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Lianne La Havas et une histoire en deux parties

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Véritable coup de coeur de l’année passée, Lianne La Havas n’a plus besoin d’être présentée. Tout comme nous, Stevie Wonder, Erykah Badu, Bon Iver et Jill Scott font parti des fans de la belle anglaise. Son album Is Your Love Big Enough ? profitait d’une narration quasi cinématographique dans l’écriture, et ce n’est pas étonnant de la voir se lancer dans un projet vidéo mettant en valeur cette idée de narration.

Ainsi elle lève le voile aujourd’hui sur deux vidéos qui composent une histoire en 2 parties au rythme de Elusive et Gone, deux chansons extraites de son album. C’est toujours le français Colin Solal Cardo aux commandes de la réalisation et c’est toujours aussi beau. Peut-être allons nous d’ailleurs laisser ce dernier vous raconter cette collaboration.

« Je travaille avec Lianne depuis plus d’un an maintenant, mais travailler sur ce projet était une chose nouvelle. Lianne est une brillante conteuse d’histoire, ses chansons sont réellement cinématographiques. Quand on les écoute, on traverse plusieurs émotions au fil de la narration, son album est comparable à une collection de court-métrages. On a senti qu’il était temps de construire un monde autour de ses chansons, donner vie à ces histoires d’amour, et Lianne est devenue ses personnages. Que ce soit une jeune fille naïve qui tombe amoureuse, ou une femme fatale au coeur brisé qui se retrouve au milieu des bois. Je me sens chanceux d’avoir cette relation de confiance avec Lianne, c’est quelque chose que les réalisateurs de clips doivent chérir car c’est rare et précieux. C’est ce qui permet à un projet ambitieux comme celui-ci de voir le jour. »

Regardez : Elusive – Lianne La Havas

La première vidéo raconte donc une rencontre très douce entre Lianne La Havas et un amour insaisissable, sous les notes d’Elusive. Quand la seconde est bien plus sombre et fataliste, peut-être également beaucoup plus belle. Les plans donnent vie à la dureté de Gone avec brio, et les larmes de Lianne La Havas n’affectent en rien sa beauté. Une façon comme une autre de tuer l’amour, mais en tous cas pas celui qu’on lui porte. Son album nommé pour le Mercury Prize, on espère la voir le remporter.

Regardez : Gone – Lianne La Havas 

Si comme nous, vous n’avez pas pu aller la voir en concert au Trianon cette semaine, vous serez ravis d’apprendre que le live était filmé et qu’il est disponible sur le site d’Arte pour encore 180 jours. Bonne occasion pour ceux qui n’ont pas encore craqué sur Is Your Love Big Enough ? de se faire un avis sur Lianne La Havas.

Gondry : Une caméra en rythme avec la musique

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La vision d’un artiste le pousse souvent à innover lorsque les capacités d’un média sont limitées. Michel Gondry a une façon bien particulière de créer ses vidéos. Aujourd’hui on le connaît pour ses films toujours originaux, des versions suédées de Soyez Sympa, Rembobinez aux effets visuels bouleversants de Eternal Sunshine of the Spotless Mind, mais avant tout ça le réalisateur était surtout un artisan du vidéo-clip. En fait il aurait pu être un artisan en tapisserie avec sa formation, mais c’était sans compter sur une enfance baignée dans le monde de la musique par un père passionné de jazz.

La musique avant la caméra, et plus particulièrement la batterie sur laquelle il tape pour le groupe Oui Oui jusqu’en 1992. Pour quelques titres du groupe il se met à réaliser des clips rafraichissants qui se démarquent déjà au point de taper dans l’oeil d’artistes de différents horizons. Michel Gondry passe sans problème de Lahaye à Original MC, des Wampas aux Négresses Vertes, de Voulzy à Rachid Taha, et bien sur de Lenny Kravitz à IAM.

Regardez : IAM – Je danse le MIA

En voyant un clip de l’époque Oui Oui, Björk, la chanteuse délurée, le remarque et commence une longue collaboration qui s’étend sur de nombreuses années pour de nombreux clips en commençant par Human Behaviour en 1993 et ça dure encore aujourd’hui puisqu’en 2011 Michel Gondry signe de sa patte le clip de Crystalline. Mais revenons sur la période durant laquelle il impose son style. Un style fait d’expérimentations mettant la musique au centre du clip. La musique et surtout sa rythmique qui sert de métronome aux images. Michel Gondry aime surprendre avec des effets nouveaux qui étonnent même les professionnels. Il invente ses outils de travail et personnalise à outrance les outils existants.

Prenons par exemple le morphage, habituellement utilisé pour changer une personne en une autre, Gondry l’utilise lui dans Le Mia pour interpoler les trajets de caméra. Si ce n’est pas clair à l’écrit il suffit de se remettre le clip pour comprendre la logique. Il s’en sert également, dans Like a Rolling Stone des Rolling Stones, pour simuler des mouvements à partir d’images fixes, effet que l’on retrouve quelques années plus tard dans Matrix sous le bel anglicisme de bullet-time.

Regardez : Rolling Stones – Like a Rolling Stone

Plus proche de nous il réalise des clips pour Kanye West, Wyclef Jean et Neneh Cherry, mais c’est un clip plus électronique qui a marqué la fin des années 90 avec les Daft Punk et leur légendaire Around The World qui vient magnifier l’idée de placer le rythme musical au cœur de la vidéo. Ainsi chaque mouvement vient correspondre à une note.

En fait malgré son succès au cinéma, Michel Gondry n’a jamais oublié ses premiers amours et continue chaque année à travailler sur quelques bons clips toujours marqués par sa vision particulière de la vidéo musicale. Il ira même jusqu’à réaliser le documentaire sur le Dave Chappelle’s Block Party, qu’on vous conseille plus que chaudement. L’écume des jours ne devrait plus tarder à sortir au cinéma avec un casting de stars françaises, l’occasion si ce n’est déjà fait de découvrir la patte Gondry au cinéma, qui est tout aussi surprenante que celle de ses vidéo-clips. Enfin on termine donc avec l’excellent clip de Around The World.

Regardez : Daft Punk – Around The World

Pour aller plus loin, voici une liste qui répertorie pas mal de clips de GondryPour le reste on vous laisse faire un tour sur Wikipédia.

#Tweetzik : Tyler, The Creator – Domo 23

Depuis son arrivée sur le devant de la scène hip-hop, Tyler, The Creator s’amuse et nous amuse avec un univers absurde et potache qu’il entretient avec des clips toujours exquis. Domo 23 fait parti de cette longue liste de clips qui passent un peu inaperçus malgré leur drôlerie apparente.

Ici le rappeur se fait rétamer sur un ring de catch avant de se relever et triompher avec une certaine classe. La communication autour du rappeur devrait s’intensifier puisque Wolf, le prochain album de Tyler, The Creator vient d’être annoncé pour le 2 avril.

Regardez : Domo 23 – Tyler, The Creator

Vos Choix Musicaux #49 : l’alphabet Soul, D comme

VOS-CHOIX-MUSICAUX49_HEADERNouvel épisode de votre abécédaire soul avec cette semaine un focus sur la lettre D. De nombreuses découvertes dans vos commentaires, mais c’est une valeur sure qui s’impose encore une fois après les votes. Ne faisons pas durer le suspense.

D comme Donny Hathaway :

Chicago, en tant que berceau musical, a vu la naissance d’une flopée d’artistes incontournables dans tous les genres. La soul n’est pas le parent pauvre comme on a déjà pu le constater il y’a deux semaines pour la lettre C. Donny Hathaway y est né en 1945 avant de quitter Chi City pour la retrouver en 1967, lorsqu’il signe chez Twinight Records. Il travaille d’abord dans l’ombre, en collaboration avec Aretha Franklin et Curtis Mayfield, justement.

Donny Hathaway lance véritablement sa carrière en signant chez Atco pour la distribution d’un premier album titré Everything Is Everything. Premier disque et déjà deux classiques avec le titre éponyme et l’incontournable The Ghetto. Le succès vient très rapidement, en fait, dès le deuxième album duquel est tiré votre choix, porté par la critique. Il enregistre, avec son amie Roberta Flack, un album en 1972. L’extrait Where Is The Love remporte même un Grammy.

Il multiplie ensuite les projets afin d’oublier une vie privée difficile. En effet Donny Hathaway souffre de dépressions imprévisibles qui l’envoient fréquemment à l’hôpital. Il trouve néanmoins la force de retourner en studio pour enregistrer un album plus mélancolique nommé Extension of a Man pour lequel il compose l’inoubliable Someday We’ll All Be Free. Puis il disparait de la scène musicale pour n’y revenir que sur l’album de Roberta Flack en 1979 avec la chanson à succès, The Closer I Get To You. Les deux décident à nouveau de se lancer dans un album commun quand, malheureusement, la dépression rattrape Donny Hathaway et le pousse au suicide, laissant ses fans et son amie dans une profonde incompréhension.

Pour en revenir au choix de la semaine, nous revenons donc au deuxième album du chanteur sorti en 1971, et on en tire A Song For You. Il n’en est pas l’auteur, mais parvient à se l’approprier sur une très douce ballade qu’il mène au piano. On se retrouve dans 2 semaines pour la lettre E.

Ecoutez : A Song For You – Donny Hathaway

#Tweetzik : I Love You – Woodkid

L’univers visuel de Woodkid n’est plus à définir. Ses clips épiques, en noir et blanc, portent clairement une marque unique. Certains diront qu’il fait toujours la même chose. Pourtant en dehors de quelques effets, les vidéos se suivent sans vraiment se ressembler. Aujourd’hui I Love You n’est, par exemple, pas un clip guerrier. Il raconte une solitude au coeur de paysages réels et somptueux. Son premier album, The Golden Age, sort en mars.

Regardez : I Love You – Woodkid

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