Critique : Take Care ou Don’t Care ?

 

Nous sommes à la mi-novembre et après avoir enflammé la toile, Drake sort son deuxième opus tant attendu Take Care, un peu plus d’un an après son premier essai. Aux côtés de l’ovni montant The Weeknd ainsi que de ses amis producteurs comme Noah 40, Drizzy s’entoure des meilleurs. Et à raison. Car au beau milieu de la folie Watch The Throne sans oublier le petit J. Cole, cette année 2011 a mis la barre plus que haut.

De sa première mixtape So Far Gone à Thank Me Later, on a tous pu observer le natif de Toronto faire ses premiers pas chez les grands. Mais de featurings en featurings, clips, clashs et une affiliation de plus en plus prononcée envers YMCMB, on a cru perdre le Drake qui nous avait tant séduit à ses débuts. Heureusement pour nous, Take Care nous prouve clairement le contraire. Une galette qui avant même sa sortie officielle augurait déjà du bon avec des titres comme Dreams Money Can’t Buy, Marvins Room, Club Paradise ou Free Spirit, distribuant de belles claques et qui laissaient présager le meilleur pour ce « sophomore » (ndlr : second) album. Et pourtant, on ne savait tout de même pas trop à quoi s’attendre au final. Des beats explosifs et remuants ? Des textes centrés sur son égo ? Ou un retour aux sources ? Tour d’horizon en terres canadiennes.

Over My Dead Body ouvre donc les hostilités. Dès le début, la première note de piano vient nous caresser l’oreille, si bien qu’on entre dans une bulle. Une bulle plus douce, calme, voire même un peu sombre. Celle d’un jeune homme qui semble avoir pris du recul sur le succès fulgurant qu’il a pu connaitre ces dernières années. « I think I killed everybody in the game last year/ Fuck it I was on though/ And I thought I found the girl of my dreams at the strip club/ Fuck it I was wrong though ». Ce sont ses premiers mots de l’album, des mots qui en disent long et qui dressent d’entrée le portrait de ce Take Care. Plus personnel, plus mature, et bien loin du folklore de Thank Me Later. Assurément le morceau porte-étendard de l’album. Et puis s’en suit Shot For Me, titre où Drizzy narre l’influence qu’il peut avoir sur les femmes (vous savez de quoi on parle !), qu’elle soit bonne ou mauvaise. Une chanson qui nous ramène à Best I Ever Had, où il s’étendait déjà longuement sur la gent féminine, avec un beat qui n’est pas sans rappeler quelques titres du précédent opus. C’est aussi un morceau chanté dans sa quasi-totalité, un fait assez révélateur sur la globalité de l’album : du rap oui, mais aussi du chant, et bien plus qu’auparavant.

Vient Headlines. Ah, Headlines. Un rythme à vous faire secouer la tête et improviser des pas de danse. Premier véritable single tout comme le clip, on y retrouve d’ailleurs un Drake à Toronto dans son chez lui, avec son entourage proche. « The realest is on the rise/ Fuck them other guys ». La famille quoi ! Un titre entrainant et un refrain entêtant, certes un peu plus « commercial », mais ce n’est pas non plus le genre de tube qui agace sur la longueur. On ne s’en lasse pas ! Et puis arrive enfin la collaboration avec The Weeknd, Crew Love, qui a quant à elle un peu moins plu. La faute à un beat qui casse les oreilles d’entrée, et qui malheureusement ne s’arrange pas vraiment par la suite. On retiendra tout de même le discours porté sur l’amitié, mais vraiment, on était en droit d’attendre beaucoup plus d’une collaboration comme celle-ci. Déception donc. Autre featuring, la belle Rihanna s’invite également à la fête sur le morceau Take Care, et vous l’aurez deviné, le thème n’est autre que les relations amoureuses ! Take Care, c’est un titre où tout le monde peut se retrouver. D’ailleurs, on sent que Drake avoue un peu ses faiblesses et laisse entrevoir son désir de trouver le véritable amour, ce qui apporte un cachet personnel au morceau. Quant à Rihanna, c’est un peu la cerise sur le gâteau avec sa voix si douce qui sublime le tout. Je ne suis personnellement pas une de ses grandes fans, mais force est de constater qu’elle fait son travail à merveille.

Ce qui nous amène tout droit à Marvin’s Room, tube de l’été que l’on ne présente plus. Assurément un des bijoux de l’album. Mais si bijou il y a, alors autant mentionner l’interlude qui s’en suit : Buried Alive. Ce n’est nul autre que Kendrick Lamar qui pose dessus, et quand on connaît le gamin, on sait que c’est du lourd. A écouter d’urgence si ce n’est pas encore fait ! Mais Drake revient avec un tempo plus violent sur Underground Kings, qui tranche avec la majorité des sonorités du CD. Evoquant son succès « underground » grâce à sa mixtape So Far Gone, le morceau porte bien son nom et figure lui aussi dans le haut du panier. Un titre qui est rappé et qui fait du bien ! Toutefois, on aurait bien vu Nicki Minaj poser dessus plutôt que sur Make Me Proud, titre de la collaboration entre les deux amis mais qui malheureusement, comme avec Crew Love, ne transcende pas vraiment.

La plupart du reste de l’album (soit la seconde partie) s’inscrit dans le standing imposé par les morceaux cités ci-dessus, et il n’y a donc pas de grandes surprises à signaler si ce n’est peut-être Lord Knows, à la production magique de Just Blaze. Et puis on ne voudrait pas trop vous en dévoiler ! Voilà donc qui conclut ce rapide tour d’horizon de Take Care. On oubliera pas aussi de mentionner Lil Wayne qui chaperonne son poulain sur notamment deux morceaux. Personnellement, cet album m’a énormément plu et je pense que Drake nous a livré un portrait réaliste et sans exagération de son parcours. Il y a quelque chose d’authentique auquel on peut se référer dans ce Take Care. Et c’est certainement le plus important.

Merci à Cécilia pour cette critique !

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