Ciné : des rappeurs qui réussissent au cinéma

 

Ice Cube, Tupac, 50 cent, Eminem, Ice-T, Method Man ou bien encore LL Cool J : tous ont un point commun, leur passage par la case cinéma. Mais si c’est pour certains une passade, d’autres en ont fait leur carrière au détriment de leur première passion pour la musique. Ils sont peu nombreux mais ceux qui ont réussi font plaisir à voir devant la caméra. Commençons par les cas Mos Def (encore appelé Mos pour ses apparitions télé) et Common, qui conjuguent musique et cinéma avec succès.

Le premier débute dans la musique au coeur des années 90 et forme avec Talib Kweli le duo à succès Blackstar : cette partie de l’histoire tout le monde la connait. Mais ce que l’on sait moins c’est que depuis l’âge de 14 ans, Mos Def apparait régulièrement sur le petit écran, il est même l’un des rares rappeurs à connaître un succès critique dans le 7ème art. En effet tout commence en 1988 quand il endosse divers rôles à la télé. Sa carrière musicale bien lancée en 2000 il revient au cinéma souvent en tant que rappeur comme dans Bamboozled ou Brown Sugar. Il décroche alors quelques nominations mais ne se détache pas de l’étiquette de rappeur avant 2002 et la pièce Topdog/Underdog qui remporte un prix Pulitzer grâce à ses performances ainsi que celles de Jeffrey Wright.

Mos Def dans Cadillac Records

À l’affiche de The Woodsman en 2005, il remporte pour sa prestation en tant que détective, le prix du meilleur acteur dans un film indépendant aux Black Reel Awards. Il est nommé ensuite aux Golden Globes et aux Emmy Awards pour son interprétation de Vivien Thomas dans le film HBO, Something the Lord Made. Si en 2008 il se retrouve à l’affiche du film Soyez Sympa, Rembobinez, par le français Michel Gondry aux côtés de Jack Black, et nous offre de bons éclats de rire, c’est dans Cadillac Records qu’il dévoile une autre facette de son talent, le chant !

Niveau télé, on se souviendra en 2009 de son apparition dans la série Dr House et il obtient la même année un rôle dans une comédie pur black spirit, Next Day Air. Très peu à l’écran en 2010, on le retrouve en 2011 en pleine forme dans la série Dexter, pour laquelle il jouera le rôle du prêtre repenti, Brother Sam. On peut donc placer facilement Mos Def dans la case des rappeurs qui ont réussi au cinéma et à la télévision.

Parlons aussi de Common. Car s’il y a un rappeur dont le cinéma aurait eu tort de se passer c’est bien lui ! Le grand chauve de Chicago est peut-être le rappeur le plus charismatique de toute la scène américaine et pourtant… Il ne s’est écarté de la musique qu’en 2006 en se lançant dans la mode grâce à un physique qui ne laisse personne indifférent. Mais un mannequin ne parle pas et c’est bien dommage de se priver de la voix de Common. C’est donc sous la direction de Ridley Scott en 2007 et aux cotés de l’excellent Denzel Washington et de son collègue T.I que Common obtient son premier rôle dans un grand film : American Gangster, « The Godfather afro-américain ». Sa carrière lancée, il s’essaye à plusieurs genres, des blockbusters Wanted ou Terminator : Renaissance, à la comédie Crazy Night en passant par la comédie romantique avec Love & Game ou encore le film d’animation Happy Feet 2, dans lequel il nous fait vibrer avec quelques bons couplets de rap dont il a le secret.

Common dans Hell On Wheels

Rien de bien transcendant côté cinéma mais dans le même temps il crève l’écran avec la série Hell On Wheels qui pourrait bien lui permettre de placer sa carrière sur de bons rails (ceux qui connaissent la série comprendront notre jeu de mots, on en est fiers). On attend avec impatience Now You See Me, dans lequel il côtoiera entre autres Morgan Freeman, Mark Ruffalo et Woody Harrelson dont la sortie est prévue en 2013. On peut craindre que Common se soit lancé trop tard dans le cinéma pour avoir une belle carrière, contrairement à d’autres, mais on peut clairement l’imaginer décrocher quelques beaux rôles à l’avenir. Après tout il n’est passé devant la caméra que depuis 5 ans !

Autre cas à part : Will Smith. En effet, si les deux premiers continuent de poursuivre leurs carrières en n’oubliant pas du tout la musique, Will Smith, lui, est passé complètement du côté du cinéma et enchaîne les films à succès depuis des années. Les moins jeunes se souviendront avec nostalgie du Prince de Bel-Air, la série qui l’a propulsé devant la caméra pour son talent comique mais aussi dramatique (on a tous en mémoire ces épisodes qui nous tirent la larmichette !). Avant ça, il était déjà connu dans les environs de Philadelphie pour ses talents de rappeurs, alors suppléé et suppléant DJ Jazzy Jeff qu’on apercevait aussi dans la série, le fidèle ami de Will, tous deux créateurs du handshake le plus populaire au monde !

Will Smith dans AliDJ Jazzy Jeff & The Fresh Prince ont sorti deux albums à la fin des années 1990, leur permettant de recontrer le succès avec Girls Ain’t Nothing But Trouble ou Parents Just Don’t Understand, titre qui leur amènera un Grammy Award ! Tout public, leur rap décalé à l’époque leur apporte les faveurs des médias, amenant le lancement de la sitcom en 1990 pour 6 saisons. Le Will Smith comédien gagne alors en popularité et ses performances lui permettent de changer de format : en 1993, son rôle dans Six Degrés de Séparation lui offre son premier succès critique et 1995 marque son passage vers les gros budgets hollywoodiens avec le classique Bad Boys. Occupé par ses différents projets ciné après la fin du Prince de Bel-Air, il enchaîne les films, d’Independance Day à Men In Black en passant par Wild Wild West et le succès est là depuis : on a en tête Ali, où son interprétation lui a valu une nomination aux Oscars ou encore les magnifiques A La Recherche Du Bonheur et Sept Vies par exemple.

En parallèle, hormis Big Willy Style en 1997, l’album qui contient Just The Two Of Us, MiamiGettin’ Jiggy Wit It et le titre phare de la BO de Men In Black, la carrière de Will Smith derrière un micro s’est estompée peu à peu : la comédie lui fait finalement oublier le rap, ni pour le meilleur, ni pour le pire. Si on appréciait ses débuts dans la musique et écoutons toujours avec plaisir beaucoup de ses morceaux, on ne le regrette pas particulièrement, probablement parce qu’on le connait plus en tant qu’acteur et que rares sont les fois où il nous a déçus dans ce rôle. Will Smith est donc celui qui a fait le choix de focaliser sa carrière sur le cinéma et bien lui en prit.

Grâce à un talent inné ou acquis, le passage des rappeurs devant la caméra se fait plutôt facilement aux Etat-Unis et de manière générale, le cinéma puise énormément dans le monde de la musique et ce depuis la nuit des temps. Hier les Franck Sinatra ou Marylin Monroe, aujourd’hui les Common ou Justin Timberlake : la musique et le cinéma vont de paire et sont quasiment indissociables. Le plus difficile pour les artistes passant devant la caméra est finalement de préserver leur image et leur réputation. Prudence et intelligence dans les choix de projets sont donc les maîtres-mots pour ces artistes.

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Commentaires Feed

  1. Milene - 10/05/2012 à 12 h 42 min

    « Les moins jeunes se souviendront avec nostalgie du Prince de Bel-Air »
    Je suis donc passée du côté obscur… chez les « moins jeunes » :p
    J’avais le 1er album de DJ Jazzy Jeff & The Fresh Prince, l’un des premiers albums que j’ai acheté. Je ne sais plus ce que j’en ai fait… ça m’aurait fait marrer de le réécouter aujourd’hui… presque 20 ans après ;)

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    1. Mimouna - 10/05/2012 à 20 h 06 min

      Comme dit Féfé, passé 25 ans t’es un/e jeune à la retraite. Mais si tu mentionnes l’album, là… Tu donnes le bâton pour te faire battre !!! :p

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    2. Army - 10/05/2012 à 23 h 26 min

      j’ai grincé du dentier moi aussi ! ;)

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  2. Milène C. - 13/05/2012 à 12 h 11 min

    krkrkrkkrkr

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