Critique : Norah Jones et le chagrin d’amour

 

Il y a 10 ans maintenant Norah Jones signait des débuts fracassants, faisant chavirer les coeurs avec la douceur de sa musique. Come Away With Me se vend alors à 20 millions d’exemplaires et la chanteuse reçoit 5 Grammy Awards. Depuis, son jazz a évolué au fil des rencontres avec de nombreux artistes de tous bords, des Foo Fighters à André 3000 , qui ont su se servir au mieux de cette voix reconnaissable parmi mille autres. Encore récemment elle a collaboré avec Jack White et Danger Mouse, la partie invisible de Gnarls Barkley, pour le projet Rome, qui offre une musique très cinématographique, bien aidé par la participation de Daniele Luppi.

C’est justement avec Danger Mouse à la production qu’elle signe aujourd’hui son cinquième album Little Broken Hearts. Tout comme la pochette de l’album le laisse entendre, nous somme encore une fois face à une musique proche de ce que le cinéma peut nous apporter. L’album en lui-même suit une certaine chronologie, un enchaînement de scènes créant une seule histoire. Une histoire de rupture. Car oui, trois ans après The Fall, il semble que l’on ait à nouveau brisé le coeur de la jolie new-yorkaise. Dès ce moment, vous pouvez craindre une certaine redondance avant l’écoute de l’album, mais ce serait nier l’apport de Danger Mouse qui permet vraiment à Norah Jones de se démarquer de sa musique passée. Intéressons-nous de plus près à cette fameuse histoire de petits coeurs brisés.

Good Morning, ouvre l’album avec une certaine mélancolie : un synthé et quelques cordes donnent un sentiment vague, le réveil parfaitement représenté, jusqu’à ce que l’on commence à penser à la rupture qui nous a secoué. Ainsi dans Say Goodbye, Norah Jones demande qu’on lui rende son passé sur une chanson qui reste néanmoins joyeuse et jamais sur cet album la chanteuse ne semblera dépressive, peut-être grâce à ses Happy Pills ?

Regardez Happy Pills de Norah Jones :

Néanmoins, l’aspect cinématographique de l’album donnera parfois un sentiment de violence, de douce vengeance comme sur Little Broken Hearts qui aurait tout à fait sa place dans le prochain Tarantino. La belle est en colère contre l’homme ou peut-être contre l’amour qui lui prend toujours ses plus beaux moments. Avec She’s 22, on comprend que son amant l’a quittée pour quelqu’un de plus jeune et certainement jalouse, elle se demande quand même si sa nouvelle conquête le rend heureux. Avec quelques pistes plus tard le titre Miriam, un joli nom pour la nouvelle petite amie de son amour passé, son esprit vengeur reprend le dessus : visiblement très en colère, Norah Jones va jusqu’à la menacer de mort dans un dernier couplet morbide.

C’est avec Take It Back, titre lancinant, que sa tristesse la rattrape et nous transporte : la production de Danger Mouse sait se mettre en retrait et laisse la chanteuse en tête d’affiche d’une chanson délicieuse. Alors qu’After The Fall nous rappelle que malgré quelques chagrins, on veut toujours retrouver ce qu’apporte l’amour, elle entrouvre parfois la porte à ses relations passées comme sur 4 Broken Hearts. C’est difficilement que Norah Jones arrive enfin à relever la tête sur Travellin On, nous emmenant toujours un peu plus dans l’intimité de sa pensée.

Avec All A Dream, l’album qui commençait par un Good Morning trouve une conclusion parfaite, laissant quelques questions en suspens. On ne saura pas tout de suite si la belle s’est remise de l’histoire contée tout au long de cet album musicalement porté par la voix de Norah Jones, mise en valeur par Danger Mouse, qui tel un réalisateur laisse tout le talent de son acteur s’exprimer au coeur de délicieux décors. Little Broken Hearts permet donc à Norah Jones d’offrir un nouveau souffle à sa carrière.

Regardez le trailer de l’album Little Broken Hearts :

Vous pouvez retrouver l’album en écoute sur le site officiel de Norah Jones.

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