews récentes (attention, tout est en anglais !).

Regardez Nardwuar vs King Kruke :

Regardez Pharrell vs Nardwuar (les rôles sont inversés !) :

Regardez Nardwuar vs J. Cole :

Regardez Nardwuar vs Odd Future (folie extrême) :

Evidemment, beaucoup plus de vidéos sont disponibles en ligne. Bon visionnage et Doot doola doot doo… doot doo!

Pour aller plus loin :

Critique : 1er album pour le Cool Kid Chuck Inglish

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L’Illinois, ce n’est pas que Chicago. Bon, ok, c’est surtout Chicago quant on en vient à aborder la scène rap, mais un duo de gamins plutôt cool venus de Matteson est au chaud sous notre oreille. Vous les aurez peut-être reconnus, on parle bien sûr de The Cool Kids. Duo composé de Mickey Rocks et Chuck Inglish, on les avait découverts en 2008 avec leur EP The Bake Sale. Aujourd’hui, c’est en solo que Chuck se lance avec son album Convertibles. Passons-le donc en revue !

Sorti ce 8 avril, l’album penche plutôt du bon côté de la balance auditive. On comprend cependant dès le début qu’une des forces de l’album tient dans les collaborations, qui soutiennent, complètent ou portent 12 de ses 14 titres. Pas moins. D’abord sur le morceau Elevators qui ouvre l’opus et nous donne envie de faire une virée sous le soleil, puis un peu plus loin sur Legs, un duo surprenant avec Chromeo pour un ode aux gambettes. Un titre très efficace, rétro et  funky comme il faut, et (mais !) très marqué de la patte du duo canadien.

Ecoutez Legs de Chuck Inglish featuring Chromeo :

Sur Came Thru, l’instru alliée aux flows de Mac Miller, Ab-Soul et donc Chuck Inglish, est certes moins lumineux que le précédent titre mais efficace (on vous voit déjà bouger la tête en rythme). Sur Attitude, les interventions posées et pleines de soul de BJ The Chicago Kid (Chi-Town représente sur tout l’album) à l’opposé de son instru parfois bourrine et électrique, donnent un rendu intéressant et éclipsent totalement Chuck Inglish. Ingles (Mas o Menos) featuring Cap Angels nous emmène cette fois dans un univers latino inattendu. Que de voyages en quelques pistes !

Grâce à Money Clip, on revient à Chicago avec les interventions notamment d’un Vic Mensa présent partout, qui se lance sur la fin du titre, point d’orgue après avoir entendu chacun de ses protagonistes poser l’un après l’autre (sont aussi présents Retch, Hassani Kwess et Sulaiman). Faux-airs de cypher pour un morceau quoi qu’il en soit bien mené.

Regardez Came Thru / Easily de Chuck Inglish featuring Mac Miller et Ab-Soul :

Game Time sera reconnu entre mille, avec la grosse voix d’Action Bronson qui prend d’entrée aux oreilles. Un morceau à l’opposé de celui qu’il précède, P.R.I.S.M. :  cette fois accompagné de Jade Hurtado, ce sont 5 minutes structurées que Chuck Inglish propose, au cours desquelles la chanteuse prend le dessus, faisant donc ensuite place à 2 minutes de rap bien gras. Avant-dernière piste, Dreamy est comme un rêve devenu réalité : Chuck Inglish en solo sur son album solo ! Il aura fallu être patient ! Si deux pistes plus haut on a droit à H.M.U. en solo aussi, on ne pouvait manquer de noter ce Dreamy.

Loin de raconter et nous transporter dans ses rêves comme par exemple un Kid Cudi sait si bien le faire, le morceau a son importance pour donc essayer de vraiment juger la performance de Chuck Inglish tout seul. Malheureusement, le morceau s’efface comme un songe en moins de 3 minutes, nous laissant sur notre faim.

En conclusion de Convertibles, un dernier duo prend place, cette fois pour notre plus grand plaisir : accompagné de Chance the Rapper (plus Nico Segal et Macie Stewart si l’on fait confiance à notre pavillon auditif), Glam permet de finir l’album en beauté, introduit par une trompette magique dont on ne se lasse pas. La douceur de l’entrée de Chance the Rapper lui permet de s’immiscer dans le morceau sans paraître intrusif. Encore une fois, l’invité devient la star du morceau, laissant peu de place à Chuck Inglish pour faire ses preuves ou marquer les esprits, puisque le rappeur n’intervient qu’au début, cédant ensuite entièrement sa place.

Ecoutez Glam de Chuck Inglish featuring Chance the Rapper :

Vous l’aurez compris, ce premier album solo de Chuck Inglish n’en est pas vraiment un et on ressort frustré de ne pas avoir entendu plus du rappeur/producteur des Cool Kids. Très éclectique et donc pas du tout homogène, l’album fait preuve de qualité mais aurait profité de plus de cohérence et de recentrage sur son auteur, plutôt que de cette quantité de featurings quand bien même on apprécié la majorité de ces invités. On recommandera tout de même l’écoute et l’adoption de Convertibles, le produit final étant bon malgré ses défauts. Restez connectés, un nouvel album des Cool Kids est également attendu pour cette année.

5 raisons de voir Timberlake en tournée

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Ca y est, la tournée européenne est lancée ! Démarrée le 31 mars à Sheffield, Grande-Bretagne, c’est par Londres qu’est ensuite passé pour deux soirs Mr Justin Randall Timberlake. Présentes dans les travées de l’O2 Arena, nos oreilles vous font donc part aujourd’hui de 5 choses à savoir avant d’aller voir le chanteur pour son concert parisien au Stade de France le 26 avril prochain, spoilers inclus. Contrairement au Royaume-Uni où les tickets se sont vendus comme des petits pains et les concerts complets en 24h, il reste quelques places pour Paris : si vous hésitez encore à prendre vos tickets, peut-être ce recap saura-t-il vous convaincre… A ceux qui ont déjà leur billet, voilà à quoi vous attendre… A ceux qui n’y seront pas, on vous dit tout !

Numéro 1 : ce mec est un entertainer ! Si vous l’avez déjà vu sur scène, vous savez que monsieur fait le show (vous en aurez aussi eu un aperçu à la télé, notamment chez Jimmy Fallon). Présentes déjà sur la tournée FutureSex/LoveShow en 2007, nos oreilles avaient pu prendre la mesure : chant, danse, instruments, petite blagounette… Timberlake sait se mettre le public dans la poche et faire étendue de son talent, couteau-suisse style. A priori donc, de quoi se réjouir de cette 20/20 Experience en live et partir conquis d’avance.

Le spoiler : il est cette fois beaucoup moins multi-tâches ! On ne sait pas si c’est l’âge (eh oui, il a pris 7 ans quand même !) mais Justin TImberlake est moins omniprésent sur ce show. Une fois posé au piano pour Until The End Of Time, à la guitare entouré de sa troupe pour Drink You Away ou plus tard pour What Goes Around Comes Around, jouant du piano debout pour Señorita… même si c’est un détail pour vous, les moments du chanteur avec ses instruments de prédilection se font assez rares et pour nous ça veut dire beaucoup.

Numéro 2 : il danse, oui, mais pas seul ! Toujours bien entouré, c’est avec une petite troupe de danseurs que s’avance Justin Timberlake sur la scène de cette tournée. Accompagné de deux danseurs qu’on n’a pas de mal à classer dans le top des danseurs de notre génération (dont Nick Bass, déjà présent sur ses deux shows précédents et par ailleurs casté par feu le King of Pop pour sa dernière tournée), c’est en comptant aussi sur l’énergie de ses camarades et la mise en mouvement de ses titres que Justin tourne. Evidemment, les routines maintenant classiques d’un My Love, d’un Like I Love You ou encore d’un plus récent Suit & Tie sont là et de nouvelles font leur apparition : sur Take Back The Night et son énergie communicative ou sur Let The Groove Get In qui laisse effectivement le groove nous habiter.

Le spoiler : des danseurs et des chorégraphies qu’on sait de qualité, mais une configuration de la scène et des lumières qui ne nous permettent pas d’en profiter vraiment. Parce que malgré sa fonction écran géant et ses jolies alvéoles, l’arrière de la scène propose très peu de diffusion live de ce qu’il se passe ça et là pendant le show, rendant la mise en scène minimaliste pas seulement par le côté intime souhaité, mais surtout dans le sens où on ne la voit pas. Une fois recalés au fonds dans l’obscurité, une fois dans un couloir dans le public encore presque sans projecteur… La déception de ne pouvoir profiter du spectacle dans son aspect danse de manière plus optimale est évidente.

Numéro 3 : le prolongement visuel de la métaphore optique de The 20/20 Experience Part 1 et 2 prend enfin (plus de) sens ! En s’appuyant fortement sur des projections tout au long de sa prestation en deux parties (pour au total deux bonnes heures et demi de show), Justin Timberlake essaie (on a dit essaie) de rendre l’expérience de son double album plus tangible visuellement. Mais également ses morceaux précédents, comme FutureSex/LoveSounds qui fera plaisir à tous les fans de mécanique (non, on n’en dira pas plus, mais si vous êtes fans de forets, vous allez en avoir plein la vue !). A côté de ça, les jeux de lumière viennent rappeler l’univers rétro et noir et blanc de l’album et quelques visuels récents (on pense évidemment à Suit & Tie).

Le spoiler : oh Timberlake, tu nous la fais pas un peu à l’envers, dis ? Quand monsieur la jouera un peu fainéant avec l’illustration de Tunnel Vision, diffusant simplement les corps nus du clip officiel, on a l’impression qu’il se moque complètement de nous après l’entracte, quand son visage s’affiche en gros plan pour un playback de Only When I Walk Away. Un playback !

Numéro 4 : une setlist à n’en plus finir ! Certes, il n’a à son actif que trois albums solo (ou quatre, à vous de voir comment les compter), mais quelle tripotée de tubes ! Ils y passent quasiment tous, en démarrant par Pusher Love Girl (presqu’aussi long sur scène que sur 1 of 2) et Rock Your Body, enchaînant assez logiquement ses gros titres, zappant avec quelques secondes d’un True Blood (merci de nous épargner l’intégralité du morceau mec, tu nous as fait plaisir) ou d’un Holy Grail. On se rend à nouveau compte qu’il n’a pas à rougir de son catalogue, quitte cependant à occulter quelques uns de ses morceaux récents de qualité, comme Amnesia qu’on aura juste timidement entendu pendant l’entracte et sa diffusion. En finissant sur un combo Suit & Tie, Sexy Back et Mirrors, la folie gagne enfin complètement la salle. Mais c’est déjà fini !

Le spoiler : pourquoi autant de reprises et fusions de titres l’ami ? Un Human Nature combiné avec What Goes Around Comes Around, un bout d’Heartbreak Hotel, un flashback en 1990 avec une reprise du Poison de Bell Biv DeVoe avec ses deux choristes males (chorégraphie vintage incluse), un passage de Jungle Boogie… Les références au passé sont nombreuses, renvoyant à l’aspect rétro qu’il souhaite donner à la tournée… mais perdant une partie du public dans le cosmos, ne comprenant pas forcément ces choix et hommages ! Quand on le félicitait pour la nouveauté et la fraîcheur apportées par FS/LS, le regard quasi-constant dans le rétroviseur et le manque d’originalité mettent vraiment un coup à 20/20, et ça s’en ressent malheureusement sur scène.

Numéro 5 : la scène. Jamais à court d’idées, c’est une scène qu’on qualifiera d’amovible que JT utilise sur The 20/20 Experience Tour. Alors que les musiciens entrent et sortent de leur fosse ou que des instruments font leur apparition miraculeusement au centre de la scène, c’est surtout son détachement durant la deuxième partie du concert qui étonnera, permettant à Justin et ses choristes de remonter la salle, passant au dessus du public situé au centre, lui donnant l’occasion également de saluer de droite à gauche le public latéral. Une manière plutôt cool de sa rapprocher du public mais l’éloignant de son autre soutien : ses Tennessee Kids, comprendre ses musiciens et choristes, qui pour leur majorité restent acculés au fonds.

Le spoiler : quand il s’arrête en route pour aller serrer les pinces des plus dépensiers ayant opté pour les billets les plus chers, puis qu’il s’installe sur une mini scène au centre, dos à 75% du public, pour l’interprétation notamment du niais Not A Bad Thing, on a juste envie de lui lancer des cailloux. Parce qu’en plus de tourner le dos à la salle, d’être sous la seule lumière à plusieurs mètres du reste de la scène où sont ses musiciens et choristes, les écrans ne diffusent pas grand chose d’autre que… deux refrains par ses choristes. Quitte à oser un mini showcase dans une enceinte immense, autant utiliser efficacement les écrans et jouer habilement des duplex !

Nous nous méprenez pas, cette 20/20 Experience vaut le déplacement. Notamment parce que malgré le poids des années, Justin Timberlake est un artiste talentueux et un showman comme on n’en a que peu, offrant un vrai show à l’américaine. Avec une mécanique bien huilée, la performance est plus que louable et vraiment au-dessus du lot, mais toutes ces petites imperfections, comparées à la qualité de FS/LS (l’album et la tournée), finissent de nous convaincre que The 20/20 Experience reste un projet moins bien pensé. Les allers-retours entre Justified, FutureSex/LoveSounds et 20/20 sont justifiés et bienvenus, plus que les hommages inopinés, mais montrent aussi que ses gros tubes des années 2000 sont ceux que son public reconnait et apprécie encore le plus. Alors que la moitié de la salle au moins aura galéré à aligner le second couplet de Suit & Tie, il n’aura eu absolument aucun mal à chanter Cry Me A River ou What Goes Around Comes Around. Comme si le JT qu’on aime et qui sait nous séduire le plus était condamné à nous raconter ses peines de coeur.

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