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Découvrez: Sabi ou les mélodies du soleil californien

SABI-WTDTA_HEADERDes textes légers – qui n’occupent d’ailleurs pas forcément une place importante dans sa musique – comblés par quelque « wooohoo, lalala » et autres onomatopées qui n’ont d’autre objectif que d’inviter l’auditeur à se dandiner en rythme avec l’interprète. Cette interprète c’est Sabi, et même si elle n’a pas ambition à révolutionner le monde aux travers de son art, il n’en est pas moins efficace. Transpirant l’amour et l’insouciance mûris au soleil californien, ces refrains entêtants ont été fredonnés par plus d’un l’été dernier.

Nombreux sont ceux qui lui prêtent une ressemblance physique avec la très regrettée Aaliyah, de là à s’autoriser un parallèle entre le travail des deux artistes il y a un énorme pas qu’ici chez Soul Ton Oreille, nous nous abstiendrons de franchir. Les plus pinailleurs rechignent à laisser la musique de Sabi se frayer un chemin jusque une oreille trop subjective, dévouée à feue Babygirl (figure emblématique des heures glorieuses du rnb), dont la plastique de la chanteuse de L.A semble malgré elle provoquer la nostalgie. Plastique qui se dresse cependant en atout lorsqu’elle revêt les différentes casquettes de chanteuse, danseuse et actrice. Née d’une mère salvadorienne et d’un père afro-américain, Sabi le sait très tôt, elle veut divertir, faire le show.

Regardez: Sabi – Where They Do That At feat. Wale

Du large panel duquel l’artiste tire ses influences, elle se compose un univers musical éclectique, à forte dominante rnb néanmoins. La chanteuse cite Bat For Lashes, Lauryn Hill, Florence and The Machine ou encore Lykke Li parmi ceux qui l’inspirent. Wild Heart, par sa production viendra ajouter le dubstep aux différentes nuances de son éventail. Sorti en 2011, le titre sera l’un des premier singles dévoilés sous « l’ère Sabi« .

Autre moitié du duo hip hop The Bangz, c’est malgré le succès qu’elle rencontre avec Ella Ann, sa partenaire de l’époque, que la voie solo s’imposera à elle. En 2009, le véhicule d’Ella Ann pris entre des tirs croisés, la chanteuse sera gravement atteinte par un projectile. C’est la fin de The Bangz.

Regardez: Sabi – Wild Heart

Pour son premier album initialement prévu pour 2012 chez Warner Bros Record, Sabi fait appel aux services de Diplo, Benny Blanco ou encore Cirkut (derrière Wild Heart et Where They Do That At), pour un opus aux sonorités pop, rock alternative ainsi que d’urban music. Le projet dont l’intitulé nous est toujours inconnu fait pour le moment place à 0 – 60, mixtape ou EP chargé de lui paver la route. Avec pour premier extrait Champagne, 0 – 60 en préquelle est annoncé pour 2013 tout comme l’album, dont nous ne manquerons pas de vous reparler une fois sorti.

Regardez : Sabi – Champagne

#TweetZik : Miguel – Candles In The Sun

Miguel s’aventure dans un univers dans lequel on ne le rencontre pas souvent puisque que le chanteur fait le choix de réaliser la vidéo de Candles In The Sun extrait de Kaleidoscope Dream, son dernier album. Ici on est loin du sensuel parfois érotique de ses visuels habituels, il s’agit en effet de l’un de ses titres les plus engagés à ce jour. Pour la nouvelle version de Candles In The Sun originaire de l’EP Art Dealer Chic volume 3, une succession d’images éloquentes se parent de noir et blanc pour illustrer les textes profonds d’un Miguel plus intimiste.

Regardez: Miguel – Candle In The Sun

Des courts métrages musicaux par Nabil

Nabil sur Soul Ton Oreille

Le talent « peut » être essentiel au succès d’un artiste mais, faire preuve d’un peu d’inventivité et d’audace peu aussi se révéler être un excellent propulseur, et ça Nabil Elderkin le sait. On peut dire que le réalisateur basé à L.A a bien fait de se fier à son flaire lorsque, il y a quelques années auparavant après avoir écouté la mixtape d’un rappeur alors inconnu, en cherchant à contacter celui qu’il n’imagine pas être une futur icône, qu’il s’aperçoit que le nom de domaine du site de celui-ci n’est pas déposé. Par impulsion il s’offre le bien hypothétique. Il ne s’écoulera alors que quelques semaines avant qu’il ne soit contacté par un dirigeant de chez Roc-A-Fella Records prêt à s’entendre sur un prix pour récupérer la nouvelle acquisition du réalisateur, il s’avère que le poulain vient de signer un contrat pour plusieurs albums sur l’ancien label de Jay Z. Mais voilà, Nabil n’est pas intéressé par une transaction monétaire, ce que ce fou de l’objectif demande c’est une entrevue avec le rookie et une séance photo en échange desquels il est prêt à restituer le nom de domaine. De ce coup de maître nait son amitié avec la désormais superstar, Kanye West.

Kanye West crédit : Nabil pour Complex Août/Septembre 2012

Kanye West crédit : Nabil pour Complex Août/Septembre 2012

N’imputons pas la renommée de Nabil à son carnet d’adresse pour autant. Si kidnapper kanyewest.com a probablement donné un tournant nouveau à sa carrière, son travail parle de lui même. On attend une certaine qualité d’un visuel signé Nabil, comme si sa patte faisait gage de valeur ajoutée. Et d’après son catalogue c’est l’avis que partage sa liste de client très éclectique puisqu’ont fait appel à ses services : The Black Eyed Peas, Bon Iver, Seal ou encore John Legend. Nas et Damian Marley ont même repris pour illustrer le morceau Patience, des passages du Sabali de Amadou & Mariam. Ainsi, c’est aussi lui qui, il y a quelques années faisait traverser la ville à Bruno Mars, transportant un piano à bout de bras pour le très mélo Grenade.

Natif de Chicago d’un père américain et d’une mère iranienne, c’est en Australie que Nabil grandit. Il y fera ainsi ses premiers pas derrière l’objectif en photographiant la scène d’un sport dont il est avide en bon citoyen du pays des kangourous, tout clichés mis à part, celle du surf. De retour dans sa ville natale où il fera plus tard ses classes de photographie, il se rapprochera de la scène musicale grâce aux concerts de groupe locaux et de DJ’s qu’il immortalise de son flash. Celle où son travail est sans doute le plus remarqué.

Regardez : Bon Iver – Towers

Ceci étant dit, les œuvres de Nabil s’étendent sur diverses plateformes. Sous ses différentes casquettes de photographe, réalisateur de clip ainsi que de film, il n’est pas dit que l’on retrouve toujours son travail dans le même contexte. Les spots publicitaires se font alors élégant lorsqu’il se voit confier la campagne d’un parfum ou d’une marque de boisson alcoolisée. Pas si difficile me diriez vous, sur fond de Suit & Tie avec sur scène, un Justin Timberlake en figurant, tout devient toute de suite plus « classe ». De la réalisation d’éditoriaux et couvertures de magazine pour Rolling Stone ou encore Vogue, il passe bien entendu à la musique mais aussi au photo-journalisme.

En 2007, de son engagement de reporter photo dans la guerre en République Démocratique du Congo et sous l’œuvre caritative Oxfam, résultera une exposition vivement saluée par la critique. Quant à Bouncing Cats, documentaire qu’il signera trois ans plus tard, il s’agira de sa première œuvre primée. Le film financé par Red Bull et retraçant le parcourt d’un b-boy qui tente de ramener la paix en Uganda au travers de ses enseignements de la culture Hip Hop, rapportera à Nabil quatre awards.

 Regardez : Bouncing Cats/ Extrait

Quoi qu’il arrive, il semblerait que la plupart des chemins qu’empreinte Nabil le mènent à la musique. Ou est-ce finalement les artistes qui, après une première prestation, ne peuvent plus se passer de lui ? En 2008 lorsque Kanye West décide de publier une biographie, il se tourne vers celui à qui il a commandé plusieurs visuels par le passé. Les clichés du réalisateur à l’origine du clip Welcome to Heartbreak, Coldest Winter ou encore Paranoid extrait de 808s & Heartbreak, quatrième album de Kanye West, seront exposés dans Glow In The Dark, bouquin tirant son nom de la tournée qu’il raconte. Le rappeur de Chicago n’est cependant pas son unique client fidèle, Bon Iver ou encore Frank Ocean sont parmi ceux qui sont friands de la griffe particulière de Nabil.

Et quelle griffe! Un grain raffiné, des scénarios travaillés, des images brutes parfois troublantes et ce petit quelque chose de mystique qui a pu en déstabiliser plus d’un. Notamment dans Thinkin Bout You où au premier abord, il n’est pas évident de faire le pont entre les textes de Frank Ocean et l’image de notre réalisateur. Rien n’est simple avec Nabil, sa démarche artistique est telle que, si le visuel est toujours attirant comme on a pu le voir dans l’entrainant Mercy de G.O.O.D Music, le plaisir de déchiffrer son travail énigmatique en est d’autant plus grand. Si bien qu’un clip n’est plus une banale étape de la promo d’un single, mais plus ou moins un court métrage qui vient parfaire l’œuvre qui lui a été confiée. Associé à de la musique de qualité, les concepts de Nabil font de petits films soignés, qui charment nos papilles auditives mais aussi nos yeux. Et pour clore le chapitre Elderkin de cette semaine spéciale, un clip signé Nabil pour Antony and The Johnsons. Tout y est, un grain d’une netteté pour une cinématographie énigmatique mais aussi ce qui nous réunit ici : la musique. Attention certains contenus de cette vidéo peuvent choquer.

 Regardez : Antony and The Johnsons – Cut the World (images par Nabil)

Pour aller plus loin:

#TweetZik : Melanie Fiona – Wrong Side Of A Love Song

Avec Melanie Fiona rien ne passe à la trappe puisqu’elle nous présente l’illustration du sixième extrait de l’album The MF Life, sorti en mars dernier. Cette fois c’est au tour du très mélo Wrong Side Of A Love Song, qui se paye un visuel qui « joue sur deux tableaux », deux facettes d’un amour passionnel. Alors choisissez votre camp et n’oubliez pas : mieux vaut ne pas se retrouver du mauvais côté de cette ballade très « soulful. »

Regardez : Melanie Fiona – Wrong Side Of A Love Song

Que devient : Kevin Michael ?

Kevin Michael sur Soul Ton OreilleLorsqu’on se rejoue son premier album, cette même question nous revient constamment à l’esprit: « Que devient Kevin Michael ? ». En 2006, le natif de Pennsylvanie nous délivrait un délicieux premier opus éponyme alliant savamment titres à la démarche purement artistique et autres morceaux plus calibrés radio. Alors inconnu, il réussit tout de même à mobiliser de gros calibres de l’industrie pour des collaborations efficace. D’abord sur We All Want The Same Thing, qui lui procure le buzz dans un premier temps, c’est un Lupe Fiasco tout frais du succès de son désormais classique Food And Liquor (oui on se le permet) qui l’assiste. On peut dire que la présence de Q-Tip à ses côtés est approprié lorsque le rookie fredonne le fameux Do That Do That Do Do That That That, sur le modeste Too Blessed. Quant à It Don’t Make Any Difference To Me, son premier single officiel produit par le leader de The Fugees alias Wyclef Jean, qui prête aussi sa voix pour l’occasion, achèvera d’apporter à l’artiste l’attention du grand public. Il devient quasi difficile de passer à côté du jeune homme secouant son afro monumental de droite à gauche au rythme de sa human beat box attitré qu’est Akil Desan, quand il entonne en live la version acoustique du hit aux paroles un brin utopistes. Kevin Michael alors âgé de 22 ans enchaîne les apparitions sur les plateaux télé et radio à l’échelle l’internationale, avant de doucement s’évanouir dans la nature.

Regardez : Kevin Michael – It Don’t Make Any Difference To Me

Quand on décide de lancer notre enquête, c’est dans un premier temps parce que le personnage a su capter notre intérêt. En plus de son look atypique à l’heure où la tendance afro n’envisageait pas encore son come back, et de cette voix aux multiples facettes qu’il a appris à dompter en autodidacte, celui que l’étape de l’écriture de ses textes passionnés au moins autant que celle de leur interprétation, se présentait au public chargé de divers messages qu’il comptait bien faire passer au travers de sa musique. Kevin Michael parle beaucoup d’amour, mais il partage aussi le regard qu’il pose sur l’état de la société notamment avec We All Want The Same Thing ou encore Hood Buzzin. C’est tout de même l’univers interracial dans lequel il a grandit et qui a fortement marqué son histoire qu’il exposera le plus souvent dans ses textes, attendant sans doute de son témoignage qu’il renverse ces absurdes barrières d’intolérance.

Il cite Prince, Michael Jackson ou encore Stevie Wonder parmi ses plus grandes influences musicales. Bien que qualifié de chanteur RnB, son premier album mélangera les genres avec une certaine harmonie. Une fine pincée de pop, sur une poignée de titre dont l’approche sera visiblement plus expérimentale, agrémenté d’une sauce hip-hop fortement prononcée, Kevin Michael est doté d’un certain potentiel et cela n’échappe guère aux majors. Si Virgin et Columbia Records se le disputeront, c’est finalement Atlantic Records qui fera la meilleure prise. Et lorsque qu’on se remémore l’épisode Lupe Fiasco vs Atlantic, on pense tenir une piste sur les sources des turbulences dans sa carrière.

Nos investigations sont longues, mais nullement vaines. Après interrogation de Google, on ne vous cache pas notre surprise lorsque l’on retrouve un Kevin Michael au brushing parfait, cinq ans après la sortie de son premier essai sur la jaquette de International, son dernier album. Bien que cela puisse sembler superficiel, son changement drastique de look ne laisse présager rien de bon quant à la direction artistique opérée dans sa musique. On apprend qu’il a entre-temps fait partie d’un groupe. Kevin Michael répondait alors au nom de KofTHEY, ou simplement K pour Kevin, soulignant en quelque sorte qu’il est la voix du collectif dénommé THEY, un acronyme de The Youth. Uniquement trois morceaux seront divulgués au public, dont le très électro/dance Areola.

Écoutez : Kevin Michael – Areola

On se lance frileux dans l’écoute du fameux International sorti en 2011, et convenons de ne jamais renouveler l’expérience. En effet Kevin Michael reprend les formules qui, ces dernières années rencontrent un franc succès auprès du grand public. Un beat dance/électro ou encore de la pop populaire à outrance, des textes creux et pourquoi pas des refrains se voulant accrocheurs. Il va jusqu’à emprunter un accent des îles, peut-être celui qui vaut à Rihanna d’être « Rihanna« , peu ont résisté à cette touche d’exotisme venue tout droit de la Barbade. Ici il est clair que le hip-hop n’a plus sa place. Kevin Michael semble se chercher. En bref un second album à la sortie limitée au Japon en 2011, puis Covers For You, projet disponible uniquement en digital quasi-introuvable, dévoilé la même année.

Écoutez : Kevin Michael – Use Your Heart (cover)

Et enfin LISA, un dernier album aussi bruyant que son prédécesseur, autant vous dire que ces derniers travaux ne nous ont pas réconforté quant à l’idée d’un retour fulgurant de l’artiste. Si tout n’est pas bon à jeter, rien ne reflète le potentiel et la qualité décelée dans ce premier album éponyme. Pour celui qui se défendait d’être un « One Hit Wonder » (Ndlr : artiste célèbre pour avoir obtenu un seul succès au cours de sa carrière), il semblerait qu’on se souvienne à jamais de Kevin Michael comme l’auteur de It Don’t Make Any Difference To Me.

Cependant n’allons pas mettre sous terre le micro de l’artiste trop vite. Après trois opus dont deux distribués en indépendant, Kevin Michael semble frappé d’une prise de conscience. Dans une lettre ouverte, il fait l’annonce d’une mixtape qu’il déclare être le plus personnel de ses efforts à ce jour. Brainwa$h, pour aborder le lavage de cerveau dont nous sommes, selon lui, tous victimes à notre insu. Celui qui nous pousse à penser, agir, ou encore croire en un idéal de réussite sociale pré-établie. Le projet symbolise son affranchissement de tout diktat et ce nouveau départ qu’il prend, et à lui d’ajouter – «  […] c’est la première fois de ma vie que je n’ai d’autre désir que d’être moi même, […] je ne suis plus hanté par l’idée de toucher le monde entier, ou ne ressens plus le désir d’être « populaire » selon la norme actuelle« . Déclaration qui laisse un arrière-goût d’aveu sur les raisons du virage artistique qu’ont connu ses œuvres précédentes. Il dévoilera trois extraits de ce qu’il caractérise de « projet multimédia », en quelques mots une mixtape qui s’écoute et se regarde. En guise de cadeau d’anniversaire à son public, Memory Lane au visuel si particulier ouvrira le bal le 22 octobre dernier, jour où Kevin Michael a soufflé sa 27ème bougie. Aucune date de sortie n’a été avancée, mais on sait que le Tumblr de Kevin Michael servira de principal plate-forme pour Brainwa$h.

Écoutez : Kevin Michael – Memory Lane

Avec les textes plus recherché et l’ambiance bien moins bruyante de Memory Lane, Kevin Michael regagne notre intérêt, en espérant que la mixtape prouve qu’il n’est finalement pas l’artiste d’un hit. Disons que nous avons déjà notre petite idée là-dessus.

Pour aller plus loin:

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