Jhené Aiko laisse naviguer son âme

 

Jhené Aiko Sailing Soul(s) sur Soul Ton OreilleJhené Aiko dévoilait il y a près d’un an Sailing Soul(s), son premier projet officiel. Si la mixtape aux 13 titres sortie dans l’indépendance passa presque inaperçue à l’époque, elle subit cependant comme un regain d’intérêt. Depuis, la chanteuse citée en début d’année par le magazine RapUp.com à son classement des 10 artistes à surveiller en 2012 (parmi la rappeuse Azealia Banks ou encore Luke James), est devenue une signature Artium, label de No I.D. sous Def Jam. On peut dire que la chanteuse est entre de bonnes mains, le producteur considéré comme le parrain du hip hop de Chicago, a signé bon nombre de classiques au long de sa carrière. Pendant que Jhené Aiko planche minutieusement sur son premier album dont on sait qu’il s’intitulera Souled Out, nous avons décidé de revenir sur les premiers chapitres de sa carrière afin d’accueillir l’opus comme il se doit.

Si les plus curieux se demandent d’où provient cet exotisme que l’on perçoit sur le minois de Jhené Aiko (qu’elle prononce d’ailleurs juh-nay. ahh-ee-ko), la natif de L.A cite, dans son large héritage ethnique, des origines japonaises, espagnoles et dominicaines en passant par afro-américaines. Mais d’elle on a plus envie d’aborder sa passion. Comme née dans la musique, Jhené Aiko a été entourée d’une famille de passionnés qui l’introduit très tôt à cet art. C’est donc tout naturellement qu’elle se dirige vers le chant. À douze ans elle avait déjà foulé la scène. Repérée par Chris Stokes, l’homme derrière Immature et leur leader Marques Houston ou plus récemment les B2k, il la signera dans son T.U.G. Camp, usine à produit marketing. Et voilà Jhené, pas encore adolescente, possédant déjà un contrat avec une major puisque ce label se développe sous Sony Epic. Près de 2 ans et demi plus tard et rien de concret de réalisé, la chanteuse demande à rompre son contrat afin de se concentrer sur ses études. L’industrie du disque représentant peut être beaucoup trop d’émotion pour la petite fille fluette qu’elle était, elle ne regrette cependant pas cette opportunité pour laquelle elle est consciente de n’avoir jamais eu à se battre, avouant même être contente que ça n’ait pas abouti. À 13 ans elle n’était pas encore une réelle artiste et ne cachant pas avoir un problème avec l’autorité, l’un des aspects les moins tolérables de l’expérience était certainement le fait qu’on lui dicte sa conduite.

De l’époque B2K il restera à Jhené Aiko les souvenirs de tournées en première partie du groupe mais surtout les fans. Cette dernière donnée s’avéra pratique lorsqu’elle décida de poster sur le net des démos enregistrées grâce à Garageband. À l’âge d’or de Myspace, ses chansons faites maison aux textes personnels, où il n’est pas rare de se retrouver, l’aideront à entretenir la relation avec son public. Jhené Aiko se considérant avant tout comme un écrivain, pratiquant cet exercice supposé lui servir de cure, en a inconsciemment apaisé plus d’un.

Regardez: Jhené Aiko – Stranger

C’est loin des marionnettistes de son passé que Jhené Aiko sortait enfin Sailing Soul(s). Ce projet est en quelque sorte son coup de poing à l’industrie qu’elle considère comme trop axée sur l’image ou le paraître. Le concept lui serait venu une première fois après cette réunion avec un label à laquelle elle aurait été conviée. Déjà dans le milieu depuis un bon bout de temps, la chanteuse s’y rendait avec une certaine nonchalance et sans effort particulier pour soigner son apparence. Au cours de celle ci, alors qu’elle recevra des compliments pour sa voix et son travail, il lui sera innocemment suggéré d’apprendre à se vendre lorsqu’elle se rend à un entretien. Cette idée de se vendre la troublant, a changé son regard sur le monde extérieur. Plus tard, alors que la majorité des titres de ce qui deviendra Sailing Soul(s) était achevée, la chanteuse ne sachant pas encore à ce stade sous quelle forme elle délivrerait ses morceaux, il lui aurait été conseillé à plusieurs reprises de vendre le projet. Revoici ce mot « vendre », revenant trop souvent et se faisant de plus en plus pesant. Cet opus trop chargé d’expériences personnelles et de ces messages que Jhené a besoin de faire passer devait absolument être accessible au public, et pour cela il n’y a de meilleur moyen que le téléchargement libre. Pourquoi vendre (selling, en anglais) son âme quand elle préfère la laisser voyager (sailing, en anglais) et le reste appartient à l’histoire.

Regardez: Jhené Aiko – My mine

La majorité des titres de Sailing Soul(s) a été produite par The Fisticuffs et écrite par Jhené Aiko. On retrouve à la participation Miguel, Drake et Hope. Ainsi Jhené Aiko revisite Growing Apart, morceau de Kendrik Lamar sur lequel elle apparaissait, et originaire du projet Overly Dedicated. La chanteuse a conscience que sa musique ne touche pas le grand public et considère comme un challenge de ne pas se compromettre, l’une des raisons pour lesquelles elle tient à écrire ses propres textes, et on aurait tord de le lui reprocher. Qui ne se reconnaîtrait pas dans Popular véritable hymne du rancunier qui croiserait la route d’un camarade anciennement populaire au lycée et ayant perdu ce titre au pouvoir éphémère ? Le morceau Space Jam quant à lui, en référence à ce film des années 90 où Michael Jordan côtoyait Bugs Bunny et les toons est de loin le plus intimiste de l’opus. Confessant la maladie incurable de son frère ou encore son difficile rôle de jeune maman, Jhené Aiko reprend le principe du choc des deux mondes dans le film afin d’illustrer la théorie que : bien que nous pouvons appartenir à des mondes différents (au sens figuré bien évidemment) il n’est pas improbable que nous partagions les mêmes peines.

Ecoutez: Jhené Aiko – Space Jam

Préparant toujours son premier album qu’elle espère délivrer cette année et qui s’intitulera Souled Out, Jhené Aiko a été dernièrement très proche du collectif Black Hippy. Elle aussi très branchée « spirituel », elle a posé avec les trois quart des membres du groupe, comme sur le titre Fantasy avec ScHoolboy Q. En attendant de lever le voile sur l’intégralité de 3:16 am qui devrait être le premier single de l’album Souled Out et dont un extrait de vidéo avait été lâché en « amuse-oreille », Jhené Aiko décide finalement d’offrir à ses fans 2 Seconds, morceau inachevé qui devrait lui aussi être inclus à l’album Souled Out.

Écoutez: Jhené Aiko – 2 seconds

Jhené Aiko a récemment confié qu’elle aimerait que tout son public soit en possession de Sailing Soul(s) avant qu’elle ne délivre l’album Souled Out. Il n’y a alors aucune raison de vous priver, vous pouvez accélérer le processus d’autant plus que la mixtape est gratuite. Et n’oubliez pas, ne vendez pas votre âme, laissez-la voguer sur la musique de Jhéné Aiko.

Pour aller plus loin

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Commentaires Feed

  1. Aurelien - 16/06/2012 à 21 h 47 min

    Je suis pas forcément fan de sa musique, mais ton article est superbe. Bravo !

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  2. Maree Pop - 18/06/2012 à 15 h 44 min

    C’est vrai que ça m’a pris un certain temps pour adhérer à son univers mais depuis que j’ai compris son art je suis accro, depuis la sorti ça passe toujours autant. Merci du compliment, un sujet pareil c’est motivant

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